Au bord des mots, lectures sur un rocher

Erased, tome 2

Kei Sanbe (auteur). David Le Quéré (traducteur). 2013 (VO), 2014 (VF), 208 p. Ki-Oon (Seinen). Manga – Seinen. 6,85€.

2006. Aspirant mangaka dont la carrière peine à décoller, Satoru Fujinuma travaille comme livreur de pizzas pour joindre les deux bouts. Effacé et peu enclin à s’ouvrir aux autres, il observe le monde qui l’entoure sans vraiment y prendre part. Pourtant, Satoru possède un don exceptionnel : à chaque fois qu’un incident ou une tragédie se déroule près de lui, il est projeté quelques minutes dans le passé pour empêcher l’inévitable avant qu’il se produise…

Cette anomalie de l’espace-temps lui vaut un séjour à l’hôpital le jour où, pour rattraper le conducteur d’un camion fou, il est percuté par un autre véhicule de plein fouet. Après l’accident, petit à petit, les souvenirs effacés de l’enfance traumatisante de Satoru resurgissent…

Ce second volume se caractérise par le retour en enfance de Satoru, et les évènements qu’il revit. Je l’ai trouvé particulièrement touchant. Peut-on changer le passé ? Y arriver ? Ce sont des thématiques que j’aime particulièrement (hello Being Erica <3).

C’est le personnage de Kayo, la première fillette assassinée, que l’on suit, avec Satoru, qui se découvre plein d’affection pour elle et souhaite la protéger. Une pauvre choupette battue par sa mère, mystérieuse, triste, qu’on ne peut s’empêcher de trouver attachante. Même si je m’attendais aux dernières cases, vides. L’évolution de leur relation, la prévenance de Satoru, sont adorables.

Je commence à avoir des suspicions et un suspect potentiel : cet instituteur trop sympathique pour être honnête, et j’attends beaucoup de la mère dans la suite. J’ai hâte de voir l’enquête démarrer, même si cela signifie que l’on ait perdu la petite Kayo (mais avec de la chance elle a « juste » été enlevée !).

Le dessin, cependant, ne passe toujours pas. Tant pis, je poursuis, je suis trop intriguée !

Nombre de tomes parus : 8 (série finie).

Tome 1

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Hikaru no Go, tome 2

Yumi Hotta (scénariste). Takeshi Obata (dessinateur). Yoshiaki Naruse, Julie Naruse (traducteurs). 1999 (VO), 2007 (VF), 192 p. Tonkam. Manga – Shonen. 6,99€.

En fouillant dans son grenier, le jeune Hikaru découvre un jeu de go, habité par l’esprit d’un ancêtre, un excellent joueur des temps anciens Sai Fujiwara. La passion de Sai pour ce jeu entraîne peu à peu Hikaru dans le monde du Go.

Je suis définitivement très fan du personnage de Saï. Toujours aussi touchant dans ce volume par son amour du jeu, j’ai également apprécié ses anachronismes, ses découvertes, ses petites crises de larmes et ses apparitions en général.

Hikaru est égal à lui-même, un petit garçon amusant qui découvre le go et souhaite surtout s’amuser. J’ai juste été ennuyée par l’utilisation du mot collège à deux reprises : pour dire qu’il n’y est pas encore (et donc risque d’être disqualifié du tournoi si ça se sait) et pour dire qu’il est dans tel collège … hum … peut-être un souci de relecture.

Mais le fait qu’il soit plus jeune en fait un héros intéressant. Juste un peu moins quand il y va de sa petite remarque sexiste avec son amie (c’est une fille, elle peut pas comprendre le go … merci Saï de lui rabattre son caquet – même si ce n’était pas son intention, il est trop gentil – en précisant que le go est pour tout le monde).

Le concept des petits tournois, des évolutions, ce côté très shonen, se retrouve avec plaisir. Les personnages ont aussi ce style très attachants où on prend plaisir à les suivre pendant un long cycle car on souhaite les voir évoluer.

Je trouve juste un peu dommage ce collège où Akira va (c’est sa future/nouvelle école? pas trop compris) et entre dans le club de go. L’atmosphère y est glacée, presque militaire, on ne s’y amuse pas, seules les performances importent et ça ne me plaît pas du tout – mais c’est fait exprès, je m’en doute.

Toujours aussi simple et efficace.

Nombre de tomes parus : 23 (série finie).

Tome 1

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Kamikaze Kaito Jeanne, tome 1

Arina Tanemura (autrice). Marie-Saskia Raynal (traductrice). 1998 (VO), 2014 (VF), 192 p. Glénat (Shojo). Manga – Shojo. 6,90€.

Le secret de Maron : elle est la réincarnation de Jeanne d’Arc et grâce à l’aide de l’ange Fin, elle peut se transformer pour combattre les démons ! Sa passionnante carrière de justicière est menée sans encombre jusqu’à l’arrivée d’un rival répondant au nom de Sindbad. La jeune fille ne tardera pas à découvrir le revers de la médaille…

J’ai longtemps attendu cette série ! J’adore Arina Tanemura, son beau trait shojo, ses thèmes fantastiques avec juste une touche de romance.

Au final, est-ce parce que la série date un peu ? Le début ne m’a pas autant plu que je n’aurais pensé. Le personnage de Jeanne d’Arc ne me parle pas particulièrement (oui je sais qui c’est, mais en temps que fiction, lié à la foi, à la religion, je reste dubitative). On est proche des Cat’s Eye pour le côté voleuse, les tableaux, et le côté chasseuse de démons m’a aussi rappelé d’autres séries. Ce côté un peu déjà vu est peut-être ce qui m’a douchée.

Mais j’ai beaucoup aimé l’entrée en scène de Simbad, et puis Maron est drôle, combative, et elle fait de la gymnastique rythmique, ce que j’aimerais bien revoir ^^ Le père de Miyako, sa camarade de classe, qui lui pique ses fonctions de policier d’ailleurs et poursuit Jeanne, a un côté très chibi, très amusant, sans oser s’opposer aux caprices de sa fille. On reste dans une histoire pleine d’humour, d’aventure, de mystères (entre le passé de l’héroïne, les motivations du garçon, etc.).

Une case qui m’a aussi fait beaucoup rire montre les trois adolescents (Maron, Simbad, Miyako), ouvrir leurs casiers en même temps, sur la même chose : le père policier montre les deux ultimatums, les deux espèces d’anges gardiens des voleurs montre en pancarte qu’ils ont une mission, celle des ultimatums. Et de refermer les portes en concert, synchrones.

Bon, quelques années après lecture, je vous avoue que c’est un titre qui ne me laisse en tête que l’incompréhension : mais comment ça se fait que les Japonais soient tellement fans de Jeanne d’Arc ? Et je n’ai pas spécialement eu envie de poursuivre.

Nombre de tomes parus : 7 (série finie).

Au bord des mots, lectures sur un rocher

The Gentlemen’s Alliance Cross, tome 3

Shinshi Doumei Cross. Arina Tanemura (autrice). Misato Raillard (traductrice). 2004 (VO), 2009 (VF), 176 p. Kana. Manga – Shojo. 6,85€.

Hainé est sous le choc. Shizumasa veut la tenir à distance. Afin de se rassurer, elle se remémore les instants de complicité qu’elle avait avec lui, et décide néanmoins de se rendre chez les Tôgû pour le voir…

Je crois que ça fait vraaaaiment trop longtemps que j’ai lu le tome 2, parce que j’étais complètement perdue au début. J’avais oublié que l’Empereur avait un double qui prenait sa place, par exemple, alors rajouter/en remettre une couche avec l’histoire du livre, cause des sentiments de l’héroïne, m’a fait bien nager dans la choucroute.

Et puis ensuite, lors d’un voyage scolaire, débarquent le frère et la soeur de Hainé, dont je n’avais aucune souvenir (mais si, me rappelais – vaguement – qu’elle avait été adoptée), dont l’un ne la connais pas, puis son autre frère … Après, ce sont des moments très touchants, surtout quand ce dernier hurle que c’est SA sœur ^^, mais que pense que j’aurais vraiment plus apprécié ce tome avec un meilleur souvenir des précédents.

Parce qu’on suit beaucoup, pendant bien la moitié je dirais, le double de l’Empereur, parlant de son arrivée, mais pas de ses motivations. La chute est dure, douloureuse (Hainé voit sa mère dans une voiture, s’éloignant), on apprend que sa famille pense à la récupérer devant l’intérêt que l’Empereur lui apporte … des rebondissements bien pensés.

Je fond toujours devant les dessins d’Arina Tanemura, ses grands yeux, ses visages en pointes, les mèches de cheveux, tout ce que j’aime dans un shojo. Il manque peut-être juste quelques touches d’humour.

Nombre de tomes parus : 11 (série finie).

Tome 1

Tome 2

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Soul Eater, tome 1

Atsushi Ohkubo (auteur). Kurokawa (traduction). 2004 (VO), 2009 (VF), 192 p. Kurokawa (Shonen). Manga – Fantastique. 6,60€.

Afin d’accéder au rang suprême de « Death Scythe », une arme démoniaque doit ingérer 99 âmes humaines et 1 âme de sorcière. Cette mission est confiée aux Meisters, des spécialistes du combat qui vont récolter les âmes au péril de leur propre vie. Dans Soul Eater, partez à la chasse aux âmes en compagnie des élèves de l’institut Shibusen, école de formation pour faucheurs d’âmes !

J’entends énormément de bien sur Soul Eater depuis des années, j’ai été ravie de dénicher cette série au boulot.

Je suis vraiment mitigée devant le résultat.

Autant, je trouve qu’il y a énormément de positif. C’est un shonen plein de légèreté, d’humour, de personnages passionnants et bien campés. Les meisters, les armes (même si je ne comprends pas trop le concept), les âmes à capturer, l’école à la fin, sont tout autant d’éléments que j’ai vraiment appréciés. Le dessin est léger, humoristique, très adapté aux collégiens. Le dieu de la mort est très drôle.

Mais. J’y ai trouvé un très gros mais. La manière de montrer les personnages féminins. Elle est des plus sexistes, et sexualisée. Je ne vous dit pas les réflexions que prend déjà Maka, la petite demoiselle de droite de couverture, parce qu’elle est plate comme une planche à pain (c’est charmant, mais c’est pas le pire).

Le pire c’est déjà la manière dont la sorcière à sa gauche est montrée, en plein bain, en train de se frotter contre Soul Eater. Ce sont les deux armes d’un autre gamin qui n’hésite pas à regretter leur absence de symétrie en parlant de leur différence de poitrine et n’hésite pas à la palper chez chacune, tranquille émile. Black Star, pour faire parler un zombie, déshabille son « arme », avec un superbe plan culotte/décolleté, et Soul Eater qui montre le sous-vêtements de Maka aussi, en insistant presque sur son inutilité puisque trop petite … J’ai halluciné. On ne parle pas de Black Star qui épie la demoiselle au bain, accessoirement.

Et c’est vraiment à destination des plus jeunes. Le message est plutôt clair, aucun problème à voir une fille seulement pour son corps, voire le toucher sans sa permission (parce que vous pensez bien que le petit con ne demande pas). Tout est présenté comme très normal. Je trouve ça un peu inquiétant, surtout avec cette actualité dérangeante au moment de ma lecture (ce con de présentateur qui trouve parfaitement acceptable d’embrasser la poitrine d’une jeune femme qui a refusé).

Au final, je suis très mitigée. Je n’aurais probablement pas vu ces problèmes il y a quelques années et aurais adoré le titre pour ce qu’il est. Je ne peux pas arrêter de voir ça maintenant, et j’hésite à poursuivre, parce que je m’y connais assez en manga pour savoir que c’est son identité et qu’il la conservera tout au long de la série …

Nombre de tomes parus : 25 (série finie).

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Aya, conseillère culinaire, tome 2

aya 2Aya no Shiki 2. Saburô Ishikawa (auteur). Julien Pouly (traducteur). 2004 (VO), 2007 (VF), 208p. Doki-Doki. Manga – Seinen.

Ippei tentera d’aider une restauratrice à trouver une formule pour ne plus servir d’alcool dans son restaurant sans pour autant perdre des clients.

Hélas ce local intéresse aussi Aya pour un de des clients et elle mettra tout en oeuvre pour faire capoter la mission du pauvre Ippei !

On en apprend un peu plus sur Aya dans ce tome, sur ses débuts en tant que conseillère culinaire.

Le chapitre consacré au restaurant sans alcool est très touchant, même s’il démarre en mettant Aya dans une lumière plutôt négative, et Ippei essayant désespérément de mener sa tâche à bien. J’ai beaucoup apprécié l’issue inattendue du problème.

Dans le suivant, l’épouse d’un restaurateur italien appelle Aya à l’aide : le propriétaire d’un grand groupe essaie de leur faire fermer boutique pour pouvoir récupérer le terrain. Ce n’est pas la première fois, et à l’époque Aya avait pu le faire reculer, mais la situation semble plus compliquée, d’autant que la conseillère culinaire se refuse à les aider à nouveau. Ce groupe décide d’ailleurs de s’attaquer à la société dans laquelle travaillent Aya et Ippei …

C’est cette histoire qui occupe le reste du récit, avec les débuts d’Aya en flash-backs et la transformation du restaurant italien en pizzeria, avec une formule plutôt intéressante (100 par jour). On découvre aussi que si elle ne cuisinait pas, c’était suite à une promesse … elle reprend les fourneaux en fin de chapitre pour nous offrir un très beau défi à l’italienne.

Aya est particulièrement intelligente et pense à tout, comme on avait déjà pu le voir par le passé (et j’apprécie qu’elle ait quelques défauts aussi, comme lorsqu’elle a une mission à remplir, peu importe ce qui se passe autour d’elle).

Une fois encore, la conclusion est inattendue, ce qui augmente encore l’intérêt. La chute promet un volume trois tout aussi sympathique. Et le récit se ferme avec diverses recettes : maquereau au miso, huîtres à l’italienne, porc bouilli à la sauce parfumée. Une très bonne lecture.

Nombre de tomes parus : 5 tomes (série finie).

Tome 1

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Kiss of Rose Princess, tome 1

Barajou no Kiss 1. Aya Shouoto (autrice). 2008 (VO), 2011 (VF), 192 p. Soleil (Gothic). Manga – Shojo – Fantastique. 7,99€.

Le père d’Anis Yamamoto a confié à sa fille, encore enfant, un collier en forme de rose supposé la tenir éloignée d’une malédiction. Mais une curieuse créature va le lui retirer et laisser derrière elle une simple carte rouge. Enjointe à déposer un baiser sur cette carte, elle fait apparaître Kaede, son camarade de classe et rival qui lui fait serment d’allégeance… contre son gré. Anis est désormais la princesse des roses, liée aux 4 chevaliers de la rose… et camarades de classe. Chacun doté d’un pouvoir unique, ils vont devoir obéir à la jeune fille… qu’ils le veuillent ou non !

Je suis plutôt fan de la magical girl en shojo (Sailor Moon, forcément), et c’est un peu ce qu’on retrouve ici avec le personnage d’Anis qui se découvre princesse de la rose et capable d’appeler à sa rescousse quatre garçons de son école (forcément, je sais ^^) avec des pouvoirs magiques, Kaede, le camarade de classe avec qui elle se dispute tout le temps ; Tenjoh, le beau jeune homme parfait adulé de tous ; Asagi, le petit bout’chou de santé fragile (hello petit lapin de Fruits Basket, avec une santé peut-être un peu moins précaire) ; et Mutsuki, le bad boy réputé pour avoir des dons maléfiques. Et bien sûr chacun a une cote de popularité infernale. Ce n’est pas drôle sinon.

Passons rapidement sur le fait qu’elle n’ait pas de pouvoirs par elle-même (enfin ça viendra peut-être) et est une princesse qui doive appeler des jeunes gens à l’aide. Je suis magnanime aujourd’hui. Je laisserai même passer le possible intérêt d’Anis pour chacun des quatre. Quelle gentillesse, je sais.

Le dessin est mignon, frais, shojo avec les grands yeux, longs cheveux … ce que j’aime, enfin toujours un petit peu (énormément de déceptions de ce côté ces dernières années, donc je suis vraiment contente qu’une petite série de ce genre me plaise !). Le concept de cartes me rappelle Sakura ^^

Le petit mystère lié au père de l’héroïne m’a plu, tout comme chacun des quatre héros – Anis est assez impulsive, espiègle, et elle me plaît, pour l’instant. Avec une mention spéciale pour le bad boy à la langue bien pendue qui traite le camarade de classe de cabot et prend tout le monde de haut. J’adore. (Non, il n’y a aucune ressemblance avec un sorcier blond hautain. Aucune. Je réfute).

Je me suis bien amusée à repérer des caractéristiques type shojo et magical girl, qu’il m’a fait plaisir de retrouver, surtout sans en être ennuyée. Si ça pouvait continuer ! Il y a peut-être juste un petit manque de personnages féminins à part Anis, mais il y a des chances que la suite y remédie.

 Au final, je dirais que c’est un petit début de série sympathique, malgré certains côtés assez jeunesse ou un peu prévisibles.

Nombre de tomes parus : 9 (série finie).