Lecture sur un rocher·Life as a Teacher Librarian - Pérégrinations de profdoc

Ne vous disputez jamais avec un spectre

Gudule (autrice). Corbeau (illustrateur). 2018, 155 p. Le Livre de Poche Jeunesse. Fantastique .

Et si un jour, subitement, votre petite soeur se transformait en créature de cauchemar ? Si, au cours d’une banale dispute, elle cherchait à vous assassiner ? Et si, comble de l’horreur, vous étiez le seul au courant de sa métamorphose et que tout le monde vous croit fou ? Cyril échappera-t-il à l’esprit vengeur qui a pris possession de sa petite sœur ?

Ce livre, je l’ai repéré il y a près de deux ans, en avril. Je cherchais des idées d’achats et surtout de lecture d’Halloween – mes cyclones m’enquiquinant toujours pour une soirée Chair de Poule, j’étais parti·e en quête d’horreur soft jeunesse mais intrigante et originale.

Je suis tombé·e sur cette couverture qui m’a tout de suite parlé. J’ai lu les premières lignes. Bam. J’étais scotché·e.

J’ai dû un peu batailler et carrément téléphoner à une librairie pour savoir s’il était encore dispo puisque marqué du contraire sur Decitre et pas possible à ladite librairie de me le trouver. Sans honte, je suis passé·e par Amazon. Il me le FALLAIT, juste, pour la rentrée.

Le début est génial. Ca me rappelle l’histoire que j’avais commencée à écrire avec mon cousin quand j’étais enfant. Un peu clichée avec pas mal d’éléments typiques de fantastique mais qui parle tellement aux plus jeunes. Gudule monte son atmosphère étrange et angoissante à la perfection, avec les circonstances d’acquisition de la maison, son environnement immédiat, l’intérieur, les changements qui s’opèrent avec la petite sœur.

A mon sens, ça tombe à plat lorsque le héros va à l’école et rencontre la demoiselle rouquine dont je n’avais rien à casquer – et ce n’est pas que moi, mon pré assistant qui l’a lu après la soirée Halloween est d’accord. Je crois qu’elle a voulu introduire des éléments amoureux qui n’ont rien à voir avec le récit et c’est dommage.

Mais on en reparle dans la partie consacrée à la soirée en elle-même.

Donc, effectivement, jusqu’aux 3/4, je trouve ça vraiment excellent, montée dans l’angoisse et le suspense jusqu’à ce que la rouquine arrive (avec des jeux de mots bien idiots, et terriblement ancré dans les années 90, j’ai l’impression. C’est difficile de rester actuel avec des réflexions adolescentes mais là j’ai trouvé ça daté. Enfin ce n’est pas pire que Crime city de la même autrice dont la narration en général souffre de ce manque de naturel puisque le point de vue est celui d’un adolescent aussi et qu’il parle de manière bien trop soutenue …)

Et la fin est vraiment, vraiment très plate, à l’image de l’introduction forcée de cette relation amoureuse naissante. Mais je crois que dès l’école, je n’ai plus aimé ces passages. Ils détournent l’attention de la maison et de la petite soeur. Il aurait mieux valu qu’on soit pendant les vacances d’été, je pense. Pour ajouter un petit côté étouffant. D’autant qu’à part des réflexions vaseuses sur le nom du héros et le fait qu’il ait peu d’amis, ça n’apporte rien, ou un vague vernis quotidien qui retire à l’angoisse censée être au cœur du récit.

J’ai attendu jusqu’au bout un petit twist que le début et l’intrigue en général méritaient. Peut-être aussi à cause de ces fameux Chair de Poule qui ont toujours un retournement final qui peut vous tordre l’estomac – croyez-moi, je m’éclate toujours avec cette partie au moment de la mise en voix ! Mais ça l’aurait tellement plus servie que cette bouillabaisse de bons sentiments !

Et le spectre est trop gentil. J’aurais préféré qu’elle cherche à se venger pour de vrai, zut quoi.

En bref, une lecture prenante mais qui retombe comme un soufflé vers les trois quart pour se loger au ras des pâquerettes aux dernières pages. Snif.


Donc, ce livre, à la base, je l’avais choisi dans le but spécifique de le mettre en voix pour une soirée lecture. J’avais même commencé par lire l’extrait dispo sur Amazon à voix haute et frémi. Si, si. Potentiel, je vous dit.

Et bon comme c’était la lecture d’Halloween, je suis peut-être parti·e sur une tenue adaptée. Non, je ne montrerai pas de photo, disons juste que j’avais l’impression d’être ridicule, mais un de mes grands m’a dit que sur une échelle de 1 à 10, j’étais seulement à 8, donc ça aurait pu être pire 😛

Ma première impression de la soirée a été franchement négative. J’ai mis vingt minutes à les poser (ils étaient une douzaine, de la 6ème à la 4ème). C’est la première fois qu’ils étaient aussi enquiquinants. Et mes pauvres bébés 6ème dont c’était la première lecture étaient tout déprimés. J’ai fini par en renvoyer un pour enfin pouvoir commencer.

Plutôt que de m’installer sur une table pour lire, comme d’habitude (oui oui je m’asseois sur les tables, c’est mieux que les chaises – surtout quand elles sont juste devant les graaaands miroirs et qu’on lit le Chair de Poule sur le sujet XD) je me suis posé·e sur le rebord de fenêtre. J’ai trouvé ça plus approprié.

Surtout au moment bien climactique, bien frissonnant …

Où la lumière a été coupée.

Je vous jure. Les gamins ont paniqué de suite. Encore plus dans l’ambiance.

J’ai adoré. J’aurais vraiment voulu organiser ça, mais je ne pensais pas que ma collègue aurait laissé passer. En fait ce sont les grands, les lycéens surveillants, qui ont cru que j’étais déjà parti·e et ont coupé les feux.

Les petits, morts de trouille, ont voulu courir remettre la lumière, mais j’ai proposé de continuer.

A la lumière du lampadaire de la rue derrière.

Si ça franchement c’est pas la classe de la lecture d’Halloween 😀

Et j’ai changé la fin. Comme le livre est assez long déjà j’ai coupé la plupart des passages à l’école, j’envisage de zapper ça entièrement si je relis, pour minimiser l’importance de la copine guimauve, et appuyer le côté inquiétant du spectre. La fin guimauve originale propose d’envoyer la petite soeur toute seule dans le caveau de la demoiselle qui la hante et revenir bien vite guérie youpla on est contents.

Eh bah, non. Elle ne revient pas et le grand frère doit partir derrière, dans le caveau bien sombre. Je crois que je me suis arrêté·e à la première lecture sur la description dudit caveau, d’un grand craquement et des yeux luisants et annoncé la fin.

Ils ont eu un peu peur.

Enfin pas autant dans le deuxième groupe du lendemain – j’ai rapatrié mes bébés 6ème, franchement, ils n’avaient pas fait le bazar, s’ils voulaient rester ils étaient très calmes et ravis. Un des 4ème était limite à claquer des dents, et ses camarades m’ont rassuré·e, il était toujours comme ça, donc on continue. J’ai un peu appuyé sur la fin, le côté glaçant dans le caveau et le fait que quelque chose agrippe le héros. Clap de fin sur l’échine qui se hérisse. Ils sont morts de trouille.

Je suis toujours pas satisfait·e XD j’aurais bien voulu tester avec mes anciens bébés 3ème devenus des secondes, pour encore remodeler la fin. En tout cas, beaucoup de potentiel pour deux soirées d’Halloween, qui ont été vraiment intéressantes malgré le fait que les gamins avaient vraiment la bougeotte !

J’aimerais bien relire cette histoire à l’occasion – enfin avec mes modifications 😀 ❤


J’étais persuadée de vous avoir déjà posté ce billet ^^, comme je ne le fais que maintenant je peux vous parler de ce que ça a donné cette année !

J’ai donc repris ce spectre pour mon cycle d’épouvante, encore une fois. J’étais un peu embêté·e pour ceux qui l’avaient déjà entendu mais ils m’ont TOUS assuré qu’ils voulaient cette histoire. Enfin, j’ai pris un Chair de Poule pour les 6ème, je trouvais certains passages un peu sombres (et mes 6ème cette année font bien plus bébés 6ème que ceux de l’an passé).

Et j’ai complètement changé la fin et modifié le milieu. Virée, la rouquine surnommée Dico à cause du Larousse … virés, les éléments sur l’école. C’est l’été, c’est la canicule, le gamin est coincé avec sa soeur à la maison et obligé de veiller sur elle.

Et au moment de retourner dans le caveau … et ben il n’y a plus de spectre tout mignon.

Je trouve ces changements beaucoup plus a propos et qu’ils donnent lieu à une histoire plus intéressante. Seul problème ? Ça reste du roman. Donc, long. Et lorsque j’essaie de bien mettre le ton j’y mets le temps aussi. Cette gestion du temps a été compliquée cette année puisqu’elle a été de pair avec des changements à l’internat. On m’a bien demandé de finir en une heure (voire moins) et caser une pause snack …

Si j’aime toujours autant cette histoire, cela ne s’est pas si bien passé. J’ai dû virer bien deux 5ème rien que pour commencer, les 3ème ont bavardé, les 3ème pro m’ont carrément posé un lapin (suite au sondage de début d’année une douzaine était intéressé. J’arrive, plus personne. Plus de soirée lecture 3ème pro cette année au final).

Les quelques collégiens de l’internat des lycéens avec un de mes anciens 3ème ont été beaucoup plus réceptifs et calmes (malgré leur comportement d’habitude remuant).

Le pire a été l’internat des filles. C’est la première fois que je pars sans avoir terminé une lecture. Lorsqu’une élève (qui m’interromps régulièrement et me contredis) m’a arrêtée pour me dire qu’il ne se passait pas ça / que ça ne se passait pas comme ça dans le livre … je me suis juste levé·e et je suis parti·e. (Déjà il avait déjà fallu près d’une demi-heure pour démarrer parce que beaucoup de mauvaise volonté, des bavardages, etc.). Le contraste était juste total avec leur première soirée lecture où elles étaient deux fois plus nombreuses sur un autre thème et juste impeccables.

Donc voilà. Je ne sais pas si je reprendrai le cycle d’épouvante avec Ne vous disputez jamais avec un spectre au prochain Halloween. La longueur du texte en fait toujours une lecture difficile à proposer et ça fera la troisième fois pour certains élèves. On verra bien !

Lecture sur un rocher

Des cornichons au chocolat

Philippe Labro (auteur). 2010, 251 p. Le Livre de Poche. Contemporaine.

Stéphanie a 13 ans, un chat confident nommé Garfunkel, du culot, des problèmes – parmi lesquels ses mauvaises notes à la Ferme (le lycée) et la mésentente de ses parents – un goût discutable pour les sandwiches aux cornichons et au chocolat, une vision dérangeante sur les adultes et un style et une verve inimitables.

Pris un peu par hasard au boulot peu de temps après avoir entendu un élève en parler pour sa fiche de lecture, j’en ressors mitigée. Stéphanie est plutôt intéressante mais je pense que c’est le côté vintage, clairement pas de cette époque ou de mon collège qui m’a un peu parlé. Peu de ses réflexions ont trouvé un écho chez moi.

J’ai surtout été touchée par sa situation familiale, ses parents qui l’ignorent, le fait qu’elle soit laissée à elle-même. J’ai été un peu révoltée.

Mais ces réflexions qu’on loue tellement, l’esprit de l’époque, de Stéphanie (longtemps considérée comme l’autrice de l’histoire avant que Labro ne révèle sa « supercherie » – enfin bon y a pire en matière de récits de vie, hum hum L’herbe bleue) m’ont relativement laissée de marbre.

Une lecture qui a eu le mérite d’être rapide.

Lecture sur un rocher

Clara Vine, tome 2 : Le jardin d’hiver

Jane Thynne (autrice). Sophie Bastide-Foltz (traductrice). 2014 (VO), 2017 (VF), 567 p. Le Livre de Poche (Policier). Histoire, Thriller.

Berlin, 1937. Anna Hansen, pensionnaire à l’Ecole des épouses du Reich et destinée à devenir la femme parfaite d’un officier SS, est assassinée. L’affaire est étouffée. L’actrice Clara Vine, agent du renseignement britannique sous couverture, découvre que ce crime est lié à un lourd secret pouvant compromettre les plus hauts dignitaires nazis. Alors que Edouard VIII est reçu à Berlin, en compagnie de sa nouvelle épouse, et que les soeurs Mitford se distinguent dans les salons, Clara doit redoubler de prudence pour mener à bien cette enquête périlleuse. 

Après Les Roses noires, une nouvelle aventure de l’intrépide et séduisante Clara Vine dans un Berlin sous tension.

J’ai flashé sur cette couverture et ce titre en librairie et la libraire m’a assuré que je pouvais sans problème le lire sans avoir jeté un oeil au premier avant. Effectivement, les rappels sont assez nombreux sur le passé de Clara pour ne pas être perdu/e.

Le contexte me plaisait beaucoup. Cette école des futures épouses de SS est un cadre intéressant (même si peu utilisé au final) et aussi traditionaliste et sexiste qu’on peut s’y attendre. Le fait que Clara soit une actrice britannique vivant à Berlin est une prémisse plutôt agréable. L’écriture de l’autrice n’est pas mauvaise.

Néanmoins, il ne m’a pas fallu longtemps pour être lassée. L’histoire se tire pas mal en longueur et l’héroïne m’a agacée. J’étais là pour lire une histoire d’espionnage historique, pas le récit d’une jeune femme à qui le sexe manque tellement. Ah et parlons-en de l’espionnage lorsqu’elle balance au séduisant pilote nazi qu’elle est en fait d’origine juive.

Non mais pas de souci hein, ça va le faire. C’était très con de le sortir comme ça mais en plus elle s’en sort comme une fleur. Mais bien sûr. Je l’ai trouvée très crédule malgré son métier et je me suis méfiée de Ralph dès le début, je m’attendais à ce qu’il la trahisse (vu comment elle lui raconte sa vie au bout de quelques rencontres).

J’avais déjà décroché mais là c’était fini. J’avais juste hâte de refermer le livre. Il faut dire que la clé de l’énigme de la mort de la future épouse SS, je la connaissais déjà (pour avoir des recherches sur les cabarets allemands pré-nazisme). Donc à mes yeux, pas trop de quoi pousser mémé dans les orties. Bon, la partie espionnage est bien tombée à l’eau pour moi. (Oh et puis la blague grossophobe sur la femme d’Himmler, je m’en serais passée aussi).

En revanche, la partie historique sur la vie à Berlin m’a beaucoup plus intéressée – sans la venue du prince anglais, dont je faisais peu de cas et l’aspect jeune actrice.

Malheureusement, ça n’a pas suffit à m’intéresser. Je ne pense vraiment pas poursuivre cette série, que ce soit par le premier tome ou le suivant.

Nombre de tomes parus : 3 (série en cours).

Lecture sur un rocher

Paris au XXème siècle

Jules Verne (auteur). 1996, 186 p. Le Livre de Poche. Science-fiction.

Paris, 1960 : une métropole splendide, étincelante d’électricité, reliée à la mer par un gigantesque canal, sillonnée d’autos et de métros silencieux. Tel est le monde fascinant qu’ont forgé, conjuguant leurs efforts, la Finance et la Technique. Pourtant, cet avenir radieux a son envers. Seuls quelques marginaux, méprisés, bientôt vaincus par la misère et la faim, persistent dans le culte de l’Art et de la Poésie, tandis qu’un Etat omniprésent organise la distribution du savoir scientifique.

Composé avant les  » Voyages extraordinaires « , refusé par l’éditeur Hetzel, ce roman aura attendu cent trente ans avant de revoir le jour. 

(Essaie de contenir son hilarité). (Si, si je vous jure).

On va commencer par le début. J’ai très peu lu Jules Verne. Je le connais bien de nom pour en avoir entendu parler dans Retour vers le futur ❤ et souvent admiré les éditions joliment reliées de mon père sans jamais avoir eu envie de me lancer. Et vers le lycée ou la fac, j’ai tenté Le Château des Carpathes, que je n’ai pas du tout apprécié (hé, je cherchais une ambiance bien fantastique, c’était pas trop la peine ^^,).

Alors, lorsque je suis tombée sur ce petit roman par hasard, j’ai pensé que c’était la première vraie rencontre parfaite avec ce brave Jules. Dont j’ai tellement entendu parler en matière d’anticipation. Une occasion aussi de redonner une chance à la science-fiction un peu plus classique après des déceptions comme Steampunk Prime et Herland.

Et oooh boy ça s’est vraiment mal passé ^^, j’ai peut-être déjà eu un peu peur avec la préface où j’apprends que Hetzel, l’éditeur, était catégorique : c’était une histoire qui ne devait pas voir le jour. On n’aura pas les mêmes arguments mais j’avoue que ce n’était pas du tout une bonne idée.

Que de clichés, rien que sur les femmes. Alors déjà il n’y en a pas une tripotée mais vive le cliché de la banquière revêche et de la demoiselle délicate et romantique qui ne sert strictement à rien sinon à faire les yeux doux au héros. D’époque, peut-être mais ça me sort par les yeux et je ne vois aucun intérêt. Soit dit en passant, lorsqu’on mentionne à Michel (le héros niais à disposition) de grands auteurs d’avant, la seule femme mentionnée, c’est George Sand. « Un merveilleux génie, l’un des plus grands écrivains de la France, décoré enfin en 1859 ». Jules. Tu savais pas que c’était une femme ? Ou tu voulais pas le dire ?

Ou alors sinon tu fais comme Norman Spinrad dans Rêve de fer et tu vires toutes les femmes, hein, au moins ce sera clair. Le passage sur la Parisienne, cette femme parfaite dont « la race tomba » a fait tomber mes yeux d’effarement, d’ailleurs. Arrête, Jules, arrête … et qu’il jette encore la faute du problème de ce fichu livre de finances ou whatever sur les femmes …

Que de mots pour ne rien dire, d’ailleurs. On essaie de critiquer une société dans laquelle l’art est risible, les belles lettres et lettres anciennes surtout (mais qu’on peut toujours étudier, sûrement pour avoir encore des gens desquels on peut se moquer), pour mettre l’économie, la finance, la technique au centre des préoccupations. Mais en même temps Michel finit par travailler au Grand Entrepôt Dramatique, où on fait comédie, vaudeville, opéra, drames, etc.

Et tu l’as pas sentie la contradiction, Jules ? La poésie, la littérature sont dépassées, l’art c’est nul, mais on fait encore de la comédie ?

Bon. Je n’ai vraiment pas accroché à cette histoire que j’ai trouvée franchement ridicule. Si le style de Jules Verne aurait pu m’intéresser dans ces longues descriptions de Paris et ce qu’il a imaginé pour son futur, c’est tombé à plat dans ce récit inintéressant, servi par un protagoniste parfaitement oubliable et une bonne dose de sexisme et de clichés (et je me fous pas mal que ce soit d’époque, c’est mon ressenti là, maintenant, je ne suis pas là pour étudier ce livre selon les critères de l’époque).

Je relirai très certainement un livre de l’auteur mais dans longtemps et sûrement en piquant une des belles éditions de mon père. Quand l’agacement, qui a fait place à l’hilarité, sera bien passé.

Lecture sur un rocher

Les Clés de l’Histoire Contemporaine

Max Gallo (auteur). 2006, 890 p. Le Livre de Poche. Histoire.

La Révolution française de 1789, Trafalgar ou Austerlitz, la guerre de Sécession, le krach de 1929 ou celui de 1987, la bataille de Stalingrad, la fondation du Marché commun, la conquête de l’espace, la catastrophe de Tchernobyl ou la grande peur du sida, la guerre du Golfe et les attentats du 11 septembre 2001 à New York font partie de l’histoire. Racontés, analysés dans leurs origines et leurs implications, ils éclairent le sens de l’histoire contemporaine.

Notez le sous-titre : Histoire du monde. Je veux bien qu’on commence par la Révolution française parce qu’il faut bien définir un point de départ mais que sur 150 pages on ne parle que d’épisode consacrés à la France, ou presque, je trouve ça un peu ennuyeux même sur près de 900 pages.

Oui, 150, parce que c’est là que je me suis arrêtée. Pas définitivement, je risque de reprendre dans l’avenir, dans ce cas j’éditerai son billet mais pour l’instant, j’ai ma dose. Déjà que c’est assez long et pesant et qu’un ou deux épisodes par soirée m’endormait déjà. Que ce côté très ethno-centré m’a ennuyée parce que j’aspirais à découvrir des épisodes de l’histoire mondiale dont je n’avais absolument pas idée.

Et puis qu’arrivée page 150 on a parlé de deux femmes. L’ex de Napoléon et la future. Olympe de Gouges et consoeurs, vous pouvez vous rhabiller, on se fout totalement de vous. Autant je n’espérais pas une entrée qui leur serait consacrée et on peut encore découvrir une année consacrée à une ou des femmes par la suite (d’autant que ce principe d’une année une entrée, j’apprécie, je trouve ça intéressant), autant une mention dans les entrées consacrées à la Révolution française, ça ne mangeait pas de pain.

Je reprendrai très certainement dans l’avenir, en espérant découvrir plus d’entrées étrangères et la reconnaissance de femmes dans l’Histoire mais pour l’instant, je suis trop ennuyée et blasée.

Lecture sur un rocher

Le Protectorat de l’ombrelle, tome 5 : Sans âge

The Parasol Protectorate 5 : Ageless. Gail Carriger (autrice). Sylvie Denis (traductrice). 2009 (VO), 2013 (VF), 274 p. Le Livre de Poche (Orbit). Fantasy urbaine – Steampunk.

Lady Maccon est en pleine béatitude domestique. Une béatitude à peine troublée par la fréquentation de quelques loups-garous de la haute société et celle du second placard préféré d’un vampire, sans oublier un bambin précoce ayant des dispositions incontrôlables au surnaturel.

Mais Alexia vient de recevoir un ordre qu’elle ne peut ignorer. Avec mari, enfant et famille Tunstell au complet, elle embarque à bord d’un bateau à vapeur pour traverser la Méditerranée. Direction l’Egypte, une terre qui pourrait bien tenir en échec l’indomptable Alexia. Que lui veut la Reine vampire de la ruche d’Alexandrie ? Pourquoi un ancien fléau s’abat-il de nouveau sur le pays? Et comment diable Ivy est-elle devenue du jour au lendemain l’actrice la plus populaire de tout l’Empire britannique?

Pourquoi faut-il terminer cette série ? Je sais bien que l’autrice en propose une autre dans le même univers (j’en ai lu deux tomes déjà) mais j’aime beaucoup le personnage d’Alexia, je pense qu’elle me manquera. Et Ivy. Mes aïeux, Ivy, je ne m’y attendais absolument pas. Et j’adore. C’est loufoque, c’est excellent.

J’ai un peu regretté la société londonienne, ses codes, en partie à cause de Lord Akeldama (en papa poule empressé), un peu aussi les premières années de Prudence, turbulente petit bout de fille plein de mystères. L’autrice propose une construction en parallèle, les tribulations égyptiennes de l’héroïne d’un côté et les soucis rencontrés par Biffy et Lyall à Londres (j’ai d’ailleurs été ravie de retrouver le premier et voir son évolution) de l’autre. Et c’est bien … mais … c’est déjà fini T_T

Une fois encore, ça se lit extrêmement vite, les actions, les jeux de mots s’enchaînent avec fluidité. J’aime ce rythme, les petits mystères même si je ne les ai pas tous sentis résolus, les découvertes, surtout ce grand finale à l’égyptienne avec, excusez du peu, la plus ancienne des vampires.

Même si, je l’avoue, je n’ai pas cru à la mort de Conall. C’était un peu trop gros, grandiloquent, et j’attendais un retour en grande pompe, qui répond parfaitement aux attentes du genre. Je vous avoue que j’étais persuadée que le père d’Alexia était toujours vivant. Je reste persuadée qu’il y a quelque chose là-dessous.

Et les souvenirs rapportés d’Égypte … la formulation était juste parfaite. J’ai ri. J’ai tellement ri. J’aime vraiment beaucoup cette série, je suis triste de l’avoir terminée. Mais c’est une excellente note finale, même si j’aurais adoré voir la cohabitation de Lord Akeldama avec les « souvenirs ».

Nombre de tomes parus : 5 (série finie).

Sans âme / Sans forme / Sans honte / Sans coeur

Lecture sur un rocher

Le Collège de magie, tome 1 : L’Équilibre des ancres

Caroline Stevermer (autrice). Patrick Marcel (traducteur). 1994 (VO), 2010 (VF), 531 p. Le Livre de Poche. Fantastique.

La jeune Faris Nallanine est l’héritière d’un petit duché d’Europe centrale, le Galazon. Trop jeune pour prétendre à son titre, elle est contrainte de laisser son despotique oncle Brinker régner à sa place. Jusqu’à ce qu’il exige qu’elle se rende en Normandie pour étudier au collège de Verteloi. Soupçonnant que son oncle désire l’écarter afin de diriger le pays sans l’avoir dans les jambes, Faris est pourtant contrainte d’obéir et, prenant le fameux train Orient-Express qui relie les principales capitales européennes, elle entame sa scolarité dans l’austère collège français. Mais il ne s’agit pas d’une école ordinaire — Faris et sa meilleure amie, Jane, vont rapidement découvrir qu’elles sont censées obtenir un diplôme de magie. Mais alors, pourquoi n’ont-elles aucun cours de magie ? 

Je ne sais pas où j’avais lu que J.K. Rowling s’était inspirée de ce roman pour Harry Potter. J’avais donc plutôt envie de le lire, d’autant que le thème de l’école de magie me parle toujours. Maintenant, je me dis que j’ai vraiment dû rêver pour cette citation ou que son auteur était ironique parce que ce roman n’a rien à voir.

A mes yeux, il se divise en deux. Une partie où je n’ai rien compris, où le mythe de l’école de magie s’est progressivement cassé en morceaux, où je ne comprenais absolument pas ce qui se passait jusqu’aux phrases parfois auxquelles je ne trouvais pas de sens. Si j’ai persévéré, c’est parce que j’étais dans le train et que je n’avais pas d’autre livres sous la main (et vous ne voulez pas me voir dans un train sans livre sous la main).

Et il y a la deuxième partie, où j’ai fait mon deuil de ce que je pensais être une formidable histoire de magie et où on quitte l’école pour un voyage où les enjeux de pouvoir font plus sens et l’intérêt est plus au rendez-vous.

Cette partie ne m’a pas déplu. Il y avait toujours des moments où je ne comprenais pas mais les idées étaient plus intéressantes entre la mission de l’héroïne, son pays, les difficultés pour le rejoindre.

La fin, par contre, est retombée dans un écueil, pour moi, mais c’est plus subjectif (le côté sacrifice, changement de corps, etc.).

Je n’ai pas du tout aimé cette école de magie parce qu’on y apprend absolument pas la magie. La magie, voyez-vous, si vous ouvrez vos chakras à l’atmosphère de l’école, elle vous tombera toute rôtie dans le bec à l’issue d’une nuit de veille où on vous enferme à l’extérieur et démerdez-vous jeune fille. C’est sans doute trop philosophique pour moi. Je préfère voir des jeunes vraiment apprendre, une diversité de cours, la magie déclinée en plusieurs arts. Cette vision m’a totalement déplu même si certains éléments (le côté bienséance, quelques touches d’humour qui m’ont rappelé de très loin Gail Carriger) auraient pu être appréciables.

Plus que Faris, l’héroïne (et je vous avoue que j’ai détesté son prénom et nom, ou plutôt la combinaison, Faris Nallanine, je ne sais pas, c’est un groupe de sons qui m’a agacée tout du long), j’ai apprécié sa camarade devenue enseignante puis dame de compagnie, Jane, qui propose ce côté bonnes manières et humour qui m’a davantage parlé. C’est surtout qu’elle, je la comprenais, parce que dans la première partie ce qui avait trait à Faris, souvent, je n’y comprenais rien. L’histoire d’amour ne m’a pas spécialement intéressée (mais j’imagine qu’il en fallait bien une). L’oncle, pour moi, n’est pas assez défini, est-il tout noir, tout blanc (fait-il tout pour sa nièce) ou plus nuancé ?

Honnêtement, je n’ai pas du tout aimé le début même si la fin passe beaucoup mieux, je n’ai aucune envie de lire la suite qui n’en est pas vraiment une (surtout si c’est pour retourner dans cette école que j’ai trouvée sans intérêt).

Nombre de tomes parus : 2 (série finie).

Lecture sur un rocher

Marie Stuart

Stefan Zweig (auteur). 1935 (VO), 2009 (VF), 411 p. Le Livre de Poche. Histoire – Biographie.

Reine d’Ecosse à l’âge de six jours, en 1542, puis reine de France à dix-sept ans par son mariage avec François II, Marie Stuart est un des personnages les plus romanesques de l’histoire. Veuve en 1560, elle rentre en Ecosse et épouse lord Darnley. Déçue par ce mariage, elle devient la maîtresse du comte Bothwell. Lorsque ce dernier assassine Darnley, l’horreur est telle que Marie doit se réfugier auprès de sa rivale, Elisabeth Ière, reine d’Angleterre. Celle-ci la retiendra vingt ans captive avant de la faire condamner à mort.  

Si le début m’a beaucoup plu, dans sa rédaction fluide et la découverte de ce personnage intéressant, un trait de l’auteur m’a rapidement pesé : un côté misogyne dans sa manière de parler de Marie (ses choix se faisant en fonction de son sexe, sa sensibilité, etc., et je ne vous dis pas pour Elisabeth- « (Marie) est très émotive, comme toute nature véritablement féminine ». J’ai franchement grincé des dents.

Et pour Elisabeth : « qui peut se risquer à expliquer logiquement les désirs confus d’une hystérique ». J’avoue que je ne connais pas beaucoup cette reine, mais je n’aurais pas pensé au qualificatif d’hystérique pour la décrire) qui m’a paru ultra lourd en passant la moitié du texte. Et j’avoue que découvrir cette supercherie mise en place pour se débarrasser de son époux m’a un peu déçue et ce côté que l’auteur oppose à Elisabeth, cette reine de droit qui refuse de travailler à cette position, et qui lorsqu’elle est emprisonnée vit dans le luxe et la volupté.

Même si, pour la plupart, les différents enjeux politiques, le panorama de l’époque, ces éléments sont rendus avec intérêt par Stefan Zweig. Je ne me suis pas ennuyée même si j’avais hâte d’en finir une fois le meurtre ordonné.

Je me suis en revanche fatiguée assez rapidement des passages en ancien français. Une ou deux fois, oui. Passée la dizaine, et le pâté de quinze lignes, je soupire.

Une lecture intéressante mais plutôt longue et avec ses aspects pesants.

Lecture sur un rocher

Le scandale Modigliani

The Modigliani Scandal. Ken Follett (auteur). Viviane Mikhalkov (traductrice). Matthieu Spohn (illustrateur). 1976 (VO), 2011 (VF), 341 p. Le Livre de Poche. Thriller.

Une jeune, brillante et séduisante étudiante en histoire de l’art, décidée à écrire sa thèse sur la relation entre la drogue et la créativité artistique, découvre par la même occasion l’existence d’un Modigliani perdu ; elle décide de se lancer sur ses traces, entraînant derrière elle une série de personnages hétéroclites : des peintres, talentueux et méconnus, en colère contre le mercantilisme du marché de l’art ; des faussaires, des négociants d’art peu scrupuleux et un jeune propriétaire de galerie d’art, acculé au désespoir, vont se croiser, s’entrecroiser, sur les routes de France, d’Angleterre ou d’Italie du sud.

Le milieu de l’art avait l’air sympathique. Au final, ce n’est pas vraiment le cas.

On papillonne d’un personnage à l’autre, d’un cas à l’autre, d’une histoire de sexe, boisson ou drogue à l’autre. Okay, 70s, mais je m’en fiche. D’une histoire d’arnaque, aussi. Je n’ai pas ressenti ce côté quête de l’objet d’art à laquelle je m’attendais. Pas de personnage fort ou intéressant à suivre. L’étudiante est un peu niaise, je trouve.

J’ai particulièrement détesté, lorsqu’elle s’est retrouvée au même endroit, là où est rangé le tableau, avec les deux autres personnes qui le recherchent et pouf flash back vers le futur, quelques jours plus tard où chacun a un exemplaire du tableau. L’explication arrive en toute fin, ce qui m’a agacée. Il n’y avait aucune raison, le roman ne propose ça qu’à cet endroit, juste pour tenter vaguement de faire jouer le suspense.

Un passage un peu drôle : lorsque l’étudiante part en Italie avec son compagnon pour retrouver le tableau, un petit vieux fait semblant de ne pas comprendre l’anglais. Mais c’est juste un peu drôle et c’est vraiment mince.

Une lecture tout sauf agréable.

Lecture sur un rocher

Le Protectorat de l’ombrelle, tome 4 : Sans coeur

The Parasol Protectorate 4 : Heartless. Gail Carriger (autrice). Sylvie Denis (traductrice). 2009 (VO), 2013 (VF), 274 p. Le Livre de Poche (Orbit). Fantasy urbaine – Steampunk.

Lady Alexia Maccon a de nouveau des problèmes. Sauf que cette fois elle n’y est vraiment pour rien. Un fantôme fou menace la reine ! Alexia est sur l’affaire et suit une piste qui la conduit droit dans le passé de son époux. Mais la coupe est pleine quand sa sœur rejoint le mouvement des suffragettes – choquant !, avec la dernière invention mécanique de Madame Lefoux et une invasion de porcs-épics zombies … Avec tout ça, Alexia a à peine le temps de se souvenir qu’elle est enceinte de huit mois ! Alexia découvrira-t-elle qui tente d’assassiner la reine Victoria avant qu’il soit trop tard ? Les vampires sont-ils encore coupables, ou est-ce qu’un traitre se cache parmi eux ? Et qui ou quoi, exactement, a élu résidence dans le deuxième dressing préféré de Lord Akeldama ?

Cette série se poursuit toujours aussi bien. J’ai particulièrement aimé retrouver la sœur d’Alexia où on ne l’attendait pas. Et Lord Akeldama est bien plus présent, ce qui m’a beaucoup plu, avec ses petites manières et ses blagues. L’idée de base de ce volume (qu’il se charge de l’enfant d’Alexia pour ne pas inquiéter les ruches mais qu’elle s’installe avec lui) est loufoque mais passe admirablement. Après, il y a eu peu d’idées pour l’instant dans cette série qui ne soient pas passées malgré leur degré de loufoquerie.

L’humour de l’autrice est toujours aussi plein de charme même pour ce qui peut sembler un peu idiot comme les chèvres-garous qui vont manger toutes les chaussures d’Alexia.

Je ne m’attendais pas à la révélation sur la meute de Connall qui est bien trouvée, de même que les quelques éléments concernant le père d’Alexia, très touchants.

Ce n’est pas une lecture qui me laisse beaucoup de souvenirs, je trouve, mais une excellente impression générale. J’aime toujours autant cet univers et j’attends de poursuivre la découverte dans le volume final.

Nombre de tomes parus : 5 (série finie).

Sans âme / Sans forme / Sans honte / Sans âge