Lectures sur un rocher

Clara Vine, tome 2 : Le jardin d’hiver

Jane Thynne (autrice). Sophie Bastide-Foltz (traductrice). 2014 (VO), 2017 (VF), 567 p. Le Livre de Poche (Policier). Histoire, Thriller. 8,30 €.

Berlin, 1937. Anna Hansen, pensionnaire à l’Ecole des épouses du Reich et destinée à devenir la femme parfaite d’un officier SS, est assassinée. L’affaire est étouffée. L’actrice Clara Vine, agent du renseignement britannique sous couverture, découvre que ce crime est lié à un lourd secret pouvant compromettre les plus hauts dignitaires nazis. Alors que Edouard VIII est reçu à Berlin, en compagnie de sa nouvelle épouse, et que les soeurs Mitford se distinguent dans les salons, Clara doit redoubler de prudence pour mener à bien cette enquête périlleuse. 

Après Les Roses noires, une nouvelle aventure de l’intrépide et séduisante Clara Vine dans un Berlin sous tension.

J’ai flashé sur cette couverture et ce titre en librairie, et la libraire m’a assuré que je pouvais sans problème le lire sans avoir jeté un oeil au premier avant. Effectivement, les rappels sont assez nombreux sur le passé de Clara pour ne pas être perdu/e.

Le contexte me plaisait beaucoup. Cette école des futures épouses de SS est un cadre intéressant (même si peu utilisé, au final), et aussi traditionaliste et sexiste qu’on peut s’y attendre ^^, le fait que Clara soit une actrice britannique vivant à Berlin est une prémisse plutôt agréable. L’écriture de l’autrice n’est pas mauvaise.

Néanmoins, il ne m’a pas fallu longtemps pour être lassée. L’histoire se tire pas mal en longueur, et l’héroïne m’a agacée. J’étais là pour lire une histoire d’espionnage historique, pas le récit d’une jeune femme à qui le sexe manque tellement … ah et parlons-en de l’espionnage lorsqu’elle balance au séduisant pilote nazi qu’elle est en fait d’origine juive.

Non mais pas de souci hein, ça va le faire. C’était très con de le sortir comme ça, mais en plus elle s’en sort comme une fleur. Mais bien sûr. Je l’ai trouvée très crédule, malgré son métier, et je me suis méfiée de Ralph dès le début, je m’attendais à ce qu’il la trahisse (vu comment elle lui raconte sa vie au bout de quelques rencontres …).

J’avais déjà décroché, mais là c’était fini. J’avais juste hâte de refermer le livre. Il faut dire que la clé de l’énigme de la mort de la future épouse SS, je la connaissais déjà (pour avoir des recherches sur les cabarets allemands pré-nazisme). Donc à mes yeux, pas trop de quoi pousser mémé dans les orties. Bon, la partie espionnage est bien tombée à l’eau pour moi. (Oh et puis la blague grossophobe sur la femme d’Himmler, je m’en serais passée aussi).

En revanche, la partie historique sur la vie à Berlin m’a beaucoup plus intéressée – sans la venue du prince anglais, dont je faisais peu de cas -et l’aspect jeune actrice.

Malheureusement, ça n’a pas suffit à m’intéresser. Je ne pense vraiment pas poursuivre cette série, que ce soit par le premier tome ou le suivant.

Nombre de tomes parus : 3 (série en cours).

Lectures sur un rocher

Paris au XXème siècle

Jules Verne (auteur). 1996, 186 p. Le Livre de Poche. Science-fiction. 4,30€.

Paris, 1960 : une métropole splendide, étincelante d’électricité, reliée à la mer par un gigantesque canal, sillonnée d’autos et de métros silencieux … Tel est le monde fascinant qu’ont forgé, conjuguant leurs efforts, la Finance et la Technique. Pourtant, cet avenir radieux a son envers. Seuls quelques marginaux, méprisés, bientôt vaincus par la misère et la faim, persistent dans le culte de l’Art et de la Poésie, tandis qu’un Etat omniprésent organise la distribution du savoir scientifique…

Composé avant les  » Voyages extraordinaires « , refusé par l’éditeur Hetzel, ce roman aura attendu cent trente ans avant de revoir le jour. Surprenant par la pertinence de son information scientifique, il vaut aussi et surtout par l’acuité de son analyse des intrications de l’économie, de la technique et la politique. Une vision ambiguë qui fait justice de l’image d’un Jules Verne chantre béat du Progrès. Et d’abord un roman prenant, coloré, où le grandiose se teinte volontiers d’un humour des plus sombres…

(Essaie de contenir son hilarité). (Si, si je vous jure).

On va commencer par le début. J’ai très peu lu Jules Verne. Je le connais bien de nom, pour en avoir entendu parler dans Retour vers le futur ❤ et souvent admiré les éditions joliment reliées de mon père, sans jamais avoir eu envie de me lancer. Et vers le lycée ou la fac, j’ai tenté Le Château des Carpathes, que je n’ai pas du tout apprécié (hé, je cherchais une ambiance bien fantastique, c’était pas trop la peine ^^,).

Alors, lorsque je suis tombée sur ce petit roman par hasard, j’ai pensé que c’était la première vraie rencontre parfaite avec ce brave Jules. Dont j’ai tellement entendu parler en matière d’anticipation. Une occasion aussi de redonner une chance à la science-fiction un peu plus classique, après des déceptions comme Steampunk Prime et Herland.

Et oooh boy ça s’est vraiment mal passé ^^, j’ai peut-être déjà eu un peu peur avec la préface où j’apprends que Hetzel, l’éditeur, était catégorique : c’était une histoire qui ne devait pas voir le jour. On n’aura pas les mêmes arguments, mais j’avoue que ce n’était pas du tout une bonne idée.

Que de clichés, rien que sur les femmes. Alors déjà il n’y en a pas une tripotée, mais vive le cliché de la banquière revêche et de la demoiselle délicate et romantique qui ne sert strictement à rien sinon à faire les yeux doux au héros. D’époque, peut-être, mais ça me sort par les yeux et je ne vois aucun intérêt. Soit dit en passant, lorsqu’on mentionne à Michel (le héros niais à disposition) de grands auteurs d’avant, la seule femme mentionnée, c’est George Sand. « Un merveilleux génie, l’un des plus grands écrivains de la France, décoré enfin en 1859 ». Jules. Tu savais pas que c’était une femme ? Ou tu voulais pas le dire ?

Ou alors sinon tu fais comme Norman Spinrad dans Rêve de fer et tu vires toutes les femmes, hein, au moins ce sera clair. Le passage sur la Parisienne, cette femme parfaite dont « la race tomba » a fait tomber mes yeux d’effarement, d’ailleurs. Arrête, Jules, arrête … et qu’il jette encore la faute du problème de ce fichu livre de finances ou whatever sur les femmes …

Que de mots pour ne rien dire, d’ailleurs. On essaie de critiquer une société dans laquelle l’art est risible, les belles lettres et lettres anciennes surtout (mais qu’on peut toujours étudier, sûrement pour avoir encore des gens desquels on peut se moquer), pour mettre l’économie, la finance, la technique au centre des préoccupations. Mais en même temps Michel finit par travailler au Grand Entrepôt Dramatique, où on fait comédie, vaudeville, opéra, drames, etc.

Et tu l’as pas sentie la contradiction, Jules ? La poésie, la littérature sont dépassées, l’art c’est nul, mais on fait encore de la comédie ?

Bon. Je n’ai vraiment pas accroché à cette histoire, que j’ai trouvée franchement ridicule. Si le style de Jules Verne aurait pu m’intéresser, dans ces longues descriptions de Paris et ce qu’il a imaginé pour son futur, c’est tombé à plat dans ce récit inintéressant, servi par un protagoniste parfaitement oubliable et une bonne dose de sexisme et de clichés (et je me fous pas mal que ce soit d’époque, c’est mon ressenti là, maintenant, je ne suis pas là pour étudier ce livre selon les critères de l’époque).

Je relirai très certainement un livre de l’auteur, mais dans longtemps, et sûrement en piquant une des belles éditions de mon père. Quand l’agacement, qui a fait place à l’hilarité, sera bien passé.

Lectures sur un rocher

Les Clés de l’Histoire Contemporaine

cles-de-lhistoire-contemporaineMax Gallo (auteur). 2006, 890 p. Le Livre de Poche. Histoire. 9,50€.

La Révolution française de 1789, Trafalgar ou Austerlitz, la guerre de Sécession, le krach de 1929 ou celui de 1987, la bataille de Stalingrad, la fondation du Marché commun, la conquête de l’espace, la catastrophe de Tchernobyl ou la grande peur du sida, la guerre du Golfe et les attentats du 11 septembre 2001 à New York font partie de l’histoire. Racontés, analysés dans leurs origines et leurs implications, ils éclairent le sens de l’histoire contemporaine.

Ces événements sont autant de clés qui permettent ainsi de saisir ce qui s’est passé d’essentiel depuis 1789, cette grande fracture de l’histoire nationale, européenne et donc mondiale.

Notez le sous-titre : Histoire du monde. Je veux bien qu’on commence par la Révolution française, parce qu’il faut bien définir un point de départ, mais que sur 150 pages on ne parle que d’épisode consacrés à la France, ou presque, je trouve ça un peu ennuyeux, même sur près de 900 pages.

Oui, 150, parce que c’est là que je me suis arrêtée. Pas définitivement, je risque de reprendre dans l’avenir, dans ce cas j’éditerai son billet, mais pour l’instant, j’ai ma dose. Déjà que c’est assez long et pesant et qu’un ou deux épisodes par soirée m’endormait déjà. Que ce côté très ethno-centré m’a ennuyée parce que j’aspirais à découvrir des épisodes de l’histoire mondiale dont je n’avais absolument pas idée.

Et puis qu’arrivée page 150 on a parlé de deux femmes. L’ex de Napoléon et la future. Olympe de Gouges et consoeurs, vous pouvez vous rhabiller, on se fout totalement de vous. Autant je n’espérais pas une entrée qui leur serait consacrée, et on peut encore découvrir une année consacrée à une ou des femmes par la suite (d’autant que ce principe d’une année une entrée, j’apprécie, je trouve ça intéressant), autant une mention dans les entrées consacrées à la Révolution française, ça ne mangeait pas de pain.

Je reprendrai très certainement dans l’avenir, en espérant découvrir plus d’entrées étrangères et la reconnaissance de femmes dans l’Histoire, mais pour l’instant, je suis trop ennuyée et blasée.

Lectures sur un rocher

Une aventure d’Alexia Tarabotti, Le Protectorat de l’ombrelle, tome 5 : Sans âge

The Parasol Protectorate 5 : Ageless. Gail Carriger (autrice). Sylvie Denis (traductrice). 2009 (VO), 2013 (VF), 274 p. Le Livre de Poche (Orbit). Fantasy urbaine – Steampunk. 7,10€.

Lady Maccon est en pleine béatitude domestique. Une béatitude à peine troublée par la fréquentation de quelques loups-garous de la haute société et celle du second placard préféré d’un vampire, sans oublier un bambin précoce ayant des dispositions incontrôlables au surnaturel …

Mais Alexia vient de recevoir un ordre qu’elle ne peut ignorer. Avec mari, enfant et famille Tunstell au complet, elle embarque à bord d’un bateau à vapeur pour traverser la Méditerranée. Direction l’Egypte, une terre qui pourrait bien tenir en échec l’indomptable Alexia. Que lui veut la Reine vampire de la ruche d’Alexandrie ? Pourquoi un ancien fléau s’abat-il de nouveau sur le pays? Et comment diable Ivy est-elle devenue du jour au lendemain l’actrice la plus populaire de tout l’Empire britannique?

Pourquoi faut-il terminer cette série ? Je sais bien que l’auteur en propose une autre dans le même univers (j’en ai lu deux tomes déjà), mais j’aime beaucoup le personnage d’Alexia, je pense qu’elle me manquera. Et Ivy. Mes aïeux, Ivy, je ne m’y attendais absolument pas. Et j’adore. C’est loufoque, c’est excellent.

J’ai un peu regretté la société londonienne, ses codes, en partie à cause de Lord Akeldama (en papa poule empressé), un peu aussi les premières années de Prudence, turbulente petit bout de fille plein de mystères. L’auteur propose une construction en parallèle, les tribulations égyptiennes de l’héroïne d’un côté et les soucis rencontrés par Biffy et Lyall à Londres (j’ai d’ailleurs été ravie de retrouver le premier et voir son évolution) de l’autre. Et c’est bien … mais … c’est déjà fini T_T

Une fois encore (et l’auteur m’éneeeeerve) ça se lit extrêmement vite, les actions, les jeux de mots s’enchaînent avec fluidité. J’aime ce rythme, les petits mystères même si je ne les ai pas tous sentis résolus, les découvertes, surtout ce grand finale à l’égyptienne avec, excusez du peu, la plus ancienne des vampires. (L’auteur m’énerve, en fait, parce que ça se lit trop vite et que c’est déjà fini. Zut.).

Même si, je l’avoue, je n’ai pas cru à la mort de Conall. C’était un peu trop gros, grandiloquent, et j’attendais un retour en grande pompe, qui répond parfaitement aux attentes du genre. Je vous avoue que j’étais persuadée que le père d’Alexia était toujours vivant. Je reste persuadée qu’il y a quelque chose là-dessous …

Et les souvenirs rapportés d’Égypte … la formulation était juste parfaite. J’ai ri. J’ai tellement ri. J’aime vraiment beaucoup cette série, je suis triste de l’avoir terminée. Mais c’est une excellente note finale, même si j’aurais adoré voir la cohabitation de Lord Akeldama avec les « souvenirs » …

Nombre de tomes parus : 5 (série finie).

Tome 1 : Sans âme.

Tome 2 : Sans forme.

Tome 3 : Sans honte.

Tome 4 : Sans coeur.

Lectures sur un rocher

Le Collège de magie, tome 1 : L’Équilibre des ancres

Caroline Stevermer (autrice). Patrick Marcel (traducteur). 1994 (VO), 2010 (VF), 531 p. Le Livre de Poche. Fantastique.

La jeune Faris Nallanine est l’héritière d’un petit duché d’Europe centrale, le Galazon. Trop jeune pour prétendre à son titre, elle est contrainte de laisser son despotique oncle Brinker régner à sa place. Jusqu’à ce qu’il exige qu’elle se rende en Normandie, pour étudier au collège de Verteloi. Soupçonnant que son oncle désire l’écarter afin de diriger le pays sans l’avoir dans les jambes, Faris est pourtant contrainte d’obéir et, prenant le fameux train Orient-Express qui relie les principales capitales européennes, elle entame sa scolarité dans l’austère collège français. Mais il ne s’agit pas d’une école ordinaire — Faris et sa meilleure amie, Jane, vont rapidement découvrir qu’elles sont censées obtenir un diplôme de magie. Mais alors, pourquoi n’ont-elles aucun cours de magie ? 

Je ne sais pas où j’avais lu que J.K. Rowling s’était inspirée de ce roman pour Harry Potter. J’avais donc plutôt envie de le lire, d’autant que le thème de l’école de magie me parle toujours. Maintenant, je me dis que j’ai vraiment dû rêver pour cette citation, ou que son auteur était ironique, parce que ce roman n’a rien à voir.

A mes yeux, il se divise en deux. Une partie où je n’ai rien compris, où le mythe de l’école de magie s’est progressivement cassé en morceaux, où je ne comprenais absolument pas ce qui se passait, jusqu’aux phrases parfois auxquelles je ne trouvais pas de sens. Si j’ai persévéré, c’est parce que j’étais dans le train et que je n’avais pas d’autre livres sous la main (et vous ne voulez pas me voir dans un train sans livre sous la main. Ca ne donne rien de bon.).

Et il y a la deuxième partie, où j’ai fait mon deuil de ce que je pensais être une formidable histoire de magie, et où on quitte l’école pour un voyage, où les enjeux de pouvoir font plus sens, et l’intérêt est plus au rendez-vous.

Cette partie ne m’a pas déplu. Il y avait toujours des moments où je ne comprenais pas, mais les idées étaient plus intéressantes, entre la mission de l’héroïne, son pays, les difficultés pour le rejoindre.

La fin, par contre, est retombée dans un écueil, pour moi, mais c’est plus subjectif (le côté sacrifice, changement de corps, etc.).

Je n’ai pas du tout aimé cette école de magie parce qu’on y apprend absolument pas la magie. La magie, voyez-vous, si vous ouvrez vos chakras à l’atmosphère de l’école, elle vous tombera toute rôtie dans le bec à l’issue d’une nuit de veille où on vous enferme à l’extérieur et démerdez-vous jeune fille. C’est sans doute trop philosophique pour moi. Je préfère voir des jeunes vraiment apprendre, une diversité de cours, la magie déclinée en plusieurs arts …. cette vision m’a totalement déplu, même si certains éléments (le côté bienséance, quelques touches d’humour qui m’ont rappelé de très loin Gail Carriger) auraient pu être appréciables.

Plus que Faris, l’héroïne (et je vous avoue que j’ai détesté son prénom et nom, ou plutôt la combinaison, Faris Nallanine, je ne sais pas, c’est un groupe de sons qui m’a agacée tout du long), j’ai apprécié sa camarade devenue enseignante puis dame de compagnie, Jane, qui propose ce côté bonnes manières et humour qui m’a davantage parlé. C’est surtout qu’elle, je la comprenais, parce que dans la première partie ce qui avait trait à Faris, souvent, je n’y comprenais rien. L’histoire d’amour ne m’a pas spécialement intéressée (mais j’imagine qu’il en fallait bien une). L’oncle, pour moi, n’est pas assez défini, est-il tout noir, tout blanc (fait-il tout pour sa nièce) ou plus nuancé?

Honnêtement, je n’ai pas du tout aimé le début, même si la fin passe beaucoup mieux, je n’ai aucune envie de lire la suite qui n’en est pas vraiment une (surtout si c’est pour retourner dans cette école que j’ai trouvée sans intérêt).

Nombre de tomes parus : 2 (série finie).

Lectures sur un rocher

Marie Stuart

Stefan Zweig (auteur). 1935 (VO), 2009 (VF), 411 p. Le Livre de Poche. Histoire – Biographie. 7,30€.

Reine d’Ecosse à l’âge de six jours, en 1542, puis reine de France à dix-sept ans par son mariage avec François II, Marie Stuart est un des personnages les plus romanesques de l’histoire. Veuve en 1560, elle rentre en Ecosse et épouse lord Darnley. Déçue par ce mariage, elle devient la maîtresse du comte Bothwell. Lorsque ce dernier assassine Darnley, l’horreur est telle que Marie doit se réfugier auprès de sa rivale, Elisabeth Ire, reine d’Angleterre. Celle-ci la retiendra vingt ans captive, avant de la faire condamner à mort. Son courage devant le supplice impressionnera les témoins, au point de métamorphoser celle que l’on disait une criminelle en une martyre de la foi catholique … 

Je connaissais très peu le personnage de Marie Stuart, avant cette lecture, excepté quelques faits (reine d’Ecosse, de France, cousine d’Elisabeth 1ère à qui elle dispute le trône), dus parfois à des films, donc avec quelques variations … Cette biographie étant l’occasion pour redécouvrir Zweig dans un nouveau genre et en apprendre davantage sur elle.

Si le début m’a beaucoup plu, dans sa rédaction fluide et la découverte de ce personnage intéressant, un trait de l’auteur m’a rapidement pesé : un côté un peu misogyne dans sa manière de parler de Marie (ses choix se faisant en fonction de son sexe, sa sensibilité, etc., et je ne vous dis pas pour Elisabeth … – « (Marie) est très émotive, comme toute nature véritablement féminine » … j’ai franchement grincé des dents, et pour Elisabeth : « qui peut se risquer à expliquer logiquement les désirs confus d’une hystérique! », j’avoue que je ne connais pas beaucoup cette reine, mais je n’aurais pas pensé au qualificatif d’hystérique pour la décrire …) qui m’a paru ultra lourd en passant la moitié du texte. Et j’avoue que découvrir cette supercherie mise en place pour se débarrasser de son époux m’a un peu déçue, et ce côté que l’auteur oppose à Elisabeth, cette reine de droit qui refuse de travailler à cette position, et qui lorsqu’elle est emprisonnée vit dans le luxe et la volupté …

Même si, pour la plupart, les différents enjeux politiques, le panorama de l’époque, ces éléments sont rendus avec intérêt par Stefan Zweig. Je ne me suis pas ennuyée, même si j’avais hâte d’en finir une fois le meurtre ordonné.

Je me suis en revanche fatiguée assez rapidement des passages en ancien français. Une ou deux fois, oui. Passée la dizaine, et le pâté de quinze lignes, je soupire.

Une lecture intéressante, mais plutôt longue et avec ses aspects pesants.

Lectures sur un rocher

Le scandale Modigliani

The Modigliani Scandal. Ken Follett (auteur). Viviane Mikhalkov (traductrice). Matthieu Spohn (illustrateur). 1976 (VO), 2011 (VF), 341 p. Le Livre de Poche. Thriller. 7,60€.

Une jeune, brillante et séduisante étudiante en histoire de l’art, décidée à écrire sa thèse sur la relation entre la drogue et la créativité artistique, découvre par la même occasion l’existence d’un Modigliani perdu ; elle décide de se lancer sur ses traces, entraînant derrière elle une série de personnages hétéroclites : des peintres, talentueux et méconnus, en colère contre le mercantilisme du marché de l’art ; des faussaires, des négociants d’art peu scrupuleux et un jeune propriétaire de galerie d’art, acculé au désespoir, vont se croiser, s’entrecroiser, sur les routes de France, d’Angleterre ou d’Italie du sud.

J’avais choisi ce livre il y a quelques années, après avoir beaucoup apprécié Le troisième jumeau. Le milieu de l’art avait l’air sympathique. Au final, ce n’est pas vraiment le cas.

On papillonne d’un personnage à l’autre, d’un cas à l’autre, d’une histoire de sexe, boisson ou drogue à l’autre. Okay, 70s, mais je m’en fiche. D’une histoire d’arnaque, aussi. Je n’ai pas ressenti ce côté quête de l’objet d’art à laquelle je m’attendais. Pas de personnage fort ou intéressant à suivre. L’étudiante est un peu niaise, je trouve.

J’ai particulièrement détesté, lorsqu’elle s’est retrouvée au même endroit, là où est rangé le tableau, avec les deux autres personnes qui le recherchent et pouf flash back vers le futur, quelques jours plus tard où chacun a un exemplaire du tableau. L’explication arrive en toute fin, ce qui m’a agacée. Il n’y avait aucune raison, le roman ne propose ça qu’à cet endroit, juste pour tenter vaguement de faire jouer le suspense.

Un passage un peu drôle : lorsque l’étudiante part en Italie avec son compagnon pour retrouver le tableau, un petit vieux fait semblant de ne pas comprendre l’anglais. Mais c’est juste un peu drôle et c’est vraiment mince.

Une lecture tout sauf agréable.