Lecture sur un rocher

L’enfant des cimetières

Sire Cédric (auteur). Kelly B., Elodie Saracco (illustration). 2009, 421 p. Le Pré aux Clercs (Thriller Gothique). Fantastique.

Lorsque sa collègue Aurore l’appelle en pleine nuit pour couvrir avec elle un meurtre atroce, David, photographe de presse, se rend sur les lieux du drame. Un fossoyeur pris d’une folie hallucinatoire vient de tuer sa femme et ses enfants avec un fusil à pompe avant de se donner la mort. 

Mais qui est à l’origine de cette épidémie meurtrière ? Est-ce un homme ou un démon ? Le journaliste, qui n’a plus rien à perdre, va se lancer à la poursuite de Nathaniel, l’enfant des cimetières, jusqu’aux confins de l’inimaginable.

J’ai un très, très bon souvenir de De fièvre et de sang, ma première lecture du même auteur. J’étais tombée sous le charme des thèmes fantastiques et de la superbe plume de sire Cédric, j’étais très anxieuse de renouveler l’expérience.

On retrouve certains aspects qui m’avaient décidément plu : l’écriture délicieuse de l’auteur, les chapitres courts et forts, intenses. Le lyrisme se retrouve dans le prologue, teinté d’horreur, de morbide, mais d’une poésie toute musicale, qui m’a plu malgré ses accents sombres.

Nathaniel m’a davantage fichu la frousse, aussi. Est-ce son rapport aux légendes urbaines, qui sont toujours très vivaces chez moi, le fait que j’ai débuté la lecture en pleine nuit (je ne vous le conseille pas), le mélange de l’horreur fantastique à l’humaine que j’ai trouvé plus fort ici ? J’ai aimé qu’il y ait plus au sort de Nathaniel que ce que le prologue nous en dit, aussi.

Des personnages, j’ai beaucoup aimé revoir Alexandre Vauvert, mais surtout Kristel, lumineuse, chaleureuse, que j’ai été ravie de croiser à plusieurs reprises dans le roman. J’ai aimé que le thème du mysticisme ne soit pas poussé à outrance voire à l’hystérie mais plutôt comme une croyance acceptée, sans jugement. J’ai peut-être juste un peu regretté la place moindre donnée à Alexandre, même si David n’est pas un personnage inintéressant.

J’ai particulièrement aimé la couverture et l’ambiance qu’elle promet.

Au final, cette lecture n’a pas été aussi haletante que la première, mais j’ai passé un très bon moment à frissonner et tourner les pages avec fièvre, impatiente de savoir ce qu’il en était de l’enfant des cimetières.

Lecture commune avec Arcaalea

Lecture sur un rocher

De fièvre et de sang

Sire Cédric (auteur). 2010, 447 p. Le Pré aux Clercs. Thriller – Fantastique.

Une jeune fille se réveille entièrement nue et entravée sur un matelas couvert de sang. Elle sait qu’elle va mourir, toute tentative de fuite semble inutile. La douleur n’est rien en comparaison de la peur panique qui s’est emparée d’elle. Le commandant Vauvert mène l’enquête en compagnie d’une profileuse albinos, Eva Svärta. Personnage excentrique et hors-norme, Eva a un véritable sixième sens qui fait d’elle une redoutable traqueuse de l’ombre. 

J’ai eu un peu de mal à démarrer cette lecture. J’avais prévu de la lire avec Aveline début janvier, mais je ne me suis décidée à la commencer que cette semaine. Ce n’est pas que j’en aie entendu de mauvais échos – au contraire, lorsqu’on me parle de Sire Cédric, c’est pour me dire que c’est génial. Mais je ne suis pas une grande fan de thriller (et apparemment une chochotte depuis Le Poète de Connelly qui m’a mise très mal à l’aise et donné des cauchemars) et j’ai toujours un peu me mal à me pousser pour découvrir un nouvel auteur.

Mais ça ne m’a pas empêchée de me lancer, un peu à la dernière minute pour ma lecture commune, dans ce qui s’est révélé un superbe livre. Je ne m’attendais pas à être aussi happée par cette intrigue dont j’ai été étonnée par les rebondissements, les thèmes fantastiques qui ont particulièrement touché juste, les personnages bien construits, et surtout, surtout, l’écriture d’orfèvre ciselée qui est celle de Sire Cédric. Dans l’horreur, dans la terreur, je n’arrivais pas à reposer le livre tant la mélodie qu’il crée est superbe. J’en suis sous le charme.

Le début est dur, brutal, certains chapitres sont très courts pour accentuer la nervosité du récit, on est plongé dedans dès le début. L’auteur distille quelques informations sur ses personnages, Eva et Alexandre, mais l’action n’est pas coupée. Ces commentaires sont courts et on reprend très vite le chemin de l’action et du danger.

Les passages étranges sur le sang sont particulièrement beaux et poétiques, même si au début on ne comprend pas à quoi ils font référence. L’ennemi est particulièrement fascinant. Les personnages secondaires laissent moins d’impact, excepté Jean-Luc qui agace dès sa première introduction.

J’ai été surprise de la succession des évènements. Un peu, aussi, de la coupure temporelle entre deux crimes, puis de la disparition d’Eva, je trouvais que les choses allaient pu vite que prévu, ajoutant au côté sans temps mort du roman. On ne s’ennuie pas, on ne se pose jamais. Même les périodes de souvenirs de l’albinos sont particulièrement remuants, le lecteur ne prend pas le temps d’y réfléchir, il reste dans un état constant d’agitation, presque, effectivement, de « fièvre », comme dans le titre.

Eva, la profileuse albinos, le cœur du roman, est particulièrement saisissante, dans ses capacités, dans sa personnalité frondeuse, dans son passé qui se dévoile au fil des pages. Un seul regret, peut-être : la relation qu’elle entretient avec Vauvert (Alexandre) au début du roman n’est pas développée, quelques attentions, quelques regards, sont laissés entrevoir, mais il continue à penser à elle, et c’est un petit courant amoureux qui passe venant de lui. L’auteur n’insiste pas trop dessus en général, ni particulièrement du côté de la jeune femme, mais elle y semble réceptive à la toute fin, ce qui m’a étonnée, car rien ne le laissait présager. Le côté peu appuyé me convainc moins, même si d’un côté je suis assez contente qu’il n’insiste pas dessus.

Les touches fantastiques m’ont particulièrement plu. Les loups, les miroirs, le masque, toute la symbolique du sang. Un élément relatif à ce dernier ne m’a pas surprise, mais j’ai aimé la manière dont l’auteur le « raccorde » à son meurtrier (les dieux, même s’ils ne sont pas mentionnés ; je connaissais déjà Elizabeth Bathory). Je n’en ai pas vraiment été effrayée, mais plus pressée de découvrir le fin mot de l’histoire. Une fin un peu déconcertante, mais néanmoins satisfaisante.

Lecture commune avec Aveline

Lecture sur un rocher

La peau de César

René Barjavel (auteur). Gérard Failly (illustrateur). 1985 (VF), 1998 (VF), 242 p. Folio. Policier.

Une lettre anonyme vient d’arriver au commissariat : Ce soir, les conjurés tueront vraiment César. Et Faucon, l’acteur célèbre et adulé, trouve la mort sur scène, devant plusieurs milliers de spectateurs et encore davantage de téléspectateurs. Il a été frappé par un conjuré, mais lequel ? Brutus ? Mais Brutus non plus ne se relève pas à la deuxième représentation.

Lecture en commun avec Melisende.

C’est une lecture surprenante, tout ce que j’aime. Je ressens rarement ce sentiment de perfection, de tout adorer.

Le détective est attachant, le crime touche à l’univers du théâtre (Jules César de Shakespeare), jusqu’à se dérouler sur scène pendant l’assassinat du personnage (comme dans Witness in Death de Nora Roberts ; j’ai d’ailleurs eu très peur qu’elle ait emprunté son intrigue à Barjavel mais non, heureusement !), beaucoup de petites touches d’humour.

J’ai adoré.

J’ai adoré avoir compris le mobile mais me tromper sur l’assassin, que l’intrigue ne soit pas prévisible. J’ai adoré détester la victime, découvrir ce que ce salaud avait l’habitude de faire, et plaindre et apprécier le meurtrier. Le paradoxe était très bien construit.

Quelques petits points négatifs : le personnage qui apporte le témoignage / la preuve n’est pas sur place et il est difficile de deviner par soi-même l’identité du meurtrier. C’est quelque chose que j’aime beaucoup faire et un exercice que je suis habituée à tenter avec plus ou moins de succès grâce à Agatha Christie, et qui ici était difficilement faisable.

Autre légère déception : un manque de présence féminine. Si la mère de la jeune fille est intéressante, des deux actrices interrogées, celle qui passe son temps à tromper son mari est un peu présente, mais l’autre, qui est la propre (ex) femme de la victime, s’exprime peut-être deux fois dans tout le livre ! Il aurait été intéressant d’avoir au moins sa déposition.

Un détail qui ajoute au plaisir de lecture : les chapitres sont courts, la lecture est bien aérée, donc encore plus agréable.

La peau de César est donc un coup de cœur, qui me décide à lire le reste des œuvres de Barjavel.

Lecture sur un rocher

Kushiel, tome 1 : La marque

Kushiel’s Legacy, book 1 : Kushiel’s Dart. Jacqueline Carey (autrice). Frédéric Le Berre (traducteur). Anne-Claire Payet (illustratrice). 2001 (VO), 2009 (VF), 782 p. Bragelonne. Fantasy.

Vendue alors qu’elle n’était qu’une enfant, Phèdre no Delaunay est devenue la propriété d’un noble qui a su reconnaître la marque rouge ornant son oeil – le signe de Kushiel qui lui vaut à jamais d’éprouver le plaisir dans la souffrance. Un don unique et cruel faisant d’elle la plus convoitée  des courtisanes et une espionne exceptionnelle.

Mon premier contact avec le livre a été la couverture, superbe, que j’avais repérée il y a longtemps dans un catalogue Bragelonne, puis la carte du début, les références à l’Europe, j’ai trouvé ça très intéressant. La liste des personnages qui suit directement m’a totalement perdue, c’était trop, trop vite, je me suis juste amusée à lire noms et prénoms séparément, sans essayer de retenir les noms ou les relations, ou les titres encore.

J’avoue qu’arrivée au récit, il m’a donné du fil à retordre.

Les trois cents premières pages m’ont vraiment énervée. J’ai eu cette impression d’apologie de la prostitution qui ne m’a pas plu du tout. Autant l’idée des 13 maisons et de leurs caractéristiques est sympathique, autant le côté prostitution et sadomasochiste en prime est très loin de m’avoir plu. Je ne m’attendais pas à ce côté fantasy érotique, ni à ces aspects, et je ne les ai vraiment pas aimés.

Mais les quatre cents pages suivantes m’ont fait revoir ma copie. L’épopée de Phèdre et Josselin m’a passionnée. D’un bout à l’autre de cette carte initiale, on les suit, d’une contrée et ses cultures à l’autre. J’admire le travail de l’auteur sur le grand nombre de personnages qu’elle a créé et que les protagonistes rencontrent.

Tout cet aspect intrigues de cour, les alliances qui se nouent, se dénouent, sont feintes, a été très enrichissant, et j’ai beaucoup aimé essayer de tout délier. C’est un peu compliqué, mais on passe un bon moment à essayer de comprendre les tenants et les aboutissants, d’envisager les conséquences, les stratégies, etc.

Pareillement, j’ai beaucoup aimé l’écriture de l’auteur, que j’ai trouvée élégante et raffinée, d’un style soutenu. Sinon, honnêtement, je n’aurais pas été au bout de cette première partie qui faisait tout de même trois cents pages ! Je lis vite, d’habitude, mais le temps m’a paru bien long avec ce livre.

La première personne ne m’a pas dérangée, on découvre ce personnage fantastique, courageux et brillant qu’est Phèdre. Le voyage en Eire m’a beaucoup plu, j’aurais aimé qu’il dure plus longtemps et qu’on le découvre dans un autre contexte qu’une préparation de guerre. Les touches de magie explicites m’ont séduite également (comme pour le Maître du Détroit).

Je vais être lourde à insister là-dessus, mais à part ces trois cents premières pages, j’ai vraiment bien aimé, excepté lorsque Phèdre pense « si j’avais su ce qui m’attendais », c’est extrêmement frustrant.

Il y aurait énormément de choses à en dire, mais je me contenterais de préciser qu’à « un détail » près, l’univers de style médiéval m’a vraiment touchée et intéressée. Je pense poursuivre cette saga, en espérant que ce côté extrême ne soit pas autant représenté que dans ce début …

Il s’agissait aussi d’une lecture commune avec d’autres Livraddictiens dont les avis ne devraient pas tarder : celui de Pommette et de Kkrolyn.

Nombre de tomes parus : 3 (série finie).

Lecture sur un rocher

Coraline

Neil Gaiman (auteur). Dave McKean (illustrateur). 2003 (VO), 162 p. Harper Collins.  Jeunesse – Fantastique. Livre lu en anglais.

Coraline vient d’emménager dans une grande maison que sa famille partage avec un vieux monsieur étrange qui élève des souris de cirque et deux vieilles dames qui ont fait du théâtre. La petite fille adore explorer de nouveaux environnements, comme cette porte étrange. Lorsque sa mère l’ouvre, elle est fermée par des briques. Mais lorsque Coraline l’ouvre seule, c’est sur un long couloir qu’elle donne, qui conduira la fillette à un monde étrange, parfait au premier abord. Enfin presque.

Ce titre m’avait séduite il y a quelques années et fait découvrir Neil Gaiman, un auteur que j’ai vite appris à adorer. Je l’avais étudié dans le cadre d’une comparaison avec Alice au pays des merveilles, qu’on peut rapprocher par plusieurs éléments, comme la présence d’un autre monde « merveilleux », un voyage le long du couloir proche du terrier, la découverte de ce monde étrange et fascinant avec un chat pour guide, qui ici est son compagnon plus que le Cheshire Cat pour Alice.

Et Coraline en a bien besoin : elle se blesse, et son voyage de l’autre côté a des conséquences terribles et inattendues sur le monde dit réel. On tremble pour elle, on espère et on ne peut qu’admirer son ingéniosité pour se débarrasser de son Autre Mère. Là où Alice s’attache à l’identité, Coraline s’intéresse plutôt à la survie, et au jeu qui va lui permettre d’avancer dans cet univers pour en réchapper.

Cet autre monde se présente comme parfait, avec des autres parents et des adultes attentifs, qui appellent bien l’héroïne Coraline et non Caroline comme dans son monde. Cet endroit en apparence paisible et parfait tient plutôt du terrifiant, entre les adultes aux yeux de boutons, le spectacle des voisines, et le fait qu’il n’y ait rien autour de la maison.

Un des thèmes de ce conte est bien sûr la peur. Des rats dans la chambre ou sur le vieux monsieur m’ont terrifiée, et je me suis méfiée de l’Autre Mère dès lors qu’elle les présente comme des amis. Les souris, leur pendant dans le monde « réel », ont quelque chose de doux, mais les rats sonnent beaucoup plus négatifs, violents, capables d’attaquer à tout instant. On retrouve l’horreur avec l’Autre Mère, d’apparence d’abord normale, puis beaucoup plus inquiétante. Dans l’horreur, l’Autre Père sans forme est bien placé aussi.

L’inutilité des adultes (excepté les voisins, de vieilles personnes, une autre catégorie d’âge en somme) est confondante. Que ses parents soient occupés ou ne la croient pas, c’est une chose, mais l’agent de police appelé à l’aide se moque du monde. Ta maman n’est plus là ? Va la voir pour un câlin … logique. Une enfant toute seule n’a pas l’air de l’interpeller. Mieux vaut qu’elle retourne dormir et n’ennuie plus les adultes. On se croirait presque dans l’univers victorien d’Alice où les enfants sont faits pour être vus et non entendus, et ne causer aucun problème. Coraline ne peut effectivement compter que sur elle-même, et sur l’aide du chat.

J’ai beaucoup aimé Coraline, son courage, alors même qu’elle a peur, sa présence, son inventivité. On la comprend dans sa curiosité à visiter les lieux, à « tester » ce monde. J’ai adoré le chat. Un peu prétentieux, parfois, mais là pour Coraline, et qui lui parle de ce monde.

Les dessins de Dave McKean sont étranges, dérangeants, mais ils s’accordent parfaitement à l’histoire, à mon sens. Ils me faisaient un peu peur au début, et puis j’ai trouvé que ça correspondait parfaitement à l’ambiance. Quant à la citation de G.K. Chesterton, au début, elle est superbement choisie : oui, les contes parlent de monstres et de dragons, mais ils nous apprennent surtout qu’on peut les combattre.

(Mais arrêtez de tuer des dragons. Non. Sérieusement. Laissez les dragons.)

C’est une très belle morale. Le danger et la peur existent, mais on peut les combattre.

L’écriture de Gaiman est simple, précise, elle va droit au but.

Je regrette un peu que ce livre ait d’abord eu une étiquette de prescription scolaire. J’étais bien contente de comprendre un peu l’intrigue, comme je ne l’ai lu qu’en anglais, cette semaine et à l’époque, je n’avais pas vraiment cherché plus loin à la première lecture.

Ce livre est destiné aux 8 ans et plus en anglais. Malgré le fait qu’il soit un peu long, il se lit vite, et je pense que le vocabulaire peut bien se prêter à une lecture débutant (j’attends de voir ce qu’en pense Snow qui fait ce test ^^). Je le conseille, d’autant qu’il est passionnant et d’un très bon auteur !

Des points de détail, les indices du début, du monde « réel », avec les souris qui la préviennent d’un danger et connaissent son vrai nom, m’ont vraiment plu, tout comme l’impression de fin, que tout va bien. La porte est fermée, mais tout est-il vraiment résolu ? Une touche de suspense bien appliquée.

Lecture effectuée dans le cadre du challenge Alice au pays des merveilles de de.w et Disney de Galleane ! C’est aussi une lecture commune, dont voici les avis des autres Livraddictiens : Flo_boss, Pomm, Tsuki, Liyah, Zazou8888, Luna, Habitant of StoBykiss, PetiteMarie, Kik.

Lecture sur un rocher

Through the Looking Glass and What Alice Found There

Lewis Carroll (auteur). 1871 (VO), 1992 (VO), 416 p. Norton.  Conte- Jeunesse. Livre lu en anglais.

Six mois se sont écoulés depuis qu’Alice a suivi le lapin blanc. Elle rêve en jouant avec un des chatons de Dinah et s’approche du miroir. Lorsqu’elle le touche, la plus curieuse des choses se produit : elle passe doucement au travers et débute une nouvelle aventure.

On retrouve l’écriture pleine d’humour et de légèreté de Carroll dans cette suite parue des années après Alice in Wonderland, mais juste six mois dans le récit.

Malheureusement, cette histoire m’a moins plue que la première, en partie parce qu’on n’a plus affaire à des cartes, mais à des reines et personnages de jeu d’échecs, que je n’aime pas du tout et ne comprends pas.

De plus, je n’aime pas le côté « Let’s pretend », faire semblant, qui donne l’impression qu’elle ne vit pas réellement cette aventure, contrairement au premier, où elle voit, poursuit le Lapin et tombe dans le terrier. Ça casse un peu la magie de l’œuvre.

Le passage sur les fleurs parlantes est charmant, mais si court ! L’humour et le vocabulaire relatifs aux insectes du monde du miroir m’ont beaucoup plu également. C’est très poétique, et agrémenté de très belles illustrations comme pour le premier volume, celles de Tenniel. Et si on croise le Chapelier Fou, le Chat m’a beaucoup manqué, malgré la pléthore de nouveaux personnages auxquels je n’ai pas spécialement accrochés.

Malgré des éléments que j’aime bien, c’est une histoire qui me plaît moins que la précédente.

C’est une lecture commune, dont voici les avis des autres Livraddictiens : Jelydragon, Mimilit.

Lecture sur un rocher

Alice in Wonderland

Lewis Carroll (auteur). 1865 (VO), 1992 (VO), 416 p. Norton.  Conte – Jeunesse. Livre lu en anglais.

Est-ce un lapin blanc qui vient de passer devant Alice ? Un lapin blanc tout habillé, avec une montre, et qui se désolait d’être en retard ? Sans réfléchir, elle lui court après. Commence pour la petite fille une aventure des plus curieuses lorsqu’elles tombe dans son terrier …

Ce livre et sa suite font partie du même recueil, l’édition critique Norton, mais j’ai préféré les séparer en deux billets.

Je crois que c’est le premier « vrai » livre que j’ai lu en anglais, il y a bien longtemps … J’ai adoré l’étudier, mais je me rappelle que cette première lecture avait été laborieuse, j’avais des difficultés avec le vocabulaire et du mal à comprendre certaines choses un peu folles et absurdes.

Ça s’est beaucoup mieux passé cette fois. Si quelques mots de vocabulaire m’ont manqué, ils n’ont rien changé à la compréhension globale. Mais il peut être difficile pour un lecteur peu habitué, parce que ce sont parfois de vieilles expressions.

On suit les interrogations d’Alice, sur qui elle est, depuis sa chute dans le terrier jusqu’au tribunal, en passant par ses changements de taille qui n’arrangent rien mais font bien rire. J’ai beaucoup aimé suivre les réflexions délicieusement farfelues d’Alice.

J’aime beaucoup les personnages des cartes, comme c’est un domaine que j’adore. Le passage de l’heure du thé avec le Lièvre de Mars et le Chapelier fou ne m’a pas beaucoup plu, car ils sont bien moins sympathiques et drôles qu’ils m’ont toujours semblé dans les adaptations. J’ai beaucoup aimé l’histoire de la « Mock Turtle », sa vision de l’école et le tribunal, pour les jeux de mots et l’absurdité des scènes (au fait, qui a mangé les tartes?). Le Cheshire Cat, imprévisible et surprenant, m’a bien plu également.

Et que dire des très belles illustrations de Tenniel, même si je n’aime pas celle de la couverture générale, le Jabberwocky. J’aime beaucoup le principe d’une image par double page, ça rend le récit vivant et lumineux.

L’écriture de l’auteur est remarquable, créative, inventive, pleine d’humour, et proposant tout un travail sur le langage. J’avoue que parfois, j’ai lu les poèmes en diagonale, n’étant pas portée poésie. Beaucoup de jeux de mots, beaucoup d’humour, qui est parfois difficile à saisir en version originale.

C’est une lecture commune, dont voici les avis des autres Livraddictiens : Gigi-Sempai, Moutmoutyoda, Rose, Kik, Mimi-lit, Jelydragon, Tchae, Aurélie.

Lecture sur un rocher

Raison et sentiments

Sense and Sensibility. Jane Austen (autrice). 1811 (VO), 1999 (VF), 382 p. 10/18 (Domaine étranger). Classique.

Après le décès de leur père, les demoiselles Dashwood et leur mère se retrouvent avec peu de ressources financières. Elles sont forcées de quitter le domaine familial qu’elles aiment énormément au profit de leur demi-frère. Dans leur tristesse et leur recherche d’un nouveau foyer, les aînées Dashwood, Elinor et Marianne, se découvrent un ami en la personne d’Edward Ferrars, leur beau-frère, qui devient rapidement plus qu’un ami pour Elinor. La jeune fille garde la tête froide et supporte leur départ. Mais lorsque Marianne tombera amoureuse à son tour, elle n’aura de cesse que d’exprimer ses sentiments au défi de toute raison et de toute convenances.

Malheureusement, nouvelle lecture de Jane Austen, et nouvelle déception …

Je connais et j’aime beaucoup le film avec Emma Thompson et Kate Winslet. Je connais donc l’histoire. Je savais donc, comme pour Orgueil et Préjugés, exactement à quoi m’attendre, voire davantage : j’ai le DVD, alors que je n’avais vu qu’une fois O&P … et malheureusement, c’est beaucoup mieux passé avec O&P.

Ici, j’ai eu l’impression d’être simple spectatrice, en-dehors de l’histoire, je ne la vivais pas avec les personnages, qui m’ont beaucoup plus plu dans le film.

Cependant, ici, dès le début Marianne et sa mère m’ont agacée avec leur mépris des convenances dans une société qui est régie par ces lois, sans se soucier de mettre Elinor dans l’embarras, par exemple. J’ai surtout apprécié Mme Jennings et sa gentillesse lorsqu’elle veille Marianne. Pour ce qui est d’Elinor, j’admire surtout sa patience avec sa sœur. Lucy m’a un peu agacée, sans plus. Edward m’a un peu donné l’impression d’être relativement plat, davantage que dans le film. Je lui préfère Brandon, probablement pour sa constance et son soutien … mais même lorsque ce personnage entrait en scène, je m’ennuyais toujours. Et j’ai regretté Margaret, qui est un des éléments comiques du film : elle est totalement laissée de côté ici.

Malheureusement, j’avais surtout hâte de finir pour passer à autre chose. Cette lecture m’a ennuyée, je l’avoue. Elle ne m’a rien apporté de plus que le film, d’autant que je n’ai pas retrouvé la beauté de l’écriture que j’admirais dans O&P.

Mes camarades de LC ont, j’espère, davantage aimé : Vashta Nerada, LIZI, Pimousse4783, Rose, Gentiane, Sipho, Evy.

Lecture sur un rocher

1984

George Orwell (auteur). Amélie Audiberti (traductrice). Georges Rohner (illustrateur). 1948 (VO), 1979 (VF), 284 p. Folio. Science-fiction – Dystopie.

Nous sommes en 1984, en Océania, à Londres. Winston Smith, le protagoniste, est un simple employé du Parti, au Commissariat aux Archives du Ministère de la Vérité. Il n’est pas censé faire triompher la vérité, mais remplacer celle-ci par des mensonges. Mais là où Big Brother vous regarde, il n’est pas bon s’intéresser de trop près à la vérité …

Une lecture époustouflante. Un univers très précis, avec ses règles drastiques, son histoire, sa géographie (j’avoue, je n’arrive absolument pas à me représenter Océania, Eurasia et Estasia en tant que telles, même avec les explications).

Je ne me suis guère attachée aux personnages, plutôt à l’univers, et à le découvrir au travers des yeux de Winston, puis d’un livre très particulier. Plutôt que la technologie, le progrès de la science et le bonheur comme dans Le meilleur des mondes, que je ne peux m’empêcher de rapprocher de 1984, malgré les différences entre les univers. On est face à une société qui utilise peu la technologie, excepté le télécran, qui permet de voir et d’être vu, et au malheur des personnages, surveillés en permanence.

Tout comme pour La Ferme des Animaux, c’est un écriture que j’aime beaucoup. Elle est particulièrement travaillée ici, comme un des champs de travail du Parti est d’en créer un nouveau, le novlangue (visant à créer une langue en supprimant des mots. exemple : « mauvais » disparaît au profit d' »inbon »). J’ai beaucoup aimé ce qui avait trait à ce thème.

Des tonnes de choses pourraient être dites, mais ce serait vraiment spoiler. Il y a la situation de Winston, ses relations avec les autres, la hiérarchie de la société, le Parti et ses actions, ses principes, les jeux sur le langage, … Les détails de cet univers sont vraiment très riches et on suit les pas de Winston avec passion, pour, comme lui, comprendre comment et pourquoi.

L’auteur propose une réflexion sur les systèmes gouvernementaux en général et totalitaires en particulier, leur forme omnisciente et omnipotente menace toujours. Publié en 1949, ce roman a été rédigé en 1948, en s’inspirant du stalinisme et du nazisme, en espérant en faire une puissante mise en garde. Je pense que dans cette optique, c’est réussi. Dès lors qu’on pose le regard sur le premier chapitre, on est comme happé, on a besoin de savoir la suite, même si cet univers et la manière de vivre sont franchement sinistres. Pour moi, cette fascination a duré tout au long du livre, même si parfois j’ai eu du mal à imaginer certains éléments, ou comprendre certains principes ou certaines réflexions.

Autres Livradictien(ne)s dont vous pouvez découvrir l’avis: Hidile, Felina, Aurélie, Korto, Ceinwin, Lau1307, Tchae, Kincaid40, Rose, StupidGrin.

Lecture sur un rocher

The Luxe, tome 2 : Rumours

Anna Godbersen (autrice). 2009 (VO), 423 p. Penguin Books. Jeunesse – Romance. Livre lu en anglais.

Rien n’est plus dangereux qu’un secret… Les amies d’hier sont devenues les rivales d’aujourd’hui. Coups bas à l’heure du thé, trahisons au cœur de la nuit, les bals somptueux bruissent des plus folles rumeurs. Retour à Manhattan … en 1899.

Une fois encore, Anna Godbersen nous renvoie en arrière et nous replonge dans l’atmosphère de Manhattan, des derniers jours de 1899, suivant l’idylle entre Henry Schoonmaker et Diana Holland, ponctuée par l’omniprésence de Penelope Hayes, amoureuse de ce dernier, qui veille avant tout à servir ses propres intérêts.

J’ai été ravie de pouvoir entrer dans l’histoire beaucoup plus tôt que pour le tome 1. C’est probablement parce qu’Elizabeth n’en était pas au centre, mais plus sa sœur Diana, que j’aime beaucoup, et sans doute parce que j’étais plus habituée à la langue et au niveau de langue qu’emploie l’auteur.

Moi qui aimais bien Penelope, elle m’a ici un peu déçue, à « faire son Elizabeth » … je sais que ce n’est qu’une façade, mais je préfère qu’elle n’en fasse qu’à sa tête. J’ai d’ailleurs vraiment aimé la voir reprendre les rênes par la suite et s’imposer à nouveau ! Lina a fait son trou d’une manière qui m’a un peu étonnée, même si je m’attendais à sa naïveté et à ses mésaventures.

La construction du récit d’Anna Godbersen est la même que pour le premier, et c’est un grand point de l’histoire. Elle apporte beaucoup de suspense et d’interrogations. Le prologue, flash-forward, nous fait faire un bond en avant, puis on revient au moment où le premier volume s’arrête. Les éléments ensuite se succèdent pour arriver à la cérémonie présentée dans le prologue. Je le relis toujours à la fin du livre, pour faire durer le plaisir déjà, mais aussi parce que cette deuxième lecture est forcément différente de la première, une fois la lumière faite sur tous les évènements qui ont conduit au mariage.

Et toujours, aussi, une couverture que j’adore, même si Penelope n’est pas vraiment la vedette de ce tome, même si elle a réussi à s’affirmer comme la nouvelle Elizabeth, jeune fille bien comme il faut, auprès de l’opinion publique et des parents d’Henry … Toujours ces encarts drôles en début de chapitre, sur la bonne société et les règles à adopter lorsqu’on en fait partie.

Le « travail » de Diana, informatrice dans une gazette à potins, m’a vraiment plu, j’espère qu’elle continuera dans cette voie par la suite ! Elle reste le personnage que je préfère, avec Henry (un peu déçue de Penelope dans ce volume.

Une lecture qui a également plu à mes camarades de LC : Nane42, Platinegirl, Blueverbena, Rose, Stellade.

Nombre de tomes parus : 4 (série finie).

The Luxe  Envy Splendor