Lectures sur un rocher

Quatre soeurs, tome 4 : Geneviève

Malika Ferdjoukh (autrice). 2003, 216 p. L’École des Loisirs (Médium). Jeunesse. 8€.

L’été a presque vidé la Vill’Hervé. Hortense et Enid sont à Paris dans le moins de deux pièces de leur tante Jupitère et de leurs cousins Désirée et Harry. Bettina est partie camper à la campagne avec les DBB, chez une cousine Bethsabée inventée pour la circonstance. Charlie est là, mais ailleurs. Dans l’inquiétude du lendemain, sans doute. Dans la nostalgie de l’hiver avec Basile, peut-être aussi. Geneviève, elle, vend des glaces à la place en regardant passer les bateaux, les pédalos, les cumulos (nimbus) et surtout le mystérieux Vigo qui a commencé par se renverser en vélo devant elle et qui la renverse à son tour …

Je n’avais vraiment, vraiment pas envie d’en finir avec les soeurs. Ce tome n’est pas long, mais j’ai eu l’impression qu’on passait si peu de temps à la Vill’Hervé puisqu’on les suit soit à Paris soit à la campagne … Si j’ai beaucoup aimé la tante Jupitère (rien que son nom), ses enfants m’avaient déjà un peu ennuyée dans le tome précédent, je n’ai pas été ravie de les revoir ici.

L’écriture est toujours aussi douce, nostalgique, et je me suis laissée porter par les évènements, en attendant de retrouver chacun des personnages à la suite. Mais … j’ai eu des regrets pour chacun d’entre eux, ou presque. Hortense et ce garçon qui lui ment (pour se faire bien voir, mais quand même) et boit avant de conduire. Charlie que j’espérais voir reconsidérer les choses avec son scientifique retourné à Paris. Et je ne me rappelle même pas ce qui arrive à Bettina, je crois que ça implique des canards.

Mais bon, je me demande si peu importe la fin choisie par l’auteur, j’aurais été déçue de toute manière. Parce que je ne voulais pas dire au revoir aux quatre sœurs. La langue de l’autrice est toujours aussi agréable et poétique. Je pense que j’oublierai bien vite ce tome pour ne plus que me rappeler la douceur et la nostalgie du récit et de ces personnages si bien construits.

Nombre de tomes parus : 4 (série finie).

Enid HortenseBettina

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Nouvelles de notre planète

Christian Grenier, Pierre Bordage, Florence Thinard, Christophe Lambert, Christophe Léon (auteurs). 1999, 156 p. Hatier (Classiques & Cie Collège). Nouvelles, Science-fiction.

Cinq nouvelles très contemporaines, angoissantes ou drôles, qui nous confrontent aux grands défis environnementaux de notre époque : la pollution, les risques de l’énergie nucléaire, la réduction de la biodiversité, le dérèglement climatique …  

Pour ma deuxième lecture à l’internat, je voulais des récits courts en science-fiction, qui risquaient de plaire à mes collégiens, de la 5ème à la 4ème. Couper La fille de 3ème B a été à la fois long, enquiquinant et en prime un crève-coeur parce que j’adore cette histoire … un recueil de nouvelles en SF n’a pas été facile à trouver, du moins sur les étagères de mes deux CDIs. Quelque chose de court, jeunesse, et facile à comprendre, puisque déjà je ne suis pas une grande lectrice de nouvelles, et les recueils que je peux connaître sont plus destinés à un public habitué au genre …

Au final, je suis bien contente d’être tombée sur ce recueil. Si la première histoire ne m’a pas plu (plutôt que des personnages, on suit sur plusieurs chapitres différents éléments sur le plastique, sa conception, son lâcher dans la nature, etc.), les suivantes, entre action, humour et superbe écriture (toute manière je suis amoureuse de Christian Grenier épicétou ❤ ) m’ont donné pas mal de matière.

J’ai un peu adapté la langue, comme la première fois, enfin les temps, temps du présent pour être plus dans l’action et plus près des élèves. Même si pour l’une des nouvelles, la langue était justement un peu compliquée … on y revient.

Accessoirement, ce qui m’a fait un peu bizarre, c’est que j’ai eu deux séances lectures sur ce recueil, puisqu’il y a plus de gamins dans cet internat que celui des filles. J’ai du mal à me répéter, j’essaie de faire toujours à l’identique (en cours aussi en fait ^^, ce n’est pas plus mal si en général on a une classe par niveau ^^,). Surtout qu’en fait, quand mes 3èmes pro m’ont réclamée, je ne savais pas trop quoi leur lire alors je leur ai proposé ça, et ils étaient plutôt enthousiastes, donc on y retourne pour la 3ème fois, heureusement que j’ai apprécié la plupart des histoires !

Noir destin pour plastique blanc (Florence Thinard) est la nouvelle qui m’a le moins plu. Honnêtement, j’ai failli lâcher le livre avant d’avoir fini tellement j’étais persuadée que rien ne correspondrait à ce que je cherchais. Si j’ai apprécié la discussion de l’adolescent avec ses parents sur la consommation, notamment l’opposition avec le père qui travaille à l’usine de plastique, et qu’il y a ce dialogue entre les ados sur les emballages de chips, les autres extraits ne m’ont pas intéressée et ils sont trop court, formant un tout assez maladroit. Au moins maintenant je sais que Thierry Magnier a édité un recueil de nouvelles SF (Nouvelles vertes) dans lequel je pourrai aller piocher. Je n’ai d’ailleurs pas lu cette nouvelle, pas assez linéaire donc et ne pouvant même pas m’appuyer sur les personnages, je pense que j’aurais perdu mes gamins à coup sûr.

Césium 137 de Pierre Bordage a plus d’action et passe mieux en voix, notamment avec les personnages et les péripéties qu’ils rencontrent (mon hurlement à la vue de l’énorme rat a remporté pas mal de succès). C’est un peu long, je trouve, et un peu cliché par moment quand même (Andra qui a un faible pour Puc est bien appuyé, et le fait de vouloir plus de doigts pour y mettre du vernis … j’ai été à la limite de couper cette réplique plutôt cruche). Mais les révélations finales ont impressionné mes gamins et les ont fait réfléchir, ce qui n’est déjà pas si mal.

Homo jardinus (Christophe Lambert) est la nouvelle qui m’a décidée à me lancer. Elle est pleine d’humour, avec un colonel anglais, des mots VO, de la pelouse et des nains qui disparaissent ….  elle est courte, aussi, ce qui aide. Bon, il y avait un peu beaucoup de références anglo-saxonnes qui manquaient à mon auditoire et donc quelques blagues perdues, mais le dénouement contrebalance ça sans peine. Il est triste, choquant (plus de plantes 😥 ), inattendu, et ce qui arrive à la pelouse puis au colonel apporte une touche d’humour malgré les circonstances.

Je suis la vigie et je crie : je suis amoureuse de ce texte ❤ Forcément, c’est du Christian Grenier. J’ai dû bien changer les temps, apporter quelques explications et rappels au fil du texte parce qu’il est assez complexe. Mais il en vaut tellement le coup ! On a envoyé quelqu’un dans le futur, et il a choisi de s’intéresser à un observatoire nouvellement détruit. Il en a ramené une espèce de boîte noire avec le témoignage de la vigie, le responsable du phare, qui relate ce qu’il est advenu de la planète. C’est beau, c’est fort, c’est émouvant, mais c’est compliqué puisque c’est enchâssé dans une autre situation – hell, même moi j’ai dû relire pour tout comprendre, y compris le fait que contrairement à ce que disent les politiques c’est bien le futur qui les attends, dans ses catastrophes climatiques. Et cette métaphore du fil d’Ariane ❤ quand un de mes gamins l’a repérée j’étais teeeeellement happy ❤ Mais, oui, texte assez compliqué, mais des mots tellement beaux ❤

Pour mes 3èmes, comme on a pris du temps pour expliquer certaines choses dans les différents textes, on s’est arrêté à cette nouvelle. Ce qui n’est pas plus mal puisque je me suis rendue compte que la dernière était compliquée aussi.

Ella de Christophe Léon m’a beaucoup plu lorsque je l’ai découverte. Ella est une jeune fille un peu étrange qui vit en cité et propose de démarrer un potager dans une cité et démarre une petite utopie. Les petits ont plutôt accroché à l’idée, mais je crois que les mots les ont perdus. C’est du langage un peu familier, un peu cité, qui cohabite avec des sons comme Ella elle a … heu ouais ils n’auront pas la référence hein ^^, et la répétition du prénom donne une structure un peu lourde aussi à l’oral. Le langage familier de l’auteur n’est pas vraiment celui de mes gamins, et s’ils sont restés très calmes (dernière nouvelle, un peu de fatigue je pense) je crois qu’ils n’ont pas tout compris … Et je me voyais mal couper dans le texte, qui a une structure, un rythme très musical, ou changer le langage qui se tient on its own … j’hésite à reprendre cette nouvelle pour une nouvelle occasion. Même si j’avoue que certaines expressions comme « chiche pois chiche », j’ai trouvé ça vraiment fun.

Je n’ai pas prêté attention aux dossiers, je le ferai davantage lorsque je commanderai le recueil pour le boulot.

L’un dans l’autre, la lecture a été intéressante et m’a beaucoup plu pour ma part. Elle a rencontré un certain succès avec les élèves et pourrait vraiment donner lieu à des discussions intéressantes, à part le premier texte qui ne me convainc pas du tout (sauf éventuellement la petite partie sur le sac plastique jeté sur la plage comme il met en scène des ados, en plus de la discussion familiale).

Si vous recherchez de la SF à thématique écologique, des textes assez courts (pour l’étude en classe aussi) je pense que ça peut fonctionner.

Lectures sur un rocher

Romeo@Juliette

romeojulietteManu Causse (auteur). 2016, 94 p. Talents Hauts (Dual). Jeunesse. 8€.

Lorsque le prof d’anglais lance l’idée d’une correspondance avec des élèves britanniques, Juliette n’est pas enthousiaste. Pire, son pen-pal est un garçon qui aime le foot et le théâtre. Pourtant, leurs échanges d’e-mails se font de plus en plus amicaux et leurs sentiments évoluent.

Je vous ai déjà parlé des récits en langue anglaise du boulot. Parmi ceux qui ont été commandés, une partie l’a été en VO intégralement (Blitz Britain par exemple), d’autres jouent avec un côté bilingue. Comme celui-ci.

Le principe de la collection Dual de cette maison d’édition, c’est de proposer une partie du texte en français, et l’autre en anglais. C’est intelligemment fait dans ce roman, puisque l’héroïne est française et entame une correspondance avec un jeune Anglais. Ce n’est pas artificiel, ce que j’apprécie vraiment, même si je ne suis pas fan de l’épistolaire ça passe très bien ici.

L’autre élément principal du roman, qui me laisse mitigée, c’est l’adaptation de Roméo et Juliette à la sauce moderne, un peu loupée à mon sens puisque pas d’animosité de la part des parents (enfin après un évènement, mais pas dès le début). J’ai vraiment aimé le côté mise en abîme puisque Mark joue le rôle de Romeo dans sa pièce de théâtre, mais le fait de vouloir trop rapprocher ces personnages notamment avec leur tentative de suicide … c’était par trop démesuré et on aurait pu en rester à leur histoire d’amour simple et quelques clins d’oeil.

L’anglais n’est pas difficile à comprendre et il arrive par petites touches, c’est plutôt agréable. Franchement, je pense que je testerai à nouveau cette collection, notamment en allemand où ils ont un récit sur un vampire ❤

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La fille de 3ème B

Christian Grenier (auteur). 1999, 156 p. Rageot (Cascade Pluriel). Jeunesse, Romance.

Pierre a deux passions, l’une avouée, la musique, l’autre cachée, Jeanne la fille de 3ème B. Plus à l’aise avec les arpèges qu’avec les mots du cœur, Pierre va cependant aider Jeanne à découvrir la musique. Pourra-t-il la conquérir sans trahir son incroyable secret ? 

En cherchant une belle lecture, un peu doudou, avec une jolie histoire d’amour pour ma première animation lecture à l’internat, je suis tombée sur ce livre. Je l’avais lu quand j’étais ado, vers treize, quatorze ans. J’avais tellement aimé cette histoire ! Peut-être plus que la version de Jeanne – un narrateur masculin change, je trouve, et puis cette passion pour la musique m’avait emportée.

Si j’ai dû couper pas mal de passages – pour une heure de lecture prévue ; et encore, j’ai débordé, ça a duré près de deux heures – j’ai tellement aimé retrouver cette histoire !

Pour la langue, surtout. Les mots de Christian Grenier coulent avec tellement de fluidité et de douceur.

J’ai adoré le fait qu’il sonne délicieusement vintage à mes yeux, maintenant. La rédaction date des années 90 et ça se sent tellement ! Pour la technologie, surtout, et un peu le vocabulaire. Le téléviseur ! Une belle nostalgie qui fait sourire.

(Diantre, je suis plus vieille que Pierre, maintenant ! Ça me perturbe ! J’étais plus jeune que Jeanne quand je l’ai découvert … dans les années 90 XD ).

Si dans Virus L.I.V.3, l’auteur avait évoqué le thème du handicap avec Allis, il récidive aussi avec une petite touche : la mère de Pierre est dans un fauteuil. C’est simplement esquissé, mais j’apprécie la mention (même si je ne comprends pas trop pourquoi elle n’aurait pas pu continuer sa carrière de cantatrice … pas assez d’installations ? c’est dommage !)

Et le sacre du Printemps à la fin ❤ sans parler des phrases tellement jolies accolées à ce moment !

Bon, je pense que j’ai goûté les références musicales bien davantage qu’à l’époque, même si je ne les connais pas toutes. Stravinsky, par exemple, je l’ai découvert plus tard avec un plaisir infini (et savoir qu’il était la base du jingle de la Trilogie du Samedi me paraissait tellement chouette !). Et elles sont toujours liées à cette écriture fantastique qui s’égrène comme des notes.

C’est amusant, en relisant certains passages j’ai eu l’impression de retrouver des formulations, des ombres, qui sont dans mon roman. Je n’aurais pas imaginé que cette petite histoire m’ait tant influencée ❤

Parmi les petites phrases que j’ai tellement aimées :

C’est tellement plus facile d’aimer les gens à distance.

Là, je me suis rendu compte qu’elle était vraiment jolie : on paraît toujours plus beau, je crois, quand on est heureux.

Je crois que le courage, c’est ça : faire ce qu’on sait vrai et juste, en se moquant du regard des autres et du qu’en-dira-t-on.

Je veux bien mourir d’amour, mais pas mourir de froid.

-En réalité, c’est l’auditeur et en premier lieu l’interprète qui recrée l’oeuvre dans son intégralité au moyen de sa propre sensibilité. S’il n’a rien dans le coeur ni dans la tête, la musique sera une belle boîte vide. Chaque morceau est une caisse de résonance, Pierre. N’oublie pas : ce qui est important, ce n’est pas l’oeuvre en soi mais l’écho qu’elle suscite chez celui qui la perçoit. Et l’écho suppose une distance. Celle de l’espace et du temps.

Puis, pendant trente-cinq minutes, le Sacre explosa sur scène. Mais le printemps était dans la salle, niché entre nos deux sièges, dans nos mains intensément soudées. Puis le printemps fut dans la nuit qui nous enveloppa au retour et qui murmurait les mots d’amour que nous n’osions pas nous dire. Le printemps était dans mon coeur qui battait à côté du sien quand il fallut se quitter, et quand nous nous sommes embrassés.

Le printemps, ça ne dure qu’un moment. Et j’avais oublié les orages.


Honnêtement, pour la lecture à voix haute, j’ai fait pas mal de choix, notamment au niveau des coupes. Beaucoup de passages ont sauté, notamment dans la préparation des concerts, les leçons avec Amado, etc. Le pauvre Florent, le petit frère de Jeanne, n’a eu droit qu’à une mention ! Les petites phrases en allemand ont disparu, aussi, dommage, moi qui aime lire cette langue aussi ! Le temps est d’un vil !

Et ce côté un peu vintage … le téléviseur, dans ma bouche, est redevenu télévision. J’avoue. Bon, les disques, j’ai laissé, même la platine, mais je pense que pour mes demoiselles ça allait bien avec la musique classique.

Ma plus grande trahison, je dirais, ça a été les temps. Instinctivement, j’ai mélangé passé et présent. Souvent, j’ai omis le passé simple pour le passé composé, plus propice à mon auditoire et plus vivant à l’oral. Et, heu, j’ai raccourci certaines choses … pardon M. Grenier ! Je me suis fait un peu l’effet du traducteur à l’italienne : traduttore, tradittore ! Une petite trahison !

Mais, promis, c’était pour faire découvrir cette petite merveille à mes élèves. La plupart de ses si jolies phrases au présent, j’ai essayé de toutes les conserver.

Je crois que mes élèves ont plutôt apprécié (certaines se sont endormies très vite, mais pas grave. Et une autre ne m’a pas quittée des yeux et a eu des larmes non loin à certains moments) . En tout cas, les garçons m’ont réclamée trois fois depuis, et j’y vais ce soir … avec un autre livre dont je vous parlerai aussi !

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Blitz Britain

BlitzBritain_Couv_corr.inddPhilippa Boston (auteur). 2014, 48 p. Didier (Paper Planes Teens). Jeunesse-Histoire. 5,90€. Livre lu en anglais.

Dans le ciel de Londres, un avion allemand. Puis deux. Puis des centaines… Nuit après nuit des centaines de bombes s’abattent sur la ville. Blitz Britain vous plonge dans le Londres de la Seconde Guerre mondiale, puis dans la palpitante histoire du jeune Billy, héros ordinaire d’une nuit extraordinaire.

J’étais beaucoup moins enthousiaste après When is Brian ? dans mes petites lectures en anglais pour le boulot. Mais j’avoue que la mention de Terrible Times me rappelait Horrible Histories, et le style de la couverture Quentyn Blake, l’illustrateur de Roald Dahl, et c’est bien joli.

Au final, c’est une belle petite surprise. On démarre par une partie très documentaire sur la seconde guerre mondiale et le Blitz, lorsque Londres était bombardée par les Allemands, et franchement ce n’est pas rébarbatif. Le style est étudié pour les jeunes lecteurs et je l’ai trouvé très clair, surtout agrémenté de ces dessins agréables.

Le livre se clôt par une petite histoire sur un enfant durant une nuit du Blitz. C’est court, c’est touchant, c’est impeccable pour plonger le lecteur dans la période en illustrant ce qu’il vient de découvrir dans la partie documentaire du démarrage.

Si vous souhaitez une petite lecture historique, faits et fiction, pas complexe en anglais, c’est un ouvrage que je recommande. Et là, je me lancerais avec plaisir dans les autres livres de la collection, notamment Killer Sports qui parle des origines de différents sports, où tous les coups étaient permis.

Lectures sur un rocher

Les Carnets de Cerise, tome 1 : Le zoo pétrifié

Joris Chamblain (scénariste). Aurélie Neyret (dessinatrice). 2012, 70 p. Soleil ( Métamorphose). BD – Jeunesse. 15,95€.

« Il était une fois… Quand j’étais petite, je me suis fait la promesse que si un jour, j’avais un journal intime, il commencerait comme ça. Il était une fois… ben moi, Cerise ! J’ai dix ans et demi et mon rêve, c’est de devenir romancière. Mon truc à moi pour raconter des histoires, c’est d’observer les gens, imaginer leur vie, leurs secrets. On a tous un secret enfoui que l’on ne dit pas, qui fait de nous ce que nous sommes…

En ce moment, avec les copines, on observe quelqu’un de vraiment mystérieux… »

J’ai énormément entendu parler de cette BD sur la blogosphère à sa sortie, toujours en termes des plus élogieux. Jolie, très touchante, addictive, j’avais quand même pas mal d’attentes puisque je n’ai pas l’impression d’avoir vu la moindre critique à ce sujet avant lecture …

Le début m’a paru un peu simple, routinier. Je ne suis pas fan du démarrage en long texte manuscrit, qui a tendance à me refroidir un peu, quel que soit le contenu, pour moi une BD montre en image.

Puis arrive le dessin. Le découpage est très joli, tout en arrondi, les couleurs délicates et pastel, dans des nuances automnales (brun, rouge, orangé), avec des effets de lumière adorables.

La petite enquête est vraiment bien menée, et la résolution, je l’avoue franchement, m’a beaucoup émue (oui, j’ai pleuré comme une madeleine et je vous zut). Ces animaux, toute la partie qui leur est consacrée d’un point de vue graphique, est plus que superbe. J’ai préféré les petits textes en mode légende de photo, ça apporte de la diversité sans trop de lourdeur.

Quelques petits soucis. Le côté ado de Cerise avec sa maman, s’il fait naturel, ne me plaît pas tellement. Et je ne vois pas cette BD en série. Je ne sais pas pourquoi, mais ce livre se suffit à lui-même, et je ne vois pas trop Cerise poursuivre ses aventures, pour continuer à filer des gens ? résoudre de petites énigmes ? je ne vois pas ce qui pourrait surpasser celle-ci, peut-être parce que la partie consacrée au début me semblait si simple, si adolescente.

Mais ce sera à voir, puisque je poursuivrai cette histoire avec le deuxième tome (j’hésite d’ailleurs à l’acheter pour le boulot).

Nombre de  tomes parus : 4 (série en cours).

Lectures sur un rocher

Quatre soeurs, tome 3 : Bettina

quatre-soeurs-3Malika Ferdjoukh (autrice). 2003, 201 p. L’École des Loisirs (Médium). Jeunesse. 8€.

Le printemps, saison du renouveau, des amours et des primeurs, éclate dans toute sa splendeur à tous les étages de la Vill’Hervé.

Renouveau ? Oui. Harry et Désirée, les petits cousins, viennent passer des vacances au grand air. Charlie, à sec, s’est résignée à louer la chambre des parents. Le locataire s’appelle Tancrède, il est jeune, célibataire, drôle, fabricant d’odeurs bizarres. Et beau.

Primeurs ? Trop. On retrouve des poireaux nouveaux partout, dans la soupe, coincés dans un cadre de tableau et même dans le pot d’échappement de la voiture de Tancrède. Toujours lui.

Amours ? Hélas. Tancrède sème le trouble et récolte la tempête dans le cœur de Charlie. Bettina se languit du très très moche et si splendide Merlin. Hortense découvre que les règles peuvent être autre chose que « l’ovule non fécondé et les structures endométriales se font la malle, Chantal ». Enid fait des confidences. Geneviève se tait. Et Mycroft, le rat, qui tombe amoureux à son tour… 

Avant de me lancer dans cette lecture, je n’étais pas très enthousiaste puisque je n’apprécie pas beaucoup Bettina, qui peut être un peu superficielle. Mais elle n’est pas vraiment au centre de l’histoire et elle n’est pas aussi désagréable que je le pensais, plus touchante même.

Cette suite est plutôt triste, en fait. Entre Bettina et Merlin qui n’est plus là, l’amie d’Hortense, Charlie – que j’adore toujours autant – et Tancrède … J’ai beaucoup aimé Tancrède. Il a ces petites touches qui font de lui un personnage intéressant, qu’on a envie de suivre. Harry et Désirée, en revanche, m’ont un peu agacée.

La tristesse est un peu estompée par cette blague récurrente des poireaux. Que, il me faut l’avouer, j’ai trouvée hilarante. Des poireaux partout. J’en suis bien contente, parce que sinon, le volume aurait été un peu déprimant.

Oui, bon, et le vocabulaire de Bettina et ses copines est chouette aussi. « Sévèrement phénix », quoi, pour un mec mignon. J’adhère. Et c’est vraiment appréciable d’avoir une petite conversation sur les règles, les serviettes et les tampons dans un récit jeunesse. Ca n’est pas très long, mais c’est là, et c’est plutôt choupi.

Une belle suite, mais qui rapproche de la fin, malheureusement.

Nombre de tomes parus : 4 (série finie).

Enid / Hortense Geneviève