Lecture sur un rocher

Lectures obligatoires au lycée

Passer par un bac littéraire m’aura fait lire des livres.

Quelques-un.

Loin d’être avec plaisir.

Quoique j’ai évité Zola et je peux l’envisager en mode why not now.

On poursuit donc aujourd’hui les lectures scolaires contraintes et forcées avec le cycle de lycée. Que peut-on bien y découvrir ?

Seconde

Alors, en seconde … ce n’est pas encore du littéraire mais un mélange de différentes orientations. Et si je n’avais pas été une lectrice à ce moment, je ne le serais certainement pas devenu avec ce cours de français (enfin bon quand la prof vous raconte qu’elle fait du français parce qu’elle est nulle en géographie … bref.)

Ceci dit, à part une HORREUR (oui les majuscules sont essentielles) j’ai adoré deux de mes trois lectures – ou deux dont j’ai le souvenir. Encore une fois on a travaillé avec le manuel et j’ai le souvenir d’une nouvelle, Quand Angèle fut seule, ennuyeuse comme la pluie à part la chute (empoisonner son mari, je crois bien) qui était fun et qu’on a utilisée pour apprendre à faire un commentaire de textes.

Spoilers : j’ai appris à faire un commentaire de texte en L2 d’Anglais. Jamais compris avant l’utilité ou la méthode. Trop carré pour moi. Trop peu de place laissée à l’imagination.

J’ai adoré Carmen. Ça m’a poussée vers d’autres récits de Mérimée que je connaissais de La Vénus d’Ille déjà, dont l’aspect fantastique me plaisait beaucoup, vers des textes plus classiques comme Colomba ou Mateo Falcone. Il y a une puissance dans les mots, une magie chez Carmen, dont j’adore le personnage principal, le contexte, les couleurs.

Iphigénie, c’est tout ce que j’aime dans le classique aussi. Du théâtre, de la mythologie, des mots martelés qui font rêver, la fatalité, le désespoir, ce sont des choses qui ont résonné pendant toute ma scolarité secondaire ❤ Des années après, je frémis encore.

Je frémis encore pour Madame Bovary mais c’est plus parce que je vais être malade. Ce truc, ce n’est RIEN à côté de Fahrenheit ou Le Seigneur des anneaux (au moins il y avait Legolas XD). C’est plat, ennuyeux, l’héroïne est détestable, son comportement pitoyable, ses motivations aussi. Et franchement la fin … Et cette patate de texte pour ça, pour rien …

Il fallait bien une catastrophe pour l’année, surtout pour contrebalancer les deux très belles lectures qui l’ont accompagnée.

Première

Les deux premiers de la liste ne sont pas issus du corpus de français (honnêtement je n’ai une image du livre d’italien que parce que je l’ai trouvé en occasion quelques années plus tard XD et l’ai peu utilisé à l’époque ^^,).

Le premier livre, j’en ai déjà parlé en long en large et en travers dans cet article. Il est devenu ma pièce de théâtre préférée lorsque j’ai commencé à la découvrir au club théâtre du lycée pour le jouer en terminale, la veille de mes dix-sept ans. Une expérience fantastique, à la fois dans la découverte du livre et le fait de monter sur les planches (sans même me casser la figure, voyez-vous ça XD).

Je suis tombée amoureuse de l’histoire. J’aimais déjà énormément la mythologie, mais ce twist moderne (enfin 30s XD), le parallèle avec le contexte d’époque (l’entre deux guerres, les dangers d’un nouveau conflit mondial), l’humour omniprésent sans occulter les enjeux terribles, la fatalité une fois encore, les mots, le théâtre ❤ Plus que les livres que j’ai étudiés en français j’en garde un souvenir extrêmement vif, d’autant que c’était ma prof de latin adorée qui s’occupait de ce club. Elle enseignait aussi le français et était über passionnée. Ses cours étaient difficiles mais quand elle expliquait je comprenais toujours bien même s’il me fallait du temps et ses explications restaient longtemps. Honnêtement j’aurais eu beaucoup plus de facilité à vous disserter sur ce livre avec les bribes d’informations qu’elle fournissait que sur ceux que j’ai étudiés avec une autre prof en classe (pour être honnête j’ai lu deux profils de l’oeuvre aussi pour bien saisir tous les enjeux).

Les six livres suivants sont donc issus du cours obligatoire et un petit mot encore sur l’enseignante parce que j’ai toujours été sensible au sujet (même si je passe mon temps à dire à mes cyclones qu’il ne faut pas). C’était définitivement mieux qu’en seconde et elle n’était pas méchante, mais elle ne m’inspirait pas du tout. Elle était gentille mais sans le côté incisif et percutant de ma prof de latin. Je vois avec le recul qu’elle a souffert de la comparaison cette pauvre dame ^^, D’autant que le choix des oeuvres n’était pas vraiment sa faute, je ne pense pas qu’on ait tant de liberté que ça en 1ère L. Et j’ai découvert avec des textes hors oeuvres intégrales des choses que j’ai vraiment aimées comme les Lettres persanes de Montesquieu. Et parmi ceux qu’elle nous a demandé de lire en entier, certains se sont révélés des plaisirs de lecture.

Surtout le théâtre.

Diantre. J’avais oublié à quel point le théâtre avait fait partie intégrante de ma scolarité et de ma vie de lecteur/rice.

Ironiquement, sur les deux pièces lues cette année, l’une a emporté tous mes suffrages et j’ai détesté l’autre ^^, Beaumarchais m’a beaucoup plu, avec sa légèreté, son humour (d’autant qu’on en a joué de petites saynètes en classe) alors que j’ai trouvé Ruy Blas pompeux et grandiloquent (et le film, quelle horreur, les enfants). Ça se prenait beaucoup trop au sérieux – ce qui est ironique lorsqu’on sait que je trépigne pour Racine ^^, peut-être le côté « drame romantique », tout ce foin pour une histoire d’amour impossible … ou alors je ne suis tout simplement pas fan d’Hugo et de sa manière de parler (ou encore je suis classique et pas moderne, ce qui est très possible aussi).

En terme plus contemporain, j’ai dévoré Les mots de Sartre. Je crois que je suis une des seules de la classe à avoir apprécié. Le rapport de l’auteur à la lecture (peut-être à l’écriture plus tard, j’avoue que je ne sais plus) m’avait terriblement touchée.

Que vous dire de Candide sinon que le seul moment fun et digne d’intérêt est la fin lorsque Chichi sauve le monde des extraterrestres ?

Si, si, c’est arrivé. Enfin, juste au crayon et heureusement que la prof à l’oral du bac ne s’en est pas rendue compte parce que la scène finale faisait un peu partie de notre liste de textes …

Voilà. Conte philosophique bien enquiquinant, je hais la philo et on n’y est pas encore.

D’un point de vue plus léger avec les deux lectures « risquées » de l’année XD je ne saurais pas vous dire si j’avais déjà vu des adaptations des Liaisons dangereuses à part Sex intentions avec Sarah Michelle Gellar au collège (peut-être celles avec Colin Firth cette année de première) mais le livre n’est pas évident à lire. J’ai découvert à ce moment que je détestais l’épistolaire, que je trouvais ça chiant comme un rat mort parce que qu’est-ce qu’on s’en fiche des lettres des gamins entre eux, la seule manière de suivre l’action c’est entre Merteuil et Valmont (sans mauvais jeu de mot, on ne sait pas ce qui se passe sinon). Ca se traîne franchement en longueur. Et c’est une patate. Voir une adaptation est beaucoup plus simple rien que pour comprendre ce qui se passe. Une lecture que je n’ai pas appréciée, ce qui est dommage pour le côté historique et l’intrigue en elle-même parce que la forme est juste incroyablement enquiquinante.

Et pour finir en mode glauque, j’ai adoré Les Fleurs du mal surtout les poèmes bien grinçants comme sur le vampire ou Une charogne. Forcément par contre je me suis retrouvée avec L’invitation au voyage gnan gnan à souhait à l’oral (alors que le garçon après moi a eu 1984 >< y a pas de justice, ma bonne dame).

L’un dans l’autre, une année de découvertes intéressantes. C’est dommage qu’à part Les lettres persanes je ne me souvienne plus franchement des textes séparés qu’on a étudiés pour l’oral ou dans le manuel.

Terminale

J’ai l’impression de faire gonfler les stats avec les profils mais pas le choix les enfants XD Sans ça j’aurais été tellement largué pour l’épreuve finale vu ce que le cours a donné cette année.

Allons-y pour le walk of shame XD

Je n’ai STRICTEMENT rien fichu en cours cette année-là. Littérature. Pff. Plus pompeux, tu meurs. J’ai détesté le professeur qui dès le début de l’année nous a vendu un « contrat de confiance » en promettant de ne pas faire de différence avec les élèves mais s’est posé tout de suite avec une manière différente de faire dans l’autre classe (et par là je pense à passer de la musique en cours, pas une pédagogie variée). J’ai détesté le choix des livres.

Pour infos, les livres variaient chaque année, je suppose que le ministère décidait. Enfin, nous on s’est tapé quatre briques bien pourries et l’année d’après ils ont eu Roméo et Juliette.

Je hais ce truc mais au moins c’est du théâtre. Et parfois ils n’avaient que deux trucs. Et des films. Enfin bref.

Soit dit en passant c’est grâce à l’épreuve de littérature que j’ai eu le bac XD j’ai tellement eu de chance que j’ai encore de mal à y croire ^^,

Bon, pour en revenir aux images, elles sont plus dans un ordre chronologique que par matière. Ce sont des choses que j’ai lues en Littérature / Lettres donc, Philo, et je vous ai inclus la partition qu’on a étudiée en musique parce que why not XD.

Ayant un petit côté ésotérique jusqu’en décembre de terminale (oui y a une histoire et non je ne vous la raconterai pas XD), lorsqu’on a dû lire 3 livres en philo j’ai eu envie de lire quelque chose sur les rêves. Je n’ai strictement rien compris au bazar, heureusement qu’on ne m’a rien demandé de produire après lecture sur le machin parce que j’étais complètement larguée. Et en prime je n’en ai aucun souvenir. Si ce n’est que Freud ben erk quoi. Le livre de Sartre est mieux passé puisqu’il s’apparentait un peu plus à un essai, je dirais, et touchait à des questions de société. J’en garde un souvenir un brin plus agréable. (Et s’il fallait effectivement lire 3 livres en tout j’ai peut-être vaguement dit eff no).

Pff. Il faut vraiment en arriver à la littérature ? Non parce qu’après cette année-là c’est un miracle que j’ai tout de même tenté les lettres modernes à la fac après tout ce bazar (enfin vu la note de feu que j’ai eue au bac …).

Soupir. Disons-le tout de suite, Perceval m’a sauvé mon année. Par bonheur, j’avais déjà lu au collège un livre de Chrétien de Troyes, j’aimais la chevalerie, j’étais fan de Kamelott, j’ai suivi plus ou moins régulièrement (plus que moins, franchement) le cours sur le premier trimestre.

Après c’est parti complètement en cacahuète. Un roi sans divertissement proposait une enquête policière, je crois qu’il y avait plus de symboles que de mystère et un personnage féminin appelé Saucisse en prime, merci le ridicule. Les Caractères est une suite de portraits totalement inintéressant, sans intrigue, ennuyeux comme la pluie. Et Kafka est une abomination. Même la bonne bouille d’Anthony Perkins dans le film ne l’a pas sauvé. Je crois que je n’ai jamais terminé ce foutu livre, ennuyeux comme la pluie, illogique, à se taper la tête contre un mur.

Honnêtement, la veille du bac (oui, je sais, je n’arrive pas à croire now en écrivant ça, mais j’ai révisé la veille), j’ai relu soigneusement le profil de Perceval ; en diagonale celui d’Un roi ; 2-3 pages de celui des Caractères.

Le procès a valsé dans la poubelle avec son profil.

(Je crois que je n’allais pratiquement plus en cours de lettres à ce moment tellement je faisais un rejet. J’ai eu 3 ou 5 de moyenne et pas 0 parce que je faisais latin et je crois que c’était un critère pour le prof).

Au bac, à l’épreuve écrite, il y avait deux sujets au choix. Perceval et je crois Les Caractères. J’ai appris quelques mois plus tard que c’était un sujet de remplacement et qu’il y aurait dû y avoir les deux autres livres.

Encore une fois, j’ai choisi Perceval et j’ai eu 15. Sans ça, je n’aurais pas eu mon bac littéraire. Sacrée année bien pourrie d’un point de vue livresque.

Le pire, c’est que j’ai choisi de faire lettres ensuite.

Vraiment, vraiment pas le meilleur choix que j’ai fait dans mon orientation.

Mais on en reparle.


C’est donc un beau pavé que je vous ai proposé cette fois. Est-ce que ces livres vous disent quelque chose ? Est-ce que vous les avez lus, appréciés ?

Et vous, vos souvenirs de lectures lycéennes ?

A bientôt pour l’université !

Lecture sur un rocher

Feuilles de décembre

Décembre est un mois propice à la lecture et à l’imaginaire en particulier.

Les Lames du Cardinal de Pierre Pevel a été ma première lecture du mois, et parmi les plus mémorables. J’ai adoré l’écriture, l’univers, les personnages. Une série qui s’annonce très prometteuse.

Psi-Changeling, tome 1 : Esclave des sens de Nalini Singh est une surprise. Petite surprise : on se trouve dans un contexte qui tend plutôt à la science-fiction pour un récit plutôt orienté vers la fantasy urbaine. C’est bizarre dit comme ça mais le mélange a plutôt pris et je poursuivrai cette série.

La fabuleuse invasion de la Sicile par les ours de Dino Buzzati est une petite lecture qui s’apparente à un conte mais aux accents assez durs, qui m’ont surprise.

Homo Vampiris de Fabien Clavel a été une lecture difficile car complexe et étrange (très éloignée de ce que je lis en ce moment). Mais j’ai beaucoup aimé les personnages qu’on suit ici et l’univers dans lequel ils évoluent. Ce n’est pas l’éclate comme Le miroir aux vampires, ma première lecture de l’auteur, mais c’est plutôt fascinant.

Sans âge, le dernier tome du Protectorat de l’ombrelle de Gail Carriger, sans surprise, est toujours une petite réussite. Je me suis énormément divertie, j’ai adoré retrouver ces personnages très hauts en couleur, avec un pincement parce que c’est la fin des aventures d’Alexia.

Le dernier chant d’Orphée de Robert Silverberg est la petite déception. Certes, il est bien écrit, mais si vous connaissez déjà l’histoire d’Orphée, ce qui est mon cas, il ne vous apporte pas grand-chose (je me suis ennuyée, en fait).

Cygne Noir, tome 1 : Fille de l’orage de Richelle Mead m’a fortement rappelé Merry Gentry par ses thèmes (je ne sais pas si c’est en bien ou en mal), mais l’héroïne et la plume sont très drôles, le contexte fae toujours aussi plaisant. Un point à regretter : un côté vraiment, mais vraiment trop prévisible.

J’évite en général d’abandonner un livre avant de l’avoir terminé. C’est arrivé pas moins de trois fois ce mois-ci, donc je vous les présente ensemble.

Invasion de Robin Cook combine plein de choses que je déteste : un twist final révélé dans les trois premières pages, une écriture maladroite servie par une traduction hyper bancale … aucun intérêt.

Minuscules flocons de neige depuis dix minutes de Sabrina Calvo est très, très bizarre. Il m’a semblé extrêmement fourre-tout, plein de réflexions diverses à la suite sur le thème de la culture geek dans un contexte de convention. Mais je n’ai pas réussi à suivre malgré l’intérêt que je porte à ce thème.

Suzanne et le Pacifique de Jean Giraudoux. J’aime beaucoup cet auteur mais je crois que ce n’était pas le moment pour lire un de ses romans, plus sérieux et grave, quand j’ai plus l’habitude de ses pièces.

J’ai finalement lu Emma de Kaoru Mori et j’ai beaucoup aimé. Les dessins sont charmants et délicats, l’histoire plaisante, la période pile ce que j’aime. Juste un léger bémol sur la fin, je ne comprends pas pourquoi tant de choses sont juste passées sous silence et que pendant ce temps on s’occupe des autres personnages. J’aurais préféré finir d’abord l’histoire d’Emma.

Silex & the City, tome 2 : Réduction du Temps de Trouvaille de Jul, une petite BD toujours aussi fun et folle, les références font toujours mouche, cette fois en s’intéressant à la culture et au sport notamment.

Mairunovich de Sato Zakuri commençait plutôt bien (une jeune fille métamorphosée qui devient la plus populaire de l’école et se venge de manière démesurée et hilarante) avec un côté totalement loufoque (et un personnage masculin plus intéressée par cette personnalité bizarre que son physique), mais en quelques tomes, on tombe dans une niaiserie shojo, à mon avis, où cette héroïne pleine de mordant devient toute soumise à la jalousie de son petit ami (pas le même personnage masculin, beaucoup plus intéressant) qui ne veut plus qu’elle parle à son meilleur ami. Bref, je me suis arrêtée là.

Nodame Cantabile, tome 1 de Tomoko Ninomiya, un manga sur la musique. Je n’ai pas du tout accroché. Je trouve le dessin absolument pas à mon goût, l’héroïne m’agace, je ne me suis pas intéressée à l’histoire.

J’aime les sushis de Ayumi Komura, c’est tout l’inverse. Je suis plutôt en mode manga culinaire et j’ai beaucoup aimé le quiproquo initial : une héritière de pâtisserie veut devenir maître sushi en épousant l’héritier d’un restaurant de sushis, qui s’intéresse à elle. Mais pourquoi, au fait ? J’adore les petits interludes sur la cuisine, les voir travailler dans ce domaine. Les personnages sont très intéressants et leur romance n’est pas mièvre avec un petit dessin qui me plaît tout particulièrement.

Le Maître des livres, tome 1 de Umiharu Shinohara. Je vous conseille celui-ci si vous aimez la lecture ou les bibliothèques. J’ai été particulièrement touchée par le bibliothécaire bougon de la couverture, son approche avec les lecteurs, les différents messages. A lire !

Crimson Hero de Mitsuba Takanashi, une série reprise après avoir lu le premier volume il y a quelques années (avec la déception de n’avoir aucun passage de volleyball dans un manga qui est consacré à ce sport ; les volumes suivants se rattrapent bien). Comme les mangas culinaires, les sportifs me plaisent aussi. Le trait est assez percutant et réaliste, on s’attache rapidement aux personnages et au jeu. Vraiment une série intéressante.

Miss Buncle’s Book de D.E. Stevenson est une des très belles découvertes du mois de décembre. Une jeune femme publie un livre basé sur la vie de son petit village tranquille et tous se reconnaissent très vite, certains n’étant pas contents du tout de ce portrait. J’ai adoré cette lecture au côté vintage, très conventions sociales, sur le thème de l’écriture de fiction aussi.

France de Terry Deary est ma lecture en cours, la dernière et première de l’année. Si je ne me lasse pas du format Horrible Histories et que je suis particulièrement intéressée de voir le point de vue anglais sur l’histoire de France, je commence à me lasser un peu des quiz avec la réponse disponible plus loin. Mais je vous en reparle.

Le journal de Ma Yan de Ma Yan et Pierre Haski m’a tentée au travail quand une élève l’a rendu et qu’elle m’a dit l’avoir vraiment, vraiment aimé. C’est effectivement très beau, très touchant. La petite Ma Yan veut à tout prix continuer à étudier mais ses parents sont vraiment pauvres. Ironie devant l’attitude des jeunes d’ici devant l’école, et très triste parce que c’est loin d’être la seule (surtout des filles) de son pays à aimer apprendre.

Vous avez lu, vous comptez lire certains de ces livres ? De belles lectures pour vous en décembre ?

J’espère que vous avez passé une bonne fin d’année et que celle qui débute vous apportera plein de bonnes choses !

Lecture sur un rocher

Electre

Jean Giraudoux (auteur). Jean-Pierre Giraudoux (préfacier). Jacques Body (commentaires et notes). Tiphaine Samoyault (dossier critique). Jean-Denis Malclès (illustrateur). 1937 (VF), 2003, 177 p. Le Livre de Poche. Théâtre – Mythe.

Agamemnon, le Roi des Rois, a sacrifié sa fille aux dieux. Son épouse Clytemnestre, aidée de son amant Egisthe, l’assassine à son retour de la guerre de Troie. Oreste, le fils, est banni. Reste Electre, la seconde fille. « Elle ne fait rien. Elle ne dit rien. Mais elle est là. » Au retour d’Oreste, pourtant, elle sera emplie de haine et de fureur.

Je n’ai lu ni la préface ni le commentaire et les notes disponibles dans cette édition. J’ai préféré me concentrer sur le texte, on y retrouve beaucoup de choses que j’aime dans La guerre de Troie n’aura pas lieu. Forcément, je la connais moins, j’ai saisi moins de subtilités.

L’humour est omniprésent, les répliques filent à toute allure, certaines ont un aspect un peu ridicule qui ajoute à la drôlerie du propos. Certaines sont un peu longues, comme le lamento du jardinier, mais toujours si vivantes. Les références à la mythologie : » Tout le monde ne peut pas être comme ta tante Léda, et pondre des oeufs » (Clytemnestre à Electre). J’ai adoré celle-ci ! Les néologismes, les inventions de Giraudoux aussi.

Il y a des notes qui renvoient en fin d’ouvrage pour savoir ce à quoi ça correspond, mais je n’ai pas trouvé ce système problématique. Au contraire, j’avais très hâte de découvrir ces petits tiroirs secrets.

Je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages. Electre est froide, déterminée, Clytemnestre et Egisthe plutôt méprisables. Je ne sais trop quoi penser d’Oreste, plongé dans cette famille triste et maudite. Les petites Euménides sont très drôles.

Il y a peut-être moins de surprises et de retournements de situations. Une fois encore, on connaît l’issue de la famille, même si ici, je n’ai pas vraiment espéré que les choses changent. Les personnages ne sont pas ouverts à la discussion, il n’y a pas de résolution heureuse possible, seules la vérité, la justice, la vengeance comptent.

Un regret ? Peu de clichés de représentations et surtout, quand ils sont présents, on connaît le nom des acteurs mais pas leur personnages.

Une très belle pièce, j’ai pris beaucoup de plaisir à la découvrir.

Lecture sur un rocher

Feuilles de mars

En mars, je relance (un peu) les lectures de challenges, et les lectures en général.

The Hunger Games. Katniss s’apprête à se rendre au tirage au sort des Hunger Games, survival game annuel de Panem. Elle a de fortes chances d’être sélectionnée et de risquer sa vie pour un divertissement télévisé. Mais c’est sa petite sœur qui l’est et Katniss préfère prendre sa place. Un autre candidat, un garçon qu’elle connait un peu, est sélectionné dans son district. Il y a vingt-quatre candidats, seul un doit rester en vie à la fin des Jeux. Je suis assez mitigé. C’est un roman intéressant, mais il y a aussi un côté assez prévisible.

Hex Hall, tome 1. Sophie, une jeune sorcière, est envoyée à Hex Hall, une espèce de prison pour ado créature fantastique : garous, sorcières, vampires depuis peu. Elle a trop fait usage de magie devant des humains et est donc obligée de rester plusieurs années. La jeune fille va en apprendre un peu plus sur l’univers de son père, un sorcier qu’elle connait très peu, et se fait une amie en la personne de sa compagne de chambre, une jeune vampire. Mais la relative tranquillité de l’école est brisée lorsqu’une sorcière est attaquée par ce qui ressemble être une morsure de vampire. Une déception, mieux vaut rire des gros défauts de ce roman.

Fièvre noire. La soeur aînée de MacKayla, Alina, est partie suivre des cours d’été à Trinity College, Dublin. Mais elle n’en reviendra pas, elle a été assassinée. Perdue, Mac part sur ses traces essayer de comprendre ce qui lui est arrivée, et pourquoi elle avait tellement changé. Elle fait d’étrange rencontres, jusqu’à celle de Barrons, un libraire mystérieux qui n’aura de cesse de la mettre en garde contre sa curiosité : ce qui est arrivé à Alina pourrait bien lui arriver aussi. Je ne pensais pas apprécier autant ce premier tome, l’univers m’a séduite, j’ai hâte de poursuivre.

Irrésistibles vampires. Revue plus ou moins centrée sur le vampire en littérature, avec pas mal de défauts.

The Innocent. Ash a été condamné à mort. Après son exécution, il se voit donner une deuxième chance et doit aider des humains innocents. Malheureusement, au lieu d’introduire son cas et ses pouvoirs doucement avant d’en arriver à des affaires liées à son histoire, l’auteur se lance de suite dans le vif du sujet et donne une impression de bâclé.

Le Vampire, métamorphose d’un immortel, d’Ovide à Vargas. Dans cette revue, on étudie la figure du vampire dans le folklore, la littérature, le cinéma et la télévision. Une étude bien plus complète et plaisante que celle de Lire.

Quatre filles et un jean. Quatre amies d’enfance, Carmen, Tibby, Briget et Lena, découvrent un jean superbe qui leur va magnifiquement à chacune et le prennent comme preuve de leur amitié. Il va continuer à les rassembler pendant ce premier été où elles sont séparées. J’avais déjà vu le film. Je n’ai pas trop apprécié, je n’ai pas été surprise et je me suis un peu ennuyée.

Rebecca Kean, tome 4 : Ancestral. Raphaël n’est pas revenu de son entrevue avec le Mortefilis qui a envoyé une armée à la conquête de son manoir. Rebecca est seule aux commandes, avec l’aide de ses amis sorcières, loup-garous, et même démons. Elle parvient à les repousser mais une surprise l’attend. Une autre menace se profile ensuite sur sa ville, qui nous permet d’en apprendre davantage sur le clan métamorphe, puis chaman. Un tome qui m’a plu, malgré ses défauts.

Code Name Sailor V, tome 2. Suite et fin des aventures de Sailor V, plein de petites enquêtes pour contrer les tentatives du Dark Kingdom, avec une touche de sérieux sur la fin, qui me plaît beaucoup.

Alcatraz, tome 1 : Alcatraz contre les infâmes bibliothécaires. Alcatraz a un don plutôt étrange : il peut casser les choses. Ça ne lui apporte que des ennuis, dans chaque famille d’accueil où il passe, et qui ne peut pas le garder. Apparemment, c’est de famille : son grand-père qui vient de le retrouver a le don d’arriver toujours en retard, pour l’anniversaire de l’adolescent en plus, lorsqu’il vient de recevoir un cadeau de ses parents, qu’il pensait morts. Mais le cadeau a disparu, volé, selon le vieil homme, par des Bibliothécaires. Ma première lecture de Sanderson, hilarante.

Séries : Une addiction planétaire. Un beau livre plutôt décevant, qui spoile parfois, et n’apprend pas grand-chose.

SciFiNow, n°1. Nouvelle revue dont la deuxième issue sort cette semaine, centrée sur la SF, la fantasy et l’horreur au cinéma, à la télévision et en livres, romans et comics. Lecture sympathique, pas indigeste comme L’écran fantastique, qui m’a donné entre autres envie de regarder American Hrror Story. Je pensais m’abonner, puis j’ai découvert que c’était traduit de la revue britannique du même nom.

Electre. Electre est fille de roi. Fille d’Agamemnon, le beau-frère d’Hélène, qui a participé à la guerre de Troie pour la ramener auprès de son mari, est parti dix ans, pour revenir auprès de sa fille et de sa femme, Clytemnestre, et stupidement glisser sur le sol de sa salle de bains. Electre est promise à un jardinier, sur le vœu de sa mère et d’Egisthe. Pour que la colère des dieux retombe sur cette famille et pas sur la famille royale. Une très belle pièce, que j’ai peut-être un peu moins bien comprise que La Guerre de Troie n’aura pas lieu, mais qui m’a néanmoins bien fait rire.

De fièvre et de sang. Eva Svärta, une profileuse, et Alexandre Vauvert, commandant de police, parviennent à sauver une jeune fille de deux tueurs en série, qui trouvent la mort. Mais un an après, de curieuses ressemblances font penser que les crimes ont repris. Une lecture superbe.

Enchantment Emporium. Alisha est une fille Gale, membre d’une famille gigantesque douée de pouvoirs magiques. A vingt-quatre ans, elle se retrouve sans travail et apprend que sa grand-mère est peut-être morte et lui a laissé une boutique de magie. La jeune femme essaie de comprendre le fonctionnement de la boutique, ce qui est arrivé à sa grand-mère, et ce qui lui semble si étrange dans la petite ville. Les prémisses semblaient intéressantes, mais est-ce que c’est trop cher et trop demander d’avoir quelques explications sur les pouvoirs ou les rituels de la famille ? Parce que c’est franchement confus, agaçant au final.

Les divins secrets des petites ya-ya. Lors d’une discussion avec une journaliste, une metteur en scène dévoile son enfance, qu’elle a trouvée très malheureuse, sa mère monstrueuse. La journaliste publie le portrait. La mère de Siddy est furieuse et la rejette. Les amies de sa mère, les ya-ya, essaient de la convaincre de lui pardonner, et Siddy finit par découvrir l’histoire de Vivi, de sa jeunesse à ses premières années en tant que mère. Je me suis ennuyée et énervée, je n’ai vraiment pas aimé cette lecture.

Un mois de lectures assez rempli. J’espère que le vôtre a été plaisant.

Lecture sur un rocher

La guerre de Troie n’aura pas lieu

Jean Giraudoux (auteur). 1972, 185 p.  Le Livre de Poche. Théâtre – Humour.

« La guerre de Troie n’aura pas lieu ». C’est la promesse qu’Hector, fils aîné du roi Priam, fait à son épouse, la sage Andromaque, à son retour de guerre. Comme l’histoire – ou la légende nous l’a appris, cette guerre serait le résultat de l’enlèvement d’Hélène, reine de Sparte, par le frère cadet d’Hector, Pâris, non moins célèbre héros de l’épisode de la pomme d’or. Attribuée à Aphrodite, déesse de l’amour, au lieu d’Athéna, déesse de la sagesse, ou Héra, épouse de Zeus, Pâris s’est donc attiré les foudres des deux autres.

Hector lui fait remarquer d’ailleurs « Tu as aussi fait un beau coup ce jour-là! », car dans la guerre à venir, Athéna et Héra seront leurs ennemies, et se faire un ennemi de la déesse de la guerre et de l’intelligence, soit la première, ça n’est vraiment pas malin. Hector va donc, par tous les moyens, tenter d’empêcher cette guerre, quitte à mentir et subir de nombreux affronts, voir commettre lui-même l’irréparable, en un geste désespéré qui va se retourner contre lui.

Cette pièce de théâtre est un de mes plus beaux souvenirs de lycée, lorsque j’étais en 1ère. Je n’avais jamais entendu parler de ce titre, ni même de l’auteur, mais dès l’instant où on m’a annoncé le début, la guerre de Troie, j’étais partante, amoureuse de mythologie comme je l’ai toujours été.

Si on m’avait dit qu’elle était transposée de manière « moderne », au niveau du langage entre autres, je l’aurais peut-être reposée bien vite. Heureusement, je n’en ai rien fait ! Même maintenant, près de six ans plus tard, je me délecte toujours autant de cette lecture. J’ai du mal à passer une scène sans éclater de rire, comme avec les vieillards qui acclament et regardent Hélène en petits voyeurs, ce qui est très drôle jusqu’à ce qu’on apprenne qu’ils ne sont pas seulement des petits vieux mais le Conseil de Troie … Troie va mal, en effet.

J’ai aussi un mal fou à ne PAS croire au titre à chaque fois que je relis le livre : je suis toujours persuadée qu’Hector aura gain de cause, qu’il fera mentir l’histoire, qu’il triomphera de TOUS les autres personnages.

Hector est un de mes personnages préférés (et cela n’a bien sûr rien à voir avec le souvenir que j’en ai de celui qui interpréta ce rôle ^^), ses commentaires (celui à Pâris sur son jugement, par exemple, ou toutes ses remarques de style grand frère), tout comme Cassandre, personnage ironique et détaché par excellence, qu’on voit à sa réplique finale. Cassandre, depuis le début, sait ce qui va se passer, sait que la guerre de Troie aura bel et bien lieu, connaît le sort de sa famille et de la cité.

Le vocabulaire est simple en règle générale, mais parfois Giraudoux s’amuse à créer des mots, comme le vocabulaire de navigation et la pseudo insulte des Grecs au Troyens.

Giraudoux a écrit cette pièce en 1935, durant l’entre-deux guerres, et c’est ce moment qui est représenté. Hector revient de guerre, qu’il considère la dernière, et il compte bien signaler la fin des guerres en fermant des portes spéciales, les portes de la guerre, qui restent fermées en temps de paix. Il y parviendra un temps, mais ensuite advient ce que l’on sait et elles sont donc rouvertes. Cependant, il est persuadé que malgré les menaces actuelles, ce sera bien la dernière guerre, malgré l’ennemi grec bientôt dans leur port, malgré les prédictions de Cassandre et les affirmations d’Hélène qu’elle ne se voit pas être rendue aux Grecs. 1935 : l’Europe bout et Hitler frotte les allumettes …. Mais non, une nouvelle guerre n’aura pas lieu.

La Guerre de Troie n’aura pas lieu est un moment de lecture délicieux, une pièce portée par ses personnages, Hector le premier, qui essaie de faire bouger les choses, et par un humour léger et pétillant, qui masque des thèmes plus profonds comme la guerre, le pacifisme, le destin et la fatalité.