Au bord des mots, lectures sur un rocher·Life as a Teacher Librarian - Pérégrinations de profdoc

La fille de 3ème B

Christian Grenier (auteur). 1999, 156 p. Rageot (Cascade Pluriel). Jeunesse, Romance.

Pierre a deux passions, l’une avouée, la musique, l’autre cachée, Jeanne la fille de 3ème B. Plus à l’aise avec les arpèges qu’avec les mots du cœur, Pierre va cependant aider Jeanne à découvrir la musique. Pourra-t-il la conquérir sans trahir son incroyable secret ? 

En cherchant une belle lecture, un peu doudou, avec une jolie histoire d’amour pour ma première animation lecture à l’internat, je suis tombée sur ce livre. Je l’avais lu quand j’étais ado, vers treize, quatorze ans. J’avais tellement aimé cette histoire ! Peut-être plus que la version de Jeanne – un narrateur masculin change, je trouve, et puis cette passion pour la musique m’avait emportée.

Si j’ai dû couper pas mal de passages – pour une heure de lecture prévue ; et encore, j’ai débordé, ça a duré près de deux heures – j’ai tellement aimé retrouver cette histoire !

Pour la langue, surtout. Les mots de Christian Grenier coulent avec tellement de fluidité et de douceur.

J’ai adoré le fait qu’il sonne délicieusement vintage à mes yeux, maintenant. La rédaction date des années 90 et ça se sent tellement ! Pour la technologie, surtout, et un peu le vocabulaire. Le téléviseur ! Une belle nostalgie qui fait sourire.

(Diantre, je suis plus vieille que Pierre, maintenant ! Ça me perturbe ! J’étais plus jeune que Jeanne quand je l’ai découvert … dans les années 90 XD ).

Si dans Virus L.I.V.3, l’auteur avait évoqué le thème du handicap avec Allis, il récidive aussi avec une petite touche : la mère de Pierre est dans un fauteuil. C’est simplement esquissé, mais j’apprécie la mention (même si je ne comprends pas trop pourquoi elle n’aurait pas pu continuer sa carrière de cantatrice … pas assez d’installations ? c’est dommage !)

Et le sacre du Printemps à la fin ❤ sans parler des phrases tellement jolies accolées à ce moment !

Bon, je pense que j’ai goûté les références musicales bien davantage qu’à l’époque, même si je ne les connais pas toutes. Stravinsky, par exemple, je l’ai découvert plus tard avec un plaisir infini (et savoir qu’il était la base du jingle de la Trilogie du Samedi me paraissait tellement chouette !). Et elles sont toujours liées à cette écriture fantastique qui s’égrène comme des notes.

C’est amusant, en relisant certains passages j’ai eu l’impression de retrouver des formulations, des ombres, qui sont dans mon roman. Je n’aurais pas imaginé que cette petite histoire m’ait tant influencée ❤

Parmi les petites phrases que j’ai tellement aimées :

C’est tellement plus facile d’aimer les gens à distance.

Là, je me suis rendu compte qu’elle était vraiment jolie : on paraît toujours plus beau, je crois, quand on est heureux.

Je crois que le courage, c’est ça : faire ce qu’on sait vrai et juste, en se moquant du regard des autres et du qu’en-dira-t-on.

Je veux bien mourir d’amour, mais pas mourir de froid.

-En réalité, c’est l’auditeur et en premier lieu l’interprète qui recrée l’oeuvre dans son intégralité au moyen de sa propre sensibilité. S’il n’a rien dans le coeur ni dans la tête, la musique sera une belle boîte vide. Chaque morceau est une caisse de résonance, Pierre. N’oublie pas : ce qui est important, ce n’est pas l’oeuvre en soi mais l’écho qu’elle suscite chez celui qui la perçoit. Et l’écho suppose une distance. Celle de l’espace et du temps.

Puis, pendant trente-cinq minutes, le Sacre explosa sur scène. Mais le printemps était dans la salle, niché entre nos deux sièges, dans nos mains intensément soudées. Puis le printemps fut dans la nuit qui nous enveloppa au retour et qui murmurait les mots d’amour que nous n’osions pas nous dire. Le printemps était dans mon coeur qui battait à côté du sien quand il fallut se quitter, et quand nous nous sommes embrassés.

Le printemps, ça ne dure qu’un moment. Et j’avais oublié les orages.


Honnêtement, pour la lecture à voix haute, j’ai fait pas mal de choix, notamment au niveau des coupes. Beaucoup de passages ont sauté, notamment dans la préparation des concerts, les leçons avec Amado, etc. Le pauvre Florent, le petit frère de Jeanne, n’a eu droit qu’à une mention ! Les petites phrases en allemand ont disparu, aussi, dommage, moi qui aime lire cette langue aussi ! Le temps est d’un vil !

Et ce côté un peu vintage … le téléviseur, dans ma bouche, est redevenu télévision. J’avoue. Bon, les disques, j’ai laissé, même la platine, mais je pense que pour mes demoiselles ça allait bien avec la musique classique.

Ma plus grande trahison, je dirais, ça a été les temps. Instinctivement, j’ai mélangé passé et présent. Souvent, j’ai omis le passé simple pour le passé composé, plus propice à mon auditoire et plus vivant à l’oral. Et, heu, j’ai raccourci certaines choses … pardon M. Grenier ! Je me suis fait un peu l’effet du traducteur à l’italienne : traduttore, tradittore ! Une petite trahison !

Mais, promis, c’était pour faire découvrir cette petite merveille à mes élèves. La plupart de ses si jolies phrases au présent, j’ai essayé de toutes les conserver.

Je crois que mes élèves ont plutôt apprécié (certaines se sont endormies très vite, mais pas grave. Et une autre ne m’a pas quittée des yeux et a eu des larmes non loin à certains moments) . En tout cas, les garçons m’ont réclamée trois fois depuis, et j’y vais ce soir … avec un autre livre dont je vous parlerai aussi !

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Blitz Britain

BlitzBritain_Couv_corr.inddPhilippa Boston (auteur). 2014, 48 p. Didier (Paper Planes Teens). Jeunesse-Histoire. 5,90€. Livre lu en anglais.

Dans le ciel de Londres, un avion allemand. Puis deux. Puis des centaines… Nuit après nuit des centaines de bombes s’abattent sur la ville. Blitz Britain vous plonge dans le Londres de la Seconde Guerre mondiale, puis dans la palpitante histoire du jeune Billy, héros ordinaire d’une nuit extraordinaire.

J’étais beaucoup moins enthousiaste après When is Brian ? dans mes petites lectures en anglais pour le boulot. Mais j’avoue que la mention de Terrible Times me rappelait Horrible Histories, et le style de la couverture Quentyn Blake, l’illustrateur de Roald Dahl, et c’est bien joli.

Au final, c’est une belle petite surprise. On démarre par une partie très documentaire sur la seconde guerre mondiale et le Blitz, lorsque Londres était bombardée par les Allemands, et franchement ce n’est pas rébarbatif. Le style est étudié pour les jeunes lecteurs et je l’ai trouvé très clair, surtout agrémenté de ces dessins agréables.

Le livre se clôt par une petite histoire sur un enfant durant une nuit du Blitz. C’est court, c’est touchant, c’est impeccable pour plonger le lecteur dans la période en illustrant ce qu’il vient de découvrir dans la partie documentaire du démarrage.

Si vous souhaitez une petite lecture historique, faits et fiction, pas complexe en anglais, c’est un ouvrage que je recommande. Et là, je me lancerais avec plaisir dans les autres livres de la collection, notamment Killer Sports qui parle des origines de différents sports, où tous les coups étaient permis.

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Les Carnets de Cerise, tome 1 : Le zoo pétrifié

Joris Chamblain (scénariste). Aurélie Neyret (dessinatrice). 2012, 70 p. Soleil ( Métamorphose). BD – Jeunesse. 15,95€.

« Il était une fois… Quand j’étais petite, je me suis fait la promesse que si un jour, j’avais un journal intime, il commencerait comme ça. Il était une fois… ben moi, Cerise ! J’ai dix ans et demi et mon rêve, c’est de devenir romancière. Mon truc à moi pour raconter des histoires, c’est d’observer les gens, imaginer leur vie, leurs secrets. On a tous un secret enfoui que l’on ne dit pas, qui fait de nous ce que nous sommes…

En ce moment, avec les copines, on observe quelqu’un de vraiment mystérieux… »

J’ai énormément entendu parler de cette BD sur la blogosphère à sa sortie, toujours en termes des plus élogieux. Jolie, très touchante, addictive, j’avais quand même pas mal d’attentes puisque je n’ai pas l’impression d’avoir vu la moindre critique à ce sujet avant lecture …

Le début m’a paru un peu simple, routinier. Je ne suis pas fan du démarrage en long texte manuscrit, qui a tendance à me refroidir un peu, quel que soit le contenu, pour moi une BD montre en image.

Puis arrive le dessin. Le découpage est très joli, tout en arrondi, les couleurs délicates et pastel, dans des nuances automnales (brun, rouge, orangé), avec des effets de lumière adorables.

La petite enquête est vraiment bien menée, et la résolution, je l’avoue franchement, m’a beaucoup émue (oui, j’ai pleuré comme une madeleine et je vous zut). Ces animaux, toute la partie qui leur est consacrée d’un point de vue graphique, est plus que superbe. J’ai préféré les petits textes en mode légende de photo, ça apporte de la diversité sans trop de lourdeur.

Quelques petits soucis. Le côté ado de Cerise avec sa maman, s’il fait naturel, ne me plaît pas tellement. Et je ne vois pas cette BD en série. Je ne sais pas pourquoi, mais ce livre se suffit à lui-même, et je ne vois pas trop Cerise poursuivre ses aventures, pour continuer à filer des gens ? résoudre de petites énigmes ? je ne vois pas ce qui pourrait surpasser celle-ci, peut-être parce que la partie consacrée au début me semblait si simple, si adolescente.

Mais ce sera à voir, puisque je poursuivrai cette histoire avec le deuxième tome (j’hésite d’ailleurs à l’acheter pour le boulot).

Nombre de  tomes parus : 4 (série en cours).

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Quatre soeurs, tome 3 : Bettina

quatre-soeurs-3Malika Ferdjoukh (autrice). 2003, 201 p. L’École des Loisirs (Médium). Jeunesse. 8€.

Le printemps, saison du renouveau, des amours et des primeurs, éclate dans toute sa splendeur à tous les étages de la Vill’Hervé.

Renouveau ? Oui. Harry et Désirée, les petits cousins, viennent passer des vacances au grand air. Charlie, à sec, s’est résignée à louer la chambre des parents. Le locataire s’appelle Tancrède, il est jeune, célibataire, drôle, fabricant d’odeurs bizarres. Et beau.

Primeurs ? Trop. On retrouve des poireaux nouveaux partout, dans la soupe, coincés dans un cadre de tableau et même dans le pot d’échappement de la voiture de Tancrède. Toujours lui.

Amours ? Hélas. Tancrède sème le trouble et récolte la tempête dans le cœur de Charlie. Bettina se languit du très très moche et si splendide Merlin. Hortense découvre que les règles peuvent être autre chose que « l’ovule non fécondé et les structures endométriales se font la malle, Chantal ». Enid fait des confidences. Geneviève se tait. Et Mycroft, le rat, qui tombe amoureux à son tour… 

Avant de me lancer dans cette lecture, je n’étais pas très enthousiaste puisque je n’apprécie pas beaucoup Bettina, qui peut être un peu superficielle. Mais elle n’est pas vraiment au centre de l’histoire et elle n’est pas aussi désagréable que je le pensais, plus touchante même.

Cette suite est plutôt triste, en fait. Entre Bettina et Merlin qui n’est plus là, l’amie d’Hortense, Charlie – que j’adore toujours autant – et Tancrède … J’ai beaucoup aimé Tancrède. Il a ces petites touches qui font de lui un personnage intéressant, qu’on a envie de suivre. Harry et Désirée, en revanche, m’ont un peu agacée.

La tristesse est un peu estompée par cette blague récurrente des poireaux. Que, il me faut l’avouer, j’ai trouvée hilarante. Des poireaux partout. J’en suis bien contente, parce que sinon, le volume aurait été un peu déprimant.

Oui, bon, et le vocabulaire de Bettina et ses copines est chouette aussi. « Sévèrement phénix », quoi, pour un mec mignon. J’adhère. Et c’est vraiment appréciable d’avoir une petite conversation sur les règles, les serviettes et les tampons dans un récit jeunesse. Ca n’est pas très long, mais c’est là, et c’est plutôt choupi.

Une belle suite, mais qui rapproche de la fin, malheureusement.

Nombre de tomes parus : 4 (série finie).

 Tome 1 : Enid

Tome 2 : Hortense

Tome 4 : Geneviève

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Jeanne de Langallec, tome 2 : La Mort parle tout bas

Brigitte Coppin (autrice). Aurélien Police (illustrateur). 2015, 245 p. Scrineo. Jeunesse – Histoire. 12,90€.

Printemps 1524. À la cour de François 1er, un terrible poison fait des ravages. Les victimes qui tombent les unes après les autres portent toutes la marque du tueur : une étrange tâche noire sur le cou. La jeune Jeanne de Langallec, de retour du Brésil lointain et inconnu, est la seule à comprendre quel est ce poison qui tue sans bruit et sans douleur. À part elle, qui d’autre connaît ce redoutable secret si ce n’est Hervé de Coëtmelen, son unique amour qu’elle croit avoir perdu ? À vouloir éclaircir le mystère, Jeanne s’approche trop près de l’impitoyable tueur. Entre elle et lui, entre l’envie de vivre et le désir de mort, un terrible duel s’engage. Plus Jeanne touche au but, plus le danger s’alourdit. Car si l’on entend la mort parler tout bas, c’est qu’il est déjà trop tard.

Premier billet lecture depuis la reprise, je vous ai choisi un livre que j’ai beaucoup apprécié, même si, à la base …

Ce livre, je l’ai juste acheté pour sa couverture magnifique ❤

Et après, je me suis dit « diantre, je ne suis pas dans les choux si je commence à acheter des livres basés uniquement sur leur couverture » ^^, Aurélien Police a encore réalisé une couverture magnifique.

Bon, j’avais déjà lu et adoré un livre de l’autrice, Brigitte Coppin, dans la collection Mon Histoire, et que son écriture était superbe, donnant lieu à un page-turner lorsque la période de François 1er n’est pas ma favorite. Et le pitch ici était plutôt chouette.

J’ai un peu déchanté en démarrant et en me rendant compte que toute une histoire mettant Jeanne, l’héroïne, en scène, avait déjà eu lieu (Les Yeux du Jaguar). Comment étais-je sensée savoir que Jeanne de Langallec à la cour de François 1er était une série ? Je le voyais plus comme un sous-titre, à la limite une série mais dont il était le premier tome, ce n’est que passé la page 30 que j’ai eu l’impression d’avoir loupé un épisode … C’est vraiment dommage parce que cet autre récit a l’air tout aussi passionnant, et ce n’est pas du tout clair.

Mais, honnêtement, c’est la seule chose que je me vois reprocher à l’histoire de Brigitte Coppin. Son écriture est toujours aussi prenante et, même si la première apparition de Jeanne se fait attendre, on est tout de suite happé par les différentes situations : l’astrologue et le fou qui évoquent la Cour (une belle scène d’énonciation / introduction), Louise de Rieux la demoiselle d’honneur de la Reine qui savoure son séjour à la Cour et est témoin d’un évènement étrange, puis en fait part à son frère Antoine par lettre … l’enchaînement est impeccable et chacun des maillons de la chaîne est des plus intéressants.

Avant d’en arriver à Jeanne. Je regrette de ne pas avoir lu le premier tome parce que j’aurais aimé voir si elle a hésité avant de tout quitter pour les Amériques avec Hervé, j’aime voir comment elle défie les convenances de cette société, le savoir qu’elle en retire. Son côté aventurière, un peu détective malgré les dangers (oui parce que mine de rien on tue ici, hein, on n’agite pas seulement des éventails) en fait un personnage excellent. Même si je m’attendais  à une touche de fantastique avec la couverture ^^,

Le criminel est trouvable par le lecteur, mais loin d’être évident, même si j’aurais aimé quelques fausses pistes de plus parmi les membres de la Cour (qui reste un vivier alléchant puisque regorgeant de monde), et les indices intéressants. Cet aspect du roman est également réussi, même s’il aurait pu être prolongé par des questions sur d’autres personnages que l’héroïne – qu’on sait bien innocente.

J’avoue que j’aurais aussi apprécié un peu plus de suspense concernant Hervé, qu’on sait toujours en vie un peu rapidement – mais c’est probablement à cause de Joffrey dont le secret est bien gardé par l’autrice pendant longtemps !

Et on parle du jeu de paume, l’ancêtre du tennis ❤ Je crois que rien que pour ça j’aurais adoré ce livre !

Une superbe lecture.

(J’ai simplifié le bandeau informatif qui accompagne l’image, je le trouve plus clair ainsi. Ça vous convient aussi ?)

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When is Brian ?

when-is-brianRupert Morgan (auteur). 2016, 48 p. Didier (Paper Planes Teens). Jeunesse. 5,90€. Livre lu en anglais.

Le père de Brian, scientifique, a inventé une machine à remonter le temps. Mais elle est un peu spéciale. Elle vous transforme en homme des cavernes ou en Viking psychopathe. Le voyage dans le temps de Brian ne fait que commencer …

Dans le cadre du boulot, je me suis penchée sur différents livres en langue anglaise. Je connaissais déjà Class Acts pour une petite histoire dans le style de Glee Club, même si je ne l’avais jamais lu. Le côté science-fiction et histoire, ici, me parlait un peu plus.

Alors si vous voulez débuter l’anglais, pas de souci, c’est vraiment très lisible. Le vocabulaire et la lecture n’est vraiment pas un problème. Pourtant, je ne vous le recommanderai pas : ce n’est vraiment pas intéressant.

Cette pseudo machine à voyager dans le temps n’est pas du tout explicitée et on est plutôt dans le principe de Code Quantum, où Sam passait d’un hôte à un autre, à différentes périodes historiques. Casez ça en moins de cent pages. L’explication est tellement survolée que c’en est incompréhensible. Brian passe d’un personnage historique à l’autre et on parle à peine de ce qui lui arrive à lui dans les différentes époques. C’est tellement expédié que ça n’en vaut vraiment pas la peine.

Je comprends bien qu’on travaille pour de petits lecteurs ici, qui débutent en anglais. Mais pourquoi alors vouloir se lancer dans quelque chose de si compliqué et précipiter les explications pour ne plus rien comprendre ? Dommage. J’ai de ce fait bien moins envie de découvrir les autres livres sur ce pauvre Brian (son père savant fou lui en fait vraiment voir de toutes les couleurs : Which is Brian (une histoire d’étoile de mer mutante, alors je ne sais pas s’il se retrouve cloné, mais tout est possible) et What is Brian (apparemment ce coup-ci il est transformé en quelque chose d’autre qu’un élève britannique).

Tant pis pour Brian donc.

(Allez-y pour les blagues sur Brian et sa cuisine, si ça peut vous amuser ^^,).

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Double jeu

double-jeuJean-Philippe Blondel (auteur). 2013, 135 p. Actes Sud (Junior). Contemporaine – Jeunesse. 10,20€.

« Changer. C’est ce qu’ils veulent tous. Il faut que j’arrête de poser des problèmes aux adultes. Que je cesse d’être dans leur ligne de vision, de mire, de tir. Que je bouge de là. C’est ce que je voudrais, oui. A l’intérieur, je bous. J’aimerais être loin. Loin, genre à l’autre bout du monde. Me réinventer une existence avec un début moins pourri ». Quentin, nouveau dans son lycée, est enrôlé dans un cours de théâtre pour jouer dans la pièce de Tennessee Williams La Ménagerie de verre. Comme le personnage qu’il interprète, le garçon est tiraillé entre l’envie de tout plaquer pour voir le monde et celle de se battre. D’affronter, Les parents, Les profs, Les élèves, Les spectateurs, l’avenir.

Il y a quelques années, j’avais passé deux très beaux moments de lecture avec Blog et G229 de Jean-Philippe Blondel, que je vous recommande. Les thèmes du théâtre et du nouvel univers au lycée me parlent beaucoup, en général, et j’avoue que l’extrait du résumé plonge déjà dans l’écriture prenante de l’auteur.

Cette plume est fidèle au souvenir que j’en avais, forte, plongeant dans l’univers du héros, Quentin. J’ai aimé, une fois encore, le suivre dans son changement de vie (propulsé seul de son groupe dans un « bon » lycée de la ville, plus exigeant) et ses tourments intérieurs, magistralement servis par les mots choisis, chargés de force et de justesse.

J’ai quelques regrets, comme les ellipses narratives (surtout après des éléments qu’on a l’impression d’être importants) et l’utilisation de flash-backs, et le fait de ne pas avoir lu la pièce dont il est question,  La ménagerie de verre.

Mais c’est une superbe lecture, rapide et passionnante.