Au bord des mots, lectures sur un rocher

Stray Dog, tome 1

VanRah (autrice). 2013, 305 p. Glénat. Manga – Seinen. 9,15 €.

Ishtar. Un monde oscillant entre lumière et ténèbres où se côtoient présent et passé, patrimoine et renouveau, pierres antiques et technologies nouvelles. Un monde partagé entre une surface idéalisée et une réalité plongée dans le chaos. C’est au sein de cet univers que vont se croiser deux personnes au destin incertain et que tout oppose : Aki, une jeune fille ayant perdu le goût de sourire, et Toru, un Karat, un lycan aux yeux rouges, possédé par une malédiction funeste. Ce qui les lie ? Un contrat d’obéissance qui permet de contrôler les Karat et fait de la jeune Aki la maitresse de Toru.

J’étais tombée sur ce manga dans la boutique d’occasion de ma ville, l’an dernier (je la regrette un peu, vu toutes les jolies trouvailles que j’y ai faites !), il m’avait été très très chaudement recommandé. J’avoue que je n’avais pas trop fait attention à la couverture et que je m’étais dit que j’avais testé.

Et au final, je suis über enthousiaste. Je le suis rarement autant à première lecture, mais VanRah m’a soufflée. J’adore son dessin, le travail sur les yeux, les personnages. Savourez-moi cette couverture (un artbook colorisé à l’occasion? ❤ j’adorerais !).

L’univers n’est absolument pas en reste. Je m’attendais à des changeformes, mais ça c’était avant. La mangaka utilise des loups-garous, avec le terme de lycan que je lui préfère de beaucoup, qu’elle rapproche de démons, de malédiction, et c’est tellement bien fait !

On démarre dans une arène où de riches enfoirés font s’affronter des démons, et un responsable du BIRD (Bureau d’Investigations de Recherche et de Défense sur l’occulte et le paranormal) est enlevé pour s’occuper d’un d’entre eux. C’est violent, un peu gore (donc pas forcément à mettre entre les mains des plus jeunes !) et on découvre le héros, ce Karat, qui va intéresser et émouvoir le scientifique … (le Vatican est aussi de la partie, en mode on éradique tout ce qui bouge, ce qui n’est pas trop étonnant).

Ce scientifique décide de le sauver tout en lui demandant son aide. Je me suis très vite attachée à lui, et c’est d’autant plus difficile de le voir partir si tôt … on suit ensuite Tsubaki, sa fille restée seule, que Toru, le démon, va protéger.

Leur rencontre est très drôle, on voit par leurs yeux l’autre personnage, entre Tsubaki ses cheveux roses et son livre Twaïlight, Toru ses yeux rouges et ses drôles de bandages, ils ont des commentaires assez cassants et drôles.

L’humour est aussi un excellent point du récit. Je n’ai pas arrêté de rire, que ce soit avec le père de Tsubaki et ses collègues, ou avec Toru, même lorsqu’il est en danger, il a un côté cynique très appréciable.

Et en plus, VanRah écrit d’autres mangas dans le même univers ❤ malheureusement ils sont encore autoédités pour l’instant … Glénat, vous ne voudriez pas les reprendre aussi ? 😀

Je sens que j’oublie des tonnes de choses, mais Stray Dog est un superbe début de série, à ne pas mettre entre les mains des plus jeunes toutefois (Toru bouffe quand même son maître à la fin de sa vie …), et j’ai déjà acheté la suite !

Nombre de tomes parus : 3 (série en cours).

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Femmes de dictateur, tome 2

Diane Ducret (auteur). 2013, 497 p. Pocket. Histoire. 8€.

Alors que Saddam Hussein tente de protéger sa deuxième épouse Samira de la jalousie de la première dame Sajida, l’imam Khomeiny n’admet pas que sa femme Khadije s’abaisse à faire la vaisselle, et Kim Jong-il a bien du mal à dissimuler ses infidélités à la star coréenne Hye Rim. Tandis que Mira corrige les discours de Milosevic, Oussama Ben Laden attend que Najwa accouche dans leur camp retranché d’Afghanistan, et Fidel Castro tente d’éviter les assauts de l’agent de la CIA qui est aussi sa maîtresse, Marita. Pour eux tous, l’amour, la mort ou l’exil s’entremêlent. C’est que les hommes réputés autoritaires ou charismatiques ne sont pas, face aux femmes, toujours tels qu’on les imagine ou qu’ils veulent le faire croire, et leur vie privée, tournant souvent au secret d’État, recèle bien des mystères et des surprises. Pour les révéler, Diane Ducret a recueilli, par une enquête non sans risque, les témoignages des compagnes, filles, amis, conseillers, médecins, gardes du corps et même ayatollahs.

Je commençais ce livre avec pas mal d’attente, puisque j’avais adoré le premier, qui se lisait presque comme un roman en me faisant découvrir une facette féminine de l’Histoire, et me pencher plus précisément sur des éléments que je connaissais peu (comme Mussolini et l’Italie par exemple).

Si l’intention ici est certainement la même, et que certains récits m’ont emballée (comme celui de Milosevic, probablement parce que l’Europe de l’Est m’a toujours intéressée), ce n’est pas le cas de la plupart d’entre eux, qui m’ont laissée à la limite de la gêne.

La plupart des histoires viennent des pays du Moyen-Orient et jamais, pas une seule fois, l’autrice ne semble trouver anormale la condition de la femme dans ces pays. Je sais que ce n’est pas le but, mais tout présenter comme normal m’a vraiment mise mal à l’aise. De l’objectivité ? Oui, mais … on adopte déjà le point de vue des femmes, dans cette série. Pourquoi ne pas dénoncer la condition de certaines ? Bref, j’ai été très dérangée par cette perspective, d’autant que les récits sur les dictateurs de cette partie du monde m’ont semblé l’essentiel de l’ouvrage.

Ce n’est peut-être pas le cas, mais c’est l’impression qui m’est restée. De cette lecture, je ne garde que ce sentiment désagréable, et j’en oublie presque qu’il y avait d’autres récits qui m’ont intéressée (sans forcément plu), tellement ils semblent prendre toute la place. D’autant que celui qui m’est resté en tête, sur Milosevic, intervient vers la fin.

Au final, c’est une déception, et une lecture qui me laisse un arrière-goût désagréable.

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Rose Morte, tome 1 : La floraison

Céline Landressie (autrice). Magalie Villeneuve (illustratrice). 2015, 591 p. Milady. Histoire – Fantastique. 8€.

France, fin du xvie siècle. C’est dans ce pays en proie à de terribles dissensions religieuses que se réfugient les Greer, fuyant l’Angleterre élisabéthaine.

Eileen, seule enfant du comte, est une jeune femme vive et de caractère. Mais son âge avance, et son père la met au pied du mur : elle doit se marier.

Et c’est en faisant tout pour éviter cette terrible obligation à l’aide de sa fidèle amie Charlotte que Rose fera connaissance d’Artus de Janlys.

Le séduisant et mystérieux comte l’entraînera dans un univers dont elle ne soupçonnait pas l’existence, où les crimes terribles qui secouent Paris trouveront une explication apparemment inconcevable, mais bel et bien réelle…

J’avais énormément entendu parler de Céline Landressie au cours des dernières années – notamment pour cette malheureuse histoire de couverture, mais le point positif, c’est que ça m’avait permis de découvrir ses romans et me dire que ça pourrait me parler, en fin de compte, pour le côté historique.

Ce point est parfaitement servi avec ce premier tome – je tiens à signaler que ce n’est pas simplement un tome d’introduction. Certes, on découvre l’héroïne, Rose, et d’autres personnages comme Artus, les prémisses de leur relation et l’étrange nature du comte, mais il se passe suffisamment d’action pour me contenter.

En revanche, je ne m’attendais absolument pas à l’aspect fantastique (enfin un chouia, c’est de l’imaginaire) et surtout au fait que l’autrice traite de mon personnage favori dans le genre, le vampire ❤ En lui donnant un autre nom plus propice à la période historique puisque ce terme n’existe pas encore.

Voilà, rien qu’avec cette explication, j’étais lancée, j’adorais. Elle écrit aussi divinement, et de manière très plausible, les changements qui s’opèrent chez l’héroïne, les petits évènements étranges qui peuplent le quotidien. Les bribes d’intrigues, de complot, sont savamment distillés, et rehaussés par son écriture soutenue et riche, jamais fausse, qui contribue à engloutir le lecture dans cette parenthèse historique enchantée. Céline Landressie a une plume pleine d’élégance dont je ne me suis pas lassée.

Je n’ai absolument pas vu le temps passer. Il faut dire que si j’avais compris la nature d’Artus, j’étais très curieuse des réactions de Rose et de sa propre transformation, qui sont encore une fois plausible et très bien amenées. Leur romance aussi, son développement, les hésitations de l’héroïne, tout cela m’a particulièrement parlé. C’est d’ailleurs une excellente héroïne, que j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre, dans ses réflexions, son intelligence, son refus de sa condition originelle. (Mais la mère, quelle plaie !)

J’étais ravie de faire suivre cette superbe lecture par la rencontre de Céline Landressie aux Imaginales, qui a confirmé mon excellente impression tant elle est sympathique. Et j’ai pu me procurer la suite, puisque je compte définitivement poursuivre les aventures de Rose.

Nombre de tomes parus : 4 (série en cours).

Tome 2 : Trois épines

Tome 3  : Flétrissures

Tome 4 : Ikebana

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Feuilles de novembre

En novembre, je n’arrive plus à lire, ou presque. Je retombe sur des mangas, et vide tellement ma bibliothèque que je dois appeler chez les parents pour qu’on me ramène les suites … (et ma mère a oublié un tome 3, donc je ne peux pas continuer :P). J’essaie aussi de commencer plusieurs romans ou documentaires et puis non, ça ne veut pas.

J’ai beau adorer Le goût des mots chez Points, Dans les bras de Morphée m’est vite tombé des mains, même pas noté sur Goodreads alors qu’il est toujours dans ma pile sur la table de chevet. Ce n’est pas inintéressant, mais en baisse de motivation lecture, des études d’expressions issues de la mythologie ne passent pas forcément.

L’atlas des brumes et des ombres est une relecture toujours aussi plaisante, mais de même, j’ai du mal à me plonger de dans et je le tire en longueur. C’est heureusement un des rares livres que je ne me lasse pas de faire durer, donc ce n’est pas très grave – et il est bien chouette en bouquin de déjeuner. Toujours aussi ravie de découvrir dans ces idées lectures où j’avais pêché certains titres comme les Livres de sang de Clive Barker.

Lasser, que je viens de racheter à Snow, me parlait bien. Le côté policier, dans un univers de mythologie moderne, me rappelait Mytho, mais je l’ai beaucoup moins apprécié. Je ne sais même pas si j’ai atteint la page cinquante. En moins de vingt pages, il sauve une damoiselle en détresse et paf v’la la relation amoureuse qui se lance. Ce sont peut-être les codes du genre mais ça me lasse déjà.

Je vais prendre mon temps pour  cet Art Game Book qui présente les mouvements artistiques du XXème siècle (ça, c’est l’héroïne de mon roman qui déteint sur moi ^^,), par petites présentations d’une page et jeux. Un beau livre que je prends plaisir à retrouver quand je ne suis pas en mode manga.

C’est décidé, cette année, je termine Pretty Guardian Sailor Moon. Depuis le temps qu’elle dort sur mes étagères. J’avoue que si je suis contente de retrouver l’histoire, je suis très critique à son encontre, que ce soit avec la nouvelle édition ou la trame de base. Le tome 10 a été entamé hier soir, je devrais le finir tout bientôt. n entre dans des cycles que j’aime moins (Néhélénia, Sailor Galaxie), mais on finira, hein.

Tout autant pour le blog que pour moi, je me lance dans des relectures de séries manhwa découvertes il y a une dizaine d’années, peu après la disparition de Saphira. Je ne craignais pas trop cette relecture, j’aurais dû ! I Wish, pfiouh, est tout aussi mignon, choupi et attachant que dans mon souvenir.

En revanche, je ne vois pas ce que j’appréciais chez Model. Le trait me paraît prétentieux, le mystère à voir, le vampire boh – OH ET PUIS FRANCHEMENT un vampire qui s’appelle Muriel ?? Comme la petite vieille de Courage, le chien froussard ??? Je n’arrive pas à passer ce cap ! J’attends de voir, mais je suis loin d’être emballée – j’ai envie de dire que ça sent le désherbage, mais c’est une série que j’aurais du mal à retrouver ensuite au cas où … (bon apparemment j’avais bien le tome 3 selon Goodreads je ne sais juste pas où il est et ma mère m’a bien ramené les bons tomes xD).

Bibi est enfin terminé. C’est tout aussi inutile, sans parler d’une traduction qui laisse à désirer. Horror Collector, de la même manhwaga que Model me dérange encore plus, et c’est une découverte. Je m’étais enquiquinée à trouver tous les volumes – Samji, pas trop évident non plus, pour suivre une histoire un peu horrifique où le héros cherche des artefacts maudits … et au final je le vois dans chaque chapitre ou presque en plein sexe avec un autre personnage. Je. M’En. Fiche. En plus pas vraiment de linéarité dans le récit … Seul le dernier chapitre, sur un personnage féminin mentionné dès le début, m’a vaguement intéressée, mais si les quatre suivants sont comme ça ils ne vont pas faire long feu dans mes bibliothèques.

Hana et ses petits plats faciles sont toujours aussi adorables, même si certaines remarques m’ont un peu gênée. Les recettes m’ont donné envie d’essayer plein de choses  – Snow, elle fait de la soupe 😛

Le nouveau Sakura … me rend mitigée. Je retrouve le caractère de la plupart des personnages – Shao excepté, mais c’est peut-être voulu – mais le dessin n’est plus le même. Certes elles ont évolué et pondu Tsubasa entre temps, mais l’innocence et la naïveté se sont un peu perdues. Et puis ça va trop vite, bang de nouvelles cartes, bang, deux nouvelles cartes et elle sait d’instinct sans qu’on s’y arrête ses nouvelles formules … ça me gêne un peu. J’attends la suite, mais je suis heureuse d’avoir mes tomes italiens à relire avec plaisir.

Vous avez lu, vous comptez lire certains de ces livres ? De belles lectures pour vous en novembre ?

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Psi-Changeling, tome 4 : Mienne pour toujours

Psy/Changeling 4 : Mine To Possess. Nalini Singh (autrice). Clémentine Curie (traductrice). Anne-Claire Payet (illustratrice). 2007 (VO), 2012 (VF), 507 p. Milady. Fantasy urbaine – Science-fiction. 8,20€.

Le monde de Clay a basculé dans les ténèbres quand, enfant, il a perdu sa meilleure amie Talin. Lorsqu’il la retrouve, adulte, il décide qu’elle ne le quittera plus jamais. Mais dans leur course contre la montre pour sauver des enfants sans-abris qui disparaissent mystérieusement, Clay et Talin devront rouvrir les blessures du passé… ou perdre tout ce qui leur est cher.

J’avoue, j’ai encore une fois relu les trois premiers tomes avant d’entamer finalement celui-là ^^, Je ne sais pas, je ne sentais pas tellement le résumé et j’avais peur de m’ennuyer, pour finalement ne plus apprécier la série.

Et au final, effectivement, j’apprécie moins l’histoire de Clay. Déjà pour la bonne et simple raison qu’il connaît déjà la jeune femme dont il est question, Talin. Ils ont une histoire commune, qui n’est pas inintéressante, mais j’ai préféré les entrées en matières de Sacha/Lucas, notamment.

Et puis … Talin est humaine, pas Psi (même si elle descend de Psis, c’est un mini pourcentage), et en plus son problème de santé, sa guérison, sont un peu tirés par les cheveux.

De même, autant je comprends qu’il faille en passer par les humains tôt ou tard, je les trouve moins intéressants que les deux autres groupes principaux et on n’avance pas trop dans la découverte du protocole Silence, un de mes éléments favoris. Et il y a des enfants … j’y reviendrai.

Il y a quelques passages sur le Conseil, notamment Kaleb – que je vois bien devenir soit un ennemi très précis soit se rallier à la meute, et j’apprécie de suivre l’évolution, mais c’est un peu trop destructeur pour les Psis, je trouve, qui sont sensés avoir davantage de puissance …

Mais bon, on voit davantage Dorian, le personnage que je préfère, donc c’est déjà ça. La relation de Clay avec les autres félins est attachante, une fois encore on sent l’attachement, l’amitié avec Dorian notamment.

Bon, puisqu’on en parle, il est le héros de l’histoire suivante, et je sens que ça ne va pas me plaire, déjà parce qu’il est question du gamin qu’ils récupèrent à la fin de ce tome 4. Je ne suis pas du tout fan des enfants dans les récits adultes. Et puis la jeune femme en question ne me plaît pas trop non plus. (Oui, ça va m’agacer lorsque Dorian va se retrouver avec elle, je le vois venir).

L’un dans l’autre, un volume que j’ai moins apprécié que les précédents.

Nombre de tomes parus : 15 (série finie).

Tome 1 : Esclave des sens

Tome 2 : Visions torrides

Tome 3 : Caresses de glace

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Feuilles d’octobre

En octobre, j’ai besoin de me consacrer à des lectures un peu plus légères, comme j’ai un peu de mal jusqu’aux vacances. J’arrive à faire suivre d’un peu d’imaginaire, pas forcément apprécié.

Il m’a fallu m’accrocher avec Splendour puisque le début, suite à la chute du 3, m’a paru clairement ne servir à rien. Le retour à la bonne société m’a ennuyée puisque Lina était sur le devant de la scène. Etrangement, c’est Elisabeth qui m’a intéressée dans cette dernière histoire, puisqu’à part Teddy, tout le monde s’en fiche d’elle et qu’elle soit finalement très en danger … Et j’ai tellement aimé le choix final de Diana. Il rattrape presque tout le reste ^^,

How to be a woman … n’est définitivement pas ma tasse de thé. C’est un livre à lire, qu’il fallait écrire, sur la condition féminine, sur les défis qu’a rencontrés l’auteur et ses différentes réflexions. Mais je ne me suis pas franchement retrouvée dans celles-ci sur la maternité, la féminité, la sexualité. Ce n’est pas une perte de temps, il m’est arrivé de rire, mais je crois que ce n’est juste pas un livre pour moi.

Quand je suis un peu déprimée, l’Histoire rend tout meilleur. Cher pays de notre enfance : enquête sur les années de plomb de la Vème République évoque les années juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale et la guerre d’Algérie, le meurtre d’un juge, la mafia lyonnaise et un groupuscule appelé le SAC. J’ignorais totalement son existence (et mon père aussi, shame on him). C’est assez terrifiant de découvrir cette partie de l’Histoire, trop proche et trop éloignée à la fois, mais fascinant grâce au trait documentaire des auteurs.

Jeune fille en Dior est un achat tout récent du Livre sur la Place. Je l’avais déjà feuilleté en avais adoré les dessins. Mais je retrouve un problème courant avec Annie Goetzinger. Les dessins sont impeccables et tant que l’on est focalisé sur Dior, c’est impeccable. Dès lors qu’on sort de la raison de vivre de l’album elle se lance dans un truc bien cliché. Si elle voulait donner un côté rêve de petite fille … c’est complètement passé à côté avec moi et la fin m’a juste ennuyée. D’où le problème : j’aime l’autrice dessinatrice, beaucoup moins scénariste. Tant pis, l’objet reste superbe.

C’était Lelf, je crois, qui m’avait donné envie de découvrir Saga. L’histoire est intrigante, les personnages très divers, mais j’avoue que le côté axé sur le sexe de ce tome m’a un peu agacée. J’attends de lire la suite pour me faire une opinion.

Le voleur aux cent visages est un achat inattendu du Festival de Géographie. Le premier tome est à l’image de mon ressenti, ces temps-ci, sur les séries vintage de Clamp : c’est adorable, et ici plein d’élégance. Les héros sont jeunes, mais si choupis!

Les Léonard sont des BD du boulot. D’ordinaire j’apprécie, mais je les ai trouvés plutôt ennuyeux, et le second trop parti dans une espèce de fantasy un peu loin de l’idée originale de la série. Bon, l’essentiel c’est que les gamins apprécient toujours.

J’ai retrouvé Sakura avec plaisir (surtout qu’apparemment les autrices se lancent dans une nouvelle série sur elle qui paraîtra bientôt … je la sens moins, celle-là). L’italien est toujours aussi adorable. Et il y avait Shaolan ❤

Sur un coup de tête, peu après avoir lu Ainsi soit-elle j’ai acheté la BD de Catel sur l’autrice. Et c’est magnifique. Il y a à la fois le récit de la vie de Benoîte Groult (fascinant, touchant), mais aussi une réflexion sur la bande dessinée et le féminisme. Magnifique.

J’ai découvert Lou dans mon deuxième CDI. Je ne vous en ai pas encore parlé parce que j’avais complètement oublié de les rentrer dans Goodreads et donc dans mon bilan. J’ai lu les quatre dernières ce mois-ci, donc, et n’en ferai pas de billet. Si j’ai toujours du mal avec le dessin, que je ne trouve pas très esthétique, il s’améliore effectivement (excepté pour le 6). Le 4 et le 5 poursuivent une histoire plutôt attachante sur l’adolescence. Je fais partie des déçu.e.s du 6, qui à mon sens n’a rien à voir et le dessin est bâclé. Le 7 semble revenir sur une histoire un peu mieux maîtrisée, un dessin plus contrôlé, mais la fin n’augure rien de bon. Ce n’est pas une série que j’ai envie d’acheter, et si ce n’est pas le cas au boulot, ce sera tant pis.

Sailor Moon, c’est toute mon enfance ❤ Je n’ai pas encore terminé ma lecture de l’édition Perfect, et pour pouvoir reprendre au 6, j’ai relu les premiers qui étaient restés chez mes parents, pour tout bien avoir en tête. C’est toujours aussi perturbant parce que je connais presque par coeur le texte de la première édition, et je vais remarquer presque tous les changements effectués, généralement pour le meilleur. Et cette reprise des noms originaux est tellement parfait. Une pensée pour Diamond, que j’apprécie toujours autant et que je regrette à chaque fois 😛 J’ai hâte de me lancer dans les arcs suivants que je connais moins bien (mais Pluton reviendra ❤ ).

Je devais lire Les hommes dénaturés pour un ABC SF il y a quelques années en l’empruntant, mais je n’ai pas eu l’occasion de le faire puisque j’avais déménagé. J’aurais probablement mieux fait de m’en tenir là vu à quel point j’ai détesté. L’enquête ne m’a pas passionnée, l’héroïne est horripilante, et les références au sexe ne sont absolument pas nécessaires. Il ne sera vraiment pas resté longtemps dans ma bibliothèque.

J’avais besoin de SF après ça, j’étais tellement agacée. Roland C. Wagner m’avait tellement soufflée avec son premier tome des Futurs mystères de Paris, Tem tellement passionnée, que je n’ai pas beaucoup réfléchi avant de me lancer. Il faut dire que ce second tome est encore plus barré que le premier et que j’ai eu un peu de mal à suivre, mais j’ai apprécié les explications sur la psychosphère, la tribu d’origine de Tem, les nouvelles données sur cette société. J’espère que la suite sera un peu plus simple à comprendre ^^,

Le Destin d’une déesse est une série qui m’avait laissé un très bon souvenir, surtout le premier. Je crois me rappeler que la fin du second était un peu cliché, sur une lancée un peu plus molle que le début, mais il fallait bien finir. Et oui, il fallait vraiment en finir, mais peut-être pas de manière aussi pesante, et, honnêtement, chiante. Je me suis ennuyée de bout en bout, déjà qu’on démarre par une grossesse et un accouchement, tout ce que je déteste. Je vais jeter un oeil au premier et au deuxième une fois encore parce que je ne suis pas du tout sûre de conserver cette série, ce tome étant vraiment une catastrophe.

Eclats d’ombre m’a apporté une jolie respiration après cette vilaine lecture. Les dessins de Mélanie Delon sont toujours aussi magnifiques, même si je suis plus mitigée devant les quelques lignes de légende qui les accompagnent.

Je suis tombée sur ce beau livre il y a quelques années, par hasard. Je ne le pensais pas aussi riche en texte. L’auteur est un ancien joueur, architecte de profession, qui a travaillé sur les courts de Roland Garros et a donc une vision passionnante. Il évoque l’histoire du jeu, les grand.e.s joueur.euse.s, et beaucoup d’éléments, le tout servi par une superbe illustration. Je ne suis pas fan de toutes ses affirmations sur les femmes, mais le résultat est quand même très beau.

Gérard Klein m’avait passionnée avec son Livre d’or de la science-fiction sur Ursula Le Guin, qui m’avait pourtant perdue avec Lavinia. Snow a donc eu la gentillesse de me donner ce petit recueil sur Robert Heinlein que j’apprécie beaucoup. J’avoue que la partie biographique, au lieu de m’enthousiasmer, m’a complètement plombée, et les nouvelles, si certaines sont intéressantes, m’ont déprimée et déplu pour la plupart … Un ouvrage qui ne donne pas envie de poursuivre ma découverte de l’auteur, cette fois.

Pour la petite anecdote, j’avais complètement oublié que j’avais Les Oubliés de l’Histoire dans ma bibliothèque xD C’est bien dommage, parce que l’auteur a une très belle écriture et que les quelques personnages que j’ai découverts pour l’instant m’étaient relativement inconnus et que je prends beaucoup de plaisir à en apprendre davantage sur eux. Un peu de lassitude s’est installée sur la fin, surtout que certains destins se ressemblent plutôt.

Je démarre juste La trilogie des magiciens que Snow m’avait chaudement recommandée. Les choses se mettent en place tout doucement, mais j’aurais vraiment préféré que l’histoire soit séparée en trois tomes ^^, j’ai une vague impression d’insurmontable xD

Vous avez lu, vous comptez lire certains de ces livres ? De belles lectures pour vous en octobre ?

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Double faute

Double Fault. Lionel Shriver (autrice). Michèle Lévy-Bram (traductrice). Tyler Gourley (illustrateur). 1997 (VO), 2010 (VF), 444 p. Belfond. Contemporaine – Romance. 21,50€.

Un soir, à New York, lors d’un match de tennis improvisé, Willy rencontre Eric. Elle est joueuse professionnelle, battante et accrocheuse, il est tennisman dilettante mais étonnamment doué. Entre eux, c’est le coup de foudre. Ils se marient. Et les difficultés commencent. Car la douceur des débuts dans Ripper West Side fait bientôt place à la compétition. Une rivalité professionnelle et amoureuse acharnée, jusqu’à l’ultime balle de match, ce moment décisif où aucune faute n’est plus permise et où Willy aura à faire un choix crucial.

J’étais très contente de tomber sur un ouvrage parlant de tennis, de manière aussi appuyée (jusque dans le titre, les conditions de rencontre des personnages, tout le contexte en fait) et je me suis lancée avec enthousiasme.

Ca n’est pas vraiment un secret, mais j’adore le tennis. J’en ai fait pendant des années, je reprendrais dès que je trouve un club qui me convienne, j’en regarde à la télévision quand je peux, j’adore seulement entendre le commentaire d’un match tout en faisant autre chose … alors ça me rend d’autant plus triste quand je vois que le tennis fait le malheur des personnages et détruit leur univers 😦

C’est vraiment l’impression générale que m’a laissée ce livre, que je ne pouvais pas reposer plus vite. Il rend immensément triste. Si le tennis est l’instrument de la rencontre entre Eric et Willy, il est aussi celui de leur destruction. Il est tout pour Willy, qui en fait depuis son enfance et est professionnelle depuis qu’elle a dix-neuf ans. Eric, lui, vient de finir ses études de maths avec brio et joue depuis quelques années seulement et a décidé de passer pro, et va décrocher victoire sur victoire. Il s’en fiche. Mais il va s’élever au top 10 avec une facilité confondante alors que Willy va sortir du classement international suite à une blessure et un stress – datant du jour où son mari Eric l’a battue pour la première fois.

La rivalité aurait pu être stimulante, elle est désespérante. Le couple (qui est le thème du roman pour l’autrice, pas ce sport, d’où déjà une divergence entre mes attentes et le texte) ne peut pas se mettre d’accord. Aucun n’y renoncera, et si cela arrive, ils haïront l’autre. J’ai trouvé cette situation tellement triste.

Et Willy, honnêtement, est d’un égoïsme et d’un égocentrisme incroyable. Elle essaie de l’expliquer, de le justifier à un moment en parlant du fait que c’est par rapport au tennis où on se place toujours par rapport à quelqu’un, où on rapporte toujours tout à soi. Mais j’en viens à me demander pourquoi elle a épousé Eric. Certes elle se sent bien avec lui, aime lorsqu’il est présent à l’appartement et qu’ils font l’amour, mais dès l’instant où il la bat, c’est terminé et on ne voit plus d’affection entre eux, et elle ne l’admet pas, elle ne lui en dit rien (oui déjà bonjour la communication).

La fin est horrible dans cette optique. Tombée enceinte elle en parle à Eric puis avorte sans le prévenir, enfin pas avant que ce soit fait. Bon je ne parle même pas du fait que ce soit le jour de son premier match en tant que top 10 ou grand chelem, mais vraiment simplement ce choix qu’elle fait. Je ne m’y attendais pas, je pensais plus à une fin un peu clichée du style elle se range et ils se rabibochent ou du moins ils essaient. Mais ce choix la montre comme étant d’autant plus égocentrique qu’elle ne l’écoute même pas, et je crois bien qu’elle se réjouit énormément de la défaite d’Eric.

Eric n’est pas un personnage parfait non plus, je pense. Enfin il est trop parfait en ce qu’il réussit tout ce qu’il entreprend et est extrêmement patient avec Willy, ce que j’ai eu du mal à croire, au bout d’un moment. Elle va l’avoir à l’usure avec ses petites réflexions, mais d’ici-là, je n’ai pas pu croire à ce personnage tombé du ciel, étudiant reçu avec honneur et mention, qui perd de manière gracieuse puis gagne et monte dans le classement avec tant de régularité. Ou pêche d’un coup au Scrabble toutes les lettres à gros numéro, vide son bloc, chope un truc triple et j’en passe. Ca, c’était le détail exaspérant de trop.

Et accrocher tellement de casseroles de poisse à Willy est cruel en comparaison. Pour une fois qu’on aborde les règles dans un roman, je suis assez contente, beaucoup moins de voir qu’on en fait un élément de péripétie dans le « cette fille va de pire en pire », avec le message qui va bien « c’est normal d’avoir mal, on serre les dents et on finit le match »… surtout qu’on y ajoute un juge de ligne injuste et l’épisode suivant mentionne deux espèces d’énormes boutons de fièvre à la lèvre. Au bout d’un moment, sérieusement, il faut arrêter l’escalade des catastrophes pour un personnage et la montée gracile d’un autre … Encore une fois, je n’aime pas ce message des règles qui sont douloureuses et c’est normal, ta gueule et marche (surtout pour une sportive de haut niveau qui pourrait avoir des problèmes de santé).

J’aurais accessoirement pu claquer le père d’Eric qui se permet de sortir que Willy « doit surveiller sa ligne » (le soir où il la rencontre), et qu’il lui demande d’expliquer « pourquoi tant de championnes de tennis sont grosses ». Je vous avoue que ça me donne des envies de mordre. Être une athlète ne devrait pas être éclipsé par le physique. Je déteste le fait que Kournikova qui n’a pas fait grand-chose sur les courts soit plus connue et célébrée que d’autres joueuses qui correspondent moins aux critères de beauté. Et je suis ulcérée d’entendre les commentaires sur Serena Williams, au sommet de son sport et magnifique. Bref.

Une autre déception a été la traduction, parfois. J’ai tiqué sur certains termes de tennis, alors que merci, je connais le vocabulaire. Ce n’est pas « bûcheronner », mais « bourriner », plutôt … certes c’est un détail mais lorsque tu traduis un livre qui est si profondément cimenté dans le sport tu vérifies.

Et, heu « des théories de bananes trônaient sur le comptoir », ça veut dire quoi ? qu’en théorie y a des bananes ? Je ne vois même pas quelle expression anglaise a été triturée pour donner ce résultat crétin et biscornu. D’autres termes comme « quérulent » ou « gambit marital » m’ont sortie de ma lecture aussi.

Moi qui espérais une lecture légère qui me plonge dans un univers de tennis, je suis définitivement restée hors jeu ici. Et pire, je pense que ça me rendrait malheureuse de reprendre une raquette tout de suite après lecture, donc vraiment pas une réussite.