Lecture sur un rocher

Feuilles de mars

En mars, tout est bouleversé et je n’ai plus tant le coeur à lire.

L’autrice raconte une période de sa vie, au Liban, lorsque la ville subit des bombardements. Les différents habitants de son immeuble se retrouvent dans une pièce de l’appartement de ses parents, la plus en sécurité. La galerie de personnages est intéressante et j’ai plutôt aimé le style graphique.

J’avais lu l’extrait de librairie il y a quelques temps. Le dessin est adorable, très doux, et j’avais beaucoup apprécié le côté nostalgique et la pluie. L’héroïne, Akira, est attachante (elle faisait partie de l’équipe d’athlétisme et s’est blessée, une base à laquelle je disais pourquoi pas). C’est vraiment le coeur de l’histoire qui me dérange profondément. Elle tombe amoureuse de son patron, un homme de plus de quarante ans (donc vingt ans voire davantage de plus qu’elle, et doit-on parler de la différence hiérarchique aussi ?). Le pire c’est que lorsque je lis des critiques (Manga News notamment) elles parlent de « soulever un tabou » pour « vivre cet amour » … Non. Juste, non.

Je n’ai jamais été spécialement attiré par les mangas sur des personnages musiciens (moins que les mangas sportifs, par exemple). Ici, c’est l’histoire d’un adolescent qui suite à un blocage psychologique n’entend plus le son du piano lorsqu’il joue. Ce n’est pas inintéressant. Ce que je n’ai vraiment pas apprécié, c’est le côté rentre-dedans des amis du héros, qui le frappent assez souvent et c’est complètement traité à la rigolade même lorsqu’on plaisante qu’il a le visage en sang. Et puis le dessin ne m’a pas trop parlé.

D’habitude, Jean-Loup Chiflet me fait toujours rire. Là, pas tant que ça. Si j’ai trouvé ce livre toujours aussi intéressant que d’habitude, aussi bien écrit, il ne m’a pas arraché un sourire, au contraire, et j’ai préféré ne pas le terminer plutôt que me forcer.

Lecture commune avec Snow.  J’avais lu la première édition du livre en Médiathèque il a quelques années et en avais gardé un excellent souvenir ; lorsque cette nouvelle édition est sortie, je n’ai pas hésité à me jeter sur les trois tomes. La première lecture était il y a huit ans, je découvrais la fantasy urbaine historique. Et entre-temps, j’ai exploré la fantasy urbaine plus avant (peut-être pas en historique), décidé d’orienter un de mes projets littéraires dans cette direction … la passion n’a pas été au rendez-vous de cette relecture. L’avis de Snow ^^

Emprunt au hasard à la Médiathèque (dont les collections mangas au final ne sont pas trop mon truc 😦 ), on suit une cellule rouge dans le corps humain. C’est donc un manga très scientifique et instructif. Mais un de mes 5e a vraiment accroché et compris, ça doit être plutôt bien expliqué. L’un des problèmes, justement, c’est que c’est trop expliqué. J’ai horreur des patates de textes en manga, ça rappelle Death Note à ce niveau (d’ailleurs le dessin du personnage à gauche m’y a fait penser aussi) en vraiment moins passionnant et je n’ai pas terminé cette lecture.

J’avais entendu parler de ce roman graphique il y a quelques années, peut-être parce que Sita en avait fait une chronique dessinée. Je pensais que ce serait une réflexion sur l’apparence physique du personnage qui ne correspond pas aux standards de beauté actuels. Et ce n’est juste absolument pas ça, on parle plutôt de sa relation du moment dans laquelle elle s’installe alors que cela ne correspond pas à son idéal. Je me suis vraiment ennuyé au final.

Une très jolie édition. La sélection est charmante et les textes de description (ce à quoi les gens portant ces prénoms ressemblent) m’a fait rire mais sans grande surprise.

Je m’étais dit que j’allais poursuivre voire terminer la série, elle est tout entière à la Médiathèque … ou pas, en fait. Tome 2, moins de moments choupis avec l’héroïne mais un personnage masculin qui lui fait du chantage lorsqu’il découvre qu’elle est amoureuse du patron. Tome 3, le côté adorable de l’héroïne prend un côté ennuyeux comme la pluie (ha, ha, je sais) à part un passage qui présente une bibliothèque comme un aquarium, le côté aquatique avec les livres est superbe. Et sinon comme je me crispe à chaque page en me disant qu’on va passer en mode glauque, j’avais juste hâte à la fin. J’en reste là.

En revanche, je passe toujours un aussi bon moment avec cette histoire. L’alien professeur est terriblement attachant, tout comme les gamins.

Encore une différence entre mes attentes et le récit en lui-même. Mais avec un titre pareil, je m’attendais à un couple de longue date dont les sentiments s’érodent … pas à un couple de seniors qui se rencontrent et forment une relation. Enfin, pour être honnête, ce n’est pas ça qui m’a dérangée, c’est la fin. La ménopause de madame qui fait une pause à 62 ans et bam grossesse. Je n’y ai jamais cru et trouvé ça ridicule, ruinant le côté attachant et poétique que le récit avait atteint avec cette perspective assez rare (âge des protagonistes). Et le dessin ajoute au charme du début.

Un garçon est sensé devenir un puissant roi démon et son précepteur commence son éducation. Je l’avais lu début 2000s lors des débuts de Saphira et gardais le souvenir d’une histoire mignonne comme tout et très drôle. Mes souvenirs étaient définitivement plus intéressants que l’histoire que j’ai relue ce mois-ci … Il y a un côté niais et l’humour ne me parle plus autant.

Si j’ai beaucoup apprécié le hors-série sur les 20 femmes qui feront 2020, je n’ai pas été particulièrement enthousiasmé par ce numéro, même si j’ai apprécié l’interview de Gloria Allred.

Une relecture qui me fait beaucoup rire. Je l’avais découvert il y a quatre ans et c’est amusant comme mes réponses ont un peu changé en ce qui concernent les vêtements et comme je fais le parallèle avec les livres qui restent une « période passée ». J’envisage de vous proposer certaines des questions des différentes checklists en articles Lookbook ^^.

… Quand on me dit que c’est du théâtre jeunesse, pour moi, c’est une pièce de théâtre pour les plus jeunes. Enfants ou jeunes ados. Là, c’est une pièce sur des enfants. Absolument pas pour les plus jeunes. C’est un mic mac à suivre même pour un adulte. Entre le concept de zombie, de panda, les ombres à la fin, le fantôme … Et j’ai juste eu envie de le faire voler en lisant les remarques sexistes d’une des familles (lorsque l’autre est composée de deux mamans), les questions de genre super mal abordées, les stéréotypes de genre … J’ai détesté.

Pièce de théâtre jeunesse achetée en même temps que la précédente (je cherchais des textes différents des classiques comme Molière pour un projet théâtre), elle me laisse une impression un peu meilleure. Enfin c’est terriblement barré mais le loup a un côté choupi.

Je l’avais beaucoup vu passer au travail et eu quelques fous rires avec des élèves devant les rédactions. Mais une fois que je le lis « normalement », ce n’est plus du tout ça. Les commentaires de la prof font durs et pas du tout créatifs (c’est peut-être mon côté prof justement ^^,) et lorsque je vois que dans les noms inventés des élèves ils ont estimé fun de sortir Laura Norexique … ou comment se moquer d’un trouble du comportement alimentaire, je dis stop.

J’aime beaucoup cette collection de La Martinière Jeunesse. Je viens de démarrer ce documentaire sur un thème que j’aime beaucoup et il ne déçoit pas. Les informations sont simples, bien écrites, et j’aime beaucoup les illustrations.

Le dessin est très carré, austère, donne un côté un peu ancien à ce manga qui se passe dans les années 60. Je ne pensais pas du tout apprécier mais en fait c’est plutôt intéressant. Le héros est un pianiste qui découvre le jazz, vient d’une famille compliquée, rencontre un adolescent difficile … j’ai envie de poursuivre ma découverte.

Récit de vampire. C’est la demoiselle qui est vampire et le jeune homme à côté humain, détective privé et écrivain. Tous deux vivent ensemble et il est question de chercher celui qui a assassiné des membres de leur famille. J’ai lu un chapitre ou deux. Je trouve le dessin très plat (et démarrer le manga sur la recherche d’un chat perdu … heu c’est une histoire bonus éventuellement, pas le début), les enfants vampires ne m’ont jamais passionnée et savoir qu’il y a une histoire d’amour entre les deux, puisque la demoiselle reste une enfant, me plaît moyennement aussi. J’ai rapidement abandonné.

Et vous, vos lectures de mars ?

Lecture sur un rocher

Lectures obligatoires au collège

Je vous propose aujourd’hui de ressortir des souvenirs des cartons avec les lectures obligatoires que j’ai dû (subir) faire au collège.

Dommage, j’avais entamé un carnet de lecteur au collège en classe de français et l’avais développé pour mes lectures loisirs, je l’ai désherbé il y a quelques étés.

Il est possible que parfois un livre ne corresponde pas tout à fait à la bonne année. Et il est aussi probable que j’en oublie puisque certains de ces titres me disent définitivement quelque chose mais que j’ai pu le lire de moi-même ou qu’il vient du manuel.

Ah et je me perds franchement dans les pièces de Molière ^^, je sais que j’en ai lues mais j’ai vraiment tendance à les confondre. J’aurais fait de mon mieux et j’espère que le petit exercice vous amusera !

6ème

En 6ème, j’aimais déjà beaucoup lire, surtout la mythologie. J’étais donc ravie qu’on parle de L’Odyssée, de ses monstres, de ses héros. Et puis les récits animaliers passaient toujours bien. Je garde un très bon souvenir du Castor Grogh que j’avais trouvé adorable. Enfin, même si j’étais très timide, j’adorais le théâtre – enfin en faire en classe, je n’aurais jamais osé me lancer autrement (et quand j’ai essayé, la prof m’a « viré » du club avec pertes et fracas – réservé aux lycéens, sans aucune subtilité, sans même me permettre de rester regarder puisque hum c’était un peu un mercredi après-midi donc j’étais coincée à l’école …).

5ème

En fait, j’ai eu de la chance au collège. La plupart des objets d’étude en français et en histoire correspondaient totalement à ce que j’aimais. Après la mythologie, le Moyen Age. Je raffolais des histoires de chevaliers, l’aventure, le beau langage, le merveilleux … Renart, forcément après ce « sacripan », je l’ai trouvé très drôle.

Mon bel oranger est dans le goût du Castor Grogh. Une histoire pleine de sensibilité qui m’avait beaucoup touchée sur un petit garçon d’Amérique du Sud, sa vie quotidienne, son ami chauffeur de taxi, son pied d’oranger, dans une famille nombreuse et pauvre.

4ème

Les choses se gâtent un peu en 4ème. Je ne sais pas si c’est parce que ma prof est beaucoup plus … je ne sais pas. Rigoureuse ? Hm, pas le bon terme. De la vieille école ? Je crois qu’on utilisait essentiellement le manuel, suivi presque à la baguette. Enfin, je n’ai pas du tout apprécié cette année de lecture. Les Misérables, déjà, je connaissais bien le film (la version avec Gabin, qui est plutôt fidèle je crois) et le lire m’a ennuyée.

Et j’ai détesté avec une violence inouïe Pourquoi j’ai mangé mon père. Tellement que, bizarrement, j’avais complètement occulté ce livre de ma mémoire. C’est sur les Australopithèques, le héros invente des choses et son père n’apprécie pas … je ne sais pas trop (je crois que le film sorti il y a quelques années a changé beaucoup d’éléments). Ne me demandez pas, mais c’est peut-être l’aspect humoristique qu’on essayait de faire sortir d’un récit historique, le manque de sérieux, je n’en ai aucune idée mais j’ai juste bloqué ce livre.

3ème

En 3ème, c’est très différent, déjà parce que j’adore la prof qu’on a cette année ^^ C’est un détail mais bon XD.

Je suis quand même assez estomaquée de voir tout ce qu’on a lu cette année (et j’ai pu en oublier !) même si ça représente à la fois des lectures intégrales et cursives aka on étudie le livre tout ou partie en classe ou alors on a le choix dans une liste de livres et on le présentera d’une manière ou d’une autre sans y passer autant de temps.

Je lisais beaucoup de livres sur la guerre, jusqu’à cette année-là, jusque l’été après le brevet – après j’avais atteint le too much. Paroles de Poilus m’a beaucoup touché (et permis de découvrir l’édition Librio, qui m’ont donné accès à plein de livres à un tout petit prix et j’ai pu commencer à me constituer une bibliothèque assez variée), comme Un sac de billes, même si je l’ai trouvé dur à lire, tant dans les mots parfois que ce qui arrive au héros.

Pour l’anecdote, j’ai vraiment défendu un de mes cyclones lors d’une de ses fiches lectures il y a quelques années lorsqu’il a prétendu l’avoir lu mais avoir eu du mal – je pense honnêtement que mon souvenir a influencé ma perception de son travail puisque Super Collègue est plus fine mouche que moi et avait bien compris qu’il n’avait rien fichu. (Mais en plus c’est écrit petit XD).

Anne Frank  … je crois que je me suis forcée à le lire. Parce que c’était important. Mais au final, j’en ai été très mal à l’aise. Je n’avais pas tellement l’habitude des journaux intimes, je crois, et certains des éléments qu’elle livrait (notamment sur son corps) m’avait laissé franchement dubitative. Et puis c’est dur aussi … Enfin, puisqu’il fallait le lire.

En revanche, j’avais beaucoup apprécié Enfance, de Maxime Gorki, dans le registre de l’autobiographie. Être plongée dans une autre époque, en Russie, pleine de choses tellement différentes, j’avais aimé. Enfin je n’en ai pratiquement plus souvenir aujourd’hui XD si ce n’est justement ce sentiment d’émerveillement et de dépaysement, et ça n’est déjà pas si mal !

Retour avec plaisir au théâtre avec Hamlet, d’autant qu’on avait été le voir au théâtre ❤ J’avais adoré la solemnité du langage, le côté très inéluctable de l’histoire, etc.

Vous l’attendiez ? Le seigneur des anneaux est mon bémol de l’année. C’est pourtant le livre dont je me souviens avec le plus de détails frappants de ma lecture. Je me revois totalement un vendredi matin, me forcer, désespéré, à le lire parce que je n’avais que jusque 14h, et je n’arrivais pas, et je n’aimais tellement pas, et puis merci les détails sur la nourriture j’en ai marre, et c’est écrit tellement petit, et je m’en fiche de ces hobbits !

Point positif : on a été voir le film en avant-première. C’est mieux passé. Probablement pour Legolas. (Non, on en reparlera pas XD).

Et mon pire, pire souvenir : Fahrenheit 451. Qui m’a bousillé la SF jusqu’à l’université …

Bon. Ma prof, très sage, nous avait déconseillé Le meilleur des mondes en jugeant qu’on était trop jeunes (et je l’en remercie tellement pour ça, je ne suis pas sûre que j’aurais tant adoré à l’univ si je m’y étais cassé les dents à ce moment, surtout qu’on baignait moins dans la dystopie SF à cette période) et nous avait laissé le choix dans une liste.

Sauf qu’à l’époque, moi la SF je ne voulais pas en entendre parler. Mon cousin m’avait bassinée pendant des années avec Star Wars et d’autres références du même acabit, les films sur le voyage dans l’espace et les extraterrestres me gonflaient franchement et je ne suis pas sûre que ma prof nous ai vraiment bien expliqué en quoi consistait ce genre.

Vous saisissez l’ironie ? XD

Retour vers le futur, Code Quantum, Yoko Tsuno pouvaient aller se rhabiller XD

Bref. J’ai attendu la dernière minute pour choisir aka le lundi matin. On devait finir, comme pour le SDA le vendredi après-midi. Et j’ai voulu tenter Malevil de Robert Merle, ce récit de fin du monde où 6 personnes sont dans la cave d’un château quand boum explosion atomique et on fait quoi ensuite.

Une patate de bien 600 pages. Mind you, pas sûre que j’en ai eu conscience à ce moment.

Je vais donc à la librairie. Pas de Malevil en vue. Rien. Je ne sais pas s’il était dispo à la Médiathèque, mais ne soyez pas idiots, pour une fois que je peux avoir un livre XD (oui mon père ne voulait pas m’acheter 36 000 livres non plus, s’il m’écoutait on s’arrêtait tous les jours XD).

Un peu dépitée (et franchement angoissée), j’ai emprunté celui de ma meilleure amie. Fahrenheit. Sur ce pompier qui brûle les livres.

Je crois que je n’ai vu que ce côté et détesté. Pour la défense de l’ado que j’étais, j’ai réessayé un Bradbury passé 20 ans, Chroniques martiennes. Il a volé dans la pièce en moins de dix minutes. Je crois que j’ai un problème avec l’écriture de l’auteur.

Donc voilà, je me suis forcée à lire Fahrenheit 451 en 3 jours 1/2 et détesté tout le genre de la SF jusqu’à la première, vaguement, avec l’extrait de 1984, puis l’université. Je trouve ça tellement dommage, mais bon, tant pis XD

Voilà pour ma petite rétrospective de lectures scolaires pour le collège. J’espère vous avoir bien fait rire avec mes bêtises et peut-être rappelé des souvenirs !

Et vous, ils y a des livres qui vous sont restés en tête pour cette période ?

Lecture sur un rocher

La Colonie

Marivaux (auteur). 1750 (VF), 2015 (VF), 103 p. Hachette (Biblio Lycée). Classique – Théâtre.

Une île déserte est le théâtre d’une prise de bec mémorable : les femmes se révoltent et réclament les mêmes droits que les hommes. Femmes du peuple et femmes nobles veulent pouvoir exercer les mêmes métiers que ces messieurs, faire les lois, ne plus être soumises. Tout finira par s’arranger mais les hommes ne perdent rien pour attendre, comme le dit Arthénice : « Et quand même nous ne réussirions pas, nos petites-filles réussiront. « 

Suite à ma lecture de 365 personnages littéraires expliqués, j’ai eu très envie de relire un peu de théâtre, depuis le temps que ça n’était plus arrivé. J’ai donc fait une razzia dans l’étagère consacrée à mon boulot, qui mérite d’ailleurs qu’on s’y penche mais c’est un autre problème.

Dans la pile que j’ai ramenée pour mes vacances, il s’est trouvé ce très court texte. Je garde un excellent souvenir de Marivaux que j’ai découvert via le challenge sur la littérature française que je faisais il y a quelques années, évoquant les sentiments de manière plutôt légère.

Ce petit ouvrage, s’il est assez attrayant – même si franchement la couverture n’a strictement rien à voir avec le texte, démarre par une présentation simple et claire de l’auteur et une biographie sous forme de bande dessiné. Quelques indications sur le contexte ferment cette présentation que je trouve assez simple en allant à l’essentiel. Le dossier final aborde l’utopie et les droits des femmes avec des extraits et groupements de textes qui alourdissent peut-être un peu le propos.

En ce qui concerne la pièce, je n’ai pas vraiment ri. Les personnages sont sur une île qui semble déserte, arrivés là on ne sait trop comment (et vous savez que j’aime bien connaître ce genre de raison) et ils se disputent entre eux au moment de fonder leur société que les femmes souhaiteraient égalitaire et les hommes pas vraiment. (L’ennui c’est que pour certaines des femmes l’égalité ne passerait pas par le changement des classes, un des problèmes soulevés très rapidement).

J’apprécie les prémisses sans problème, les disputes, les revendications. Je suis surtout déçue du fait que ça n’aille nulle part et que le résumé sort carrément « tout finit par s’arranger » parce que la situation ne change pas. Enfin apparemment y a un vague « souci des droits » à la toute fin parce que la colonie est attaquée donc chacun retourne à sa cuisine (c’est pas comme si Arthénice, la noble, disait au début qu’elles voulaient être associées aux questions militaires aussi). Et elle se dissocie de sa camarade bourgeoise parce qu’il ne faudrait pas perdre de vue les choses importantes : femme certes, mais au-dessus des autres. Moui, moui, moui …

Donc voilà, les femmes retournent à la cuisine et tout s’arrange.

Bon, j’ai fait mes petites recherches. La première version du texte a fait un flop total en représentation et Marivaux a changé le texte pour avoir quelque chose de bien politiquement correct donc bien décevant. C’est choupi d’essayer mais ça donne juste une vague impression de ne servir à rien.

Ah, et quand Mme Sorbin, la dame non noble, fait une grande déclaration selon laquelle l’homme ne devrait pas être déshonoré pour son infidélité comme une femme le serait parce qu’il n’a pas de force, qu’elle compatit à sa faiblesse, qu’elle lui laisse la bride sur le cou (heu traduction tu es en train de dire qu’il peut aller voir ailleurs no soucy Lucy ?), que plus il est faible plus les femmes sont grandes ?

Non seulement c’est tordu mais question égalité c’est complètement à côté de la plaque. C’est une femme, Arthénice, qui souhaite ce principe d’égalité et une autre qui lui dit que ce qu’elle sort ne vaut rien. Je savais que ce texte allait m’énerver, en fin de compte. Quand un des hommes trouve que cette idée égalitaire n’est pas mauvaise, Mme Sorbin renchérit avec la tirade mentionnée au-dessus. Okay.

Bref. Si c’est une tentative de dépeindre une société utopiste égalitaire, c’est très clairement manqué, et très mal fait au passage. Et franchement, c’est tellement court (un acte, mais dix-huit scènes). En fait non, je trouve ça mal construit. Pour moi un acte, surtout pour une pièce classique, a moins de scènes, pour effectuer une coupure (déjà que dans une édition scolaire entre les scènes vous trouvez des études de texte). Dans ce cas présent, j’ai trouvé la pièce courte même si les différentes scènes qui s’ajoutaient se tiraient en longueur mais vraiment il s’y passe peu de choses. Beaucoup de bruit pour rien, en somme.

C’était bien d’essayer, Marivaux. Ou pas ^^,

Lecture sur un rocher

La controverse de Valladolid

Jean-Claude Carrière (auteur). Laetitia Le Saux, Philippe Cabaret (illustration). 2006, 119 p. Flammarion (Petits Classiques). Théâtre.

Dans un couvent de Valladolid, quelque soixante ans après la découverte du Nouveau Monde, deux hommes s’affrontent : les Indiens sont-ils des hommes comme les autres ?

Quel ennui. Le sujet est peu-être important, on apprend des choses sur la colonisation (qu’au final on aurait préféré ignorer), mais cette pièce est vraiment longue. Je suppose que l’étudier en cours passerait mieux, il y a plein de choses à détailler mais en lecture plaisir, ça ne le fait pas du tout.

En plus, j’ai eu du mal à retenir les prénoms, même avec si peu de personnages, ils ne voulaient pas rentrer. Certes, on se rend vite compte lequel est pro et lequel est anti esclavage, mais ça n’a pas amélioré mon ressenti.

Je n’ai pas aimé que le dossier soit situé avant le texte. Je me sens obligée de le parcourir et j’apprends déjà l’essentiel.

Quelques citations m’ont quand même fait rire :

« Colon : […] On dirait qu’ils se tuent pour passer le temps.

Légat : Je ne suis pas sûr que quand on est mort le temps passe plus vite.

*

[…] Colon : Naturellement, c’est vivant qu’on les préfère. Morts, ils ne servent plus à rien.

Légat : Très peu de morts ont une utilité. »

Une lecture qui ne me laisse qu’un souvenir d’agacement et d’ennui.

Lecture sur un rocher

Le Médecin malgré lui

Molière (auteur). Serge Cortesi, Sylvie Sénéchal, Uli Meindl (illustration). 1666, 2008 (VF), 141 p. Larousse (Petits Classiques). Théâtre – Humour.

De jeux de scène burlesques en pitreries, Le Médecin malgré lui est une farce réjouissante où le bûcheron Sganarelle, successivement mari dupé, faux médecin et marieur, réussira quelques jolis tours de force. Quand il aura battu Géronte, séduit la nourrice, acheté la confiance des tourtereaux Lucinde et Cléante, et risqué la pendaison, il n’aura plus qu’à faire la paix avec sa femme !

L’intrigue démarre lorsque Martine et Sganarelle, un couple marié, se disputent. Furieuse de ses reproches et d’avoir été frappée, elle annonce à deux domestiques qu’il est médecin mais qu’il ne l’avouera qu’après avoir été battu. Seulement, elle ne pouvait pas deviner qu’il se débrouillerait aussi bien.

Même si j’ai perdu la primeur de la nouveauté et de la surprise avec cette petite pièce qui se lit très vite (trois actes), elle reste un très bon moment de lecture. On rit beaucoup de la situation (un pseudo médecin engagé comme tel se révèle plutôt apte à soigner certains maux), du langage de Sganarelle, aussi (« Aristote dit la-dessus … de fort belles choses », ou son dialogue où s’intercalent des déclinaisons de latin, en moquerie du discours des médecins, etc.

Un classique drôle et léger à découvrir si ce n’est pas déjà fait.

Lecture sur un rocher

Tout Ubu

Alfred Jarry (auteur). 1962, 501 p. Le Livre de Poche. Théâtre – Humour.

Ubu, avide de pouvoir et de richesses, renverse le roi de Pologne. Il est un dictateur lâche, cruel, vulgaire, d’une incroyable bêtise.

En voilà une lecture qui a été bien longue.

J’ai adoré ma relecture d’Ubu Roi, dont j’adore l’humour, le vocabulaire (ce fameux « Merdre »). J’avais hâte de découvrir les pièces qui lui font suite, m’attendant à découvrir la jeunesse du père Ubu, son royaume d’Aragon, ou ses tribulations en France après avoir fui la Pologne.

Pas à une succession d’essais sur le théâtre, de courriers de l’auteur, de pièces sans queue ni tête, pas entièrement disponibles, ou redites d’Ubu Roi. J’ai mis pratiquement deux mois à lire ce livre tellement j’étais plombée par les essais et l’absurdité des textes qui suivent. Les almanachs sont eux aussi longs et pesants.

Ubu Roi est connu pour être une parodie d’Hamlet. Après son « merdre ! » et sa chandelle verte, on découvre pourquoi il se lance dans l’aventure de tuer l’actuel roi de Pologne pour le devenir à son tour : pour une grande capeline, un parapluie, et un caban qui tombe sur les talons. Si, si. Ça, et tout l’or du pays.

Une de mes citations préférées, avec l’exclamation  que je vous ai déjà donnée :

« Mère Ubu, tu es bien laide aujourd’hui. Est-ce parce que nous avons du monde? »

Un point positif : on apprend les prénoms de Père Ubu et Mère Ubu : François et Victorine. C’est bien le seul. Je regrette ce long recueil, j’aurais pris plus de plaisir à relire Ubu Roi seul.

Lecture sur un rocher

The Real Inspector Hound

Tom Stoppard (auteur). 1968, 36 p. Samuel French LTD. Policier – Théâtre. Livre lu en anglais.

The Real Inspector Hound‘s plot follows two theatre critics named Moon and Birdboot who are watching a ludicrous setup of a country house murder mystery, in the style of a whodunit. By chance, they become involved in the action causing a series of events that parallel the play they are watching.

Cette pièce est un des premiers récits que j’ai lus en anglais. En cours de littérature complémentaire, il fallait lire Alice au pays des merveilles puis Coraline et Timbuktu (soit dit en passant, je vous déconseille franchement Alice comme première lecture VO. Si j’ai réussi à saisir 85% des mots séparément, je dirais, les mettre tous ensemble n’a pas toujours donné un texte cohérent). J’ai trouvé plutôt drôle, sept ans plus tard, de reprendre ce (tout petit) livre, avec les notes de vocabulaire dans la marge – et en VO, s’il vous plaît. Et puis cette pièce est toujours intéressante.

Deux critiques, plus intéressé par leurs histoires personnelles (qui voit une jeune femme autre que la sienne, qui s’inquiète d’un troisième critique qui prendrait sa place) assistent à une pièce de théâtre policière. Un fou s’est échappé et s’introduit dans une résidence où un triangle amoureux semble se jouer. Bien sûr, des personnages y perdent la vie. Mais ceux de quelle pièce ?

Je me rappelle avoir beaucoup aimé ce mélange entre théâtre et réalité, où est la vérité et où se trouve l’illusion, même si l’enquête policière proposée ne peut mener nulle part. Ce changement vers la pièce dans la pièce, les risques qu’il comporte, sont autant d’éléments qui m’avaient scotchée.

Les jeux de mots m’ont aussi plu, des petites choses, comme « your turn » aux cartes, devient « I’ve had my turn » d’une ancienne amoureuse blessée (et furax, surtout). Le final grandiloquent est très drôle aussi, mêlant les deux niveaux d’illusions dans un feu d’artifices de révélations typique du roman policier.

Une lecture un peu courte mais passionnante. (Hound pour limier, un synonyme de chien).

Lecture sur un rocher

Médée

Jean Anouilh (auteur). 1947, 2014 (VF), 123 p. Flammarion (Étonnants Classiques). Théâtre.

Médée, terrible Médée ! Femme révoltée qui trahit son père, tua son frère pour l’amour de Jason et la conquête de la toison d’or. Dix ans après, Jason se déprend de Médée et s’apprête à épouser la fille de Créon, roi de Corinthe. Refusant la fuite et le « bonheur, le pauvre bonheur », Médée va continuer à semer le feu.

Encore un livre emprunté au boulot, histoire de relire du Anouilh qui m’avait séduite avec ses Fables et Antigone. Mais la magie n’a pas opéré ici.

Est-ce parce que je connaissais déjà la fin ? Est-ce parce que ce résumé en disait beaucoup ? Les dialogues sont effectivement forts, violents, passionnés avec Médée qui est un personnage que j’aime beaucoup (parce que saleté de Jason, hein, quand même, à l’utiliser princesse et la larguer quand ça ne t’arrange plus mais qu’elle est paria et toi accueilli comme un prince. Bref. Héros, faut le dire vite.)

Je pense que c’est définitivement à voir. Les répliques se répondent avec fluidité, ce qui m’a plu, mais je préférerais sans doute assister à une représentation. Le cahier de photos est appréciable dans cette perspective, j’aime beaucoup comparer les différents choix entre eux (et je suis un peu jalouse des collégiens actuels pour qui c’est effectivement un thème étudié). Cette édition inclut aussi un entretien avec une interprète de Médée, Ariane Komorn, sur sa vision du personnage, élément que j’ai trouvé très intéressant.

Je crois que vous avez remarqué que je ne porte pas Jason dans mon cœur. Plus jeune, je le trouvais adorable (j’étais passionnée de mythologie), dans sa quête de la toison d’or, mais bon, apprenant la suite de l’histoire, ça m’a un peu douchée. Médée n’est pas spécialement un personnage plaisant non plus, mais elle est fidèle à elle-même, jusque dans ses retranchement les plus drastiques, comme sur cette couverture qui vous dit tout avec une touche de simplicité. J’ai détesté Créon de mettre toute la responsabilité des actions passées sur les épaules de Médée seule.

C’est une pièce intéressante mais pas aussi passionnante qu’Antigone, à mes yeux, un peu de monotonie, je ne sais pas exactement pourquoi.

Lecture sur un rocher

Knock ou Le triomphe de la médecine

Jules Romains (auteur). 1923, 1972 (VF), 152 p. Folio. Théâtre.

Le docteur Knock rachète la clientèle d’un médecin de campagne. Les patients n’étaient habituellement pas au rendez-vous, mais il a bien l’intention de les soigner malgré tout, avec sa version de la médecine.

Plutôt surprenant. Je n’avais aucune idée, en lisant la 4ème de couverture, dans quelle direction pourrait bien partir cette pièce.

Le tambour : Quand j’ai dîné, il y a des fois que je sens une espèce de démangeaison ici. Ça me chatouille, ou plutôt ça me gratouille.

Knock : Attention. Ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous grattouille ?

Le tambour : Ça me grattouille. Mais ça me chatouille bien un peu aussi…

Knock : Est-ce que ça ne vous grattouille pas davantage quand vous avez mangé de la tête de veau à la vinaigrette ?

Le tambour : Je n’en mange jamais. Mais il me semble que si j’en mangeais, effectivement, ça me grattouillerait plus.

Certes, on découvre un peu le style et l’aspect bizarrement humoristique mais pas vraiment l’intrigue. J’ai beaucoup aimé le côté persuasif de Knock qui pousse un peu les gens dans sa manière de les ausculter. Sa vision de la médecine est assez spéciale, et vaut quelques fous rires.

Son autorité et sa manière de gérer les plaisantins venus troubler la consultation gratuite m’a plu. Il parvient à mettre sens dessus dessous toute la petite communauté, et de quelques consultations par-ci, par-là du temps du docteur Parpalaid, tout le monde consulte régulièrement le docteur Knock, jusqu’à nécessiter la création d’un hôpital. L’idée de commencer par des consultations gratuites est excellente et bien pensée, même si j’avoue que j’ai souvent eu du mal à suivre ses réflexions (bon, presque toujours).

Mais je n’ai pas trouvé cette pièce passionnante. Je n’ai pas trop compris où l’auteur voulait en venir, et s’il y avait véritablement une chute, ou une conclusion. J’ai ri, mais sans vraiment voir l’intérêt de l’ensemble.

Lecture sur un rocher

Macbeth

William Shakespeare (auteur). 1603-1607 (VO), 2011 (VF), 158 p. Larousse (Petits Classiques). Théâtre.

Macbeth, un général valeureux, a combattu fidèlement pour le roi Duncan jusqu’à ce qu’il trouve sur sa route trois sorcières qui lui annoncent qu’il sera roi. Suivant leur prédiction, il prendra la vie de Duncan avec le soutien de sa femme qui en perdra la raison.

Je ne sais pas s’il s’agit d’une relecture ou pas. J’ai l’impression que c’est une première fois, mais le sujet de la pièce est si connu que j’ai un doute. Je me demande si je n’aurais pas mieux fait de le lire en anglais, même si j’adore cette édition, la version originale m’aurait peut-être plu davantage. J’ai été peu étonnée et n’ai pas trouvé la langue si belle.

L’aspect fantastique, avec les sorcières et leur prédiction, m’a particulièrement plu. En ce qui concerne les autres personnages, je n’en ai pas retenu beaucoup, et les autres thèmes ne m’ont pas marquée. C’est une lecture intéressante, mais qui me laisse peu de souvenirs et ne m’a pas spécialement plu.

Un détail ennuyeux : une note en bas de page renvoie à la note 0 page 000 … pas très utile.