Lectures sur un rocher

Comte Cain, tome 1 : La Juliette oubliée

Hakushaku Cain 1 : Wasurerareta Juliet . Kaori Yuki (autrice). 1992 (VO), 2003 (VF), 192 p. Tonkam. Manga – Shojo.

Cette saga se déroule dans l’Angleterre victorienne et narre les aventures de Cain Hargreaves, un jeune comte amateur et collectionneur de poisons. Ce garçon enquête sur les phénomènes étranges qui se déroulent autour de lui.

(Petite dédicace à Kin et Kara :D)

J’ai découvert Kaori Yuki au lycée avec le magazine de prépublication Magnolia. Ce n’était pas Comte Cain mais les premiers chapitres de God Child, sa suite, mais ils donnaient une bonne idée du personnage, Cain.

La Juliette oubliée est le premier tome des aventures du Comte aux poisons. Son design est un peu différent, plus brouillon, forcément, mais toujours charmant (enfin si on aime le côté un peu glauque … je ne le savais pas avant, mais c’est mon cas). Il gagne en finesse dans les histoires suivantes.

Cette finesse, cette délicatesse dans les traits, la recherche des détails sont autant d’éléments que j’aime dans le dessin de la mangaka. Les thèmes sont aussi caractéristiques : le glauque (le poison), les histoires d’amour impossibles / malheureuses (et souvent familiales …), les manipulations, les pays anglo-saxons (Angleterre victorienne pour Cain), la justice / la vengeance.

J’adore la première histoire du recueil, qui lui donne son nom. La Juliette oubliée, c’est Suzette, la cousine de Cain, qui demande, rayonnante, à un jeune assistant fleuriste un type particulier de roses, les préférées de celui qu’elle aime. Mais il n’a pas le temps de tenir sa promesse qu’elle meurt … ou est-ce le cas? Ariel, le jeune fleuriste, est le personnage que l’on suit. Lorsque les fleurs arrivent, il décide de les déposer sur la tombe de Suzette, qui vient d’être ouverte par deux hommes mystérieux, un cadavre à la poitrine tachée de vert non loin.

Suzette est un personnage adorable, obstiné, que je regrette de ne pas voir davantage. Cain n’a pas tellement l’air de souffrir dans cette première histoire, qui ne montre ses sentiments qu’à la toute fin. La petite enquête policière, surtout vue par les yeux innocents d’Ariel, est passionnante, et cruelle, à l’image de la plupart des récits de Kaori Yuki.

Malgré le côté un peu brouillon, certains dessins sont superbes, notamment ceux qui mettent en scène Cain et Suzette côte à côte, ou Suzette sur le point de mener sa vengeance à son terme. C’est un excellent démarrage, empli de mystères, qui donne envie de poursuivre.

La marque de Bibi apporte une touche d’humour avec Riff, le majordome de Cain, qui prend la parole. Le thème de l’altérité, de l’autre, est aussi superbement mené avec un personnage très différent de ce qu’il était durant l’enfance et s’avère avoir été échangé … et la vision de la vengeance d’une mère détruire. C’est atroce, mais très bien dépeint, entre la haute société et les bas-fonds de Londres.

Les jeunes garçons qui ont arrêté le temps apporte un aspect science-fiction que j’aime beaucoup. Une potion qui donne la jeunesse éternelle … mais est-ce vraiment quelque chose que l’on souhaite ? Ce n’est pas une histoire qui met Cain en scène, sans je crois changer de période, on se situe dans un pensionnat de garçons. Elle s’ouvre sur la mort d’une jeune servante, que sa petite soeur veut élucider avec un adolescent des rues nouvellement arrivé dans cette école huppée. C’est du huis clos bien mené, avec beaucoup d’humour sur les contrastes de classes, du mystère et cette touche de SF.

Double revient sur le thème de l’autre. Deux jeunes garçons font un serment du sang, les rendant frères. L’un d’eux, Emilio, se rend à New York pour devenir acteur et est propulsé star du grand écran. Len lui rend visite, mais est frappé par sa froideur, son dédain. Mais lorsqu’il regarde la vidéo de son premier film, un plan le choque tout particulièrement. J’adore cette chute, les dessins même s’ils témoignent d’une période antérieure, un peu brouillons, les textes (« Ce qui est sûr, c’est que je ne reviendrai pas dans cette ville qui fait danser les fous jusqu’à la mort. Même lorsqu’ils savent que le gouffre est devant, ils continent d’avancer et tombent … appâtant ses proies avec des néons éclatants … tous dévorés par cette femme symbolisant la liberté »).

Cain refait son apparition pour la petite histoire finale qui le montre pleinement digne de son titre de Comte des poisons, La mort de Cleo Dreyfus. Un de ses amis vient de décéder et il rend visite à son détestable frère aîné. La malice du héros, son côté je-sais-tout impertinent, me le rendent encore plus sympathique, surtout dans sa mission de vengeance.

Trop peu de récits, surtout mettant en scène le héros. C’est une entrée en matière plaisante, mystérieuse, qui annonce de manière claire les thèmes et le ton noir de la série.

Un point sur l’éditeur. Je ne peux que déplorer le manque de soin que Tonkam apporte à la reliure des mangas qu’il édite. Certes, ma Juliette oubliée a beaucoup servi, mais j’ai le souvenir infamant de Néji, lu deux fois avec soin et dont le cahier tombait en morceaux. Les pages, là, volent. Même d’autres mangas que j’ai énormément lus, comme les Meru Puri chez Panini ou mes Wataru Yoshizumi chez Glénat ne sont pas dans un tel état ! Shame on you, Tonkam.

Nombre de tomes parus : 5 (série finie).

Tome 2 / Tome 3 / Tome 4 / Tome 5

Lectures sur un rocher

Magie intérieure, tome 1

Cosmo na bokura. Saki Hiwatari (autrice). Yuko K. (traductrice). 1999 (VO), 2006 (VF), 192 p. Delcourt/Akata. Manga – Shojo. 6.90€.

Haruko est encore jeune lorsque sa mère disparaît, lui laissant pour tout héritage un chat messager des dieux, nommé Silk, ainsi qu’un nom de sorcière, et …des pouvoirs magiques. À présent collégienne, elle ne parvient à utiliser son pouvoir que dans ses rêves : pour converser avec son chat. Un message de Silk lui annonce que des messagers vont la conduire jusqu’à un amoureux qui sera comme le soleil. Haruko participe à un tournoi de chifoumi au sein de son école, qu’elle gagne. Dans le trophée qu’elle reçoit, elle trouve une lettre qui la désigne comme « hunter », et lui donne l’ordre de poursuivre la sorcière de son école pour la condamner au bûcher. Dés lors, elle reçoit de plus en plus de lettres, des messages l’intimant de suivre la sorcière avant qu’elle n’augmente ses pouvoirs magiques. Petit à petit, elle se fait mettre à l’écart par les collégiens.

Je connais Saki Hiwatari de sa très belle série Global Garden, que j’avais dévorée il y a bien longtemps – et que j’angoisse un peu de relire, tant je l’avais appréciée.

Surtout après Magie intérieure. C’est une catastrophe. Non content d’avoir une histoire simple à niaise, on y reviendra, la traduction … je ne trouve pas de mots pour la qualifier. Bâclée, je ne sais pas, mais incompréhensible, oui, par moment ! (Elle reçoit des lettres anonymes, le mec qui va la sauver et sortir avec elle – je ne spoile même pas, c’est du shojo – lui dit « Il reste à ne pas te laisser manoeuvrer. Tu peux être indifférente. Sinon, tu seras abusée. » Whaaaat ? Sur la personne qui doit avoir écrit ces lettres : « Ca doit être un bon calculateur » Heeein ? « La gagnante du Luck Winner, catégorie chance (ne pas remarquer que c’est comme monter en haut, ne pas…) subit des humiliations acharnées et anonymes (mais en quoi elle est humiliée de cette lettre, déjà ?). Qui plus est, ces vexations sournoises d’ijime, figurez-vous qu’elles sont entretenues par le coupable qui va jusqu’à impliquer les professeurs ». A ce moment, j’étais O_O

C’est déjà très handicapant. Mais en plus, je ne comprends pas l’histoire. Je ne sais pas si c’est un problème de traduction ou de récit originel, sérieusement, j’en suis là. Ce n’est absolument pas clair. Haruko (ou Hakuro, hein, vive la relecture) reçoit ces messages anonymes lui disant qu’elle est hunter, chasseuse, cherchant une sorcière. Les messages la décrivent (un ko dans son prénom, les cheveux courts, pour gagner du pouvoir … mais euh elle fait ça dans l’instant ?) et ces messages qui devraient la guider la rendent harcelée par les élèves? J’ai du mal à l’expliquer mais je ne comprends pas ce qui se passe.

D’autant que les prémisses sont plus que simples, ils sont clichés. La maman de l’héroïne meurt en lui léguant son nom de sorcière. Elle a des dons. Il ne faut pas en parler. Le chat messager des dieux qui lui parle dans ses songes est choupi, mais genre c’est pour la guider jusqu’à son amoureux …

Et en parlant de la guider, il est carrément question de « pêcher un garçon » … mais qu’est-ce que c’est que cette idiotie ? C’est encore la traduction ou le récit originel ?

Haruko est niaise à souhait, pleure, sans qu’on comprenne pourquoi, les autres ont tous un caractère plus que prévisible … Sans parler du manque de naturel : on tutoie sa camarade mais on l’appelle Mlle Morimiya…

Le dessin, que je trouvais original et touchant dans son étrangeté pour Global Garden, apparaît ici simple, voire bâclé.

Honnêtement, quitte à être cruelle, surtout après ma lecture de Bakuman (où on voit toutes les étapes de rédaction d’un manga, et combien d’histoires talentueuses ne voient pas le jour), je ne comprends pas comment ce texte a pu être édité, sans parler de l’être à l’étranger O_O Je suis rarement aussi vache, mais cette lecture me laisse sans voix.

Nombre de tomes parus : 4 (série finie).

Lectures sur un rocher

Kamikaze Kaito Jeanne, tome 1

Arina Tanemura (autrice). Marie-Saskia Raynal (traductrice). 1998 (VO), 2014 (VF), 192 p. Glénat (Shojo). Manga – Shojo. 6,90€.

Le secret de Maron : elle est la réincarnation de Jeanne d’Arc et grâce à l’aide de l’ange Fin, elle peut se transformer pour combattre les démons ! Sa passionnante carrière de justicière est menée sans encombre jusqu’à l’arrivée d’un rival répondant au nom de Sindbad. La jeune fille ne tardera pas à découvrir le revers de la médaille…

J’ai longtemps attendu cette série ! J’adore Arina Tanemura, son beau trait shojo, ses thèmes fantastiques avec juste une touche de romance.

Au final, est-ce parce que la série date un peu ? Le début ne m’a pas autant plu que je n’aurais pensé. Le personnage de Jeanne d’Arc ne me parle pas particulièrement (oui je sais qui c’est, mais en temps que fiction, lié à la foi, à la religion, je reste dubitative). On est proche des Cat’s Eye pour le côté voleuse, les tableaux, et le côté chasseuse de démons m’a aussi rappelé d’autres séries. Ce côté un peu déjà vu est peut-être ce qui m’a douchée.

Mais j’ai beaucoup aimé l’entrée en scène de Simbad, et puis Maron est drôle, combative, et elle fait de la gymnastique rythmique, ce que j’aimerais bien revoir ^^ Le père de Miyako, sa camarade de classe, qui lui pique ses fonctions de policier d’ailleurs et poursuit Jeanne, a un côté très chibi, très amusant, sans oser s’opposer aux caprices de sa fille. On reste dans une histoire pleine d’humour, d’aventure, de mystères (entre le passé de l’héroïne, les motivations du garçon, etc.).

Une case qui m’a aussi fait beaucoup rire montre les trois adolescents (Maron, Simbad, Miyako), ouvrir leurs casiers en même temps, sur la même chose : le père policier montre les deux ultimatums, les deux espèces d’anges gardiens des voleurs montre en pancarte qu’ils ont une mission, celle des ultimatums. Et de refermer les portes en concert, synchrones.

Bon, quelques années après lecture, je vous avoue que c’est un titre qui ne me laisse en tête que l’incompréhension : mais comment ça se fait que les Japonais soient tellement fans de Jeanne d’Arc ? Et je n’ai pas spécialement eu envie de poursuivre.

Nombre de tomes parus : 7 (série finie).

Lectures sur un rocher

The Gentlemen’s Alliance Cross, tome 3

Shinshi Doumei Cross. Arina Tanemura (autrice). Misato Raillard (traductrice). 2004 (VO), 2009 (VF), 176 p. Kana. Manga – Shojo. 6,85€.

Hainé est sous le choc. Shizumasa veut la tenir à distance. Afin de se rassurer, elle se remémore les instants de complicité qu’elle avait avec lui, et décide néanmoins de se rendre chez les Tôgû pour le voir…

Je crois que ça fait vraaaaiment trop longtemps que j’ai lu le tome 2, parce que j’étais complètement perdue au début. J’avais oublié que l’Empereur avait un double qui prenait sa place, par exemple, alors rajouter/en remettre une couche avec l’histoire du livre, cause des sentiments de l’héroïne, m’a fait bien nager dans la choucroute.

Et puis ensuite, lors d’un voyage scolaire, débarquent le frère et la soeur de Hainé, dont je n’avais aucune souvenir (mais si, me rappelais – vaguement – qu’elle avait été adoptée), dont l’un ne la connais pas, puis son autre frère … Après, ce sont des moments très touchants, surtout quand ce dernier hurle que c’est SA sœur ^^, mais que pense que j’aurais vraiment plus apprécié ce tome avec un meilleur souvenir des précédents.

Parce qu’on suit beaucoup, pendant bien la moitié je dirais, le double de l’Empereur, parlant de son arrivée, mais pas de ses motivations. La chute est dure, douloureuse (Hainé voit sa mère dans une voiture, s’éloignant), on apprend que sa famille pense à la récupérer devant l’intérêt que l’Empereur lui apporte … des rebondissements bien pensés.

Je fond toujours devant les dessins d’Arina Tanemura, ses grands yeux, ses visages en pointes, les mèches de cheveux, tout ce que j’aime dans un shojo. Il manque peut-être juste quelques touches d’humour.

Nombre de tomes parus : 11 (série finie).

Tome 1

Tome 2

Lectures sur un rocher

Kiss of Rose Princess, tome 1

Barajou no Kiss 1. Aya Shouoto (autrice). 2008 (VO), 2011 (VF), 192 p. Soleil (Gothic). Manga – Shojo – Fantastique. 7,99€.

Le père d’Anis Yamamoto a confié à sa fille, encore enfant, un collier en forme de rose supposé la tenir éloignée d’une malédiction. Mais une curieuse créature va le lui retirer et laisser derrière elle une simple carte rouge. Enjointe à déposer un baiser sur cette carte, elle fait apparaître Kaede, son camarade de classe et rival qui lui fait serment d’allégeance… contre son gré. Anis est désormais la princesse des roses, liée aux 4 chevaliers de la rose… et camarades de classe. Chacun doté d’un pouvoir unique, ils vont devoir obéir à la jeune fille… qu’ils le veuillent ou non !

Je suis plutôt fan de la magical girl en shojo (Sailor Moon, forcément), et c’est un peu ce qu’on retrouve ici avec le personnage d’Anis qui se découvre princesse de la rose et capable d’appeler à sa rescousse quatre garçons de son école (forcément, je sais ^^) avec des pouvoirs magiques, Kaede, le camarade de classe avec qui elle se dispute tout le temps ; Tenjoh, le beau jeune homme parfait adulé de tous ; Asagi, le petit bout’chou de santé fragile (hello petit lapin de Fruits Basket, avec une santé peut-être un peu moins précaire) ; et Mutsuki, le bad boy réputé pour avoir des dons maléfiques. Et bien sûr chacun a une cote de popularité infernale. Ce n’est pas drôle sinon.

Passons rapidement sur le fait qu’elle n’ait pas de pouvoirs par elle-même (enfin ça viendra peut-être) et est une princesse qui doive appeler des jeunes gens à l’aide. Je suis magnanime aujourd’hui. Je laisserai même passer le possible intérêt d’Anis pour chacun des quatre. Quelle gentillesse, je sais.

Le dessin est mignon, frais, shojo avec les grands yeux, longs cheveux … ce que j’aime, enfin toujours un petit peu (énormément de déceptions de ce côté ces dernières années, donc je suis vraiment contente qu’une petite série de ce genre me plaise !). Le concept de cartes me rappelle Sakura ^^

Le petit mystère lié au père de l’héroïne m’a plu, tout comme chacun des quatre héros – Anis est assez impulsive, espiègle, et elle me plaît, pour l’instant. Avec une mention spéciale pour le bad boy à la langue bien pendue qui traite le camarade de classe de cabot et prend tout le monde de haut. J’adore. (Non, il n’y a aucune ressemblance avec un sorcier blond hautain. Aucune. Je réfute).

Je me suis bien amusée à repérer des caractéristiques type shojo et magical girl, qu’il m’a fait plaisir de retrouver, surtout sans en être ennuyée. Si ça pouvait continuer ! Il y a peut-être juste un petit manque de personnages féminins à part Anis, mais il y a des chances que la suite y remédie.

 Au final, je dirais que c’est un petit début de série sympathique, malgré certains côtés assez jeunesse ou un peu prévisibles.

Nombre de tomes parus : 9 (série finie).

Lectures sur un rocher

Fairy Cube, tome 3

Yôsei Hyôhon 3. Kaori Yuki (autrice). Kureha (traduction). 2006 (VO), 2007 (VF), 160 p. Tonkam. Manga – Shojo – Contes de fées. 6,99€.

Depuis toujours, Ian Hasumi peut voir les fées et autres créatures surnaturelles. En particulier, il voit régulièrement un double de lui, Tokage, qui le déteste et fait le mal autour de lui. Jusqu’au jour où Tokage parvient à faire assassiner Ian et prendre sa place. Ian, qui n’est plus qu’un esprit, fera tout pour reprendre sa place !

Ce n’est qu’avec ce troisième tome que je me découvre une affection pour la série. J’en reste assez déçue puisque tellement d’éléments auraient dû me plaire (le folklore celte notamment) mais ce n’est qu’ici qu’ils fonctionnent.

Cette cérémonie pour ouvrir le portail des démons ne prend de l’envergure qu’au moment de l’ouvrir, avec la présence de Shira (personnage passionnant, mais mal amené, je trouve, et qui même à la fin n’arrive pas à prendre de l’ampleur – son ambiguïté, son côté androgyne, sa relation avec la mère de Ian … tout aurait dû contribuer à la mettre au premier plan), et démarre le récit avec plus de force qu’auparavant.

Les révélations sur la mère du héros et Tokagé (que je n’attendais même plus) sont bienvenues, touchantes, et vraiment inattendues, j’ai aimé son retour ainsi que celui de Doshi. C’est un peu tire-larmes, mais ça passe.

Retrouver l’histoire de Kaito est Lei-Vun est également un grand point, surtout qu’elle apporte de petits bouleversements que je n’avais pas vu venir non plus. Je me suis presque prise à regretter qu’ils ne soient pas les héros du récit, je les trouve plus intéressants que Ian et Line. Mais la toute fin m’a plu, enfin.

J’avais complètement zappé qu’après la fin, on avait une histoire bonus mettant en scène Lei-Vun et Isaiah. Je ne suis pas convaincue. Le principe est un peu éculé (ce démon des purikura qui exauce ton voeu et revient te chercher ensuite), et Isaiah n’est pas passionnant (et comme d’habitude, Lei-Vun est trop discret).

Nombre de tomes parus (série finie) : 3.

Tome 1

Tome 2

Lectures sur un rocher

Cherish

Wataru Yoshizumi (autrice). 2006 (VO), 2010 (VF), 187 p. Glénat. Manga – Shojo – Romance. 6,50€.

Chihiro est élevée par un couple gay ! Mais lorsqu’elle retrouve Masanori, son ancien amoureux, à l’université, la jeune fille est troublée. Celui-ci l’avait en effet plaquée à cause de sa situation familiale …

J’ai retrouvé avec plaisir une mangaka que j’adorais adolescente.

Le dessin m’a paru s’éloigner un peu des précédents récits de l’auteure, très orientés adolescents, avec de très nombreuses scènes à l’école. Non que je m’en plaigne, hein, cela me plait toujours beaucoup. Mais c’était un changement intéressant.

Ici le sujet est plus adulte, l’univers aborde une relation parentale homosexuelle et de la manière dont la nouvelle peut être accepté par les proches de l’héroïne. Il est traité avec la même douceur et légèreté qui est coutumière à l’auteur.

Je ne dis pas que c’est un portrait fidèle des réactions japonaises à l’homosexualité et aux gays qui veulent élever des enfants. Mais j’ai bien aimé le traitement qu’en a fait l’auteur. Elle s’est centrée sur Chihiro, qui vit bien cette situation, qui n’en a pas honte, mais qui a été atterrée et si triste lorsque son petit ami, au collège, lui a dit par lettre ne pouvoir accepter cette situation.

J’ai préféré Cherish à la deuxième histoire du recueil, Happiness, qui se situe dans le domaine de l’édition. Le personnage principal, Akatsu, tombe amoureux d’une auteure dont il s’occupe. Mais celle-ci a un enfant et ne veut pas imposer cette responsabilité. Les choses s’enveniment lorsque la nouvelle femme du père fait son apparition.

Cherish traite de la tolérance autant que des relations amoureuses, et même si Happiness a été amusant et intéressant, pas du tout ennuyeuse, j’ai préféré le début. J’ai particulièrement aimé les passages avec la mère de l’héroïne, Haruka, si drôles et si touchants.