Lecture sur un rocher

Des châteaux, des histoires et des hommes

Sandrine Mirza (autrice). 2011, 91 p. Milan. Histoire, Jeunesse.

Monuments d’exception, hauts lieux de pouvoir et de rêve, témoins privilégiés du passé, les châteaux racontent mille et une histoires. Ils reflètent à merveille les ambitions et les passions des grands de ce monde. Cet ouvrage, richement illustré, est une invitation à entrer clans l’intimité des rois et des reines, à percer les secrets d’aventuriers célèbres, d’architectes étonnants et de poètes romantiques. 

Il nous entraîne dans un étrange voyage à travers le monde, du XVe siècle au XXe siècle. En route donc pour une grande aventure humaine qui parle d’amour, d’amitié, de gloire et de plaisirs mais aussi de drames, de mort, de fantômes et de vampires.

Alors j’ai beau adorer les châteaux, il y a des chances que j’ai acheté ce livre pour les vampires. Si, si.

Et l’autrice a décidément tout compris puisqu’elle démarre par deux doubles pages consacrées à Bran (le château) et Vlad l’Empaleur (la figure historique qui l’a construite/y a séjourné). A gauche du titre, une petite représentation du pays et un point rouge pour le situer (une carte ouvre le livre avec l’introduction), et s’étale, majestueux, le château sur la première double page. La seconde propose informations et anecdotes, et cette structure se reproduit sur le reste de l’ouvrage.

Je me suis laissée porter par les très belles illustrations choisies, essentiellement des photos, sur papier glacé. Il y a aussi du texte mais pas beaucoup. Quelques encarts concis et pourtant joliment écrits pour apporter les informations importantes et quelques anecdotes, notamment sur le château de Vlad Tepesh.

Les couleurs rendent aussi l’ensemble très vivant, comme les premières doubles pages qui donnent vraiment envie de partir à la découverte de ces différents monuments.

J’ai aimé la diversité géographique proposée par l’autrice : elle nous entraîne en Europe certes, mais aussi en Afrique du Nord, et pas dans les plus connus (aka pas que les châteaux français) avec aussi une multitude d’architectures différentes.

Le livre est très coloré et rien que pour ça, c’est un plaisir de tourner les pages. J’étais plus en mode beau livre que lecture documentaire et ça fonctionne dans les deux cas.

Pour le bémol : il n’est plus disponible chez l’éditeur, apparemment, donc je ne peux pas l’acheter pour le boulot >< Milan, faut rééditer !

Nouvelle bannière lecture, j’espère qu’elle vous plaira !

Lecture sur un rocher

Harry est fou

Pascal Rabaté (auteur). 2011, 48 p. L’Ecole des Loisirs (Mille bulles). BD – Jeunesse.

Fils unique de parents très ordinaires, Harry vient d’apprendre qu’il est également l’unique héritier de son vieil oncle d’Amérique. L’héritage s’appelle Madison, le perroquet de son oncle décédé. Mais attention! Madison n’est pas un perroquet ordinaire : il parle, bien sûr, mais il lit également, répond au téléphone, joue du piano avec le bec, connaît de savoureuses recettes de cuisine, est imbattable au Monopoly, joue aux échecs, fait des mots-croisés… Bref, Madison a tout ce qu’il faut pour apporter un souffle d’humour et d’originalité à la vie de Harry.

Honnêtement, à voir la couverture et le titre, non seulement je n’étais pas emballée, mais en prime j’hésitais à désherber ce livre du boulot. Et le livre dont il est adapté date des années 80, alors question langage on fait un peu dans le daté aussi. Le dessin … ne m’a pas fait envie non plus.

Ca fait beaucoup, hein ? Et vous savez quoi, au final, je ne suis pas mécontente de la balade et la BD est restée sur les étagères.

J’ai toujours du mal avec le dessin qui me fait un peu grincer des dents mais Madison bouleverse toutes les certitudes et impose son côté plein de charme de perroquet qui sait tout. Et j’adhère. C’est mignon, c’est frais, vintage au lieu de daté, et ça illumine presque la journée. Je testerais peut-être en roman (Dick King-Smith a écrit le roman original et est l’auteur de Babe, le cochon devenu berger, donc le côté enfant et animalier fonctionne bien. Et puis un perroquet qui joue aux échecs, je prends !).

Lecture sur un rocher·Life as a Teacher Librarian - Pérégrinations de profdoc

Ne vous disputez jamais avec un spectre

Gudule (autrice). Corbeau (illustrateur). 2018, 155 p. Le Livre de Poche Jeunesse. Fantastique .

Et si un jour, subitement, votre petite soeur se transformait en créature de cauchemar ? Si, au cours d’une banale dispute, elle cherchait à vous assassiner ? Et si, comble de l’horreur, vous étiez le seul au courant de sa métamorphose et que tout le monde vous croit fou ? Cyril échappera-t-il à l’esprit vengeur qui a pris possession de sa petite sœur ?

Ce livre, je l’ai repéré il y a près de deux ans, en avril. Je cherchais des idées d’achats et surtout de lecture d’Halloween – mes cyclones m’enquiquinant toujours pour une soirée Chair de Poule, j’étais partie en quête d’horreur soft jeunesse mais intrigante et originale.

Je suis tombée sur cette couverture qui m’a tout de suite parlé. J’ai lu les premières lignes. Bam. J’étais scotchée.

J’ai dû un peu batailler et carrément téléphoner à une librairie pour savoir s’il était encore dispo puisque marqué du contraire sur Decitre et pas possible à ladite librairie de me le trouver. Sans honte, je suis passée par Amazon. Il me le FALLAIT, juste, pour la rentrée.

Le début est génial. Ca me rappelle l’histoire que j’avais commencée à écrire avec mon cousin quand j’étais enfant. Un peu clichée avec pas mal d’éléments typiques de fantastique mais qui parle tellement aux plus jeunes. Gudule monte son atmosphère étrange et angoissante à la perfection, avec les circonstances d’acquisition de la maison, son environnement immédiat, l’intérieur, les changements qui s’opèrent avec la petite sœur.

A mon sens, ça tombe à plat lorsque le héros va à l’école et rencontre la demoiselle rouquine dont je n’avais rien à casquer – et ce n’est pas que moi, mon pré assistant qui l’a lu après la soirée Halloween est d’accord. Je crois qu’elle a voulu introduire des éléments amoureux qui n’ont rien à voir avec le récit et c’est dommage.

Mais on en reparle dans la partie consacrée à la soirée en elle-même.

Donc, effectivement, jusqu’aux 3/4, je trouve ça vraiment excellent, montée dans l’angoisse et le suspense jusqu’à ce que la rouquine arrive (avec des jeux de mots bien idiots, et terriblement ancré dans les années 90, j’ai l’impression. C’est difficile de rester actuel avec des réflexions adolescentes mais là j’ai trouvé ça daté. Enfin ce n’est pas pire que Crime city de la même autrice dont la narration en général souffre de ce manque de naturel puisque le point de vue est celui d’un adolescent aussi et qu’il parle de manière bien trop soutenue …)

Et la fin est vraiment, vraiment très plate, à l’image de l’introduction forcée de cette relation amoureuse naissante. Mais je crois que dès l’école, je n’ai plus aimé ces passages. Ils détournent l’attention de la maison et de la petite soeur. Il aurait mieux valu qu’on soit pendant les vacances d’été, je pense. Pour ajouter un petit côté étouffant. D’autant qu’à part des réflexions vaseuses sur le nom du héros et le fait qu’il ait peu d’amis, ça n’apporte rien, ou un vague vernis quotidien qui retire à l’angoisse censée être au cœur du récit.

J’ai attendu jusqu’au bout un petit twist que le début et l’intrigue en général méritaient. Peut-être aussi à cause de ces fameux Chair de Poule qui ont toujours un retournement final qui peut vous tordre l’estomac – croyez-moi, je m’éclate toujours avec cette partie au moment de la mise en voix !  Mais ça l’aurait tellement plus servie que cette bouillabaisse de bons sentiments !

Et le spectre est trop gentil. J’aurais préféré qu’elle cherche à se venger pour de vrai, zut quoi.

En bref, une lecture prenante mais qui retombe comme un soufflé vers les trois quart pour se loger au ras des pâquerettes aux dernières pages. Snif.


Donc, ce livre, à la base, je l’avais choisi dans le but spécifique de le mettre en voix pour une soirée lecture. J’avais même commencé par lire l’extrait dispo sur Amazon à voix haute et frémi. Si, si. Potentiel, je vous dit.

Et bon comme c’était la lecture d’Halloween, je suis peut-être partie sur une tenue adaptée. Non, je ne montrerai pas de photo, mais disons que j’avais l’impression d’être ridicule, mais un de mes grands m’a dit que sur une échelle de 1 à 10, j’étais seulement à 8, donc ça aurait pu être pire 😛

Ma première impression de la soirée a été franchement négative. J’ai mis vingt minutes à les poser (ils étaient une douzaine, de la 6ème à la 4ème). C’est la première fois qu’ils étaient aussi enquiquinants. Et mes pauvres bébés 6ème dont c’était la première lecture étaient tout déprimés. J’ai fini par en renvoyer un pour enfin pouvoir commencer.

Plutôt que de m’installer sur une table pour lire, comme d’habitude (oui oui je m’asseois sur les tables, c’est mieux que les chaises – surtout quand elles sont juste devant les graaaands miroirs et qu’on lit le Chair de Poule sur le sujet XD) je me suis posée sur le rebord de fenêtre. J’ai trouvé ça plus approprié.

Surtout au moment bien climactique, bien frissonnant …

Où la lumière a été coupée.

Je vous jure. Les gamins ont paniqué de suite. Encore plus dans l’ambiance.

J’ai adoré. J’aurais vraiment voulu organiser ça, mais je ne pensais pas que ma collègue aurait laissé passer. En fait ce sont les grands, les lycéens surveillants, qui ont cru que j’étais déjà partie et ont coupé les feux.

Les petits, morts de trouille, ont voulu courir remettre la lumière, mais j’ai proposé de continuer.

A la lumière du lampadaire de la rue derrière.

Si ça franchement c’est pas la classe de la lecture d’Halloween 😀

Et j’ai changé la fin. Comme le livre est assez long déjà j’ai coupé la plupart des passages à l’école, j’envisage de zapper ça entièrement si je relis, pour minimiser l’importance de la copine guimauve, et appuyer le côté inquiétant du spectre. La fin guimauve originale propose d’envoyer la petite soeur toute seule dans le caveau de la demoiselle qui la hante et revenir bien vite guérie youpla on est contents.

Eh bah, non. Elle ne revient pas et le grand frère doit partir derrière, dans le caveau bien sombre. Je crois que je me suis arrêtée à la première lecture sur la description dudit caveau, d’un grand craquement et des yeux luisants et annoncé la fin.

Ils ont eu un peu peur.

Enfin pas autant dans le deuxième groupe du lendemain – j’ai rapatrié mes bébés 6ème, franchement, ils n’avaient pas fait le bazar, s’ils voulaient rester ils étaient très calmes et ravis. Un des 4ème était limite à claquer des dents, et ses camarades m’ont rassurée, il était toujours comme ça, donc on continue. J’ai un peu appuyé sur la fin, le côté glaçant dans le caveau et le fait que quelque chose agrippe le héros. Clap de fin sur l’échine qui se hérisse. Ils sont morts de trouille.

Je suis toujours pas satisfaite XD j’aurais bien voulu tester avec mes anciens bébés 3ème devenus des secondes, pour encore remodeler la fin. En tout cas, beaucoup de potentiel pour deux soirées d’Halloween, qui ont été vraiment intéressantes malgré le fait que les gamins avaient vraiment la bougeotte !

J’aimerais bien relire cette histoire à l’occasion – enfin avec mes modifications 😀 ❤


J’étais persuadée de vous avoir déjà posté ce billet ^^, comme je ne le fais que maintenant je peux vous parler de ce que ça a donné cette année !

J’ai donc repris ce spectre pour mon cycle d’épouvante, encore une fois. J’étais un peu embêtée pour ceux qui l’avaient déjà entendu mais ils m’ont TOUS assuré qu’ils voulaient cette histoire. Enfin, j’ai pris un Chair de Poule pour les 6ème, je trouvais certains passages un peu sombres (et mes 6ème cette année font bien plus bébés 6ème que ceux de l’an passé).

Et j’ai complètement changé la fin et modifié le milieu. Virée, la rouquine surnommée Dico à cause du Larousse … virés, les éléments sur l’école. C’est l’été, c’est la canicule, le gamin est coincé avec sa soeur à la maison et obligé de veiller sur elle.

Et au moment de retourner dans le caveau … et ben il n’y a plus de spectre tout mignon.

Je trouve ces changements beaucoup plus a propos et qu’ils donnent lieu à une histoire plus intéressante. Seul problème ? Ça reste du roman. Donc, long. Et lorsque j’essaie de bien mettre le ton j’y mets le temps aussi. Cette gestion du temps a été compliquée cette année puisqu’elle a été de pair avec des changements à l’internat. On m’a bien demandé de finir en une heure (voire moins) et caser une pause snack …

Si j’aime toujours autant cette histoire, cela ne s’est pas si bien passé. J’ai dû virer bien deux 5ème rien que pour commencer, les 3ème ont bavardé, les 3ème pro m’ont carrément posé un lapin (suite au sondage de début d’année une douzaine était intéressé. J’arrive, plus personne. Plus de soirée lecture 3ème pro cette année au final).

Les quelques collégiens de l’internat des lycéens avec un de mes anciens 3ème ont été beaucoup plus réceptifs et calmes (malgré leur comportement d’habitude remuant).

Le pire a été l’internat des filles. C’est la première fois que je pars sans avoir terminé une lecture. Lorsqu’une élève (qui m’interromps régulièrement et me contredis) m’a arrêtée pour me dire qu’il ne se passait pas ça / que ça ne se passait pas comme ça dans le livre … je me suis juste levée et je suis partie. (Déjà il avait déjà fallu près d’une demi-heure pour démarrer parce que beaucoup de mauvaise volonté, des bavardages, etc.). Le contraste était juste total avec leur première soirée lecture où elles étaient deux fois plus nombreuses sur un autre thème et juste impeccables.

Donc voilà. Je ne sais pas si je reprendrai le cycle d’épouvante avec Ne vous disputez jamais avec un spectre au prochain Halloween. La longueur du texte en fait toujours une lecture difficile à proposer et ça fera la troisième fois pour certains élèves. On verra bien !

Lecture sur un rocher

Feuilles de janvier

En janvier, j’ai suivi ma liste de lecture à la lettre.

J’espérais passer un tout aussi bon moment avec ce nouveau Marie Kondo qu’avec le premier et c’est le cas – petite inquiétude tout de même sur le contenu, est-ce qu’il allait être identique ? En fait on reprend les bases de la méthode pour aller plus loin. J’ai vraiment aimé ces nouveaux détails que j’ai entrepris de mettre en oeuvre. J’ai hâte de pouvoir prendre le temps ce premier weekend de février pour trier et désencombrer.

Petite baisse de motivation avec cette relecture. L’élément de surprise est passé et je retrouve les défauts qui étaient légers la première fois. Voir Silver « rejouer » sa romance avec l’alpha ours suite à son amnésie m’a davantage lassée. Si j’aime découvrir le personnage de la jeune femme et sa famille (j’adorerais d’ailleurs suivre son frère gay ; c’est d’ailleurs une des premières fois où un personnage LGBT+ a une voix aussi claire), les changelings ours, les léopards me manquent.

Petite lecture au travail. Le livre est plutôt mignon mais les illustrations ne m’enthousiasment pas. En revanche, j’ai appris de petites choses.

J’ai préféré de beaucoup ce petit carnet. Je suis in love du style graphique des éditions Quelle Histoire et la diversité est bien plus au rendez-vous ici que dans le précédent : on a des personnalités du milieu de la santé également, comme Florence Nightingale, pas uniquement maths, physique et chimie, ou de la technologie. Et il y a BIEN PLUS de femmes. Donc Bam un peu shame on you, hein.

Alors, heu, c’est Freya qui pleurniche beaucoup. Elle a deux « grands frères » et est apparemment amoureuse de l’aîné, ils travaillent tous les deux pour le prince. Lorsqu’elle leur rend visite (un peu contrainte je crois bien) elle se retrouve à devoir prendre la place dudit prince et voit ledit amoureux mourir.

Je suis un peu déçue de ce shojo. Le côté amoureuse de son « grand frère » m’a fait beaucoup penser à Candy ou Georgie (oui oui j’ai été là) et l’aspect remplacement de prince ne casse pas trois pattes à un canard pour l’instant. Dans le genre, j’ai de beaucoup préféré Mimic Royal Princess, un univers où les femmes sont au pouvoir, seules elles peuvent gouverner et c’est le sosie masculin de la princesse qui prend sa place.

Quelle Histoire ne déçoit pas avec ce nouveau carnet adorable. Le style graphique est différent de celui sur les scientifiques mais il est tellement doux et beau ! Le contenu m’a passionnée aussi. On ne reste pas sur des mythologies über connu mais on nous propose une très belle diversité : aztèque, nordique, japonaise et yoruba (africaine !). Je suis enthousiaste.

Deuxième déception shojo du début d’année. Yuki est une adolescente pleurnicheuse dont les 3/4 du groupe d’amis a disparu l’année dernière à part un enquiquineur notoire qu’elle aime beaucoup (non mais j’étais prête à passer ce cliché, hein, promis). Et puis éléments étranges se passent et elle découvre qu’elle est la réincarnation d’une créature comme lesdits amis, que c’est leur destinée et que chacun ont des pouvoirs.

Bon, pour être entièrement honnête, ça ressemble énormément, dit comme ça, aux textes que j’écrivais ado. Et que je trouve maintenant extrêmement éculés. Donc, sorry, Yuki, mais tu paies pour stupid Past Me. Sans rancune, hein.

Et puis on reste dans du shojo bien cliché avec les jolis clichés sur les critiques de la demoiselle plate comme une planche, les remarques lourdes etc. La partie magique me rendrait vaguement curieuse mais le côté bluette ado nope.

Je n’avais pas spécialement envie d’allemand mais plutôt de piocher de petites idées déco dans un environnement moins anxiogène que Pinterest XD (non en vrai j’adore Pinterest mais c’est follement overwhelming). Et je ne sais pas pourquoi mais je me figurais que ce serait une majorité d’images avec quelques légendes.

Ça faisait trois ou quatre ans qu’il était dans mes bibliothèques. Wouldn’t you know it, apparemment, je ne l’avais pas ouvert une seule fois.

Et le ratio est totalement inversé. Il y a bien 80% de textes pour 20 d’images, et encore. J’ai beau avoir un peu de vocabulaire allemand et reconnaître une Tische, danke schön, ben quand tu me parles du style de ta Tische ou de sa forme tu m’as perdue.

Je me suis donc contentée de feuilleter et regarder les images d’un oeil distrait – je trouve celles de la couverture beaucoup plus chouettes. Tant pis. J’aurais fait un peu d’allemand.

Rien que pour me rappeler ce que voulait dire Tische, ça en valait la peine XD.

Comme je m’y attendais, le dossier sur la programmation ou pas des éléments de sa vie était bien pensé et m’a beaucoup fait réfléchir. Je me suis rappelée que j’étais beaucoup plus angoissée avec mon Filofax papier à oublier des choses que maintenant avec mon tout numérique ^^, Le dossier sur le thème « Je travaille » pour le diable », aka dans des milieux qu’on ne cautionne pas, m’a parlé aussi.

Il y a eu l’article sur ces trois personnes qui ont changé de classe sociale, leur regard sur la société et inversement. Encore une fois, quelque chose auquel je n’avais jamais réfléchi. Les éco fails sont hilarants (des essais d’écologie royalement foirés, avec beaucoup de bonne humeur), en revanche le dossier sur l’intimité féminine m’a glacée. Pas pour le thème mais parce qu’on y aborde les violences gynécologiques (ce qui est toujours über important) et ce que certaines ont décidé de mettre en place comme alternative aka l’auto exam … Encore une fois, beaucoup de fuel for thought.

J’ai eu une envie de relecture avec cette jolie BD sur Gérard Depardieu. J’ai retrouvé tout le plaisir de ma première découverte, cette impression de le voir prendre vie, ce côté démesuré.

Lecture historique du mois. J’ai adoré l’aspect illustration, les photographies, documents d’archives, publicités, etc. L’axe est clairement féministe et j’ai découvert beaucoup d’éléments que je ne connaissais pas.

J’ai découvert Rachel Hollis via le Goodreads Choice Awards dont il a gagné un prix. Les conseils m’ont beaucoup plu, ils sont motivants et l’écriture a ce côté lumineux. Même dans les passages plus sombres comme le chapitre consacré aux tentatives d’adoption de l’autrice et sa famille. J’aurais peut-être aimé davantage de détails sur son travail.

Il y a un prix des lecteurs dans mon CDI secondaire sur la BD. J’en ai lu certaines avant de préparer des vidéos pour les présenter. Je ne les ai vraiment, vraiment pas aimées ^^,

La première n’en est pas une, ce sont des petites enquêtes policières sur une double page pour découvrir la Lorraine et ses coins (c’est un peu comme Où est Charlie).

Je connaissais Buck Danny de nom. Je n’aime pas du tout le trait droit et carré ainsi que le côté daté, sexiste et limite raciste de l’intrigue qui se déroule au Japon.

J’avais beaucoup entendu parler de Tania au boulot. Je croyais qu’elle était sensée être astronaute, dans le premier tome (über confus), elle conçoit des moteurs d’avions qu’on lui vole alors qu’en Europe elle essaie de les vendre. Et on essaie de lui … Voler son identité? Il n’y a pas d’explication aux raisons (non mais les avions n’expliquent pas tout) et le dessin noir et blanc fait très brouillon. Lorsque j’ai vu que le tome 2 ne parlait absolument pas de comment elle était devenue astronaute (alors que le processus est super intéressant, je l’ai vu dans la BD de Thomas Pesquet) et que le trait était tout aussi brouillon même si colorisé, j’ai lu en diagonale.

Et je n’appelle pas féministe une BD, si elle a une héroïne, trouve plus intéressant de la dessiner dans presque tous les détails sous la douche plutôt que d’avoir une intrigue un minimum expliquée.

Soupir. Je n’aime pas Naoki Urasawa. Si Pluto est vraiment cool et Monster plutôt intéressant (je n’ai fini aucune de ces séries though), j’étais restée sur un apriori très négatif avec Happy, sa série sur le tennis que je trouve très sexiste. Ce n’est pas le problème de Mujirushi. Je trouve que ce manga n’a aucun intérêt. Et que le prix fait bien mal (20€ … c’est du grand format relié mais quand même).

Le papa de la demoiselle est très naïf et se retrouve noyé dans les dettes. Avec la petite, ils rencontrent un pseudo personnage français qui les lance dans une aventure direction Paris. Ce personnage français est exaspérant. Il répète TOUT le temps, genre à chaque bulle, une expression ou une autre absolument pas naturelle (genre pardi ou sans façon). Et la manière dont le Louvre est présenté, via ce perso, ne m’a pas du tout intéressée.

Petite déception avec cet ancien numéro de Slowly Veggie retrouvé par hasard. Je n’ai pas noté beaucoup d’idées recettes – mais j’en vois toujours moins qu’avec Esprit Veggie.

Le premier chapitre démarrait bien, sur la pression que reçoivent les fillettes par rapport à leur apparence physique. Et puis arrive le second avec une foule de réflexions très désobligeantes, dégoulinantes de mépris et de snobisme sur des contenus ou personnalités que l’autrice juge « bimbo », « décérébrée ». Apparemment regarder des hauls fait partie de cette catégorie.

Je voulais lire un essai consacré à des notions féministes. Si l’autrice avait glissé avec parcimonie ou même régulièrement des anecdotes personnelles, je n’aurais rien dit. Au contraire. Mais il y a un tel mépris dans certaines de ses réflexions que je me suis crispée tout au long de ma lecture.

Je ne l’ai poursuivie que pour ses exemples, comme les extraits de l’autobiographie de Portia de Rossi. Et le chapitre consacré au manque de diversité dans la mode passe assez bien.

Après ma très belle lecture de poésie de décembre (Fierce Fairy Tales de Nikita Gill), j’étais très curieuse de découvrir ce recueil dont j’adore déjà le titre. Je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi lourd, sombre et personnel qui plonge dans l’enfance très malheureuse et torturée de l’autrice. Le style est plutôt beau et intéressant (loin de la lumière de Nikita Gill), et en arrivant à la partie adressée au lectorat, m’a paru un peu naïf. J’aurais probablement adoré ado, mais là j’ai eu une impression d’ado justement.

Comme Rachel Hollis, je ne connaissais pas du tout Brittany Gibbons, découverte au hasard de Goodreads. Sa manière de présenter sa vie, ses troubles alimentaires sont pimentés de beaucoup d’humour et j’apprécie passer du temps avec ses mots.

Je crois que c’est la première fois que je lis un numéro de Flow dès sa sortie ❤ J’ai adoré retrouver cette revue dont j’ai toutes les livraisons, mais pas encore toutes lues. Retrouver Frida Kahlo en couverture, sur une belle affiche, m’a beaucoup plu. L’article sur Belgrade et ses fresques murales est très chouette. J’ai retrouvé ce sentiment de sérénité que j’ai toujours eu à lecture d’un Flow.

Promis, je lis les revues du boulot plus régulièrement même si j’étais un peu en retard ce mois-ci. Mais j’ai vraiment beaucoup aimé ce numéro qui propose une historique des médias, avec l’imprimerie, et fait découvrir des choses intéressantes comme la notion de zetta octet (unité de mesure hallucinante qu’on utilise pour les données numériques).

Et vous, vos lectures de janvier ?

Lecture sur un rocher

Feuilles de décembre

En décembre, je poursuis mes lectures mangas avec quelques exceptions.

Ce hors-série m’attendait depuis septembre. Je crois d’ailleurs que c’est une des premières fois où je lis Esprit Yoga, de la même entreprise qu’Esprit Veggie. La maquette est plutôt engageante et j’ai découverte différents enchaînements qui pourraient me correspondre au quotidien.

J’avais quelques appréhensions en démarrant ce petit recueil autobiographique sur le thème du surpoids et du trouble alimentaire. Mais Susie Morgenstern est parvenue à me faire rire même si le discours ne reste pas forcément très léger. Facile à comprendre, je n’ai cependant pas spécialement été touchée.

Un groupe d’adolescents, sur un astre artificiel, sauve une étrange jeune fille de l’armée. Elle leur remet quelque chose de spécial sans explication. L’armée les pourchasse pour récupérer cet élément. J’ai aimé le fait de parler de « marionnettes » plutôt que transhumains (je crois ? j’ai un doute) mais c’est à peu près la seule chose qui m’a plue. Le dessin n’est pas mon style, beaucoup de blancs, fait parfois brouillon. Le pire pour moi est la narration. Il y a parfois des choses qui ne font pas sens et qu’on est sensé suivre, ou qui n’ont pas été dites. J’ai eu du mal à bien suivre le récit.

J’avais été séduite par le premier tome d’Aromantic (love) story qui mettait en lumière une protagoniste asexuelle. Tachan m’avait prévenue : le tome 2 ne suivait pas la même trajectoire. Pour des raisons différentes que les siennes, j’ai été déçue. Enfin je suppose que l’attitude des personnages masculins s’approche du triangle amoureux et l’aspect ace passe un peu à la trappe pour en rester presque à une héroïne avec peu d’expérience sans plus de background.

On me vend beaucoup Jo Witek, ces dernières années. Je me suis décidée à tenter un roman récent avec celui-ci chez Actes Sud Junior, collection aux livres souvent très courts et percutants. Certes, c’était court. Heureusement. Fred est une ado qui se languit d’avoir un copain mais est cataloguée comme la bonne copine sportive. Elle se rend l’été en famille auprès de son grand-père très malade. La première partie m’a paru d’un creux abyssal sur l’importance ca-pi-tale d’avoir un copain, le relooking tenté des copines (je hais cet élément), le côté totalement incroyable de son attitude : je prétend que je n’aurais pas de copain qui donne comme résultat tous les mecs s’intéressent à elle mais elle a promis à la fille la plus populaire qu’elle ne sortirait avec personne pour devenir son amie … La deuxième partie aurait pu être touchante mais la première était trop catastrophique pour que je m’y intéresse, même si elle découvre sa marraine, une tante très cool. La langue est plutôt rythmée mais je n’ai rien trouvé de drôle, plutôt navrant, et je ne suis pas convaincue de le mettre en voix.

J’avais aussi beaucoup entendu parler de Timothée de Fombelle, pour Le livre de Perle par exemple. Céleste devait être une mignonne lecture jeunesse avec une pointe de Sf. La pointe est très fine. Il y a quelques mentions de contexte dans les objets du quotidien mais je l’ai trouvé très plat et l’écriture ne m’a pas séduite.

Ce fameux discours de Neil Gaiman sur l’importance des bibliothèques … est intéressant. Plutôt beau. Mais je ne m’y suis pas attachée plus que ça. Je suis contente de l’avoir lu mais ne me souviens plus spécialement des arguments. Et je ne pense pas conserver cette petite brochure.

J’aime beaucoup l’histoire d’Ivy et Vasic. On plonge dans l’univers des Arrows avec le jeune homme et surtout celui des Empathes qui s’éveillent tout juste après la chute de Silence. Kaleb, un des dirigeants de la coalition, est persuadé que cette désignation de Psi a toute son importance pour restaurer leur réseau Psi-Net, ils doivent donc très vite parvenir à une gestion de leurs dons psychiques pour sauver l’intégralité des Psi sur terre. Aucune pression donc, surtout que l’épidémie fait rage et transforme les Psi affectés en zombies qui ne pensent qu’à tout détruire sur leur passage. J’adore apprendre davantage et suivre les Empathes en général et l’histoire d’Ivy et Vasic en particulier est très touchante.

Ce numéro de Néon a un côté très lolilol en Une. Mais le contenu est vraiment passionnant, même s’il est toujours traversé par un clair prisme de féminisme cette fois il l’aborde de front. L’article sur la grossophobie est une interview à quatre voix et m’a beaucoup plu. Un autre sur les études de médecin légiste de scène de crime est inattendu et plutôt amusant.

Relecture pour un projet de roman, j’ai semé des notes au fil de ces retrouvailles toujours aussi agréables qui m’ont laissé des rêves et des idées plein la tête.

Cet énorme ouvrage s’annonçait très bien, si long et peu pratique. L’introduction avait une forme d’essai passionnante. Et j’en suis arrivée à la partie série. J’ai un peu déchantée. On retombe un peu dans une présentation plus traditionnelle même si elle est loin d’être familière, plutôt exigeante. J’ai fait peu de découvertes, à part Homicide, qui met en scène le Capitaine de Brooklyn 9-9 et j’ai feuilleté simplement.

Dans cette suite, on se focalise sur les Arrows avec son leader, Aden, et Zaira, une jeune femme au passé très compliqué. J’ai beaucoup aimé qu’on puisse passer du temps sur ces Psi tellement particuliers, qui ont longtemps été prisonniers de Silence, programme qui pour eux allait de pair avec une cruauté omniprésente des adultes envers les enfants – certains sont retirés (volontairement) à leur parents dès deux ans et sont élevés par le groupe. Il s’agit donc de mettre en place un nouveau fonctionnement qui prend en compte davantage d’humanité et utilise les émotions. Si le début m’ennuie toujours (tous les deux sont enlevés), cette nouvelle mise en place est très touchante.

Série manga pratiquement oubliée sur mes étagères depuis des années, L’arcane de l’aube est un shojo qui a rencontré beaucoup de succès. Pour ma part je n’y ai pas vu grand intérêt. Certes le dessin est mignon mais l’histoire ne m’a pas emportée. Nabaka est une princesse mais a les cheveux roux. Seuls les gens du peuple sont censés avoir cette couleur, les membres de famille royale doivent tous avoir les cheveux noir. Elle est envoyée en mariage à la famille royale ennemie de la sienne pour calmer les tensions mais on la rejette encore une fois. Intrigue de cours et de pouvoir s’ensuivent. J’ai du mal avec des mangas personnels depuis deux ans, ça passe beaucoup mieux avec ceux du travail. C’est là que ces tomes vont se retrouver à la rentrée.

Soupir. Je peux comprendre, en vrai. Que c’est une série qui a remporté un succès tel qu’on en soit au tome cinquante-six en VO. Pour ma part, je trouve juste le dessin atroce. Un ado décide de devenir le plus grand guerrier de son pays. Il décide de venir en aide au prince renversé. L’aspect guerre ne me parle pas, ce n’est pas une époque qui me fasse envie (surtout avec ce dessin). Même un de mes cyclones qui ADORE les récits de guerre n’a pas du tout apprécié (je comptais vraiment sur lui XD).

Petite déception avec ce numéro de Savoir tout faire en photographie. J’ai pioché beaucoup moins d’idées dans ce numéro d’hiver que celui d’automne et je note surtout tous les conseils pour les appareils Réflex ou qui nécessitent des accessoires alors que j’ai un hybride qui ne convient pas. Enfin, j’adore mon appareil, je suis plutôt fatiguée de ces revues qui ne parlent que de Réflex sans le préciser.

Je suis tristesse. J’attendais, j’espérais de la fantasy urbaine aux accents steampunk sur fond de Belle Epoque. J’aurais toléré une romance. J’ai découvert de la romance uniquement, rien de steampunk dans la première partie, un aspect fantasy urbaine très peu expliqué. En plus, l’évolution de la romance m’a paru plus navrant que passionnant. Je n’ai pas terminé cette lecture.

Dernier tome de la saga Psi-Changeling, l’autrice ne se focalise plus sur un couple comme elle l’a fait dans les quatorze premiers. Ici elle propose un vrai roman choral, passant d’un personnage à l’autre pour poursuivre l’intrigue. L’accord Trinité qui doit rassembler les trois races n’est pas encore pleinement finalisé et surtout, Naya, la fille de Sacha et Lucas, d’une Psi et d’un changeling, est prise pour cible par des intégristes alors qu’elle symbolise ce nouveau monde où les frontières entre les races s’efface. Je regrette un peu la structure habituelle mais c’est un plaisir de retrouver enfin DarkRiver (on voyait trop ces fichus loups XD).

J’espérais une lecture doudou dans le milieu des livres, je l’ai eue. Sara, une jeune libraire suédoise, rend visite à Amy, sa correspondante américaine, pour découvrir qu’elle est décédée durant son voyage. Les gens de la ville, plutôt perdue, un peu fantôme, vont cependant tout faire pour qu’elle passe un bon séjour parce que c’est ce qu’Amy aurait voulu. Sara décide d’essayer de leur rendre ce qu’ils lui ont donné en ouvrant une librairie avec les livres d’Amy, pour partager sa passion. Bon, je vais quand même m’insurger : il n’est pas question de librairie. Je ne sais pas si c’est un problème de traduction, je ne parle pas suédois, mais c’est ridicule. Ce sont deux choses différentes ! C’est le seul détail qui m’a agacée. La petite ville est attachante, Sara prête à sourire, même les relations qui se dessinent ne m’ont pas ennuyée (enfin pas plus que cette fichue bibliothèque XD). J’aurais aimé encore davantage de références littéraires, c’est un genre qui m’avait manqué. Il y a effectivement, comme font remarquer les reviews Goodreads, un aspect un peu contemplatif, mais tant qu’on est dans le domaine du livre avec des personnages si réels et attachants, j’adhère.

Je termine cette relecture active (armée de mon fidèle crayon de papier Canopé XD) en notant des idées de créatures fantastiques pour un projet de roman. Si j’ai aimé retrouver mes notes pleines d’humour et d’impatience venant de mon premier projet et l’écriture hilarante de Timothée Rey dans Le dico des créatures oubliées, je retrouve un aspect qui m’avait un peu déçue, peu d’éléments réutilisables notamment dans le troisième, Le règle végétal mais dont l’illustration rattrape énormément. Sans parler de ce qui m’avait un peu échappé la dernière fois : une page à laquelle il manque un mot, non imprimé à droite. Ca se laisse deviner, mais le contenu est un peu parent pauvre, heureusement que les dessins divers et variés rattrapent ce détail. Plus spécifiquement, j’ai vu pleeeein d’esprits en rapport avec la nature dans le Carol Rose alors que là c’est plutôt un article général sur un arbre ou un élément (frêne, sable) avec quelques exemples ce qui a tendance à me noyer sans spécialement m’intéresser, et même comme ça je trouve qu’il y avait peu de références (je crois d’ailleurs que le Carol Rose n’était pas dans la bibliographie du tome 3).

Découvert sur les Goodreads Awards, j’ai tout de suite été séduite par cette belle couverture simple et le thème : des poèmes sur le thème des contes de fées. J’ai passé la moitié. Je suis sous le charme. Les résolutions des contes sont inattendus. Les mots, les phrases, sont fortes et je n’avais qu’une envie : les scander à voix haute, les déclamer pour mieux en savourer chaque sonorité. Et en prime ces textes sont féministes et abordent à la fois des voix féminines et masculines. Il y a aussi des touches non hétérocentrées, ce qui fait toujours plaisir. Je pense que ce petit texte est en passe de devenir une de mes plus belles lectures de l’année, sans parler de ma révélation de poésie.

Je n’ai pas eu envie de me lancer dans une autre lecture au long cours après Fierce Fairytales (à part Allegiance of Honor que je relis toujours avec plaisir). Retrouver Marie Kondo dans ce joli petit manga a été charmant. Mon seul regret est qu’il s’agisse d’un one-shot, il y aurait eu matière à développer toute une petite série comme celle de Netflix, mais au Japon.

Lorsque j’ai découvert Shirayuki aux cheveux rouges, la série plus en vue en shojo était L’arcane de l’aube. Mon libraire m’a conseillée celle-ci à la place. Après avoir découvert sa concurrente, je suis toujours de son avis. Shirayuki a un dessin adorable, empli de douceur comme les personnages que l’on suit. L’héroïne a de merveilleux cheveux roux (cette couverture ne leur rend pas justice), couleur très rare dans ce monde. Le prince de son pays s’entiche de cette nuance et décide de la forcer à être sa concubine. Shirayuki s’enfuit et rencontre Zen, deuxième prince d’un autre royaume. Plus tard, elle va découvrir son royaume avec lui et décide de passer le concours de pharmacienne du palais. Ce sujet est plutôt original et j’aime tellement la manière dont la mangaka le développe, avec les relations entre les personnages, légères, un peu humoristiques, pleines de douceur.

J’ai aussi l’impression que c’est une série qui se prend franchement moins au sérieux que L’arcane de l’aube, mais c’est juste moi qui bitche (hey, je le fais bien XD).

Et vous, vos lectures de décembre ?

Les bilans annuels arrivent tout bientôt 😉

Lecture sur un rocher

The Earth, My Butt, and Other Big Round Things

Carolyn Mackler (autrice). 2018, 288 p. Bloomsbury Children Books. Jeunesse. Livre lu en anglais sur liseuse.

Fifteen-year-old Virginia feels like a fat, awkward outsider in her perfect family, especially next to her golden-boy big brother Byron. She’s got a lot to deal with – her weight, her best friend moving away, the mean girls at school – not to mention a boy who seems to like her! To survive, she decides to follow the ‘Fat Girl Code of Conduct’ to make herself acceptable, unnoticed … invisible.

It seems to be working until something unthinkable happens and, before her eyes, Virginia’s flawless family begins to fall apart. As her world spins out of orbit, Virginia realises that breaking the Fat Girl Code might be the only way to create a life that belongs to her.

J’avais quelques appréhensions en démarrant ma lecture, d’autant qu’elle était dans ma wish depuis des années. C’est typiquement quelque chose que je vais adorer ou détester surtout pour la réflexion sur le poids d’une adolescente, comment elle le vit, comment son entourage le lui fait vivre.

Et puis, très vite, j’ai été prise par le rythme de l’histoire, par la personnalité de Virginia, sa manière de voir les choses. J’ai eu quelques petits coups au coeur en me rappelant de mes années de lycée, et quelques regrets (elle gère bien mieux tout ça).

J’ai eu de grosses frayeurs lorsque l’autrice s’est aventurée dans le domaine de la sexualité adolescente (allait-elle se révéler moralisatrice, pire culpabilisante ?) voire le date rape avec le grand frère. Et je trouve que Carolyn Mackler s’en est très bien sortie, avec de l’humour et son héroïne forte et un peu déjantée. J’ai ri tellement souvent (cette prof de français atroce, tout de même, appeler un élève dont le prénom est Froggy -ce qui doit déjà être quelque chose – « ma petite grenouille », vraiment, c’est moche. Mais j’ai ri. Enfin, beaucoup moins lorsqu’elle surnomme Virginia La Vierge. Sérieusement. Je hais les profs qui donnent des surnoms aux élèves basés sur leurs noms de famille et lorsque ça touche à quelque chose qui peut résulter en des milliers de moqueries par leurs camarades).

La relation avec la famille de Virginia est très compliquée et j’ai vite regretté sa soeur, la seule qui semble la voir pour qui elle est réellement et pas juste une ado qui refuse de se donner la peine de perdre du poids puisque c’est si simple (j’exagère un peu, mais c’est une vision tellement répandue et grossophobe). Mackler ne tombe pas dans cet écueil, au contraire. J’ai été touchée par le chemin que prend l’adolescente même si sa mère m’a souvent donné envie de pleurer / hurler, au choix. Rien que les passages où elle évoque le fait qu’elle se sente de trop, qu’ils avaient déjà leur famille parfaite avec Anais et Byron et que Virginia ne corresponde pas à leurs idéaux pour une fille, ou en tout cas qu’ils en donnent fortement l’impression.

Je n’aurais jamais pensé que Virginia déciderait de rencontrer la jeune fille qui a accusé son frère de l’avoir violée au cours de leur rendez-vous (date rape). Ni qu’Annie accepte de la recevoir, de lui parler, voire que cela lui permettrait de mieux comprendre certaines choses. Le cheminement psychologique m’a beaucoup parlé.

Et la meilleure amie est fantastique. On a tous besoin d’un/e meilleur/e ami/e comme iel ❤

Une lecture pleine de surprise et je suis ravie que les aventures de Virginia se poursuivent, rien que le titre du 2ème tome m’inspire énormément : The Universe Is Expanding and So Am I.

Lecture sur un rocher

L’or bleu

Danielle Martinigol (autrice). Manchu, Myles Hyman (illustrateurs). 2013, 218 p. Le Livre de Poche Jeunesse (Contemporain Collège). Science-fiction, Jeunesse.

Bruce, ayant toujours vécu au large d’Uranus et de Saturne, vient pour la première fois en vacances sur Terre. Lancé malgré lui dans une folle course-poursuite jusqu’à Capri avec Bérénice, une jeune et superbe actrice, Bruce découvrira-t-il la vérité cachée par ceux qui détiennent le bien suprême : l’eau ?  

Si j’avais déjà entendu le nom de l’autrice quand j’étais ado, je n’avais jamais lu ses livres. C’est Snow qui me l’a chaudement recommandée et un de mes loulous a adoré découvrir ce titre lors de la séquence sur la SF l’année dernière ❤ (deux dans l’autre classe se sont battus pour un autre titre de l’autrice et je ne plaisante même pas).

Bon ben au moins il fera des heureux quand je ramènerai mon exemplaire au CDI puisqu’il ne m’a pas plu.

Alors oui, c’est un sujet intéressant, d’actualité, sur lequel il faut se pencher et j’aime l’idée que Martinigol se soit lancée dans cette « croisade » pour faire découvrir la SF aux jeunes à une époque où ça passait par la tête de tellement peu de monde.

Mais diantre que c’est cliché, les deux soeurs, la romance (dieux cette romance omniprésente. Ca mon loulou n’en avait pas parlé à l’oral, je ne l’ai pas vue venir et pourtant dès l’arrivée des personnages j’ai su que ça allait venir, c’est très prévisible et believe me je l’aurais vu venir ado aussi).

Je me suis tellement ennuyée que ça m’a fait de la peine 😦 je sais que ça date un peu mais la manière d’écrire fait très années 90, je trouve. Et puis « aussi aigri qu’une vieille fille »? Gé-nial. Les illustrations gardent encore le texte au siècle dernier.

Enfin, la combinaison d’action et d’un contexte intéressant (plus jeux vidéo et réalité virtuelle) en fait un récit plutôt chouette pour les ados même s’il m’a ennuyée et je vais en faire profiter les miens, d’ados.

Pour l’anecdote, le gamin qui l’a lu cette année en classe (pas le loulou précédemment évoqué) a eu le culot de me sortir qu’il ne trouvait pas Bérénice importante dans l’histoire. Dans sa présentation il n’y avait que Bruce et un autre personnage masculin, pas cette demoiselle ni sa soeur scientifique. Inutile de vous dire que cette description bien sexiste m’a hérissée, d’autant que – quelque chose qu’il aurait pu apprendre en faisant des recherches sur l’autrice – Danielle Martinigol a commencé à écrire de la SF jeunesse à destination des filles. Pour qu’elles n’aient pas le sentiment d’être mises de côté comme c’était le cas avec la pléthore de héros masculins, dans des univers masculins avec pour seules demoiselles des intérêts amoureux.

Alors oui pour moi c’est un objectif qui tombe un peu à plat avec la relation amoureuse mais bon, j’aurais peut-être réagi différemment en tant que collégienne à cet élément. Et faire de la soeur (désolée, mauvaise mémoire des prénoms) de Bérénice une scientifique, dans les années 90, était aussi novateur et toujours important de nos jours.

Donc, certes, ce n’est pas une lecture que j’ai appréciée mais ça n’en fait pas moins un texte qui appelle à la réflexion et à la discussion et qui permet de parler des filles dans la science-fiction.