Lectures sur un rocher

Feuilles de janvier

En janvier, je finis par commander de nouveaux mangas et quelques BDs au boulot et à les lire ^^, (Non mais sérieusement l’été dernier la dernière commande est partie directement sur les étagères je ne l’ai pas encore lue ^^, c’est maaaaal).

100 raisons d’aimer l’imaginaire est une petite lecture adorable, dans laquelle je me suis souvent retrouvée. C’est dommage, je trouve ça moins fait pour mes loulous.

J’ai enfin terminé mon Art Game Book, après des mois 😛 mais au final j’ai découvert que j’appréciais avoir une lecture au long court. J’ai appris quelques choses et noté des courants, des artistes que j’aimerais découvrir plus avant 🙂 (Les jeux sont juste un peu compliqués pour les plus jeunes, je trouve, il faut rattacher des citations à celui qui l’a dit ou relier oeuvres et artistes).

Les petites cellules grises est un très joli petit recueil qui m’a frappée dès que mes yeux sont tombés dessus. Je me suis enfin décidée à le sortir de ma pyramide à lire en tout début d’année, et s’il est très esthétique, il est un tout petit peu trop concis. Je pense qu’il ne parlera qu’aux grands fans puisqu’il n’apporte aucune information sur les enquêtes dont sont issus ces beaux mots – et il y aurait eu de la place, graphiquement parlant.

Le tome 2 de la BD A cheval reste un moment fun et léger. Je ne suis pas fan des récits qui mettent en scène ces animaux, mais j’apprécie la manière dont ils sont dessinés et les blagues passent très bien.

A la base, j’ai commandé Dans la combi de Thomas Pesquet pour avoir quelque chose à montrer lors des expos de livres thématiques ^^, l’histoire de cet astronaute français, si elle est longue, est passionnante dans sa description de l’accès aux étoiles. Je reste mesurée pour certaines blagues et le dessin de Marion Montaigne que je n’apprécie toujours pas – il passe en mode documentaire mais pas esthétique à mes yeux.

J’avoue, je suis assez fière de moi : 99 proverbes à foutre à la poubelle est mon premier abandon de l’année. Je ne veux plus me forcer lorsqu’un livre ne m’emporte pas ; et là, l’humour ne me parlait pas du tout comme d’autres textes de l’auteurs que j’ai vraiment aimés. Je le reprendrai peut-être à l’occasion, mais je l’ai reposé sans regret !

The Promised Neverland et Made in Abyss sont deux titres issus du Prix Manga Sensei, catégorie shonen (même si pour le premier c’est pas adapté, à mon avis, mais bon). J’adore le côté horrifique et huis clos de TPN, mais j’ai été un peu surprise et déçue par MIA, que j’ai trouvé confus dans ses explications sur l’univers, les personnages pas attachants, et un côté un peu brouillon dans les nuances de gris appuyées du dessin (un peu comme gommées … j’ai du mal à expliquer).

Blue Giant avait effectivement beaucoup à faire pour me convaincre. Les mangas de musique ne me parlent pas (vaguement, Nana, et encore), le jazz encore moins. Je l’ai trouvé classique et sans surprise dans son intrigue (c’est peut-être le premier tome), le dessin déplaisant et plat.

Love Baka m’inquiétait un peu, j’avais peur d’une romance trop poussée, voire limite puisque l’intérêt amoureux est le patron aka dominance par le statut . Au final, la mangaka est un peu idiote, mais ça reste assez drôle et le processus de création manga est rendu de manière intéressante.

Shoot, c’est mon über coup de coeur. Vous savez, parfois, quand vous touchez juste un livre pour la première fois ou que vous le voyez sur internet et que vous sentez qu’il va changer votre vie ? Ça ne m’était plus arrivé depuis 2017, pour une lecture l’an passé, et ça s’est reproduit ici. Simple, esthétique, percutant, inspirant. ❤

Après Blue Giant en seinen pour le Prix Manga Seinen, Centaures … je n’ai pas du tout aimé le dessin et l’histoire m’a ennuyée. Il y a des centaures, le héros est capturé, les captifs sont maltraités et leurs bras sont coupés (heureusement pas devant le lecteur. Je crois que le côté un peu dark de la maltraitance même suggérée m’a tenue loin du titre) et deux parviennent à s’enfuir. Les personnages ne m’ont jamais touchée et j’avais hâte de refermer ce seinen.

J’avoue que je n’avais aucune attente pour La Princesse et la Bête. Un truc un peu nunuche, sur une histoire vue et revue, sans graphisme particulièrement surprenant. Eeet au final c’est mon coup de coeur doudou de la sélection shojo XD Je suis faible XD L’héroïne a un humour un peu sans gêne, les « monstres » ont un graphisme sympathique (qui pourrait être plus poussé !) et j’adore le design du Prince, le mystère, qui m’a un peu rappelé Cocteau. J’ai vraiment envie de lire la suite.

Ce sont mes loulous qui m’ont harcelée pour Sword Art Online. Je suis sérieuse (quoique, certains sont pires avec Boruto). Le graphisme d’Aincrad, la première série de la franchise en deux tomes, fait très brouillon et n’est pas passionnant mais l’histoire est plutôt cool, il faut que je lise le dernier (surtout que des 4ème se bidonnaient en le lisant lundi donc je me demande s’il y a pas des scènes limites XD).

J’avais Le Courrier des miracles dans ma liste d’achats l’an dernier déjà, j’étais contente de le voir dans la liste seinen du prix. Mais j’ai déjà lu des titres sur des héros qui se retrouvent entre la vie et la mort trop tôt, par accident (Yuyu Hakusho démarre ainsi) et doivent remplir différentes missions pour espérer reprendre le cours de leur existence. Si le principe du miracle à livrer en mode facteur est mignon, j’ai lu mieux. J’attends la suite (la série est finie en 3 tomes, donc je me suis dit why not, j’ai tout raflé).

En revanche, j’attendais Tinta Run au tournant. Shonen qui promettait d’être cool dans le classique nekketsu (le héros dans un domaine, que je croyais être la pâtisserie mais en fait pas du tout 😦 dommage, j’avais adoré Yakitate Japan ; décide de se dépasser, promettant de rencontrer d’autres personnages auxquels se mesurer, etc.), français en prime, avec un mangaka bien sympathique rencontré au Livre sur la place … je suis déçue. Le dessin n’est pas particulièrement remarquable, le contexte confus, je n’ai pas ri aux blagues. Mais il peut tout à fait plaire à mes loulous.

Timeless Romance était un meh à première vue, et le lire n’a pas changé mon idée. On démarre sur une héroïne qui se retrouve dans la peau d’une demoiselle d’un autre temps, qui semble avoir des réponses mais jamais le temps de les lui donner. Je poursuivrai vraiment seulement si des élèves me demandent la suite, et je ne suis pas convaincue, je me suis ennuyée, je n’avais pas vraiment envie de connaître la suite.

J’avais bonne impression qu’Issak marcherait du tonnerre avec certains gamins. Contexte de guerre, samourai qui veut venger la mort de son maître, c’est le truc de pas mal d’entre eux. Déjà quand ça démarre sur un viol, ça le fait moins avec moi (après, c’est assez bien contextualisé d’un point de vue de guerre et le héros y met un terme rapidement, la demoiselle revient par la suite et j’ai dans l’idée qu’elle peut être utile, donc ça peut passer à la rigueur). Et les récits de guerre ne me parlent pas, surtout avec un dessin froid et sec comme celui-ci.

Le secret de l’ange, c’est ma déception shojo. Je suppose que la couverture vaguement réminiscente d’art nouveau m’a induite en erreur. Le trait intérieur est bien mois agréable, les proportions pas idéales parfois et l’enquête, dont j’espérais beaucoup, ne m’a pas passionnée. (Diantre je suis dure).

… Je voulais vraiment aimer Hana No Breath. La demoiselle brune aux lunettes ne comprend pas l’intérêt de ses amies pour le yaoi, elle ne s’intéresse qu’aux garçons, comme Gwen, à gauche. Gwen en fait une fille. Les prémisses étaient simples, mais ça ne voulait pas dire que ce ne serait pas bien. Sauf que … j’ai déjà lu des mangas sur le « travestissement », un héros contraint de se faire passer pour l’autre sexe pour raison x ou y (Mint na Bokura, W Juliet) et ça va bien trop vite. Un chapitre paf on sait que Gwen est une fille. Un chapitre paf elles sont ensemble. Alors je sais c’est important d’avoir ce genre d’histoire, mais ça m’a déçue. Et je m’attendais à une vraie réflexion sur le genre, pas uniquement je récupère les fringues de seconde main de mes frères, même le côté équipe sportive fait excuse (d’autant qu’elle déménage à la fin du livre). Mais bon, il n’y a que deux tomes en tout et les dessins sont quand même jolie. N’empêche. Je suis déçue.

J’aurais aussi déjà dû acheter Les Mémoires de Vanitas, mais je l’ai zappé. Je ne regrette pas qu’il fasse partie de la sélection : le vampire est vraiment bien introduit, original, le dessin toujours aussi superbe, il y a du mystère, de l’humour, j’en redemande !

Alors Moi quand je me réincarne en slime m’a fait grincer des dents au début, rien qu’avec la couverture. Et une fois ouvert, un de mes loulous m’a dit que c’était du hentai. Et c’est la sélection shonen … je ne suis pas du tout d’accord avec ce classement, comme pour The Promised Neverland. Et quand vous voyez les réflexions sur la troisième jambe avec un dessin de banane … bon mon loulou exagérait un chouia. Le reste est plutôt intéressant, sur la réincarnation d’un type banal en slime, son évolution dans un univers de jeu, dans le style Sword Art Online (mais il a l’air d’être le seul dans son cas) ou The Rising of the Shield Hero, avec des réserves sur les personnages féminins über curvy et bien dénudés.

J’avais des appréhensions et des espoirs pour Eclat(s) d’âme, notamment parce qu’il vient chaudement recommandé par ma superconseillère Tachan et qu’il aborde l’homosexualité, le porno gay, le suicide adolescent. Le dessin m’a tout de suite inspirée. Il a un côté doux et onirique. Et le protagoniste m’a paru attachant, j’ai eu envie de le suivre, puis de suivre ces autres histoires et personnages. J’ai aussi acheté les trois derniers tomes, il faut que je les lise. Une très belle surprise.

Je m’appelle Livre et je vais vous raconter mon histoire m’inspirait énormément il y a quelques années lorsque j’en ai fait l’acquisition. Au final, il est plutôt joli relié en dur, élégant, des extraits de poésie inattendus font leur apparition et je me suis bien imaginée mettre ce récit en voix pour mes élèves. Mais franchement d’ici quelques semaines je n’aurais aucun souvenir de cette histoire, sinon de son côté beau livre et informatif, alors que j’ai une bonne mémoire de livres. Je ne le garde donc pas.

Mes dieux que ces couvertures sont kitschs XD Je ne vous l’ai pas dit, mais le solstice d’hiver (j’aime pas Noël XD) m’a laissé un Ipad Pro, Ainsley. Je l’utilise comme liseuse, et c’est un bonheur rien qu’à ce niveau : je peux lire en mangeant à la maison, avant de dormir, sur le canapé, l’emmener au boulot. J’ai aussi décidé de moins imprimer, surtout qu’Eglantine me semblait avoir un souci de traits verticaux (elle n’a qu’un an, moins, ça me stresse – au final j’ai fait un nettoyage des têtes d’impression ça a l’air d’aller), alors pour les oraux des 3ème j’ai transféré mes bibliographies agrémentées de biographies sur l’outil et c’est über pratique pour modifier directement le document d’origine. Bref, je vous ferai un article sur mon utilisation d’ici quelques mois si ça vous intéresse (ou déjà now pour mes espoirs XD et comment je gère le début, dites-le moi), mais en matière de lecture je me régale en anglais.

Après The Immortal Empire j’ai repris une série que j’aime beaucoup, Psi-Changeling, avec la relecture des tomes 1 à 4, et j’ai embrayé sur les suivants. Hostage to Pleasure (ce titre XD rien à voir en prime) met en scène Dorian que j’adore toujours plus ; Branded by Fire a un pairing très cool, Mercy changeling léopard et Riley loup, ce qui pose problème dans leur allégeance à leur meute, d’autant qu’ils sont très hauts placés dans leurs hiérarchies respectives.

Blaze of Memory est incroyablement chiant à côté : je me fichais totalement du couple, Dev fait une petite apparition dans le quatrième tome et c’est un descendant lointain de Psy, un Oublié, et la Psy du tome est mentionnée dans le cinq et je m’en fichais tellement, et on avance pas dans l’intrigue principale de Silence, je ne comprends pas.

Bonds of Justice ne se rattrape pas sur le pairing, mais je préfère Max qui vient du même tome que Dev avec un rôle plus important, et il est plus passionnant, et la demoiselle Psy est un J, Justice, avec des dons plutôt intéressants. Et surtout, surtout, on suit la relation entre Sasha et sa mère, Nikita, et c’est très touchant (je veux d’autres extraits du livre sur les empathes d’ailleurs).

Lors de ma journée Porte Ouverte, j’avais sélectionné quelques livres pour de la lecture à voix haute, au cas où, et chipé ce Blondel dans mon autre école. Je l’ai démarré pour moi et j’ai été happée par les mots, le rythme, l’âme derrière l’écriture. M. Blondel, vous m’agacez (c’est toujours pareil XD).

Play of Passion propose enfin un pairing plus sympathique avec Indigo, lieutenante de la meute de loups et Drew, traqueur de la même meute (donc on perd un peu de la problématique de Mercy et Riley), mais ils sont attachants. Drew est le bébé, quatre ans de moins que la demoiselle, qui refuse de se laisser dominer par un soldat moins bien placé sur la hiérarchie de la meute. Je les trouve attachants et je suis contente que ce pairing soit de personnages qu’on suit depuis le début – je sens que la suite va être compliquée à ce niveau.

Je viens de démarrer Kiss of Snow et je suis gênée. Bon, je savais que ça allait arriver, mais on se penche sur Hawke, l’alpha aka le chef de la meute de loups, et Sierra, une jeune Psy de désignation X – je ne sais pas ce que c’est mais 1) c’est dangereux 2) il y en a très peu et 3) elle a un pouvoir off the chart et ceux de sa désignation ne sont jamais connus pour un tel pouvoir ni pour vivre très longtemps. Alors cette demoiselle me passionne, j’ai très envie de savoir en quoi consiste son don, mais elle a tout juste dix-huit ou dix-neuf ans, et Hawke apparemment la convoite même s’il se retient depuis des années … donc j’étais franchement gênée. Mais j’étais assez contente qu’on s’intéresse aussi à son oncle Psy, Walker, et Lara, la guérisseuse qui sont choupis.

Et vous, vos lectures de janvier ?

Oh, petite nouveauté ! J’ai découvert Animoto, un site qui permet de faire des diaporama vidéos, et je m’amuse avec pour le boulot. J’ai voulu tester avec les lectures de ce mois, je vous montre ça.

Elle vous plaît ? J’hésite à en faire un élément intégral du bilan lecture mensuel !

Lectures sur un rocher

Hawkwood

Tommy Ohtsuka (auteur). Sébastien Ludmann (traducteur). 2010 (VO), 2016 (VF), 192 p. Doki Doki (Seinen). Manga – Seinen. 8,50 €.

XIVe siècle, royaume de France, province de Normandie. La petite ville de Carentan est sous la menace de l’ennemi. Devant ses murs se presse l’armée régulière anglaise, lancée à la conquête de la France. À sa tête, le prince Édouard, fils légitime du roi d’Angleterre. Pour se sortir d’une situation a priori désespérée, les assiégés font appel à la «compagnie des corbeaux blancs» de John Hawkwood, un officier audacieux dont les stratégies outrepassent les règles de la chevalerie. Le mercenaire de légende affronte le Prince Noir… quelle sera l’issue du combat ?

En temps normal, je ne me serais probablement jamais tournée vers cette lecture. Ce manga est un cadeau de mon libraire pour la dernier commande de l’année dernière, avec deux autres jolies trouvailles, mais avant de le mettre en rayon, n’en ayant jamais entendu parler, il fallait bien que je le lise … J’avais un peu peur, vu l’étiquette seinen, d’une lecture bien glauque et gore.

En fin de compte, pas du tout. On est plutôt dans un contexte historique, de guerre, certes, mais plutôt de stratégie, sur la guerre et la manière de la faire à l’époque, avec la technique des mercenaires. C’est assez complexe, mais plutôt intéressant, et j’ai été très surprise de ce traitement et du résultat.

J’ai beaucoup aimé suivre le personnage d’Hawkwood ainsi que le prince Edouard d’Angleterre (on notera que son français est parfait xD), j’ai hâte de les voir interagir à nouveau. Tout le côté stratégie peut être un peu complexe à suivre (tant au niveau de la guerre que de l’époque et des us et coutumes de la féodalité), mais c’est bien rendu et ça donne envie d’en apprendre davantage.

Le dessin est très réaliste, mais loin d’être désagréable. Je pense que dès la quatrième on peut le laisser à portée des élèves, j’en ai quelques-uns qui ont plutôt apprécié. Ce n’est pas une série que j’aurais envie d’acheter, mais je la poursuivrais quand j’achèterais la suite pour le travail.

Nombre de tomes parus : 8 (série finie).

Lectures sur un rocher

Gravel Kingdom

Sareki Okoku. Kaori Yuki (autrice). Fédoua Lamodière (traductrice). 1993 (VO), 2009 (VF), 192 p. Tonkam. Manga – Shojo – Aventure. 6,99€.

Dans un monde où les humains et le peuple des sables se livrent une guerre sans merci, le jeune prince humain Kirameki rencontre et s’attache à Saga, un jeune garçon du camp opposé. Les années passent et le soir où Kirameki accède au trône, Saga s’introduit dans le palais humain et assassine le roi.

Contient aussiStonehenge.

On reprend les billets lecture avec un manga relu il y a quelques étés.

J’ai retrouvé avec plaisir le dessin délicat et travaillé de Kaori Yuki que j’ai adoré pendant des années – jusqu’à Royal Doll Orchestra et Vampire Host Deluxe, je dirais.

Déjà, j’ai été ravie de retrouver ce plaisir de lecture qui n’était pas présent lors de ma relecture de Fairy Cube. Cette mangaka a été ma préférée pendant des années, j’étais très déçue de ne plus me retrouver dans ses oeuvres.

Cependant, je reste mitigée.

Si j’aime l’histoire principale, cette cité du temps verdoyante entourée de sable, avec des personnages de sable qui sont leurs ennemis, un prince, une prêtresse de l’eau, je trouve qu’elle va néanmoins bien trop vite. La mangaka le précise elle-même dans le free talk du chapitre 4 : « ce dernier chapitre est un vrai bourrage de crâne ! j’ai dû couper toutes les scènes où Kishiru et Kanoé aident Kira à sortir des enfers! ».

Ne parlons même pas de Stonehenge où elle nous apprend que « même à l’époque du storyboard, le scénario était d’une confusion à faire peur. Rien n’était cohérent et quand je présentais mes ébauches à mon éditeur, il me disait à chaque fois de tout recommencer. » Elle a dû se dépêcher par la suite … Je trouve que c’est un peu moins marquant pour cette histoire parce qu’on va à l’essentiel, et que ce n’est pas le récit principal, même si après réflexion Sharel et son contexte, l’épée magique, les démons, son cousin Vadius, avaient aussi beaucoup de potentiel.

Je reste donc un peu déçue de cette précipitation dans les deux récits. Et oui, j’ai conscience des conditions de travail des mangakas, mais ça ne m’empêche pas d’être déçue.

L’amitié entre Kanaï et Kira est très belle. J’ai aimé le destin du premier, serviteur du prince, et l’origine de sa fidélité. Urei, la future prêtresse de l’eau, amie d’enfance du prince, est un personnage espiègle qui aurait pu être encore plus plaisant si elle avait eu plus de temps pour se construire. J’ai aussi apprécié Saga et Sasha, la jeune prostituée dont il se rapproche – pour dire que le récit est précipité, le nom de la jeune femme n’est présenté qu’à la toute fin du livre lorsque l’auteur évoque différentes choses sur les personnages …

Stonehenge se proposait de présenter deux époques : le passé où Sharel est princesse et Vadius son cousin muet, prince proscrit, est envoyé en mission suicide, et le présent où elle doit essayer de l’occire et revenir dans son époque, tandis que lui veut ravir Tiphereth, son épée magique. Les choses, encore, vont bien trop vite ; on voit à peine Kevin, le jeune homme qui accueille Sharel à New York (et qui bien sûr tombe amoureux d’elle, shojo oblige).

Une lecture que j’ai appréciée, mais qui me laisse de nombreux regrets.

Lectures sur un rocher

Dukalyon, tome 1

Gakuen Tokkei Dukarion. Clamp (autrices). Nathalie Martinez (traductrice). 1992 (VO), 2001 (VF), 151 p. Pika (Kohai). Manga – Shojo. 6,95 €.

Alors que tout semble perdu, une équipe de justiciers surgit de nulle part. On les appelle : Dukalyon, la brigade spéciale d’intervention. Pour défendre la paix, ils tentent d’apprivoiser la pluie et la lumière. Car l’ennemi, une société secrète diabolique, est en passe de conquérir le monde. Soyez braves et luttez Dukalyon! Sauvez notre terre !

Juste pour être clair, il n’est absolument pas question de sauver la terre, mais plutôt de maintenir la paix au sein de l’école CLAMP, mais c’est déjà un univers en soi, école, collège, lycée, j’en passe, c’est une petite ville, tout un microcosme, j’adore ce type de lieux. Et puis avec le nom des auteurs, en clin d’oeil humoristique.

C’est aussi le sentiment général de cette série, une petite touche d’ironie, beaucoup de rocambolesque. Les combats ont l’air dantesque, les héros portent des armures de mechas (juste, je m’insurge, il y a une demoiselle qui casse la baraque et elle n’est pas en couverture ?!), le directeur de l’organisation a un humour cynique délicieux, et le méchant a un faible pour le héros. Qui est toujours présenté dans une relation à quiproquo avec son camarade qui s’en accommode bien.

Le côté « on ne se prend vraiment pas au sérieux » transpire à chaque page, et c’est excellent.

Le dessin a ce côté délicieusement vintage des Clamp. On retrouve le trait auquel on est habitué, mais en plus simple et chouia daté, j’aime tellement mieux que la plupart de leurs séries plus récentes.

Le méchant qui est en même temps le personnage discret et intello avec des petites lunettes à la Superman (genre il enlève les lunettes on voit quelle est sa vraie identité) fonctionne toujours très bien.

Ah et il y a un petit crossover avec leur autre série Le voleur aux cent visages que j’ai lu juste après, ça reste drôle et on n’a pas besoin de le lire pour saisir l’histoire, ce qui est parfait.

Bon, du coup, je suis juste ennuyée parce que je n’ai pas la suite et que cette série n’est plus commercialisée … parce que j’ai très envie de la poursuivre.

Nombre de tomes parus : 2 (série finie).


Dernier avis lecture de l’année, à partir de la semaine prochaine, place aux bilans !

(Du coup … va falloir les écrire ? XD C’est pas comme si j’avais commencé la semaine dernière au boulot, pour une fois !)

Passez une excellente fin d’année 2018, et on se retrouve en 2019 ❤

Lectures sur un rocher

Hatshepsout, princesse d’Egypte

Marc Depeyrot (scénariste). Cédric Tchao (dessinateur). 2010, 192 p. Milan. Manga – Histoire. 11,50€.

XVème siècle avant Jésus-Christ, Egypte : la princesse Hatshepsout, devenue épouse royale, assure la régence après la mort de son époux Thoutmosis II. C’est le début de l’aventure de la « reine-pharaon ». Revêtant les attributs masculins du pouvoir, comme la barbe postiche, elle règnera plus de vingt an et marquera considérablement son époque avant de sombrer dans l’oubli …

Je suis tombée sur ce livre par hasard aux Imaginales, dans un lot de mangas d’occasion. Je ne savais pas que Milan éditait des mangas, et j’apprécie la période, donc je me suis dit que j’allais essayer.

Ironie du sort, les enfants, j’ai reçu une représentante Milan au boulot la semaine où j’ai lu ce livre XD j’ai évité de lui en parler …

Parce que c’est une catastrophe. J’ai rarement lu un manga aussi mal fichu, même si je ne sais pas lequel de celui-ci ou Magie intérieure est le pire (peut-être Magie puisque j’avais plus d’attentes).

Déjà, la couverture n’est pas suprêmement intéressante. Les yeux et lèvres surtout m’ennuient, ils ne sont pas fun, très oubliables. Et on ouvre le livre, et on a juste envie de l’envoyer valser loin, très loin.

Le dessin est sérieusement atroce. Les yeux sont vides, vaguement griffonnés sur le dessus et le bas et rien au milieu. On est à la limite du zombie, et ce n’est pas un compliment. Certaines planches donnent l’impression d’être … dans l’espace, alors même pour le cosmos et machin, je préfère la version de Saint Seiya, ça fait moins bizarre dans le contexte.

(Je vous assure, je n’ai même pas envie de le re feuilleter pour retrouver tout ce qui m’a posé problème).

J’avais juste lu Cléopâtre de Machiko Satonaka quelques jours auparavant, et j’ai beau moins m’y connaître sur Hatchepsout (ouais je crois que ça s’écrit avec un c, et je n’appelle pas ça une licence poétique), je n’ai absolument rien appris sur elle avec ce manga, et je n’ai pas eu envie d’aller chercher plus loin. Le texte est plat et ennuyeux, je n’ai jamais souri ou trouvé ça beau.

Cette lecture est une belle perte de temps et probablement une des pires de l’année 2017. Je ne garderai certainement pas ce livre, et je ne l’infligerai pas à mes élèves.

Carmilla's Arias

Dragon Ball Openings by PelleK !

Okay ça ne se voit probablement pas sur le blog, mais 1) je suis folle de la musique de PelleK depuis quelques années maintenant, et 2) Dragon Ball a longtemps été un manga/anime que j’adorais.

Mon premier pseudo sur Internet, gracieusement trouvé par Bestie Mely, venait de cet univers – et non, je ne le dirai pas 😛 et mes murs … ne parlons pas de mes murs, shall we XD

Et puis je me suis rendue compte de l’aspect très sexiste de l’oeuvre et j’ai vraiment laissé tout ça de côté, même les musiques. Alors que my stars je les ai toujours adorées. Je les ai écoutées en boucle dès que j’en ai trouvé un CD au collège …

Et PelleK, après quelques pistes sur les séries DB que je ne connais pas (Kai, Super), lance une version de toutes les ouvertures Dragon Ball. De 1986 à 2018. AKA DB, DBZ, DBGT, Kai et Super.

J’adore ❤

By the way, j’ai bien reçu le CD, il rocke, il faut que je vous en parle ❤ See ya soon !

Lectures sur un rocher

Comte Cain

Hakushaku Cain 1 : Wasurerareta Juliet . Kaori Yuki (autrice). 1992 (VO), 2003 (VF), 192 p. Tonkam. Manga – Shojo.

Cette saga se déroule dans l’Angleterre victorienne et narre les aventures de Cain Hargreaves, un jeune comte amateur et collectionneur de poisons. Ce garçon enquête sur les phénomènes étranges qui se déroulent autour de lui.

(Petite dédicace à Kin et Kara :D)

J’ai découvert Kaori Yuki au lycée avec le magazine de prépublication Magnolia. Ce n’était pas Comte Cain mais les premiers chapitres de God Child, sa suite, mais ils donnaient une bonne idée du personnage, Cain.

La Juliette oubliée est le premier tome des aventures du Comte aux poisons. Son design est un peu différent, plus brouillon, forcément, mais toujours charmant (enfin si on aime le côté un peu glauque … je ne le savais pas avant, mais c’est mon cas). Il gagne en finesse dans les histoires suivantes.

Cette finesse, cette délicatesse dans les traits, la recherche des détails sont autant d’éléments que j’aime dans le dessin de la mangaka. Les thèmes sont aussi caractéristiques : le glauque (le poison), les histoires d’amour impossibles / malheureuses (et souvent familiales …), les manipulations, les pays anglo-saxons (Angleterre victorienne pour Cain), la justice / la vengeance.

J’adore la première histoire du recueil, qui lui donne son nom. La Juliette oubliée, c’est Suzette, la cousine de Cain, qui demande, rayonnante, à un jeune assistant fleuriste un type particulier de roses, les préférées de celui qu’elle aime. Mais il n’a pas le temps de tenir sa promesse qu’elle meurt … ou est-ce le cas? Ariel, le jeune fleuriste, est le personnage que l’on suit. Lorsque les fleurs arrivent, il décide de les déposer sur la tombe de Suzette, qui vient d’être ouverte par deux hommes mystérieux, un cadavre à la poitrine tachée de vert non loin.

Suzette est un personnage adorable, obstiné, que je regrette de ne pas voir davantage. Cain n’a pas tellement l’air de souffrir dans cette première histoire, qui ne montre ses sentiments qu’à la toute fin. La petite enquête policière, surtout vue par les yeux innocents d’Ariel, est passionnante, et cruelle, à l’image de la plupart des récits de Kaori Yuki.

Malgré le côté un peu brouillon, certains dessins sont superbes, notamment ceux qui mettent en scène Cain et Suzette côte à côte, ou Suzette sur le point de mener sa vengeance à son terme. C’est un excellent démarrage, empli de mystères, qui donne envie de poursuivre.

La marque de Bibi apporte une touche d’humour avec Riff, le majordome de Cain, qui prend la parole. Le thème de l’altérité, de l’autre, est aussi superbement mené avec un personnage très différent de ce qu’il était durant l’enfance et s’avère avoir été échangé … et la vision de la vengeance d’une mère détruire. C’est atroce, mais très bien dépeint, entre la haute société et les bas-fonds de Londres.

Les jeunes garçons qui ont arrêté le temps apporte un aspect science-fiction que j’aime beaucoup. Une potion qui donne la jeunesse éternelle … mais est-ce vraiment quelque chose que l’on souhaite ? Ce n’est pas une histoire qui met Cain en scène, sans je crois changer de période, on se situe dans un pensionnat de garçons. Elle s’ouvre sur la mort d’une jeune servante, que sa petite soeur veut élucider avec un adolescent des rues nouvellement arrivé dans cette école huppée. C’est du huis clos bien mené, avec beaucoup d’humour sur les contrastes de classes, du mystère et cette touche de SF.

Double revient sur le thème de l’autre. Deux jeunes garçons font un serment du sang, les rendant frères. L’un d’eux, Emilio, se rend à New York pour devenir acteur et est propulsé star du grand écran. Len lui rend visite, mais est frappé par sa froideur, son dédain. Mais lorsqu’il regarde la vidéo de son premier film, un plan le choque tout particulièrement. J’adore cette chute, les dessins même s’ils témoignent d’une période antérieure, un peu brouillons, les textes (« Ce qui est sûr, c’est que je ne reviendrai pas dans cette ville qui fait danser les fous jusqu’à la mort. Même lorsqu’ils savent que le gouffre est devant, ils continent d’avancer et tombent … appâtant ses proies avec des néons éclatants … tous dévorés par cette femme symbolisant la liberté »).

Cain refait son apparition pour la petite histoire finale qui le montre pleinement digne de son titre de Comte des poisons, La mort de Cleo Dreyfus. Un de ses amis vient de décéder et il rend visite à son détestable frère aîné. La malice du héros, son côté je-sais-tout impertinent, me le rendent encore plus sympathique, surtout dans sa mission de vengeance.

Trop peu de récits, surtout mettant en scène le héros. C’est une entrée en matière plaisante, mystérieuse, qui annonce de manière claire les thèmes et le ton noir de la série.

Un point sur l’éditeur. Je ne peux que déplorer le manque de soin que Tonkam apporte à la reliure des mangas qu’il édite. Certes, ma Juliette oubliée a beaucoup servi, mais j’ai le souvenir infamant de Néji, lu deux fois avec soin et dont le cahier tombait en morceaux. Les pages, là, volent. Même d’autres mangas que j’ai énormément lus, comme les Meru Puri chez Panini ou mes Wataru Yoshizumi chez Glénat ne sont pas dans un tel état ! Shame on you, Tonkam.

Nombre de tomes parus : 5 (série finie).