Lectures sur un rocher

Une enquête du commandant Jana Matinova : La complice du magicien

compliceThe Magician’s Accomplice. Michael Genelin (auteur). Armelle Santamans (traductrice). 2009 (VO), 2012 (VF), 474 p. Marabout. Policier. 19,90€

Un étudiant sans le sou est abattu dans un hôtel de luxe de Bastislava. Cet assassinat paraît être l’œuvre d’un professionnel. Mais qui voudrait tuer un universitaire affamé ? Quelques heures après, le commandant Jana Matinova apprend que son amant Peter, avocat général au bureau du procureur trouve la mort dans l’explosion d’une bombe. Une fois encore, le travail d’un professionnel, semble-t-il. Ces deux meurtres ont-ils un point commun ? Jana, dévastée, est déterminée à trouver le coupable. Mais avant même d’avoir pu commencer son enquête, elle est envoyée à la La Haye au siège d’Europol, la force de police internationale. 

J’étais ravie de retrouver cette série dans mon édition des premiers tomes, en grands formats, moi qui pensais devoir switcher à la VO pour la suite.

Au final, vraiment pas sûre de poursuivre les aventures de Jana. Je me suis vraiment ennuyée.

Tout démarre bien trop vite, dans le meurtre initial, l’attentat qui coûte la vie à Peter. Et vraiment la réaction de Jana … trop de sang-froid, trop de bousculade pour presque la jeter hors du pays et se rendre aux Pays-Bas. Là, on ne se pose jamais pour découvrir l’univers puisque l’héroïne sait d’ores et déjà qu’il y a quelque chose de pourri dans ce royaume, donc j’ai douté de tout ce qu’elle apprenait.

Et c’est course-poursuite sur fuite et fusillades en séries. Wouhou que c’est fun. Ajoutez à cela ce pseudo magicien qui suit Jana partout et qui se croit drôle …

La traduction aussi m’a agacée. Pour évoquer Jana, c’est « le policier » qui est utilisé. Heu. WTF ? La policière c’était pas possible ? Pourquoi cette masculinisation ? on utilise bien l’enquêtrice juste en dessous !

Et la vision de Jana sur la mort de jeunes gens … ça l’énerve parce qu’on « détruit également les enfants qu’il aurait pu avoir, et les enfants de ces enfants ». Mouais, donc on vit pour faire des gosses, quoi, charmant.

Bref. Je me suis tellement ennuyée que je n’avais vraiment pas hâte de prendre ce livre, ou de lire en général, et j’étais à ça de voir la lecture comme une corvée … définitivement pas pour moi.

Nombre de tomes parus : 5 (série en cours).

Les jeunes filles et la mort La mort est mon amie

Lectures sur un rocher

Les Enquêtes de Nicolas le Floch, tome 2 : L’homme au ventre de plomb

Jean-François Parot (auteur). Rosalba Giovanna Carriera (illustrateur). 2004, 370 p. 10/18 (Grands détectives). Histoire – Policier. 7,50€.

Fin de l’année 1761 : la guerre de Sept Ans prend une tournure de plus en plus désastreuse, l’expulsion des Jésuites est en discussion et la Marquise de Pompadour vit ses derniers temps de faveur.

Durant une représentation à l’Opéra à laquelle assistent Nicolas Le Floch et Madame Adélaïde, une des filles de Louis XV, le Comte et la Comtesse de Ruissec, qui accompagnaient la Princesse, sont informés du suicide de leur fils, et Nicolas suit son maître Sartine jusqu’à l’Hôtel des malheureux parents, où il va faire de bien curieuses constatations.

J’ai retrouvé avec plaisir Nicolas Le Floch pour une nouvelle aventure. Un peu stressée après la merveille qu’a été Ink Exchange et les suites de série très décevantes qui ont précédé (Les Magiciens de Caprona mis à part). Cette enquête est toujours aussi palpitante, et difficile à démêler pour le lecteur.

Elle est d’ailleurs bien complexe (je n’ai déjà compris l’origine du titre que très tard), puisqu’elle démarre par un suicide. Or, ça, il faut le cacher à tout prix puisque dans la France catholique de l’époque, ça n’est jamais très bien vu, que ce soit pour le mort lui-même (est-ce qu’il a seulement droit à une sépulture décente ?) ou sa famille (ça va jaser dans les chaumières). Le héros marche donc franchement sur des oeufs. D’autant que la fille du roi était là lorsque la nouvelle lui a été annoncé, les parents sont de sa maison (aka la mère est dame de compagnie de la princesse ou quelque chose du style), donc ça rajoute une couche de stress supplémentaire.

Et puis on retrouve les intrigues de cour, avec une Mme de Pompadour qui perd de sa superbe et essaie de s’assurer la loyauté de Nicolas, les Jésuites sont encore dans les parages (alors dans ma tête ça fait très société limite secrète, pas vraiment religion, puisqu’en général dans les livres d’Histoire pouf ils surgissent, ils manipulent, pouf ils disparaissent ailleurs ^^,) et ça intrigue, ça intrigue, ben ça intrigue jusqu’à ce qu’il y en ait un qui se casse le nez.

Ou autre chose, d’ailleurs. C’était très inattendu, pour la mère de la victime, et quel symbole, d’ailleurs. C’est compliqué aussi pour Nicolas d’ailleurs de jongler entre les sensibilités royales, nobles et religieuses, puisque 1761 oblige, tous les trois tirent encore pas mal de ficelles, et se tirent mutuellement dans les pattes tout en feignant de s’appuyer les uns sur les autres. On ne sait pas trop qui croire, il ne reste donc que les preuves.

J’adore ce milieu d’intrigues, encore une fois très bien reconstruit dans ce volume. L’enquête policière, si elle est complexe, est toujours passionnante à suivre, et si j’avais été mieux réveillée, je pense que j’aurais pu trouver quelques fils toute seule.

Bon, je vais faire ma fangirl, mais seulement deux minutes, promis.

Nicolas ❤

Bon, ça c’est fait. Rien à redire pour les personnages non plus – sinon la maîtresse du frangin et l’interlude avec Nicolas qui ne sert pas à grand-chose. Sartine, toujours aussi imposant, et j’aime beaucoup la relation qui se tisse avec le héros, faite d’obligations, de hiérarchie officielle, mais également d’une sincère appréciation qui aurait pu être de l’amitié en d’autres temps (mais peut-être dans les volumes suivants ?), le vieux monsieur hôte de Nicolas …

Encore une fois un très, très bon moment de lecture, toujours agaçant lorsqu’il s’arrête.

Nombre de tomes parus : 13 (série en cours).

L’énigme des Blancs-Manteaux

Lectures sur un rocher

Miss Silver, tome 19 : La dague d’ivoire

The Ivory Dagger. Patricia Wentworth (autrice). 1953 (VO), 1998 (VF), 320 p. 10/18 (Grands détectives). Policier.

Le bureau de Herbert Whitall offre une vision de cauchemar au petit matin : l’homme a été poignardé durant la nuit à l’aide d’une dague d’ivoire. Miss Silver s’avoue quelque peu désorientée. Elle sait bien sûr que Lila Dryden, qui devait devenir sa femme, nourrissait pour lui en secret une haine féroce, toutefois ce crime ne saurait lui profiter. Mais qu’en est-il de ses proches ? Avec seulement des débuts de réponses et quelques maigres indices, Miss Silver devine déjà que la partie ne sera pas facile à jouer.

Une bonne déception, voire à la limite de la consternation.

J’ai eu une forte impression de mascarade, avec tous ces suspects, ces éventuels criminels qui défilent, un peu ridicule. Car oui, d’abord c’est untel qui a commis le crime, ensuite machin se dénonce, et retournement de situation c’est truc … je sais, c’est le principe du roman policier à énigme dans ce style, mais là on aurait dit un défilé et j’ai détesté.

J’ai trouvé l’écriture assez limite, avec des problèmes de traduction visibles (même si malheureusement je n’ai plus d’exemples en tête). Et des références constantes à Tennyson m’ont agacée, comme je ne lis pas cet auteur. Et l’autrice m’a ennuyée jusque dans son écriture (quand la traduction ne m’a pas agacée).

L’enquête en elle-même m’a peu passionnée, surtout que je venais de terminer un Agatha Christie, qui sans être un des meilleurs, était sans comparaison. Cela tenait sans doute en grande partie aux personnages.

L’héroïne, Lila, est plate, sans aucun ressort. Elle estime qu’elle doit se marier parce que trois cents invitations ont été envoyées … j’ai horreur de ce genre de personnage larmoyant. J’ai préféré sa cousine, Ray, qui a davantage de caractère, mais l’histoire d’amour du roman qui la concerne, se noue beaucoup trop vite, aucun suspense de ce côté. Lady Dryden, qui force Lila à se marier, est relativement absente de la deuxième partie, ce qui est peu logique parce qu’elle est tout de même un suspect potentiel – comme tout le monde.

Les autres personnages ne m’ont pas laissé de souvenir impérissable. Miss Silver m’a un peu agacée dans ce volume. J’aurais vraiment dit qu’assise, elle se tournait les pouces, et alignait bonne réponse sur bonne réponse … une fois encore, c’est un peu le principe de ce genre de policier à détective, et je ne sais pas pourquoi ça m’agace particulièrement avec elle, ou ce volume spécialement. C’est sans doute lié à mon impression de mascarade, de défilé pour le criminel. Que si ils étaient proclamés coupables tour à tour et ensuite non ce n’est pas eux, qu’à un moment elle s’était trompée mais qu’elle n’en donnait pas l’impression … Je sais, c’est élaboré, mais j’essaie de comprendre pourquoi cette lecture m’est complètement passée par-dessus la tête.

Nombre de tomes parus : 32.

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Nils Hazard, tome 1 : Dinky rouge sang

nils-hazard-1Marie-Aude Murail (autrice). 1999, 207 p. L’École des Loisirs (Médium). Policier – Jeunesse. 7,10 €.

De quel crime Nils s’est-il rendu coupable à l’âge de trois ans ? Pourquoi François, bon élève de cinquième, s’est-il mis soudain à bégayer? D’où vient cette grimace de peur qui défigure sans cesse le jeune Frédéric Roque ? Autant de personnes, autant d’énigmes à résoudre. Pourquoi Paul Duvergne a-t-il disparu en emportant le roi et la reine de son jeu d’échecs ? Pourquoi Solange est-elle triste chaque fois qu’elle boit du chocolat?

Le professeur Nils Hazard, qui garde sur son bureau une petite voiture rouge sang de la marque Dinky toy, est un détective d’un genre particulier. Il n’a jamais arrêté un seul coupable et puis il ne réfléchit pas, il ne déduit pas. Il imagine …

Je suis très contente d’avoir tenté cette lecture. Nils est un personnage vraiment intéressant. J’ai beaucoup aimé le fait que ce soit à plusieurs enquêtes qu’on ait affaire, qu’il y ait des rappels de certains points de l’une à l’autre.

La première, sur l’adolescence du héros, est passionnante, puisant dans les secrets familiaux, avec un petit côté aventure. Le côté désuet, le fait qu’il soit difficile de dater cette époque, me plaît tout spécialement puisqu’il donne un côté intemporel à l’action. Et Nils, avec ses petites particularités (sa passion pour les Etrusques, sa manière de mener une enquête), est un personnage très appréciable.

Sa manière de résoudre les enquêtes est très chouette aussi, à la Hercule Poirot un peu, ici en imaginant ce qui pourrait se passer (typiquement ce que je fais :P). Si celle de l’adolescent bégayeur m’a un peu ennuyée, la grimace de peur, le fou et surtout la demoiselle qui craint de boire du chocolat m’ont beaucoup plu, avec cette touche d’aventure. Je pense que j’aurais adoré lire ces enquêtes adolescente, après Alice Quine !

Petit regret, la relation amoureuse qu’on voit venir à trente pieds de longs, même si elle n’est pas trop ennuyeuse. Catherine a un humour que j’ai plutôt apprécié. J’ai hâte de poursuivre ma découverte des enquêtes de Nils.

Nombre de tomes parus : 7 (série finie).

Lectures sur un rocher

Les Enquêtes de Logicielle, tome 2 : L’ordinatueur

ordinatueur logicielleChristian Grenier (auteur). Alain Korkos (illustrateur). 1998, 216 p. Rageot (Heure Noire). Science-fiction – Policier. 7,90€

Programmé pour tuer ? L’ « Omnia 3 », un ordinateur très sophistiqué, totalise déjà six victimes. L’inquiétante machine est-elle seule responsable de cette incroyable série de meurtres ? Logicielle, jeune inspectrice au surnom prédestiné, en doute. Mais derrière l’écran se cache un adversaire aussi inattendu que dangereux… 

Après une lecture complètement génial de Virus L.I.V.3 et un décevante de Futurs antérieurs, j’avais une petite appréhension à poursuivre ma découverte de Christian Grenier. Et Logicielle s’approche bien plus de Virus dans mon ressenti. J’ai adoré cette lecture. Je suis à deux doigts de passer en mode groupie pour vous en parler !

Petite boulette au démarrage : c’est un tome 2, ce dont je ne m’étais pas rendue compte en l’achetant. Mais j’ai décidé de me lancer tout de même. Je me suis à peine rendue compte, à part quelques références à l’enquête précédente durant laquelle les personnages se sont rencontrés, qu’il y avait une histoire avant celle-ci. Ce tome peut parfaitement se lire de manière indépendante, et bien sûr vous aurez la réponse au mystère en fin d’ouvrage.

Le contexte, policier et science-fiction, avec cet ordinateur, m’a fascinée. C’est la seule raison pour laquelle j’ai regretté le premier tome pour donner la date à laquelle se situe l’intrigue. Le récit est à la fois à la pointe de la technologie mais aussi un peu obsolète, avec la notion de modem.

La langue m’a conquise aussi. Elle est fluide, soutenue, et s’attache bien à décrire les faits et gestes de l’héroïne, Logicielle, mais aussi son cheminement de pensée, immanquable dans un récit policier. J’étais un peu mitigée en voyant les prémisses d’une relation amoureuse avec son collègue Max, mais l’évolution au final n’est pas du tout agaçante, et j’ai apprécié les suivre. Logicielle se déride et se départit de sa rigueur à son contact, ce qui est plaisant. Il y a un petit côté prévisible, mais tout petit.

Le thème de l’enquête est génial aussi. On part effectivement de l’informatique avec cet « ordinatueur » (nan mais déjà cette expression !), mais l’auteur réussit à dévier vers l’art, en passant par une réalité virtuelle et reconstitution de château. J’ai adoré cette direction et la manière dont il la prend. J’admets que la seule faille que je trouve est le fait qu’il est assez difficile de trouver le criminel (même si j’avais deviné 😀 ). Mais quel criminel !

Bon, spoilons, spoilons, je suis trop enthousiaste. J’ai adoré ce personnage. Déjà, l’aspect mythologique (Chiron, Pyrrha) est à tomber, c’est définitivement un domaine qui me fait rêver. On comprend sans peine, même si on n’excuse pas, les actes d‘Achille – qui se révèle un personnage délicieux, même si virtuel. Et si, sous sa forme d’intelligence artificielle, il revenait en tant que personnage récurrent dans les suites ? La fin le laisse penser … j’adorerais !

Une lecture magnifique ❤


Nombre de tomes parus : 11 (série en cours).

Coups de théâtre / Cinq degrés de trop

Lectures sur un rocher

Otaku Blue

Richard Marazano (scénariste). Malo Kerfriden (illustratrice). 2012, 56 p. Dargaud. BD – Policier. 13,99€.

Asami effectue un travail de recherche sur les otaku. Elle doit faire parler ces collectionneurs monomaniaques de leur passion ; elle les « décortique » et passe du temps avec eux. Bientôt, elle rencontre, par Internet, un otaku très particulier qui la passionne. Il réunit tous les traits qu’elle a pu observer de façon isolée chez les autres sujets. Une sorte d’otaku ultime. Et cet otaku très spécial va entraîner notre héroïne dans une histoire terriblement noire et éprouvante…

Je suis tombée sur cette petite BD d’occasion et par hasard. Si le trait de la couverture m’a plu, ce sont les couleurs qui m’ont accrochée et donnée envie de tenter la lecture.

En ouvrant le livre, j’ai presque eu une impression de manga devant l’histoire, la langue (les suffixes comme sensei sont conservés ! yay !), les thèmes (la culture otaku en tête). Seuls le découpage des cases et la coloration se positionnent sur la bande dessinée.

Les thèmes de la culture otaku et l’enquête policière sont bien entremêlés, même si on se doute rapidement qu’il y a un lien. Je n’ai pas trouvé que cette culture était présentée avec des préjugés, et choisir de l’aborder par le biais de la thèse est plutôt original.

J’aurais peut-être apprécier que l’auteur appuie davantage sur ce thème, pour en donner un panorama plus large. Mais j’imagine que ce n’est pas le but, et que comme il n’y a que deux tomes, il a fallu faire un choix.

Je jetterai un oeil au deuxième et dernier tome, mais je retiens surtout les couleurs et la magnifique couverture, pour l’instant.

Nombre de  tomes parus : 2 (série finie).

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Thursday Next, tome 3 : The Well of Lost Plots

Jasper Fforde (auteur). 2004, 360 p. Hodder & Stoughton. Policier – Science-fiction. 8,97€.

Même poursuivie par une multinationale qui a juré sa perte, la star des détectives littéraires a droit à un congé maternité ! Pour Thursday Next, ce sera un séjour secret dans un mauvais thriller, un de ceux qui croupissent au fond du Puits des Histoires perdues. Ici, sous l’œil de la toute-puissante Jurifiction, on recycle les livres de seconde zone comme les classiques oubliés de la littérature, on pioche un personnage par là pour le remettre ailleurs, on réduit le texte en mots quand il n’y a plus d’espoir. Mais très vite, Thursday doit quitter sa planque. Le Minotaure s’est échappé, semant la pagaille dans le Monde des Livres…

Cette série est incroyable. J’adore chaque volume encore plus que le précédent. Je ne pensais vraiment pas que ce serait possible. Je trouve à chaque fois que l’intrigue et les détails, l’univers, sont plus inventifs, les personnages géniaux, l’histoire parvient à suivre un certain cours malgré des aspects franchement loufoques. Extra.

Déjà, cette bibliothèque dans les livres est incroyable. J’aime cet univers, je ne le répèterai jamais assez, mise en abyme de la littérature, avec ses propres règles, ses personnages issus de la littérature, univers chaotique mené avec sa propre logique et qui se tient …

On retrouve des notes de bas de page un peu bizarre, qui sont en fait un appel de notes de bas de page, comme ils appellent ça, qu’ils reçoivent comme une communication, si j’ai bien compris … un peu fou, tout en étant fun, et la typo ne m’a pas dérangée.

On découvre des personnages génériques, qui vont à l’école pour devenir plus vrais. On suit d’ailleurs l’apprentissage de deux d’entre eux, la demoiselle qui boit, fume, et se retrouve avec tous les garçons de sa classe étant celle qui réussit le mieux … De St Tabularasa, l’école d’entraînement basique, on peut aller à l’école pour détectives Dupin et ensuite à la « Finishing School » Agatha Christie … j’étais en plein rêve lorsque ce personnage a décrit son parcours !

Le jeu de typo se retrouve lorsque Thursday interagit « pour de vrai » dans le roman où elle se trouve dans le cadre du programme d’échange de personnages, en suivant l’intrigue. Le texte du roman apparait en gras pour qu’on puisse bien s’en rendre compte, ce qui simplifie les choses. Et ce n’est pas seulement une coquetterie, en fin de compte, ce que j’ai adoré.

J’ai adoré le don d’Aornis, mnémonomorphe, qui joue sur la mémoire des autres jusque dans leur propre tête. Extraordinairement terrifiant !

Je ne parle même pas de l’achat / trafic de « backstory » (histoire de fond, contexte) d’un personnage. Il fallait y penser, et c’est un petit bijou d’inventivité aussi.

L’humour est omniprésent, excellent, je me marrais sans cesse. Rien que d’imaginer des Houyhnhms, ces créatures issues des Voyages de Gulliver (que je ne connais qu’un tout petit peu du lycée) comme consultants pour le « remake » de La Planète des singes … ayant lu ce dernier, j’ai commencé à me gondoler sans pouvoir m’arrêter en comparant mon feeling sur les deux … Et le problème du had had et that that … hilarant.

Thursday arrive en plus au bon moment, on passe du système du livre à la version améliorée. Avec beaucoup de craintes, car le passage du système papyrus au livre avait occasionné des bugs. J’aime la manière dont Fforde réécrit l’histoire du livre et se balade en littérature avec brio et originalité … C’est d’ailleurs un peu l’épine dorsale du roman.

J’ai aimé aussi poursuivre ma découverte de l’histoire personnelle de Thursday, de sa rencontre avec Landen, la perte de son frère, la guerre de Crimée … ces passages sont touchants et j’ai aimé qu’ils reviennent plusieurs fois dans le roman.

Bref, je vous passe tous les passages que j’ai relevés et adorés, ça serait bien trop long, j’en ai déjà parlé énormément, sachez seulement qu’il FAUT lire cette série ^^

Nombre de tomes parus : 7 (série en cours).

The Eyre Affair / Lost in a Good Book