Lecture sur un rocher

Feuilles d’octobre

En octobre, je lâche complètement la PAL pour la Switch et Zelda.

Et oui, j’ai une tête de déterrée la semaine avant les vacances. Les gamins ont apprécié.

Je savoure aussi en numérique une suite pleine d’éclats de rires et une « nouvelle » série complètement géniale.

J’avais complètement oublié ce recueil acheté l’an dernier pour des lectures à voix haute. Il est en fait constitué de petites histoires issues des Mini Syros. J’avais déjà lu celle sur les Humutes de Carina Rozenfeld ou L’envol du dragon de Jeanne-A Debats. Le fait de les rassembler est une excellente idée. La lecture est fluide et j’ai fait de très jolies découvertes comme L’enfaon d’Eric Simard (même si décliné à toutes les sauces comme L’enbaleine, L’enlouve etc. l’idée perd de son charme et de sa douceur) et Toutes les vies de Benjamin d’Ange. Le concept des vies parallèles m’a soufflée.

Je termine cette petite série un peu déçue. En fait c’est un seul tournoi qui est proposé par la mangaka sans grande évolution des personnages. Et le jeu reste incompréhensible. Les decks changent tout le temps mais pas seulement d’un point de vue identité graphique, d’un point de vue fonctionnement aussi. Est-ce que c’est pareil pour d’autres jeux ? Je n’y connais rien en la matière et ici on n’a pas trop le choix que se laisser emporter par le flot. Heureusement, ça reste plutôt mignon.

On me réclame toujours du Chair de Poule pour les soirées à l’internat. Parce que je suis en période photographie, forcément, je suis partie sur celui-ci. Je ne suis pas très enthousiaste. Une fois encore, beaucoup de remplissage et une fin bien trop happy ending et facile, peu d’humour (à part un camarade du héros comparé à un oiseau). Heureusement qu’il y a une construction progressive de l’angoisse avec la maison, l’appareil, les différentes situations. M’en fiche, j’ai changé la fin.

Une fois encore, Lia Vilorë propose un récit bourré d’humour et de références. Rien que pour Alison Krauss en ouverture de chapitre ❤ La magie est encore plus au rendez-vous que précédemment et même si je ne connais rien au jeu de rôle, l’écriture fluide permet de se laisser porter avec plaisir pour la balade.

Le premier tome d’Artelier Collection avait un beau potentiel shonen. Je suis moins enthousiaste devant la suite. Si les débuts de Makumo, ce qui lui a donné envie d’être couturier sont mignons, l’organisation qui s’en prend à eux n’est pas bien originale. Le duo de protagonistes qui se met en place ne me parle pas spécialement et si j’apprécie la fin du troisième tome (cette plongée dans un livre), un mois après je n’ai plus souvenir de ces lectures. Et ni l’envie de les relire ou de poursuivre.

J’ai beaucoup aimé l’énergie de ce début de série. C’est un shonen efficace, simple avec une mythologie plutôt chouette, de l’humour, un protagoniste attachant et agaçant et je n’ai pas vu les pages passer. Le seul détail qui m’a froissée a été le jumeau du héros. Qu’on ne sache pas qu’il soit lui-même exorciste, c’est une chose, mais qu’il soit en fait à un niveau über élevé et enseigne même dans l’établissement où se retrouve le héros, c’est trop. Enfin, j’ai hâte de voir la suite.

Une très jolie série chaudement recommandée par un de mes assistants. Le concept du super héros est très agréablement illustré ici avec cet ado qui n’a pas de pouvoirs mais veut quand même aller à l’académie qui leur est réservée. L’action est au rendez-vous tout comme l’humour mais les personnages féminins, pas tant que ça. Enfin, peut-être pour l’instant.

C’est un peu une déception parce que j’étais persuadée que la série était terminée en deux tomes. Et en fait pas du tout, il y en a six et j’ai donc eu droit à une belle coupure cliffhanger. A part ce détail, c’est un récit de science-fiction inattendu avec un peu d’humour mais aussi une construction sérieuse et une thématique de survival intéressante.

J’avais déjà lu ces deux tomes il y a quelques années, je retrouve cette énergie avec plaisir. J’aime le thème des shinigami, l’humour un peu cynique, le côté parfois solennel de la narration qui n’oublie pas l’humour. Il m’a été d’autant plus difficile de reposer le deuxième tome lorsque ce sont les seuls que j’ai au travail pour l’instant.

Petite déception. J’avais un très bon feeling en anticipation de cette série. Le pitch de base (les humains qui se transforment en pierre subitement et deux ados qui se réveillent des siècles plus tard pour rebâtir la civilisation) m’inspirait plutôt mais au moment du passage au livre, je ne suis pas enthousiaste. Il y a un mouvement qui m’a toujours laissée en retrait dans l’histoire, un côté très analytique dans l’évolution des inventions selon le personnage en couverture qui m’a paru froid et superficiel. J’ai les tomes deux et trois, j’y jetterai peut-être un oeil.

Je gardais un excellent souvenir de l’élégance du premier tome de Rose Morte. Mais je ne sais pas combien de siècles se sont écoulés entre les deux, le début ne propose pas d’explications notamment au conflit entre l’héroïne et celui qui l’a changée, ce qui m’a gênée. On est plongé dans l’action, enfin beaucoup de verbiage (même si c’est toujours bien écrit) sans explications et mon attention n’a pas tenu.

Pareil, un premier tome adoré pour une chute assez agaçante. Enfin, comme Trois épines, je ne l’ai pas terminé ici. Le problème : Agnès qui dès le début se plaint de sa prise de poids. J’aurais pu passer au travers si elle n’insiste pas sur le chiffre. Comme il est bien inférieur au mien, je peux comprends sa détresse car elle est toute petite mais je n’ai pas spécialement envie de m’entendre rappeler toutes les deux pages que je suis énorme. Thank you bye.

Ah et le récit centré sur des personnages surnaturels (d’origines intéressantes certes) en mode Roméo et Juliette littéralement, familles ennemies, etc. romance exacerbée voire plus si affinités est un thème que j’ai en horreur en prime.

Juste pas du tout une lecture pour moi.

Un très beau livre historique. Bon, seul bémol, j’ai tendance à m’endormir dessus et avance peu. Mais il est intéressant. Il parle des cafés européens, leur histoire, ceux qui les fréquentaient, etc. avec une superbe illustration. J’adore me perdre dans toutes ces anecdotes et superbes photos.

Je hais Gail Carriger.

Après Reticence, le Custard Protocol est terminé T_T

J’ai adoré cette série bien trop courte. Pour ses personnages si bien campés, son humour omniprésent, son cadre, sa découverte des surnaturels dans le monde. Il y aurait eu moyen de poursuivre encore plus longtemps.

Je suis définitivement accro aux séries de Gail Carrier. Après Le protectorat de l’ombrelle et Le protocole de la crème anglaise, j’ai repris la préquelle, Finishing School. C’est tellement amusant en reconnaissant les personnages surtout après lecture de Reticence (réunion inattendue au début du roman). Sophronia, une adolescente turbulente, se retrouve dans une finishing school. Le programme devrait être l’apprentissage des bonnes manières, la danse, l’élocution pour trouver un mari. Cette école se révèle avoir des objectifs bien différents qui finalement lui correspondent beaucoup mieux. Adorable et captivant.

J’avais beaucoup d’espoir pour cette lecture. Elle devait évoquer les mots français dans les langues étrangères donc avec humour, faire rire, m’apprendre des choses et même me faire rêvasser avec les anecdotes évoquées. Franck Resplandy remplit parfaitement ces objectifs pourtant exigeants et m’inspire même pour l’écriture.

Je n’étais pas inspirée par le dernier numéro d’Esprit Veggie en l’achetant, les figues ne me parlent pas du tout. Mais il y a plusieurs pages de recettes sur les champignons qui ont racheté mes préjugés et j’ai encore passé un très bon moment (la mise en page est tellement agréable).

Le hors-série sur le monde de la photo m’a un peu déçue. Si j’ai effectivement noté (corné pour être honnête) quelques idées en matière de photo de portrait, j’ai eu la distincte impression que cette revue était faite pour les Réflex uniquement, vu la mention des différents objectifs et accessoires utilisés. J’utilise un hybride et ne suis donc pas convaincue de pouvoir adapter la plupart des suggestions.

Je suis encore en train de lire ce hors-série de Digital Photo sur la composition. Je l’ai évoqué dans mon article de Moisson hier mais je le trouve beaucoup plus accessible (même le format, plus carré avec une meilleure prise en main) et lumineux dans sa présentation que le précédent. Une lecture plaisir qui me donne envie de composer avec mon appareil.

Un peu déçue par ce numéro d’Esprit Veggie commandé pour son dossier. Le concept de buddha bowl me parlait tout particulièrement, déjà parce que c’est tellement mignon mais aussi parce qu’avec le changement de saison je cherche d’autres idées déjeuner pour le boulot. Je ne suis pas sûre que ça convienne : pas sûre que ça se tienne sur le transport. Et surtout il n’y a pas vraiment de « définition » à part : plat complet, coloré, incontournable printemps, divers dans son contenu. J’ai recoupé ces données avec l’article suivant sur les bols en eux-mêmes à acheter (de très jolis en noix de coco recyclés by the way : un « saladier healthy qui remplit l’estomac ! Du cru, du cuit, du croquant, du moelleux ». Je suis avant tout ennuyé de ne pas avoir eu cette présentation complète dans le dossier, qui n’en est pas vraiment un au final : mini texte de présentation et recettes, sans « instructions » plus générales.

Et vous, vos lectures d’octobre ?

Lecture sur un rocher

Feuilles de septembre

En septembre, la reprise est difficile et ma PAL papier ne me convainc pas du tout.

Les nouvelles de ce recueil sont adorables, notamment celle qui met en scène Jessamy, l’ange du Refuge qui éduque les petits. Le choix de certains personnages est étonnant (les débuts de Sara à la tête de la Guilde, sa rencontre avec Deacon) mais c’est beaucoup plus serein que la série.

Je l’avais commencé en juillet avant de partir en vacances, l’ai laissé à l’appartement l’été et n’y ai absolument pas repensé. Ca n’est pas vraiment bon signe. Je me suis forcée à avancer à la rentrée et diantre je me suis ennuyée. Je me fichais pas mal des personnages, de l’histoire, de l’univers, excepté certains souvenirs de guerre d’une des sorcières qui était espionne mais ils sont très rares. Et l’extrait final d’un livre totalement différent m’a intéressée.

Maxime n’ose pas retourner au collège. L’an dernier, sa prof de maths l’a tellement terrorisé qu’il en était physiquement mal. Et lors du premier cours avec une nouvelle prof, il récolte des heures de colle. Le début est plutôt pas trop mal en instaurant la souffrance du jeune mais après ça vire un peu à la plaisanterie avec la nouvelle prof qui est une amie de sa mère et le chouchoute. Surtout qu’à la base il ne faisait pas l’idiot. Je ne comprends pas ce titre.

Un peu oublié avant les vacances aussi, j’ai un peu traîné cette lecture en longueur même s’il est tout aussi bien que les autres livres de Jean Des Cars. J’ai aimé découvrir la reine Astrid de Norvège, celle qui a succédé à Sisi en Autriche mais je trouve qu’on passe un peu vite sur Elizabeth II.

Je démarre les soirées lecture à l’internat cette semaine avec des nouvelles de SF. Je pense proposer les deux premières de ce recueil sur un déluge et l’air vendu par une entreprise mais les suivantes ne m’ont absolument pas plu.

Manaka travaille dans un magasin de cartes à jouer (dans un univers où tout le monde y joue), avec créatures, expérience, points de vie etc. Lorsque son père s’endette, elle choisit de faire des tournois pros pour gagner de l’argent mais avec une technique très antipathique. C’est intéressant et prenant mais le fonctionnement du jeu est assez compliqué à comprendre.

Makumo est apprenti tailleur. Il veut plus que tout être Masterpiece, des artisans dont les pouvoirs se transmettent aux objets qu’ils réalisent. C’est un début intéressant mais un peu poussif, on est loin des grandes quêtes du shonen alors qu’il y a du potentiel, c’est dommage.

Yugo a choisi d’aller en lycée agricole. Pas parce qu’il aime les animaux ou veut être fermier mais parce qu’il pensait que ce serait simple d’avoir de très bonnes notes dans les matières générales pour être pris dans une bonne université. Il déchante très vite en voyant que ses camarades sont tous issus d’un milieu agricole et donc habitués aux ateliers professionnels. Un début amusant et touchant.

Pour le coup, je suis déçue. J’avais le souvenir d’un début de série prenant sur un univers où les jeunes ont un pouvoir, chacun différent, basé sur la manière de voir les choses, l’iris. Seul le protagoniste est un iris zéro, sans pouvoir, mais ses dons d’observation font un peu office de talent. Le tome 5 n’est que de la romance puis les 6 et 7 sont centrés sur la nouvelle demoiselle dans un histoire qui m’a beaucoup moins plu que les précédente.

J’ai dévoré tous les volumes que j’avais sous la main. The Promised Neverland, l’histoire de ces enfants dans un orphelinat qui découvrent qu’ils sont élevés pour servir de repas à des démons, est toujours aussi nerveux et dynamique avec une pointe glauque. Superbe.

Ce sont presque plus les revues qui m’intéressent en ce moment. Usbek et Rica se situe dans la réflexion et la culture générale et j’ai particulièrement apprécié l’histoire de l’écologie en France. La formule d’Esprit Veggie me plaît particulièrement et, chose rare en cuisine, j’ai envie de tester plein de choses. Slowly veggie est différent, moins intimiste peut-être (enfin c’est mon premier test de la revue). Si je trouve des recettes qui me font envie, il y en a moins pour l’instant même si les présentations de produits emportent un peu plus mes suffrages.

Et vous, vos lectures de septembre ?

Life as a Teacher Librarian - Pérégrinations de profdoc

Amours d’Enfer – lecture à l’internat

Love is Hell. Scott Westerfeld ; Melissa Marr ; Laurie Faria Stolarz ; Justine Larbalestier ; Gabrielle Zevin (auteurs/rices). 2008 (VO), 2009 (VF), 254 p. Hachette (Black Moon). Nouvelles – Romance – Fantastique. 16€.

Tomber amoureux d’un fantôme, croire aux contes de fées, accepter l’impensable, se révolter contre un monde tout entier, sombrer dans la folie … Que ne ferait-on pas, par amour ! 

Il y a quelques années, je suis tombée par hasard sur ce recueil à la médiathèque. En voyant Westerfeld, je n’ai pas trop hésité même si je m’attendais à m’y casser les dents, puisque la romance et moi …

Au final, j’avais vraiment apprécié les différentes nouvelles, notamment celle de W. et de Melissa Marr (mon avis complet) et j’avais repensé à ce recueil pour une lecture à l’internat – je voulais proposer de la romance et de l’imaginaire.

Je me suis un peu inquiétée d’abord parce que les nouvelles étaient plus longues que dans mon souvenir et j’ai eu un coup de stress, est-ce que j’allais pouvoir être prête à temps. Oui non mais je stresse assez facilement sur les lectures, que ce soit le choix du texte, la préparation (relecture et éventuelles coupes) et la lecture en elle-même. Heureusement que ma collègue est bien plus zen.

La nouvelle de Westerfeld, Un Monde (presque) Parfait, était une évidence. Les différents adolescents, le contexte futuriste, les pointes d’humour, m’ont tout de suite sauté aux yeux pour la mise en voix.

J’avais très envie de leur faire découvrir le texte de Melissa Marr, Coup de foudre, mais il ne m’a fallu que quelques pages pour décider que ce n’était pas une très bonne idée. Je ne sais pas, le côté descriptif, les temps du passé, l’écriture un peu soutenue que je ne me sentais pas de changer, l’humour bien moins présent. En plus le côté ensorcellement avec les silkies ne me paraissait pas forcément très compatible avec le consentement. Je ne suis pas allée jusqu’à la fin.

J’étais partie sur Le fantôme de mes rêves de Laurie Faria Stolarz, sur une romance entre Brenda, une adolescente, et un fantôme donc. Problème, de son vivant, le jeune homme a eu une mort tout sauf paisible, frappé à mort par le petit-ami de sa mère et je n’ai pas pensé que ce côté violent (pourtant pas non plus tellement abordé en détail) pourrait remuer mes élèves. L’une d’entre elles n’avait vraiment pas l’air bien et j’ai coupé l’histoire avant la fin.

Nota bene pour moi-même : dès qu’il y a des thèmes un peu particuliers, on en parle avec la collègue à l’avance, histoire d’être sûre qu’il n’y a pas de possible écho pour des gamin/e/s.

Heureusement, j’avais aussi préparé Caprice de fan de Gabrielle Zevin. Le début est vraiment chouette, on s’adresse directement à une audience « vous », il est question de la bibliothèque du collègue (et pas CDI, les enfants, ce sont les States, c’pas la même réalité), d’une jeune fille timide qui rencontre un garçon parfait mais personne d’autre ne semble le connaître et il y a de curieuses ressemblances entre l’histoire qui se noue entre les deux et le livre que la bibliothécaire recommande à la demoiselle. Le côté mise en voix est vraiment chouette mais je déteste la fin. Il s’avère qu’Aaron n’est pas un fantôme mais le produit de l’imagination de Paige, qui termine l’histoire en camisole de force dans un asile.

Bah du coup, vous savez quoi ? Je n’ai pas lu la fin aux gamines.

Je ne sais plus où exactement je me suis arrêtée mais je leur ai dit qu’on n’allait pas découvrir la fin de l’autrice, (même si je ne dis pas autrice mais auteure, au travail, c’est déjà compliqué comme ça) mais qu’elles allaient imaginer la leur.

Malheureusement, c’était la fin de l’année et je n’ai pas trop eu l’occasion d’en reparler, donc je ne sais pas ce qu’elles ont pensé – elles ont un peu boudé, par contre 😛

Mais ça m’a donné une idée pour d’autres soirées à l’internat – pourquoi pas imaginer leurs propres histoires ? J’y ai repensé pendant ces vacances d’été, et j’en reparlerai à ma collègue, mais ça me parle bien.

Les élèves ont plutôt bien répondu à ces deux nouvelles – la demoiselle qui veut éprouver des émotions dans un univers où ça n’est plus la peine mais où un cours les force à revenir  » à l’âge de pierre » donc à notre époque – les a bien fait rire dans celle de Westerfeld et à part le petit bémol sur le fantôme du texte du milieu, je crois que ça s’est bien passé, celle qui ne se sentait pas trop bien a été contente de la fin.

Elles sont surtout bien ri quand l’une a posé continuellement la même question en mode running gag « Du coup Madame elle s’est pris un râteau ? » pour Paige. J’avoue, j’ai ri aussi.

Pour une prochaine soirée romance – imaginaire, j’ai l’autre recueil Black Moon. Mais je me demande, en fait. Est-ce que je peux faire des relectures ? Est-ce que ça leur plairait ? Avec d’autres textes, par exemple, ou pas tant que ce sont les mêmes demoiselles ? Parce qu’elles sont peu nombreuses comparées à l’internat garçon, en général elles sont toutes là, pas besoin d’organiser deux soirées sur le même thème.

C’est un peu ma question pour cette année aussi, en fait. Reprendre des textes déjà préparés me permettrait d’angoisser moins et d’avoir une charge de préparation d’autant diminuée. Mais est-ce que je risque d’ennuyer les élèves ?

Voilà, une soirée qui m’a laissée avec plus de questions que les précédentes mais qui a été intéressante aussi.

Lecture sur un rocher·Life as a Teacher Librarian - Pérégrinations de profdoc

Nouvelles de notre planète

Christian Grenier, Pierre Bordage, Florence Thinard, Christophe Lambert, Christophe Léon (auteurs). 1999, 156 p. Hatier (Classiques & Cie Collège). Nouvelles, Science-fiction.

Cinq nouvelles très contemporaines, angoissantes ou drôles, qui nous confrontent aux grands défis environnementaux de notre époque : la pollution, les risques de l’énergie nucléaire, la réduction de la biodiversité, le dérèglement climatique.  

Pour ma deuxième lecture à l’internat, je voulais des récits courts en science-fiction qui risquaient de plaire à mes collégiens, de la 5ème à la 4ème. Couper La fille de 3ème B a été à la fois long, enquiquinant et en prime un crève-coeur parce que j’adore cette histoire. Un recueil de nouvelles en SF n’a pas été facile à trouver, du moins sur les étagères de mes deux CDIs. Quelque chose de court, jeunesse, et facile à comprendre puisque déjà je ne suis pas une grande lectrice de nouvelles et les recueils que je peux connaître sont plus destinés à un public habitué au genre.

Au final, je suis bien contente d’être tombée sur ce recueil. Si la première histoire ne m’a pas plu (plutôt que des personnages, on suit sur plusieurs chapitres différents éléments sur le plastique, sa conception, son lâcher dans la nature, etc.), les suivantes, entre action, humour et superbe écriture (toute manière je suis amoureuse de Christian Grenier épicétou ❤ ) m’ont donné pas mal de matière.

J’ai un peu adapté la langue comme la première fois, enfin les temps, temps du présent pour être plus dans l’action et plus près des élèves. Même si pour l’une des nouvelles, la langue était justement un peu compliquée, on y revient.

Accessoirement, ce qui m’a fait un peu bizarre, c’est que j’ai eu deux séances lectures sur ce recueil puisqu’il y a plus de gamins dans cet internat que celui des filles. J’ai du mal à me répéter, j’essaie de faire toujours à l’identique (en cours aussi en fait, ce n’est pas plus mal si en général on a une classe par niveau). Surtout qu’en fait, quand mes 3èmes pro m’ont réclamée, je ne savais pas trop quoi leur lire alors je leur ai proposé ça, et ils étaient plutôt enthousiastes, donc on y retourne pour la 3ème fois, heureusement que j’ai apprécié la plupart des histoires.

Noir destin pour plastique blanc (Florence Thinard) est la nouvelle qui m’a le moins plu. Honnêtement, j’ai failli lâcher le livre avant d’avoir fini tellement j’étais persuadée que rien ne correspondrait à ce que je cherchais. Si j’ai apprécié la discussion de l’adolescent avec ses parents sur la consommation, notamment l’opposition avec le père qui travaille à l’usine de plastique et qu’il y a ce dialogue entre les ados sur les emballages de chips, les autres extraits ne m’ont pas intéressée et ils sont trop court, formant un tout assez maladroit. Au moins maintenant je sais que Thierry Magnier a édité un recueil de nouvelles SF (Nouvelles vertes) dans lequel je pourrai aller piocher. Je n’ai d’ailleurs pas lu cette nouvelle, pas assez linéaire donc et ne pouvant même pas m’appuyer sur les personnages, je pense que j’aurais perdu mes gamins à coup sûr.

Césium 137 de Pierre Bordage a plus d’action et passe mieux en voix, notamment avec les personnages et les péripéties qu’ils rencontrent (mon hurlement à la vue de l’énorme rat a remporté pas mal de succès). C’est un peu long, je trouve, et un peu cliché par moment quand même (Andra qui a un faible pour Puc est bien appuyé, et le fait de vouloir plus de doigts pour y mettre du vernis, j’ai été à la limite de couper cette réplique plutôt cruche). Mais les révélations finales ont impressionné mes gamins et les ont fait réfléchir, ce qui n’est déjà pas si mal.

Homo jardinus (Christophe Lambert) est la nouvelle qui m’a décidée à me lancer. Elle est pleine d’humour, avec un colonel anglais, des mots VO, de la pelouse et des nains qui disparaissent.  Elle est courte, aussi, ce qui aide. Bon, il y avait un peu beaucoup de références anglo-saxonnes qui manquaient à mon auditoire et donc quelques blagues perdues mais le dénouement contrebalance ça sans peine. Il est triste, choquant (plus de plantes 😥 ), inattendu et ce qui arrive à la pelouse puis au colonel apporte une touche d’humour malgré les circonstances.

Je suis la vigie et je crie : je suis amoureuse de ce texte ❤ Forcément, c’est du Christian Grenier. J’ai dû bien changer les temps, apporter quelques explications et rappels au fil du texte parce qu’il est assez complexe. Mais il en vaut tellement le coup ! On a envoyé quelqu’un dans le futur et il a choisi de s’intéresser à un observatoire nouvellement détruit. Il en a ramené une espèce de boîte noire avec le témoignage de la vigie, le responsable du phare, qui relate ce qu’il est advenu de la planète. C’est beau, c’est fort, c’est émouvant, mais c’est compliqué puisque c’est enchâssé dans une autre situation – hell, même moi j’ai dû relire pour tout comprendre, y compris le fait que contrairement à ce que disent les politiques c’est bien le futur qui les attends, dans ses catastrophes climatiques. Et cette métaphore du fil d’Ariane ❤ quand un de mes gamins l’a repérée j’étais teeeeellement happy ❤ Mais, oui, texte assez compliqué, mais des mots tellement beaux ❤

Pour mes 3èmes, comme on a pris du temps pour expliquer certaines choses dans les différents textes, on s’est arrêté à cette nouvelle. Ce qui n’est pas plus mal puisque je me suis rendue compte que la dernière était compliquée aussi.

Ella de Christophe Léon m’a beaucoup plu lorsque je l’ai découverte. Ella est une jeune fille un peu étrange qui vit en cité et propose de démarrer un potager dans une cité et démarre une petite utopie. Les petits ont plutôt accroché à l’idée mais je crois que les mots les ont perdus. C’est du langage un peu familier, un peu cité, qui cohabite avec des sons comme Ella elle a … heu ouais ils n’auront pas la référence hein et la répétition du prénom donne une structure un peu lourde aussi à l’oral. Le langage familier de l’auteur n’est pas vraiment celui de mes gamins et s’ils sont restés très calmes (dernière nouvelle, un peu de fatigue je pense) je crois qu’ils n’ont pas tout compris. Et je me voyais mal couper dans le texte qui a une structure, un rythme très musical ou changer le langage qui se tient on its own. J’hésite à reprendre cette nouvelle pour une nouvelle occasion. Même si j’avoue que certaines expressions comme « chiche pois chiche », j’ai trouvé ça vraiment fun.

Je n’ai pas prêté attention aux dossiers, je le ferai davantage lorsque je commanderai le recueil pour le boulot.

L’un dans l’autre, la lecture a été intéressante et m’a beaucoup plu pour ma part. Elle a rencontré un certain succès avec les élèves et pourrait vraiment donner lieu à des discussions intéressantes à part le premier texte qui ne me convainc pas du tout (sauf éventuellement la petite partie sur le sac plastique jeté sur la plage comme il met en scène des ados, en plus de la discussion familiale).

Si vous recherchez de la SF à thématique écologique, des textes assez courts (pour l’étude en classe aussi) je pense que ça peut fonctionner.

Lecture sur un rocher

Self Made Man

Are You Loathsome Tonight ? Poppy Z. Brite (auteur). Nicolas Richard, Laurence Viallet, Sylvie Denis (traducteurs). 1998 (VO), 2000 (VF), 252 p. Au Diable Vauvert. Nouvelles.

Hanté par les enfants de la nuit et les exclus du rêve américain, comme tous les livres de Poppy Z. Brite, ce recueil fascine par sa puissance évocatrice et sa beauté délétère. Sans complaisance et sans prosélytisme, l’auteur y dissèque les modes de vie alternatifs, pénètre dans l’envers du décor de la société américaine et révèle la faillite des valeurs traditionnelles et la réalité d’une violence sociale chaque jour plus sauvage.

Je n’ai pas lu de Poppy Z. Brite depuis sa trilogie gastronomique que j’avais beaucoup appréciée (léger bémol sur le dernier tome qui tape un peu à côté, sans les protagonistes), ça m’a donc fait très plaisir de retrouver ses récits un peu étranges, détonnants, baroques.

Bon, en revanche, les textes « seulement » romance, sans touche d’imaginaire ou d’un autre élément, me passent décidément au-dessus de la tête, qu’elle soit gay ou straight. Si cet autre élément est l’horreur ou le gore ou encore l’érotique, ça ne passe pas non plus et ce sont les combinaisons que recherche plutôt l’auteur. Ce sont des nouvelles qui ne sont pas pour moi et il y en a pas mal dans ce recueil. J’avoue que ça m’a plutôt fait rire mais je sais qu’avec un autre auteur, ce ne serait pas passé.

Et même avec certaines nouvelles empreintes de surnaturel, ouvertement étranges ou joliment dénaturées du conte de fée, le côté érotique me fait l’effet d’un peu de trop parce qu’on sent bien que c’est le centre du récit aussi, pas uniquement un à côté. Encore une fois, ce n’est pas mon truc en matière de lecture.

Un élément m’a dérangée en faisant un tour sur le site de l’éditeur. Le livre, ainsi que la fiche de l’auteur sur le site, présente Brite comme une autrice. Alors qu’iel se définit depuis quelques années comme auteur. Je peux comprendre que dans le livre, la présentation se fasse encore au féminin puisqu’il date de 2000 et que c’est apparemment postérieur mais je ne comprends pas pourquoi encore maintenant l’éditeur ne respecte pas le désir de l’auteur. Ça m’étonne un peu du Diable Vauvert, même si je ne les connais pas très bien. Ça m’a beaucoup gênée après cette lecture même si je ne pense pas que ça me l’ait gâchée.

Une fois encore, une lecture intéressante mais pas pour moi.

Lecture sur un rocher

Les Dames Baroques

Carole Grangier, Armand Cabasson, Charlotte Bousquet, Karim Berrouka, Justine Niogret, Daniel Alhadeff, Cyril Carau, Tepthida Hay, Sophie Dabat, Morgane Guingouain, Sire Cédric, Eli Darco, Leonor Lara, Lucie Chenu, Sophie Goasguen, Jean Lorrain, Joris Karl Huysmans, Petrus Borel, Madame D’Aulnoy, Jules Barbey d’Aurevilly (auteurs). Estelle Valls de Gomis (directrice). Natalia Pierandrei (illustratrice). 2010, 300 p. Éditions du Riez (Brumes étranges). Nouvelles – Fantastique.

La Femme Fatale, une figure du quotidien mais aussi de l’imaginaire séculaire : de Circé à Marie-Madeleine, de la Reine Margot à Vampirella, de Marilyn Monroe à Lilith, de la fée Morgane aux succubes les plus vénéneuses, la vamp, la sorcière, l’enchanteresse, la Belle Dame Sans Merci a toujours inspiré les artistes et les écrivains, mais aussi le commun des mortels. Aimée des uns, haïe des autres, elle peuple de ses courbes protéiformes les pages de la littérature. Estelle Valls de Gomis, écrivain et anthologiste, a rassemblé de jeunes auteurs et des plumes confirmées pour vous dévoiler les Salomé et les Iseult de la littérature fantastique et de fantasy.

Après maintes hésitations, j’avais pris ce recueil à la dernière minute de mes premières Imaginales, en 2012. J’espérais découvrir les plumes de certains noms comme Sire Cédric et j’aimais beaucoup la couverture. C’est malheureusement surtout ce dernier point que je vais retenir : je me suis vraiment ennuyée et j’avais hâte que cette lecture se finisse. Écriture, sujets, pour la plupart, ce n’est pas passé.

A ce moment, je n’avais pas beaucoup l’habitude des nouvelles surtout pour une anthologie avec tant d’auteurs inconnus (à part les classiques que je connaissais tous de nom, j’avais déjà lu les nouvelles de Pétrus Borel et Madame d’Aulnoy). Je ne sais pas si ça a joué. Mais je n’ai vraiment pas aimé ces différents textes.

La nouvelle de Sophie Dabat, L’Essor, est plutôt intrigante, et j’ai plutôt apprécié les classiques mais comme ils étaient placés tout à la fin, mon opinion était déjà formée et ils n’ont pas suffit à la changer. C’est donc une déception.

Lecture sur un rocher

Les cent ans de Dracula

Barbara Sadoul (autrice). 1999, 154 p. Librio. Nouvelles – Fantastique.

Depuis un siècle, le comte Dracula n’a cessé d’enflammer les imaginations. Son élégance froide et raffinée fascine. Hélas ! Condamné à l’éternelle solitude, il doit, pour survivre, se nourrir chaque nuit de sang frais ! Pour fêter les 100 ans du plus célèbre d’entre eux, huit vampires sont ici réunis. Huit nouvelles (dont une, inédite, de Claude Askew) sous la plume inspirée des plus grands maîtres du genre.

La Fiancée de Corinthe de Goethe ; Le  Vampire de Polidori ; La Morte amoureuse  de Gauthier ; Car la vie est dans le sang de Francis Marion Crawford ; L’invité de Dracula de Bram Stoker ; Aylmer Vance et le Vampire de Claude Askew ; Le Gardien du cimetière de Jean Ray ; La Maison maudite de Lovecraft.

Adolescente, j’adorais ce recueil fantastique qui m’a permis de découvrir deux textes dont je suis tombée amoureuse : ceux de Goethe et de Gauthier. La Fiancée de Corinthe est un poème avec une écriture doucement désuète.

La Morte amoureuse propose encore un vampire féminin qui essaie d’arracher le protagoniste à la vie d’église pour partager la sienne. C’est un récit bien construit où le héros se perd entre rêve et réalité, également servi par une très belle écriture.

J’apprécie aussi particulièrement Le Gardien du cimetière qui est le témoin d’étranges évènements dans ce lieu où il arrive. Un cimetière peut paraître classique mais la nouvelle est de 1925, ce qui efface ce trait. Une fois encore, les mystères sont bien menés.

Car la vie est dans le sang ne m’était pas trop restée en tête mais elle est plutôt intéressante et le vampire n’est pas trop mis en avant, il est plus subtil.

Je suis moins touchée par les nouvelles de Polidori, Askew, Bradbury et le chapitre de Stoker. Polidori, je pense que je l’ai trop lu, alors que j’apprécie ses longues phrases ciselées (mais Librio n’est pas le champion des pages aérées donc c’est écrit petit avec peu de paragraphes alors ça fait pâté).

Je n’ai pas une passion pour Stoker, même si j’aime le personnage et les traits de la créature qu’il a créée, je suis loin d’apprécier la forme qu’il a choisie pour la proposer (le roman épistolaire), même si ce n’est pas celle utilisée de manière claire ici.

La nouvelle d’Askew ne m’a pas plu puisqu’on est face à un texte qui raconte tout, tout de suite sur un personnage. C’est lourd et pesant et je me suis ennuyée malgré ce thème de malédiction familiale.

Ce n’est pas ce texte de Lovecraft qui me fera l’apprécier. Je le trouve déjà long – pour moi, lorsque tu annonces qu’il y a des parties ou des chapitres à ta nouvelle, ben elle est trop longue – et le personnage commence par raconter sa vie puis enchaîne sur l’histoire d’une maison et l’histoire de toute la famille qui y a vécu. Je vous avoue que je me suis rapidement ennuyée et je l’ai passée.

Au final, à part quelques exceptions, ce recueil renferme des textes que j’adore et que je ne peux que vous conseiller si vous ne les avez pas encore découverts.

Lecture sur un rocher

Bifrost, n°60 : Dossier sang pour sang vampires !

2010, 265 p. Le Bélial. Nouvelles – Fantastique.

Enculés d’Eric Holstein, Nuit rouge de Christophe Lambert, Desmodus Draculae de Léni Cèdre, Un Précis d’Ian R. MacLeod ; Dossier sur les vampires et vampirismes : Fantastique belge et nippon par Pierre Stolze ; Archéologie et histoire du vampire de Patrice Lajoye ; Une maladie aux sources du mythe? par Simon Sanahujas ; Les trois romans fondateurs par Eric Holstein ; Étude bibliographique du Dracula de Bram Stoker par Alain Sprauel ; Le vampire dans les pulps des années 30 par David Valageas ; Anne Rice : du vampire au catholicisme par Grégory Drake ; My vampire comics : un entretien avec Jean-Marc Lofficier, par Xavier Mauméjean ; Teenage angst : True Blood ou la jeunesse comme abîme par Fabrice Colin ; Sang d’encre : guide de lecture vampirique ; Les vampires sont-ils une légende? par Roland Lehoucq et François Moutou.

Une revue plutôt intéressante.

L’éditorial m’a un peu agacée devant la levée de boucliers apparente de lecteurs devant le choix du dossier. Apparemment les vampires sont automatiquement synonyme de mauvaise qualité de textes. Les préjugés ont la dent dure. Je peux vous affirmer que les vampires ici ne brillent pas au soleil.

Les nouvelles m’ont surprise, la première plutôt fait rire. Elle est décrite de manière très réaliste, avec un langage qui fait plutôt naturel malgré un côté cru. L’histoire est racontée de différents points de vue du corps de CRS qui donnent l’assaut sur un camp de Romanichels (et vu l’actualité au moment de lecture, la nouvelle a pris un autre relief) où tout ne se passe absolument pas comme prévu. Le contexte est différent, et la chute m’a bien fait rire, quand on apprend pourquoi tous ces moyens sont mis en œuvre.

Nuit rouge s’attaque à un contexte difficile, dans lequel je n’ai pas lu beaucoup de récits de vampires, je crois : la Seconde Guerre mondiale. Les nazis y font des recherches sur l’immortalité et j’ai eu juste envie de dire bien sûr, j’y ai plutôt cru, dans son horreur. Desmodus Draculae a une couleur plutôt exotique qui n’est pas trop mon truc, avec une expédition pour étudier des chauve-souris en Amérique du Sud. Un Précis m’a beaucoup plus parlé : c’est un manuel de savoir-vivre à l’usage des vampires nouvellement transformés rédigé en 1890. Comment s’habiller, se nourrir, nouer des relations sociales. C’est court, mais très drôle, définitivement ce que j’aime.

Je n’ai pas spécialement relevé de passages dans le dossier qui m’ont choquée ou déplu, je l’ai trouvé plutôt intéressant.

L’interview de Mauméjean m’a beaucoup plu, je ne connaissais pas ces comics où Batman est plus proche de Nosferatu et la Metropolis de Superman de celle de Fritz Lang, j’aurais bien envie de les découvrir. Parmi les critiques, Poètes de l’imaginaire, un petit gros recueil de bien 700 pages de poésie sur le thème des littératures de l’imaginaire me tenterait bien également, chez Terre de Brume.

Une lecture inattendue mais intéressante.

Lecture sur un rocher

Dames de lune, Fées des brumes

Ambre Dubois, Angélique Ferreira, Aline Finley, Céline Guillaume, Malaïka Macumi, Stéphane Soutoul, Vanessa Terral, Lia Vilorë (auteurs). Cécile Guillot (direction, illustratrice). 2011, 225 p. Le Chat Noir. Nouvelles – Fantastique.

Ralvn, Plumes noires au vent du Nord de Vanessa Terral ; La légende du dragon d’ambre de Céline Guillaume ; Mademoiselle Hilda de Malaïka Macumi ; L’étrange histoire du luthier amoureux de Stéphane Soutoul ; La maison de la Sorcière d’Aline Finley ; Vanité ou destinée d’Ambre Dubois ; La Toile de Liadan de Lia Vilorë ; Dame Astraea d’Angélique Ferreira.

J’ai commencé cette lecture par une petite déception : hésitant avec Saisons païennes (je voulais un recueil du Chat Noir, mais difficile de choisir !), j’ai voulu comparer le contenu de chaque anthologie. C’était très simple pour Saisons païennes qui propose un sommaire des nouvelles qui le contiennent, mais pas Dames de lune. C’est un détail, mais qui m’a un peu déçue. J’ai choisi ce recueil pour la nouvelle de Lia Vilorë dont j’avais adoré les Vampires d’une nuit de printemps.

Certaines nouvelles m’ont vraiment plu et la plupart étaient des découvertes. D’autres me laissent plus mitigée, ce n’est pas une lecture qui m’a entièrement, définitivement plu. J’ai beaucoup aimé les illustrations de Cécile Guillot, que je ne connaissais pas du tout, dans un style gothique fantastique, bien agréable.

Ralvn débute très bien le recueil. La mythologie nordique était totalement inattendue, et j’ai vraiment adhéré à la manière dont Vanessa Terral la présente. Ses personnages sont hauts en couleur, plausibles, j’avais très envie de poursuivre le récit de la jeune gardienne (sur ses siècles de vies, elle a dû vivre quelques aventures). Et l’écriture est magnifique, entraînante, prenante. J’ai vraiment aimé et je vais définitivement me pencher sur les autres textes de l’autrice.

La légende du dragon d’ambre me laisse moins de souvenirs. Elle est très courte et un peu prévisible (une magicienne chargée de débarrasser un royaume d’un dragon et le regrette), on revient très souvent à la ligne, c’est donc très aéré et j’avoue que j’ai trouvé ça un peu mince (et Tendrelune comme prénom fait un peu too much guimauve).

En revanche, Mademoiselle Hilda m’a séduite dans son style classique, un fantastique auquel je ne m’attendais pas tout à fait mais qui est bien là et qui m’a surprise et même fait sursauter. L’écriture est belle et élégante, colle parfaitement au cadre, et l’illustration correspond très bien aussi.

Je poursuis ma découverte de Stéphane Soutoul avec son luthier amoureux et je suis toujours aussi fascinée. Les mots défilent littéralement comme une partition efficace, avec beaucoup de douceur et d’efficacité. Je n’ai pas pu m’empêcher de souhaiter et d’attendre un happy end mais celui-ci est touchant et spectaculaire, tout en virtuosité.

La maison de la sorcière me laisse un peu perplexe. Pour moi, la fin tombe à plat et à part les souvenirs de l’héroïne, elle est un peu vide. Pourtant, j’ai aimé le début médiéval- même s’il m’a fallu du temps pour saisir l’aspect flashback-, les fées, le message sur la nature, mais il m’a vraiment manqué quelque chose et ce n’est pas vraiment une chute. Dommage.

Vanité ou destinée, déjà un titre qui ne m’inspire pas du tout. Une gamine casse-pieds qui se retrouve changée en oiseau (apparemment, pas trouvé ça très clair) et dans le royaume des Unseelie, son grand-père est en fait un séduisant prince ténébreux et il veut y retourner. L’héroïne ne m’a pas intéressée, l’univers n’est pas vraiment apparent, et en plus j’ai souvent perdu le fil. Encore une rencontre manquée avec Ambre Dubois, j’avoue que je redoute un peu Le manoir des immortels dans ma PAL.

Au contraire, La toile de Liadan dépeint des fées plus intéressantes, dans les mythes celtes et la chevalerie. Point autant de notes d’humour qu’avec son roman très drôle, Lia Vilorë confirme son goût pour cette culture qui est le mien aussi et pour une très belle écriture mélodieuse qui m’a encore une fois emprisonnée. Je n’avais pas envie que cette nouvelle s’achève, même si c’est dans un bain de sang, c’est parfait. Je ne regrette pas mon choix de recueil basé sur ce paramètre.

Dame Astraea d’Angélique Ferreira ferme ce recueil sans me séduire, malheureusement. J’avais aimé les aventures de Clio Kelly, ici, je n’ai pas adhéré à ses fées et la civilisation qu’elle présente. Il y a un aspect prévisible (la fée de la sagesse interdite d’aimer, néanmoins développe de tendres sentiments avec son prince, les conséquences tragiques – je ne m’attendais pas à aller sur cette tragédie mais j’ai eu cette vilaine impression de déjà vu. Et cette impression de mélange très jeunesse (les contes de Christl Vogl, j’avais ce style d’illustration en tête), et un objectif plus adulte qui est tombé à plat. Et soixante pages, c’est trop long pour une nouvelle. Coupée en chapitres en plus. Pour moi, c’est déjà un signe qu’il y a souci dans la longueur. Bref, je n’ai pas accroché à ce dernier texte.

Quelques bémols, mais une lecture rapide et agréable, c’est toujours un plaisir de se lancer dans un livre du Chat Noir 🙂

Lecture sur un rocher

Le Club des veufs noirs

Tales of the Black Widowers. Isaac Asimov (auteur). 1974 (VO), 1989 (VF), 286 p. 10/18 (Grands détectives). Nouvelles – Policier.

Les six membres du “club des Veufs noirs” ne sont pas nécessairement veufs ni même célibataires, mais ils se réunissent chaque mois entre eux pour boire, dîner, et résoudre des énigmes, grâce, le plus souvent, au concours de l’inégalable Henry, leur maître d’hôtel.

Je connais Asimov surtout pour ses récits de science-fiction, après Les Robots, Fondation, et si ce n’est un problème de complexité pour ce dernier j’aime beaucoup les univers qu’il met en place. Et les enquêtes policières me plaisent généralement beaucoup. Ce recueil avait donc de grandes chances de me plaire.

Le récit commençait très bien avec une présentation sur le goût d’Asimov pour le policier. J’ai aimé la première enquête qui met le club en place et même si je me doutais de la résolution, j’ai été contente de voir que j’avais raison.

Mais juste après cette première nouvelle qui m’a plu, j’ai trouvé toutes les autres fades et sans surprises. J’ai été aussi un peu déçue aussi d’apprendre qu’elles se situent dans le second vingtième siècle. Pourquoi cette couverture bien antérieure alors? Je m’attendais à un contexte plus ancien, que j’aurais préféré. Du vocabulaire comme « nénette » m’a franchement déplu.

Les quelques références à Agatha Christie m’ont plu, comme Big Brother (même si le voir traduit par Grand Frère fait grincer des dents). S’autociter avec dérision est amusant. Mais je me suis ennuyée, au final.

Une lecture choisie un peu par défaut, qui ne me convainc pas. Pour la première fois je suis vraiment déçue par un Asimov.