Au bord des mots, lectures sur un rocher

Kamikaze Kaito Jeanne, tome 1

Arina Tanemura (autrice). Marie-Saskia Raynal (traductrice). 1998 (VO), 2014 (VF), 192 p. Glénat (Shojo). Manga – Shojo. 6,90€.

Le secret de Maron : elle est la réincarnation de Jeanne d’Arc et grâce à l’aide de l’ange Fin, elle peut se transformer pour combattre les démons ! Sa passionnante carrière de justicière est menée sans encombre jusqu’à l’arrivée d’un rival répondant au nom de Sindbad. La jeune fille ne tardera pas à découvrir le revers de la médaille…

J’ai longtemps attendu cette série ! J’adore Arina Tanemura, son beau trait shojo, ses thèmes fantastiques avec juste une touche de romance.

Au final, est-ce parce que la série date un peu ? Le début ne m’a pas autant plu que je n’aurais pensé. Le personnage de Jeanne d’Arc ne me parle pas particulièrement (oui je sais qui c’est, mais en temps que fiction, lié à la foi, à la religion, je reste dubitative). On est proche des Cat’s Eye pour le côté voleuse, les tableaux, et le côté chasseuse de démons m’a aussi rappelé d’autres séries. Ce côté un peu déjà vu est peut-être ce qui m’a douchée.

Mais j’ai beaucoup aimé l’entrée en scène de Simbad, et puis Maron est drôle, combative, et elle fait de la gymnastique rythmique, ce que j’aimerais bien revoir ^^ Le père de Miyako, sa camarade de classe, qui lui pique ses fonctions de policier d’ailleurs et poursuit Jeanne, a un côté très chibi, très amusant, sans oser s’opposer aux caprices de sa fille. On reste dans une histoire pleine d’humour, d’aventure, de mystères (entre le passé de l’héroïne, les motivations du garçon, etc.).

Une case qui m’a aussi fait beaucoup rire montre les trois adolescents (Maron, Simbad, Miyako), ouvrir leurs casiers en même temps, sur la même chose : le père policier montre les deux ultimatums, les deux espèces d’anges gardiens des voleurs montre en pancarte qu’ils ont une mission, celle des ultimatums. Et de refermer les portes en concert, synchrones.

Bon, quelques années après lecture, je vous avoue que c’est un titre qui ne me laisse en tête que l’incompréhension : mais comment ça se fait que les Japonais soient tellement fans de Jeanne d’Arc ? Et je n’ai pas spécialement eu envie de poursuivre.

Nombre de tomes parus : 7 (série finie).

Au bord des mots, lectures sur un rocher

The Gentlemen’s Alliance Cross, tome 3

Shinshi Doumei Cross. Arina Tanemura (autrice). Misato Raillard (traductrice). 2004 (VO), 2009 (VF), 176 p. Kana. Manga – Shojo. 6,85€.

Hainé est sous le choc. Shizumasa veut la tenir à distance. Afin de se rassurer, elle se remémore les instants de complicité qu’elle avait avec lui, et décide néanmoins de se rendre chez les Tôgû pour le voir…

Je crois que ça fait vraaaaiment trop longtemps que j’ai lu le tome 2, parce que j’étais complètement perdue au début. J’avais oublié que l’Empereur avait un double qui prenait sa place, par exemple, alors rajouter/en remettre une couche avec l’histoire du livre, cause des sentiments de l’héroïne, m’a fait bien nager dans la choucroute.

Et puis ensuite, lors d’un voyage scolaire, débarquent le frère et la soeur de Hainé, dont je n’avais aucune souvenir (mais si, me rappelais – vaguement – qu’elle avait été adoptée), dont l’un ne la connais pas, puis son autre frère … Après, ce sont des moments très touchants, surtout quand ce dernier hurle que c’est SA sœur ^^, mais que pense que j’aurais vraiment plus apprécié ce tome avec un meilleur souvenir des précédents.

Parce qu’on suit beaucoup, pendant bien la moitié je dirais, le double de l’Empereur, parlant de son arrivée, mais pas de ses motivations. La chute est dure, douloureuse (Hainé voit sa mère dans une voiture, s’éloignant), on apprend que sa famille pense à la récupérer devant l’intérêt que l’Empereur lui apporte … des rebondissements bien pensés.

Je fond toujours devant les dessins d’Arina Tanemura, ses grands yeux, ses visages en pointes, les mèches de cheveux, tout ce que j’aime dans un shojo. Il manque peut-être juste quelques touches d’humour.

Nombre de tomes parus : 11 (série finie).

Tome 1

Tome 2

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Soul Eater, tome 1

Atsushi Ohkubo (auteur). Kurokawa (traduction). 2004 (VO), 2009 (VF), 192 p. Kurokawa (Shonen). Manga – Fantastique. 6,60€.

Afin d’accéder au rang suprême de « Death Scythe », une arme démoniaque doit ingérer 99 âmes humaines et 1 âme de sorcière. Cette mission est confiée aux Meisters, des spécialistes du combat qui vont récolter les âmes au péril de leur propre vie. Dans Soul Eater, partez à la chasse aux âmes en compagnie des élèves de l’institut Shibusen, école de formation pour faucheurs d’âmes !

J’entends énormément de bien sur Soul Eater depuis des années, j’ai été ravie de dénicher cette série au boulot.

Je suis vraiment mitigée devant le résultat.

Autant, je trouve qu’il y a énormément de positif. C’est un shonen plein de légèreté, d’humour, de personnages passionnants et bien campés. Les meisters, les armes (même si je ne comprends pas trop le concept), les âmes à capturer, l’école à la fin, sont tout autant d’éléments que j’ai vraiment appréciés. Le dessin est léger, humoristique, très adapté aux collégiens. Le dieu de la mort est très drôle.

Mais. J’y ai trouvé un très gros mais. La manière de montrer les personnages féminins. Elle est des plus sexistes, et sexualisée. Je ne vous dit pas les réflexions que prend déjà Maka, la petite demoiselle de droite de couverture, parce qu’elle est plate comme une planche à pain (c’est charmant, mais c’est pas le pire).

Le pire c’est déjà la manière dont la sorcière à sa gauche est montrée, en plein bain, en train de se frotter contre Soul Eater. Ce sont les deux armes d’un autre gamin qui n’hésite pas à regretter leur absence de symétrie en parlant de leur différence de poitrine et n’hésite pas à la palper chez chacune, tranquille émile. Black Star, pour faire parler un zombie, déshabille son « arme », avec un superbe plan culotte/décolleté, et Soul Eater qui montre le sous-vêtements de Maka aussi, en insistant presque sur son inutilité puisque trop petite … J’ai halluciné. On ne parle pas de Black Star qui épie la demoiselle au bain, accessoirement.

Et c’est vraiment à destination des plus jeunes. Le message est plutôt clair, aucun problème à voir une fille seulement pour son corps, voire le toucher sans sa permission (parce que vous pensez bien que le petit con ne demande pas). Tout est présenté comme très normal. Je trouve ça un peu inquiétant, surtout avec cette actualité dérangeante au moment de ma lecture (ce con de présentateur qui trouve parfaitement acceptable d’embrasser la poitrine d’une jeune femme qui a refusé).

Au final, je suis très mitigée. Je n’aurais probablement pas vu ces problèmes il y a quelques années et aurais adoré le titre pour ce qu’il est. Je ne peux pas arrêter de voir ça maintenant, et j’hésite à poursuivre, parce que je m’y connais assez en manga pour savoir que c’est son identité et qu’il la conservera tout au long de la série …

Nombre de tomes parus : 25 (série finie).

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Aya, conseillère culinaire, tome 2

aya 2Aya no Shiki 2. Saburô Ishikawa (auteur). Julien Pouly (traducteur). 2004 (VO), 2007 (VF), 208p. Doki-Doki. Manga – Seinen.

Ippei tentera d’aider une restauratrice à trouver une formule pour ne plus servir d’alcool dans son restaurant sans pour autant perdre des clients.

Hélas ce local intéresse aussi Aya pour un de des clients et elle mettra tout en oeuvre pour faire capoter la mission du pauvre Ippei !

On en apprend un peu plus sur Aya dans ce tome, sur ses débuts en tant que conseillère culinaire.

Le chapitre consacré au restaurant sans alcool est très touchant, même s’il démarre en mettant Aya dans une lumière plutôt négative, et Ippei essayant désespérément de mener sa tâche à bien. J’ai beaucoup apprécié l’issue inattendue du problème.

Dans le suivant, l’épouse d’un restaurateur italien appelle Aya à l’aide : le propriétaire d’un grand groupe essaie de leur faire fermer boutique pour pouvoir récupérer le terrain. Ce n’est pas la première fois, et à l’époque Aya avait pu le faire reculer, mais la situation semble plus compliquée, d’autant que la conseillère culinaire se refuse à les aider à nouveau. Ce groupe décide d’ailleurs de s’attaquer à la société dans laquelle travaillent Aya et Ippei …

C’est cette histoire qui occupe le reste du récit, avec les débuts d’Aya en flash-backs et la transformation du restaurant italien en pizzeria, avec une formule plutôt intéressante (100 par jour). On découvre aussi que si elle ne cuisinait pas, c’était suite à une promesse … elle reprend les fourneaux en fin de chapitre pour nous offrir un très beau défi à l’italienne.

Aya est particulièrement intelligente et pense à tout, comme on avait déjà pu le voir par le passé (et j’apprécie qu’elle ait quelques défauts aussi, comme lorsqu’elle a une mission à remplir, peu importe ce qui se passe autour d’elle).

Une fois encore, la conclusion est inattendue, ce qui augmente encore l’intérêt. La chute promet un volume trois tout aussi sympathique. Et le récit se ferme avec diverses recettes : maquereau au miso, huîtres à l’italienne, porc bouilli à la sauce parfumée. Une très bonne lecture.

Nombre de tomes parus : 5 tomes (série finie).

Tome 1

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Kiss of Rose Princess, tome 1

Barajou no Kiss 1. Aya Shouoto (autrice). 2008 (VO), 2011 (VF), 192 p. Soleil (Gothic). Manga – Shojo – Fantastique. 7,99€.

Le père d’Anis Yamamoto a confié à sa fille, encore enfant, un collier en forme de rose supposé la tenir éloignée d’une malédiction. Mais une curieuse créature va le lui retirer et laisser derrière elle une simple carte rouge. Enjointe à déposer un baiser sur cette carte, elle fait apparaître Kaede, son camarade de classe et rival qui lui fait serment d’allégeance… contre son gré. Anis est désormais la princesse des roses, liée aux 4 chevaliers de la rose… et camarades de classe. Chacun doté d’un pouvoir unique, ils vont devoir obéir à la jeune fille… qu’ils le veuillent ou non !

Je suis plutôt fan de la magical girl en shojo (Sailor Moon, forcément), et c’est un peu ce qu’on retrouve ici avec le personnage d’Anis qui se découvre princesse de la rose et capable d’appeler à sa rescousse quatre garçons de son école (forcément, je sais ^^) avec des pouvoirs magiques, Kaede, le camarade de classe avec qui elle se dispute tout le temps ; Tenjoh, le beau jeune homme parfait adulé de tous ; Asagi, le petit bout’chou de santé fragile (hello petit lapin de Fruits Basket, avec une santé peut-être un peu moins précaire) ; et Mutsuki, le bad boy réputé pour avoir des dons maléfiques. Et bien sûr chacun a une cote de popularité infernale. Ce n’est pas drôle sinon.

Passons rapidement sur le fait qu’elle n’ait pas de pouvoirs par elle-même (enfin ça viendra peut-être) et est une princesse qui doive appeler des jeunes gens à l’aide. Je suis magnanime aujourd’hui. Je laisserai même passer le possible intérêt d’Anis pour chacun des quatre. Quelle gentillesse, je sais.

Le dessin est mignon, frais, shojo avec les grands yeux, longs cheveux … ce que j’aime, enfin toujours un petit peu (énormément de déceptions de ce côté ces dernières années, donc je suis vraiment contente qu’une petite série de ce genre me plaise !). Le concept de cartes me rappelle Sakura ^^

Le petit mystère lié au père de l’héroïne m’a plu, tout comme chacun des quatre héros – Anis est assez impulsive, espiègle, et elle me plaît, pour l’instant. Avec une mention spéciale pour le bad boy à la langue bien pendue qui traite le camarade de classe de cabot et prend tout le monde de haut. J’adore. (Non, il n’y a aucune ressemblance avec un sorcier blond hautain. Aucune. Je réfute).

Je me suis bien amusée à repérer des caractéristiques type shojo et magical girl, qu’il m’a fait plaisir de retrouver, surtout sans en être ennuyée. Si ça pouvait continuer ! Il y a peut-être juste un petit manque de personnages féminins à part Anis, mais il y a des chances que la suite y remédie.

 Au final, je dirais que c’est un petit début de série sympathique, malgré certains côtés assez jeunesse ou un peu prévisibles.

Nombre de tomes parus : 9 (série finie).

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Monster, tome 1

Naoki Urasawa (auteur). Thibaud Desbief (traducteur). 1995 (VO), 2001 (VF), 220 p. Kana (Big). Manga – Seinen. 7,45€.

1986. Kenzo Tenma est un brillant neurochirurgien pratiquant son art à l’hôpital Eisler de Düsseldorf (Allemagne). Tenma est comblé, il vient de sauver la vie d’un chanteur d’opéra célèbre… Promis à la belle Eva Heineman, la fille du directeur de l’hôpital, son avenir est tout tracé. Tout lui sourit… Jusqu’à la nuit où arrivent deux enfants, Anna et Johann Liebert, dont les parents ont été découverts sauvagement assassinés. En choisissant de sauver le petit garçon plutôt que le maire de la ville, le docteur perdra tout… Amour, gloire et honneur laisseront place à solitude, rupture et alcool… Surtout qu’autour des deux enfants, les morts se multiplient. Tenma n’aurait-il pas sauvé un MONSTRE…

J’avais découvert ce premier tome il y a cinq ans et je n’avais pas trop accroché (si je me souviens bien, dessin par trop réaliste, histoire qui démarrait en mode médical, et juste pas une envie dévorante de tourner la page). Je crois que depuis j’ai découvert Pluto du même auteur, que j’apprécie beaucoup, et en retombant sur cette série au boulot, j’ai eu envie de la reprendre.

Et c’est beaucoup mieux passé cette fois. Je me suis intéressé au héros, Dr Tenma, qui préfère suivre ses convictions et sauver des enfants qu’une personnalité, et perd sa position avantageuse. Ce démarrage très manipulations et politiques et intéressant, mais je ne pense pas qu’on poursuive dans cette veine.

Il s’agirait plutôt de thriller, à la recherche de ce monstre que Tenma a finalement sauvé, et dont il est responsable des crimes, dans sa vision des choses. J’ai très envie d’en savoir plus à son sujet. Et de voir comment Tenma va se dépatouiller de l’inspecteur qui se demande s’il n’est pas responsable d’une série de crimes commis par ce « monstre » (et puis des bonbons empoisonnés, j’adore !).

Le dessin m’ennuie toujours un peu, il a ce côté très réaliste qui m’accroche ou pas, et il ne fonctionne pas ici. Mais l’intrigue et l’action compensent cet aspect. Je vous donne rendez-vous prochainement pour la suite !

Nombre de volumes parus : 18 (série finie).

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Fairy Cube, tome 3

Yôsei Hyôhon 3. Kaori Yuki (autrice). Kureha (traduction). 2006 (VO), 2007 (VF), 160 p. Tonkam. Manga – Shojo – Contes de fées. 6,99€.

Depuis toujours, Ian Hasumi peut voir les fées et autres créatures surnaturelles. En particulier, il voit régulièrement un double de lui, Tokage, qui le déteste et fait le mal autour de lui. Jusqu’au jour où Tokage parvient à faire assassiner Ian et prendre sa place. Ian, qui n’est plus qu’un esprit, fera tout pour reprendre sa place !

Ce n’est qu’avec ce troisième tome que je me découvre une affection pour la série. J’en reste assez déçue puisque tellement d’éléments auraient dû me plaire (le folklore celte notamment) mais ce n’est qu’ici qu’ils fonctionnent.

Cette cérémonie pour ouvrir le portail des démons ne prend de l’envergure qu’au moment de l’ouvrir, avec la présence de Shira (personnage passionnant, mais mal amené, je trouve, et qui même à la fin n’arrive pas à prendre de l’ampleur – son ambiguïté, son côté androgyne, sa relation avec la mère de Ian … tout aurait dû contribuer à la mettre au premier plan), et démarre le récit avec plus de force qu’auparavant.

Les révélations sur la mère du héros et Tokagé (que je n’attendais même plus) sont bienvenues, touchantes, et vraiment inattendues, j’ai aimé son retour ainsi que celui de Doshi. C’est un peu tire-larmes, mais ça passe.

Retrouver l’histoire de Kaito est Lei-Vun est également un grand point, surtout qu’elle apporte de petits bouleversements que je n’avais pas vu venir non plus. Je me suis presque prise à regretter qu’ils ne soient pas les héros du récit, je les trouve plus intéressants que Ian et Line. Mais la toute fin m’a plu, enfin.

J’avais complètement zappé qu’après la fin, on avait une histoire bonus mettant en scène Lei-Vun et Isaiah. Je ne suis pas convaincue. Le principe est un peu éculé (ce démon des purikura qui exauce ton voeu et revient te chercher ensuite), et Isaiah n’est pas passionnant (et comme d’habitude, Lei-Vun est trop discret).

Nombre de tomes parus (série finie) : 3.

Tome 1

Tome 2