Au bord des mots, lectures sur un rocher

Dodue ou comment j’ai vaincu la dictature de la minceur

Auteur : Olivia Hagimont.

Nombre de pages : 112.

Parution : 2013.

Éditeur : Odile Jacob.

Genre : BD – Témoignage.

Prix : 17€.

Résumé éditeur : Voici l’histoire d’une jeune femme un peu ronde, maltraitée par le regard des autres et piégée par les régimes amaigrissants.

C’est son parcours pour s’accepter et se faire accepter qu’elle nous raconte avec humour et sincérité.

Ce livre témoigne que l’on peut passer outre le diktat de la minceur, se sortir du piège des régimes et s’aimer comme on est.

Le trait de cette BD est plutôt agréable. On est dans les arrondis, malgré quelques traits que j’ai trouvés un peu inutiles et étonnants. Il y a pas mal de texte, ce à quoi je ne m’attendais pas trop, mais qui explique bien, notamment, que les « dodues », ou rondes ne sont pas le problème, plutôt la société (genre un numéro de revue de mode qui te parle des rondes avec un modèle taille 38. Ou quand on te sort que la mode va mieux aux minces, ou que c’est difficile d’habiller les grosses.)

Olivia Hagimont mélange sa propre histoire, une mère qui lui répète pendant plus d’un quart de siècle qu’elle était tellement énorme à la naissance qu’elle lui a bousillé le périné (… je ne sais pas si j’aurais pu me retenir de lui en coller une à la bonne femme au bout d’un moment, bronzée, blonde, dans le genre je ne veux pas vieillir) à insister que ses soeurs sont tellement parfaites et qu’elle … eh bien elle lui a détruit le périnée quoi ; donc elle mélange cette histoire à des réflexion sur les rondeurs.

J’ai beaucoup aimé ces réflexions. On a droit à une petite historique de celles-ci, à travers les époques, et les arts, j’aurais adoré que ça dure plus longtemps. Non pas que l’histoire d’Olivia n’est pas intéressante, elle est plutôt triste et agaçante pour sa famille (traduction, j’avais envie de les claquer, oui je suis violente, mais je ne comprends pas qu’on puisse s’en prendre de manière aussi répétée et appuyée à quelqu’un, ce n’est pas drôle et les séquelles sont plus graves qu’on ne peut le penser).

C’est un livre important, en ce que le message est beau et mériterait d’être retrouvé plus souvent : oui, on peut être ronde et se sentir bien. Ce n’est pas parce qu’on fait un 40, 44, 48 ou davantage qu’on ne peut pas être heureuse. Enfin, c’est sûr qu’avec la propagande omniprésente des médias, et le jugement de certains, c’est parfois plus compliqué. Un psychiatre termine le récit avec quelques conseils, que j’ai lus en diagonale, je trouve que le récit d’Olivia Hagimont se suffit à lui-même, et vaut la peine d’y consacrer un peu de son temps – juste un peu, la lecture est rapide, mais fait du bien !

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Voyage à Pitchipoï

Auteur : Jean-Claude Moscovici.

Nombre de pages : 138p.

Première parution  : 1995. Cette édition : 2005.

Éditeur : L’Ecole des Loisirs (Collection : Médium).

Genre :  Jeunesse – Témoignage.

Prix : 5,80€.

Résumé éditeur  Voyage à Pitchipoï raconte la tragédie d’une famille juive, en France, pendant la guerre.

En 1942, l’auteur de ce livre avait six ans. Sa famille fut arrêtée par des gendarmes allemands et français, et déportée.

Le narrateur et sa petite soeur furent d’abord confiés à des voisins jusqu’à ce que le maire du village fase appliquer la décision du capitaine SS, Commandeur de la région et responsable des mesures de réression antisémite : « L’acceuil d’enfants juifs dans les familles françaises est indésirable et ne sera autorisé en aucun cas. » Les deux enfants furent alors enfermés dans une prison, puis transférés au camp de Drancy, où la petite fille tomba malade, par malnutrition.

Sortis miraculeusement du camp, ils retrouvèrent quelques mois plus tard leur mère qui avait réussi à s’échapper lors de son arrestation et n’avait pas été reprise, malgré les portes qui s’étaient souvent fermées lorsqu’elle avait demandé de l’aide.

Après des mois de vie clandestine, à la Liberation, ils revinrent dans leur maison vide et abandonnée.

Ils ne devaient jamais revoir leur père.

C’est une collègue qui m’a parlé de ce petit récit pour le lire à voix haute à une classe. Je n’en avais jamais entendu parler auparavant, donc j’y ai jeté un oeil (histoire de ne pas le découvrir devant les élèves ^^,).

Ce résumé à rallonge, je l’ai conservé tel que sur la quatrième de couverture. J’ai été un peu étonnée de son côté spoil, mais même en sachant tout ça, je me suis retrouvée prise dans le récit.

Il y a très peu de dialogues. L’auteur raconte cette période sombre de son enfance, mais avec une simplicité et une dignité remarquables. Je ne savais pas que c’était son témoignage – il était rangé dans les romans …, je ne savais donc pas à quoi m’attendre. C’est une lecture douce malgré son horreur, à recommander.

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Le journal de Ma Yan

Auteurs : Ma Yan et Pierre Haski.

Traducteur : He Yanping.

Nombre de pages: 284.

Première parution : 2002. Cette édition : 2004.

Éditeur : J’ai Lu.

Genre : Témoignage.

Prix : disponible d’occasion.

Résumé éditeurAu nord-ouest de la Chine, il existe une terre ingrate qui tente de survivre. Écartée de l’essor économique de Pékin et de Shanghai, cette région peine à offrir à ses enfants l’espoir d’une vie meilleure. Les parents de Ma Yan s’épuisent dans un labeur éprouvant afin que leur fille puisse étudier et connaisse un autre destin. Mais, à quatorze ans, Ma Yan doit cesser de s’instruire. Le sacrifice est devenu trop lourd. Elle écrit alors, pour exprimer son désespoir, une lettre déchirante à sa mère qui la transmettra, ainsi que les trois journaux intimes de sa fille, à des Français de passage. Par chance, Pierre Haski, correspondant à Pékin du journal Libération, est présent parmi eux. L’histoire de ce formidable témoignage peut alors commencer…

J’ai ce petit livre dans ma bibliothèque depuis plusieurs années. Je me suis finalement décidée lorsqu’une de mes élèves l’a emprunté et n’en a dit que du bien. En le feuilletant, je me suis prise d’affection pour Ma Yan et il est passé en lecture prioritaire.

On suit principalement le journal de l’adolescente (à quatorze ans, elle termine son cycle de primaire). Les entrées sont généralement courtes, elle détaille ses journées, son amour de l’école, son désir de réussir dans la vie et de faciliter la vie de sa famille.

Pierre Haski propose de temps en temps des interludes intéressants sur l’héroïne, sa famille et son histoire, la Chine, sa culture, ou la religion de Ma Yan, qui est l’islam. J’ai beaucoup aimé cette alternance, entre le journal et la mise en perspective de sa vie qui apparaît déjà difficile.

C’est une lecture très émouvante. Ma Yan est tellement attachée à l’école … quand on voit les gamins de nos jours, dans les écoles françaises, qui ne pensent qu’à en sortir. Elle est courageuse, obstinée, intelligente. On ne peut s’empêcher d’être touché devant les difficultés qu’elle et sa famille endurent (ils gagnent quelques centaines de yuans par an et l’école en coûte deux cents si je me rappelle bien, à côté c’est l’alimentation de l’adolescente et de son frère, plus tout le matériel scolaire …), la sévérité des enseignants et des adultes (deuxième ou troisième place, l’élève ne vaut pas la nourriture qu’il avale …).

Ce témoignage est difficile à lire devant la dureté de sa vie, mais aussi les nombreuses répétitions qu’elle fait. Je ne m’y suis pas trop attardée puisque le commentateur précise que c’est la pensée chinoise qui insiste sur certains messages, comme la piété filiale, le désir de réussir, jusqu’à ce style de formulation, reste de l’époque communiste : « je dois réussir ».

L’histoire devient très belle lorsqu’on lit la « fin », toujours aussi touchante.

Si vous êtes intéressé(e)s par des « tranches de vies » asiatiques, je ne saurais trop vous recommander ce livre, rien que pour les faits apportés en plus à une histoire déjà bouleversante.

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Pourquoi les japonais ont les yeux bridés

Titre VO : Perché i giapponesi hanno gli occhi a mandorla.

Auteur : Keiko Ichiguchi.

Traducteur : Claudia Migliaccio.

Nombre de pages : 173.

Parution VO : 2005. Cette édition VF : 2011.

Éditeur : Kana (Collection : Kiko).

Genre : Témoignage – Humour.

Prix : 8,75 €.

Résumé éditeurLe Japon est un pays riche en contradictions. Jusqu’à aujourd’hui, il fallait, pour le connaître, en passer par les récits de voyages d’Occidentaux perplexes, ou par les traductions d’anciens et grandiloquents ouvrages nippons. Cela dit, ces deux accès à la culture coïncident tellement peu qu’on en vient à imaginer l’existence de deux pays totalement différents. Keiko Ichiguchi nous raconte ici les traditions japonaises les plus bizarres. Installée depuis une dizaine d’années en Italie, elle nous dévoile des curiosités, des légendes urbaines, des traditions, des activités de la vie quotidienne, des festivités, et bien plus encore. Tout cela à travers un journal autobiographique et le regard malicieux d’une vraie Japonaise, qui retourne régulièrement là-bas, mais qui sait aussi prendre le recul nécessaire. Un précieux vademecum pour ceux qui ne connaissent pas encore le Japon, pour ceux qui croient le connaître, et pour ceux qui y voient leur « terre promise ».

J’avais repéré déjà il y a quelques temps ce titre quelque part sur Livraddict, le résumé me paraissait très intéressant, mais je n’aurais pas pensé qu’il serait aussi drôle. J’ai ri très souvent, et j’ai appris des choses, comme sur les différentes fêtes qui parcourent l’année japonaise – des éléments auxquels je ne m’attendais pas trop.

L’auteur commence de manière extrêmement prenante, pour moi : par son expérience de mangaka, comment elle y est arrivée, le pré travail de fou qui est régulièrement dépeint dans les pages bonus des mangas. C’est à la fois un « soulagement » de découvrir la part de vérité qu’on a pu découvrir auparavant, et un approfondissement sérieux, malgré les touches d’humour que Keiko Ichiguchi prend garde de nous faire partager.

On vit avec elle les débuts du cosplay au Japon, les relations entre les auteurs de mangas et leurs fans, le théâtre, la censure … entre autres, le tout parsemé d’illustrations très sympathiques et de strips funs (le fou rire en voyant la jeune femme en Italie dire à sa mère au Japon qu’elle ne va pas lui expliquer comment envoyer des mails et qu’elle ne l’appellera plus tant qu’elle ne gèrera pas ! C’est triste et méchant, mais le résultat et sa tête valent la peine ! je veux un manga d’Ichiguchi senpai maintenant ! son trait est choupi et bien agréable en prime).

Des souvenirs personnels de l’auteur, j’ai été touchée par cet épisode de petite fille et des poupées que sa mère sortait chaque année pour elle, pour espérer la voir se marier jeune, avec tout un petit cérémonial. Depuis son départ du Japon, elle ne le fait plus, et Keiko en éprouve un peu de culpabilité, mais elle ne parvient pas à se souvenir de ce qu’elle éprouvait lors de cette occasion, ce qui m’a fait de la peine pour elle, comme ces moments semblaient importants.

J’ai été un peu déçue de voir que c’était traduit de l’italien, j’ai très envie de découvrir les autres livres de l’auteur en version originale. Mais c’est juste parce que j’aime passionnément cette langue et que je veux m’améliorer dans cette lecture, absolument pas à cause de la traduction. Je tiens vraiment à insister sur le travail de Claudia Migliaccio, qui a traduit et adapté ce livre au public français, et qui a proposé des expressions familières de manière si bien implantée que je n’ai jamais été choquée (je râle tellement souvent sinon ! ici, c’est passé vraiment comme une lettre à la poste). La lecture se fait de manière très agréable en français.

La fin est un bonus qui fait plaisir aussi : l’auteur a préparé ces quelques strips spécialement à destination des français lors d’un voyage à Paris, sur la gastronomie et la culture. C’est drôle, c’est frais, et on reconnaît bien les situations ^^, (pardon pour les salades qui baignent dans l’assaisonnement bien gras ^^,).

Un petit bémol : auteur ou traductrice ont parsemé le texte de notes de bas de page pour expliciter les éléments propres à la culture japonaise (que beaucoup de lecteurs de mangas connaissent déjà, mais ce n’est jamais inutile), cependant ils ne sont pas sur la même page mais en fin de chapitre, ce qui m’a un peu embêtée, je voulais voir ce qu’il en était de suite, pressée que je suis !

Définitivement une auteure que j’ai envie de suivre et que je vous recommande !

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Dentelles et tchadors

Auteur : Armin Arefi.

Nombre de pages : 477.

Parution : 2009.

Éditeur : Pocket (Collection : Document).

Genre : Témoignage.

Prix : disponible d’occasion.

Résumé éditeur : « Me croirez-vous si je vous annonce que l’Iran est le paradis de la drague ? Me croirez-vous si je vous affirme qu’à Téhéran, on trouve Gad Elmaleh à tous les coins de rue? De la chambre des services secrets au lit d’une Iranienne. De la chaleur extrême des taxis collectifs à la dramatique Conférence anti-Holocauste, en passant par des soirées très hot ou des pantoufles jetées à la tête du président Ahmadinejad, je vais vous emmener avec moi, de mon départ en 2005 à ma fuite forcée de Téhéran pour éviter la prison en 2007. Croyez-moi, vous ne verrez plus l’Iran de la même façon après avoir lu ce livre… »

Deuxième lecture dans le cadre du challenge Destination Iran, après Persépolis, j’avais envie de découvrir ce petit témoignage d’un journaliste français, moderne, et d’un point de vue masculin. S’il a bien commencé, il a fini par souffrir d’un gros défaut de longueurs et m’ennuyer au point que je lise les derniers chapitres en diagonale (j’avoue que j’avais très envie de savoir pour quelle raison exactement il avait dû prendre la fuite).

J’ai beaucoup aimé les nombreux détails sur l’Iran et la vie quotidienne, bien sûr, comme sur l’université, comment y entrer (un thème retrouvé avec plaisir dans le dernier tome de Persépolis), etc.

Néanmoins, le problème principal vient du trop grand nombre de personnages, ce qui n’est pas ennuyeux en soi, mais le fait que l’auteur se lance dans d’énormes descriptions de leurs vies, de leurs caractéristiques, etc. Je comprends qu’il ait appris tous ces détails en parlant et interagissant avec eux, mais j’aurais vraiment préféré, à part quelques importantes rencontres, une présentation plus thématique, plus simple mais plus fonctionnelle, et qui m’aurait probablement intéressée davantage. Impossible également de retenir la plupart des personnages récurrents, comme ça, j’ai navigué à l’aveuglette pendant plus de 400 pages, ce qui est très désagréable.

Surtout lorsque l’auteur dit qu’il ne reverra plus Machin, ou Bidule, et je suis un peu « ok, donc ça ne servait pas à grand-chose de s’étendre sur le sujet … ». Ce n’est forcément pas le cas, s’il en parle c’est qu’il en a été marqué, mais l’impression est là.

Et puis, l’auteur décrit une hypocrisie ambiante qu’il dit totalement généralisée en Iran, où on vous fêtera, puis dira qu’on vous recontactera, et plus rien, ou sympathiser sans aucune intention sinon de profiter du protagoniste. Devoir se demander à l’arrivée de chaque personnage s’il est ce qu’il prétend être, en plus d’être lassé de la répétition, ne m’a pas plu non plus.

C’est dommage, parce que c’est ce que je retiendrai de ce livre. Des informations intéressantes noyées par une présentation lourde qui m’a ennuyée.

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Les dessous du tennis féminin

Auteur : Nathalie Tauziat.

Nombre de pages: 211.

Parution : 2001.

Editeur : J’ai Lu.

Genre : Témoignage – Tennis.

Prix : disponible d’occasion.

Résumé éditeur : Décolletés plongeants, nattes blondes, petites phrases décapantes, perles de sueur et larmes mêlées sous une pluie de dollars : le tennis de féminin, un monde de rêve? « Le tennis féminin n’est pas la guerre mais… », rectifie Nathalie Tauziat, qui sut se maintenir durant quinze années parmi les toutes meilleures joueuses mondiales, et qui lève ici le voile sur ce monde sans pitié. Avant de tirer sa révérence, celle qui ouvrit la voie du professionnalisme à la française raconte le quotidien d’une joueuse de tennis dans le sillage des vedettes du sport féminin le plus médiatisé de la planète. Au travers d’une foule d’anecdotes et de souvenirs intimes qui rassemblent sur une même scène Chris Evert-Lloyd, Martina Hingis, Steffi Graf, Amélie Mauresmo, Mary Pierce, Jennifer Capriati, Anna Kournikova, Lindsay Davenport et les irrésistibles sœurs Williams, Nathalie Tauziat démonte et dénonce les mécanismes d’un business florissant où le côté glamour tend trop souvent à occulter la performance sportive.

Du tennis, du tennis !!! Aaaah vous ne pouvez pas savoir à quel point j’étais ravie en voyant ce petit livre à la Bourse aux Livres d’octobre (d’il y a quelques années, vous remarquerez l’enthousiasme ^^) ! Je l’ai entamé le jour même, même si je connais très peu Nathalie Tauziat. Je l’ai vue jouer au tournoi des Légendes féminines, à Roland Garros. Je n’avais jamais regardé un de ses matches avant, comme je n’ai commencé le tennis qu’en 2005 et qu’elle ne jouait plus sur le circuit principal. Je commence donc cette lecture en la sachant uniquement joueur de tennis et ancienne numéro un Française. Et je me lance dans l’aventure !

Comme je ne suivais pas le circuit principal à l’époque, je n’ai pas reconnu toutes les joueuses, je le regrette, c’était un peu difficile à suivre car Nathalie Tauziat en évoque pas mal. L’ensemble reste clair et concis, mais j’aurais voulu pouvoir mieux appréhender le cadre.

Elle évoque différents éléments de tennis, de la vie de joueuses, fait parfois des points sur d’autres joueuses justement, comme Martina Hingis, Jennifer Capriati, Anna Kournikova, et donne son avis sur les différentes situations, raconte son expérience personnelle, ses anecdotes.

J’ai vraiment passé un chouette moment, projetée dans les souvenirs de la joueuse. Le livre est agrémenté de planches photos au centre, sur des moments forts et des joueuses. Le détail est très sympathique. C’est la première fois que je vois couchés sur papier des mots de cet univers que j’adore, le tennis, d’un point de vue personnel, qui en évoque tous les aspects : jeu, matchs, entraînement, dopage, relations amoureuses, finances, etc. Une lecture fascinante, passée trop rapidement !

Nathalie Tauziat a une écriture intéressante, lisible, fluide. J’avais presque l’impression de l’entendre raconter, se raconter. Il ne manquait plus qu’un match de tennis en fond sonore !

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Maus, intégrale

Titre VO : Maus : A Survivor’s Tale.

Auteur : Art Spiegelmann.

Nombre de pages: 296.

Parution VO : livre 1, 1986 ; livre 2, 1991. Intégrale VF : 1998.

Éditeur : Flammarion.

Genre:  Comic – Témoignage.

Prix : 30€.

Résumé éditeur : Maus raconte, à travers le dialogue de l’auteur et de son père, juif polonais, survivant des ghettos et d’Auschwitz, l’histoire des persécutions nazies, depuis les premières mesures anti-juives jusqu’à l’effondrement du Troisième Reich et l’immédiat après-guerre. Maus a reçu le prix Pulitzer en 1992 et a été traduite en dix-huit langues.

Un fils demande à son père de lui raconter ses souvenirs de guerre, de déportation. Il revit l’horreur, la mort, la désolation par les yeux de son père. Cette lecture a parfois été très difficile, parce que déchirante. Mais aussi, parfois, un fou rire, comme lors de la discussion d’Art avec sa compagne, Françoise, une Française, avec qui il discute de comment il va représenter les Français dans son livre. J’ai aimé le fait que malgré la dureté, la tristesse de la plupart des cases, l’auteur réussisse à insuffler de l’humour et de la légèreté à certains moments, même s’ils sont peu nombreux.

Le choix d’animaux pour les humains et les grands animaux en particulier m’a plu. Il s’agit d’une manière originale de représenter l’horreur de la guerre, on est moins choqué, dans un sens … Même si le choc est toujours présent.

L’histoire du père d’Art m’a touchée, surtout dans la langue, les structures de phrases le rendent encore plus attachant. Je suis d’habitude vite agacée par la transcription littérale des difficultés de langage ou des dialectes. La mort de la mère d’Art est restée un  mystère que j’aurais aimé élucider. On s’attache très vite à eux, on est bouleversé, même si l’on sait qu’ils ont survécu à la guerre puisque le récit commence peu avant la rédaction du livre et montre le père de l’auteur, sans sa mère cependant, ce qui ajoute aux questions. J’ai eu l’impression de les découvrir en même temps qu’Art.

Le style est simple, en noir et blanc, qui contraste avec la dureté de ce que Spiegelmann raconte et en fait un témoignage universel. Une lecture qui m’a beaucoup touchée et qui devrait définitivement être lue par tous …