Lecture sur un rocher

La Tour

Cécile Duquenne (autrice). Alexandra v. Bach (illustratrice) 2015, 157 p. Voy'[el]. Thriller-Science-fiction.

Jessica, 16 ans, se réveille dans un marécage artificiel aux dangers bien réels. Très vite, elle comprend qu’elle se trouve au sous-sol d’une étrange tour sans fenêtres, et que le seul moyen d’en sortir est de monter jusqu’au toit. Accompagnée de quelques autres jeunes, elle se lance dans l’ascension de sa vie, explorant chaque niveau, affrontant les dangers embusqués …

Je ne sais plus si c’est la couverture, frappante dans ses tons bleus et verts, ou ce pitch qui m’ont donné envie de lire ce court roman. Le principe du survival, ce n’est pas trop mon truc en temps normal (avec les récits de zombies par exemple), mais le contexte est plutôt intéressant, ainsi que le fait que l’héroïne n’ait aucune mémoire lorsqu’elle se réveille dans la tour.

Malheureusement, je n’ai pas vraiment d’avis positif sur La Tour. Ni même négatif, en fait. Je ne suis absolument pas entré·e dans l’histoire, même si j’admets sans problème que l’écriture de Cécile Duquenne est très addictive et que j’avais tout de même envie de savoir ce qui était arrivé à Jessica. Enfin, je n’ai pas vraiment douté de son succès. Ni elle ni les autres personnages ne m’ont donné envie de m’intéresser à leur sort, peut-être ce côté narratrice omnisciente, cette dureté, une certaine froideur dans le langage (qui me rappelle un peu Katniss). Mais c’est définitivement très rythmé et angoissant.

J’étais un peu perturbé·e, en fait, par la police d’écriture très large et haute. Peut-être comme des grands caractères mais je n’en ai pas l’habitude et ça m’a dérangée (ce n’est plus du confort de lecture à ce stade, ça risque de me donner mal à la tête et j’ai la vague impression que c’est pour remplir des pages …).

Le mystère m’a davantage intéressé·e que ses résolutions, notamment le côté harcèlement sexuel et viol sur mineure, le fait que l’héroïne ne soit pas crue par les adultes ou sa vengeance …

Je retiens donc de cette histoire une écriture très prenante qui m’a donné envie de tourner chaque page malgré des personnages qui ne m’ont pas paru attachants et une présentation peu agréable, ainsi qu’une très jolie couverture.

Lecture sur un rocher

Clara Vine, tome 2 : Le jardin d’hiver

Jane Thynne (autrice). Sophie Bastide-Foltz (traductrice). 2014 (VO), 2017 (VF), 567 p. Le Livre de Poche (Policier). Histoire, Thriller.

Berlin, 1937. Anna Hansen, pensionnaire à l’Ecole des épouses du Reich et destinée à devenir la femme parfaite d’un officier SS, est assassinée. L’affaire est étouffée. L’actrice Clara Vine, agent du renseignement britannique sous couverture, découvre que ce crime est lié à un lourd secret pouvant compromettre les plus hauts dignitaires nazis. Alors que Edouard VIII est reçu à Berlin, en compagnie de sa nouvelle épouse, et que les soeurs Mitford se distinguent dans les salons, Clara doit redoubler de prudence pour mener à bien cette enquête périlleuse. 

Après Les Roses noires, une nouvelle aventure de l’intrépide et séduisante Clara Vine dans un Berlin sous tension.

J’ai flashé sur cette couverture et ce titre en librairie et la libraire m’a assuré que je pouvais sans problème le lire sans avoir jeté un oeil au premier avant. Effectivement, les rappels sont assez nombreux sur le passé de Clara pour ne pas être perdu/e.

Le contexte me plaisait beaucoup. Cette école des futures épouses de SS est un cadre intéressant (même si peu utilisé au final) et aussi traditionaliste et sexiste qu’on peut s’y attendre. Le fait que Clara soit une actrice britannique vivant à Berlin est une prémisse plutôt agréable. L’écriture de l’autrice n’est pas mauvaise.

Néanmoins, il ne m’a pas fallu longtemps pour être lassée. L’histoire se tire pas mal en longueur et l’héroïne m’a agacée. J’étais là pour lire une histoire d’espionnage historique, pas le récit d’une jeune femme à qui le sexe manque tellement. Ah et parlons-en de l’espionnage lorsqu’elle balance au séduisant pilote nazi qu’elle est en fait d’origine juive.

Non mais pas de souci hein, ça va le faire. C’était très con de le sortir comme ça mais en plus elle s’en sort comme une fleur. Mais bien sûr. Je l’ai trouvée très crédule malgré son métier et je me suis méfiée de Ralph dès le début, je m’attendais à ce qu’il la trahisse (vu comment elle lui raconte sa vie au bout de quelques rencontres).

J’avais déjà décroché mais là c’était fini. J’avais juste hâte de refermer le livre. Il faut dire que la clé de l’énigme de la mort de la future épouse SS, je la connaissais déjà (pour avoir des recherches sur les cabarets allemands pré-nazisme). Donc à mes yeux, pas trop de quoi pousser mémé dans les orties. Bon, la partie espionnage est bien tombée à l’eau pour moi. (Oh et puis la blague grossophobe sur la femme d’Himmler, je m’en serais passée aussi).

En revanche, la partie historique sur la vie à Berlin m’a beaucoup plus intéressée – sans la venue du prince anglais, dont je faisais peu de cas et l’aspect jeune actrice.

Malheureusement, ça n’a pas suffit à m’intéresser. Je ne pense vraiment pas poursuivre cette série, que ce soit par le premier tome ou le suivant.

Nombre de tomes parus : 3 (série en cours).

Lecture sur un rocher

Homo Vampiris

Fabien Clavel (auteur). Yayashin (illustration). 2009, 289 p. Mnémos (Icares). Fantastique – Thriller.

21e siècle. 8 mai. Roumanie. 2h environ. Un patient s’échappe de l’Usine, une clinique d’un genre un peu particulier.

Londres. 13h02. Une jeune étudiante quitte en courant une conférence de l’ONU. Sa soif de connaissance a capitulé devant une faim plus insatiable encore.

Dubaï. 21h48. Dans une luxueuse suite de l’Al-Mahara, autrefois l’hôtel le plus cher du monde, seule une panthère noire ressortira vivante de la violente dispute qui oppose deux hommes.

Après l’excellente lecture qu’a été Le miroir aux vampires, je me suis lancée dans Homo Vampiris, un roman qui me tentait depuis quelques années pour la manière dont l’auteur dépeint le personnage du vampire, ses caractéristiques, dans une perspective de type un peu science-fiction comme j’en avais l’impression.

Ce contexte m’a beaucoup intéressée même s’il était plutôt parsemé dans le récit. Notamment la pénurie de pétrole, ses conséquences, une Terre pas vraiment en bon état. Plus que les créatures nocturnes, c’est cet état des choses qui m’a fait frissonner.

J’ai apprécié la forme de voyage que le roman a prise. On découvre différentes parties du monde mais aussi différentes époques puisque Fabien Clavel nous fait partager d’autres épisodes de la vie de ses vampires. L’histoire a donc différents niveaux, parfois un peu complexes, foisonnants, mais toujours avec ce côté très intéressant.

C’est effectivement une lecture que j’ai trouvée complexe devant les différents temps imbriqués, les questions, la manière dont les évènements se recoupaient, les informations découvertes et aussi, dans une mesure un peu moindre, les personnages. Ils ne sont pas très nombreux mais ils m’ont laissé cette impression, parmi d’autres.

J’ai eu une toute petite déception pour le personnage de Zéro que je pensais être le personnage sur la couverture, l’étrange vampire albinos. J’ai trouvé sa résolution trop rapide, trop brusque. Et aussi peut-être le manque de réponses à son compte, j’aurais bien aimé savoir ce qui lui était arrivé pour qu’il soit un peu lent, qui il est réellement, la part qu’il joue dans le dénouement final.

A part Epone, je n’ai pas forcément apprécié les autres personnages. Qu’il s’agisse de Nina et de ses appétits divers, Ashanti, Marcus, Nemrod ou Fedora, je ne me suis pas attachée à eux même si j’ai trouvé toujours aussi intéressant de les suivre et que j’avais toujours envie d’en savoir davantage, sur chacun personnellement, les circonstances de leur transformation mais aussi en tant que groupe, l’Ancolie.

Mais c’est surtout Epone, l’étrange vampire à la mémoire incroyable, qui est sortie du lot. Surtout pour deux épisodes : la métamorphose de Nemrod dans une période que j’aurais aimé voir un peu davantage décrite et surtout la sienne. Voir qui elle était auparavant, quand s’est déroulé cet évènement, rien que son âge, les circonstances, tout cela m’a soufflée.

C’est peut-être aussi parce que c’est l’une des rares à ne pas avoir comporté une grande valeur « choc » à mes yeux. J’ai beau aimer les récits de vampires, je ne suis pas extrêmement fan des univers qui les présentent sous un jour uniquement choquant, horrifiant ou à caractère érotique. Mais j’ai cette impression tenace que ce n’était pas juste une valeur provocatrice que l’auteur voulait imprimer ici et il y a tellement de thèmes et de référence. Je suis contente de ne pas m’être arrêtée en cours parce que c’est vraiment un traitement intéressant, original, rien que par ce contexte légèrement défavorable ou les quelques explications scientifiques sur les dons des vampires. Ce mélange de fantastique et de notes scientifiques m’a plu même si j’aurais aimé ce dernier point un peu plus développé.

Et le latin. Les vampires parlent latin. J’étais en extase. (Non mais en fait c’est pour ça que j’ai continué ma lecture).

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Feddayin !

Prayers for the Assassin. Robert Ferrigno (auteur). Diniz Galhos (traduction). 2006 (VO), 2009 (VF), 535 p. Le cherche midi (Néo). Thriller.

Après une attaque nucléaire en 2015 sur Washington et New York, une guerre civile a éclaté dans le pays, en pleine banqueroute morale, économique et sociale. En 2040, les Etats-Unis sont devenus pour l’essentiel une république islamique. 

C’est dans ce contexte pour le moins troublé que Sarah Dougan, jeune historienne renommée pour ses prises de position courageuses, disparaît sans laisser de traces. Son oncle, chef de la sécurité de la République islamique, fait appel pour la retrouver à Rakkim Epps, un ancien feddayin, ex-membre des corps d’élite. Sur les traces de la jeune femme, Rakkim comprend vite qu’elle est en possession de documents susceptibles de saper les fondations du nouvel ordre.

J’étais plutôt intéressée par l’aspect dystopique de ce livre, ce futur où les Etats-Unis sont un pays islamiste. L’auteur explique tout au fil du récit comment on en arrive là, ce qui est un point que j’aime beaucoup, surtout qu’il s’agit d’un point-clé de l’histoire, ce vers quoi s’orientent les recherches des personnages.

Ceux-ci sont très attachants puisque l’auteur revient sur leurs liens, leur histoire, par petites touches. J’ai apprécié suivre leur parcours. On sent bien le danger, l’adrénaline, qui les vise tout au long du livre. L’aspect thriller est très bien mené, couplé à beaucoup de dynamisme et  un univers très plausible.

L’auteur parvient très bien à « renverser » la tendance : les Musulmans en majorité, les Catholiques et autres confessions minoritaires, certains clairement au ban de la société d’un point de vue professionnel, commercial, etc. Ne parlons pas de la place de la femme dans cet univers, ça fait franchement froid dans le dos à ce niveau (une carte plastique autour du cou, signée du père ou du mari, pour autoriser la femme à sortir de chez elle, entre autres).

J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman. Je m’étonne un peu que les suites n’aient pas été traduites. Pas assez politiquement correct ? Possible.

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Pretty Little Liars, tome 1

Sara Shepard (autrice). 2009, 286 p. HarperTeen. Thriller – Jeunesse. Livre lu en anglais sur liseuse.

Salut les filles. Surprise ! Vous savez qui vous parle ? Non, vraiment pas ? Il faut dire que depuis l’Affaire Jenna les pertes de mémoire vous arrangent bien. Mais moi je n’ai rien oublié et vous n’avez pas fini d’avoir de mes nouvelles. D’ailleurs j’espère que vous appréciez mes petits mails et textos amicaux qui vous rappellent que je suis là, tout près de vous … Car vous avez été de très très vilaines filles, Aria, Spencer, Emily et Hanna. Vous ne méritiez pas l’amitié d’Alison. Vous qui étiez comme les cinq doigts de la main, sa disparition ne semble pas vraiment vous avoir affectées … Il faut dire que vous lui aviez fait des confidences plutôt … compromettantes, hein ? Sa disparition est bien tombée pas vrai ? Mais maintenant c’est fini, vous allez payer… Je crois voir que vous perdez votre sourire les miss Perfection ! Il fallait y songer avant les filles, c’est pas beau de mentir ! – A

Si on retrouve la plupart des éléments repris dans la série, je dois avouer que les personnages et leurs caractéristiques ne me plaisent pas. C’est vraiment un élément de la série, surtout au début, que j’appréciais particulièrement : les personnages. J’adore Spencer alias Troian Bellisario qui est une blonde bêcheuse dans le livre (c’est l’impression qu’elle m’a donnée). Je n’ai pas vraiment apprécié le manque de diversité chez les héroïnes, ici.

J’avoue que je me suis un peu ennuyée. Peut-être parce que je connais l’intrigue principale, même si l’adrénaline est assez au rendez-vous. Je pense que j’en resterai là.

Nombre de tomes parus : 16 (série finie).

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Les Orphelins du Mal

Nicolas d’Estienne d’Orves (auteur). 2009, 746 p. Pocket (Thriller). Histoire.

1995, en Allemagne. Le même jour, quatre hommes sont découverts, nus, une ampoule de cyanure brisée dans la bouche, la main droite coupée. Une seule certitude : les quatre hommes sont tous nés dans un Lebensborn, l’organisation la plus secrète des nazis, des haras humains où les SS faisaient naître des petits aryens pour réaliser leur rêve dément d’une race pure. Les autorités allemandes étouffent l’affaire.

Paris, 2005. Anaïs, jeune journaliste, est contactée par Vidkun Venner, un riche collectionneur norvégien qui a reçu une mallette anonyme contenant quatre mains momifiées. Il veut qu’Anaïs l’aide à découvrir d’où elles viennent et pourquoi on lui a envoyé ce macabre colis.

J’ai adoré cette lecture. J’ai été fascinée par tout, je crois. Les personnages, l’écriture, la manière dont l’auteur réussit le pari de rendre fascinant un fait décidément bien glauque. Il faut aussi avouer que je reste surprise devant cette fascination pratiquement morbide qu’a représenté ce livre dans tous ses détails, je l’ai dévoré en très peu de temps. Les ramifications du Reich ici développées, bien avant l’accès au pouvoir d’Hitler et poursuivies plus avant, ont été de manière très plausibles et encore une fois, fascinante. Je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que c’était tout ce que j’espérais d’un roman comme Fatherland.

Même la fin, complètement inattendue, et baroque, incroyable, m’a parue parfaite.

Le voyage à travers les époques, des années 30, 80, 2000, ce retour sur les différents personnages, ces coïncidences multiples, a un aspect bourdonnant, envahissant lorsqu’on commence à aligner les pièces du puzzle. J’ai adoré cette sensation, surtout que j’ai tout du long senti que l’auteur savait pertinemment où il voulait nous emmener.

Le mystère se sème jusque dans la vie de l’héroïne, Anaïs, forte, même si elle est pleine de questionnements, complexe, plausible une fois encore. J’ai aimé qu’elle ne soit pas au centre de l’intrigue mais qu’elle en touche une ramification, qu’on ait affaire à un nouveau léger twist en plongeant Vidkun au centre de tout.

Leni m’a aussi laissé une impression extrêmement durable, même si ironiquement on ne la voit jamais. Elle est mentionnée tout au long du livre, l’effet monte en crescendo avec son histoire (atrocement fascinante, une fois encore), doublée par la révélation de son identité littéraire, pour donner encore une fois lieu à un nouveau bouleversement.

C’est un voyage enfiévré en quête d’une vérité incroyable auquel j’ai totalement succombé.

Lecture sur un rocher

Le scandale Modigliani

The Modigliani Scandal. Ken Follett (auteur). Viviane Mikhalkov (traductrice). Matthieu Spohn (illustrateur). 1976 (VO), 2011 (VF), 341 p. Le Livre de Poche. Thriller.

Une jeune, brillante et séduisante étudiante en histoire de l’art, décidée à écrire sa thèse sur la relation entre la drogue et la créativité artistique, découvre par la même occasion l’existence d’un Modigliani perdu ; elle décide de se lancer sur ses traces, entraînant derrière elle une série de personnages hétéroclites : des peintres, talentueux et méconnus, en colère contre le mercantilisme du marché de l’art ; des faussaires, des négociants d’art peu scrupuleux et un jeune propriétaire de galerie d’art, acculé au désespoir, vont se croiser, s’entrecroiser, sur les routes de France, d’Angleterre ou d’Italie du sud.

Le milieu de l’art avait l’air sympathique. Au final, ce n’est pas vraiment le cas.

On papillonne d’un personnage à l’autre, d’un cas à l’autre, d’une histoire de sexe, boisson ou drogue à l’autre. Okay, 70s, mais je m’en fiche. D’une histoire d’arnaque, aussi. Je n’ai pas ressenti ce côté quête de l’objet d’art à laquelle je m’attendais. Pas de personnage fort ou intéressant à suivre. L’étudiante est un peu niaise, je trouve.

J’ai particulièrement détesté, lorsqu’elle s’est retrouvée au même endroit, là où est rangé le tableau, avec les deux autres personnes qui le recherchent et pouf flash back vers le futur, quelques jours plus tard où chacun a un exemplaire du tableau. L’explication arrive en toute fin, ce qui m’a agacée. Il n’y avait aucune raison, le roman ne propose ça qu’à cet endroit, juste pour tenter vaguement de faire jouer le suspense.

Un passage un peu drôle : lorsque l’étudiante part en Italie avec son compagnon pour retrouver le tableau, un petit vieux fait semblant de ne pas comprendre l’anglais. Mais c’est juste un peu drôle et c’est vraiment mince.

Une lecture tout sauf agréable.

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Invasion

Robin Cook (auteur). William Olivier Desmond (traducteur). 1997 (VO), 1998 (VF), 375 p. Albin Michel. Thriller – Science-Fiction.

Et si un virus inconnu se répandait sur Terre, tuant les plus faibles, laissant les survivants dans un état d’euphorie et soumis à une mystérieuse volonté supérieure ?

Les choses commencent extrêmement bien, puisque l’auteur nous dit comment tout commence puisque c’est la faute des extraterrestres. Je déteste ce type d’entrée en matière. Je préfère être surprise, ne pas savoir à quoi m’attendre, réfléchir, supposer. 3 pages et c’est bouclé. Merci l’auteur. Je suis déjà peu intéressée par ce thème à la base, alors balancé de cette manière.

Et on est typiquement dans ces livres des années 90 en imaginaire qui sont mal traduits. Bâclés. Les phrases, les formulations sont lourdes, pas naturelles. Une a eu le mérite de me faire rire. Ici, ben t’as pas besoin de brancher ta télé pour enregistrer une VHS. Je suppose que le traducteur a confondu brancher et allumer. C’est drôle sur le moment mais assez consternant une minute après.

Je n’ai pas eu envie de douter de chaque terme. Les personnages ne m’ont pas intéressée – pourtant j’avais l’embarras du choix, il y en a une flopée, et puis on a droit à des détails (comme cette « élève-professeur » qui se lave les cheveux tous les jours. Non, vraiment, merci pour cette information capitale. Et on ne dit pas élève-professeur, mais stagiaire, donc je suis encore plus agacée).

En prime, quelques pages avant mon arrêt définitif, un des personnages venait de recueillir un chien et je ne sais pas pourquoi, j’ai eu la forte impression qu’on allait avoir affaire à de la maltraitance d’animaux, et je ne supporte pas ça. Pas eu envie d’essayer, donc j’en suis restée là, et je n’ai pas conservé ce livre.

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Laura ou le secret des 22 lames

Jean-Luc Seigle, Pascale Chouffot (auteurs). 2006, 517 p. Ed. de Noyelles. Thriller.

Laura, une jeune avocate, revient à Nice, sa ville natale, après 3 années passées dans un cabinet parisien. Non sans appréhension. Elle doit en effet annoncer aux siens son mariage avec Vincent, le fils d’une famille ennemie de la sienne et, surtout, elle va avoir 33 ans : l’âge où, par le fait d’une étrange malédiction, son arrière-grand-mère, sa grand-mère du côté maternel et sa propre mère sont mortes de façon violente et inexpliquée. Depuis l’enfance, Laura est hantée par l’idée que sa mère a été assassinée.

Il y a quelques années, j’étais tombée sous le charme d’une série de l’été, Laura. J’avais aimé le thème des cartes de tarot, l’actrice principale, le sentiment de fantastique ambiant très à la mode de ce type de série feuilletonesque. J’ai été ravie de trouver ce livre, et j’espérais me replonger dans cette atmosphère fiévreuse. Je n’ai pas du tout trouvé que c’était le cas et je me suis effroyablement ennuyée.

Rien que les premières pages m’ont agacée, avec le vocabulaire tout sauf naturel, sans parler de l’emphase sur le sexe et les références continuelles de chaque personnage ou presque. Le vocabulaire familier l’est un peu trop. « Il aimait bien [avoir les cheveux longs], ça branchait les filles et ça faisait chier son père ». Mouais. Non.

Pour vous dire la vérité, j’ai hésité plusieurs fois à abandonner. Mais je n’aime pas du tout ça. Et j’étais trop crevée, et un peu dépassée par mes journées, pour me lancer dans le choix d’un nouveau livre. Je voulais aussi voir si mes souvenirs de la série étaient assez proches. Je me suis effectivement rappelé assez rapidement qui était le criminel (parce que c’est du thriller et pas du fantastique, et que c’est un prétexte, ça m’a bien agacée aussi), et jusque-là, okay, je veux bien, je suis. Mais la suite, dans le livre, m’a paru poussive et ridicule : le père de Laura qui pète un câble et s’associe à un espèce de culte de nonnes avec lequel il veut sacrifier sa fille pour faire revenir sa mère. Way too much.

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The Innocent

Yasung Ko (dessin). Avi Arad, Junichi Fujisaku (scénaristes). David Le Quéré (traducteur). 2010 (VO), 2011 (VF), 224 p. Ki-oon (Shonen). Manga – Seinen Fantastique – Thriller.

Son dernier souvenir ? La chaise électrique, la cagoule, la main de l’exécuteur qui abaisse un levier. Lorsqu’il rouvre les yeux, Ash n’a que de vagues notions de ce qu’a été sa vie, et plus encore, des circonstances de sa mort. L’androgyne Angel lui annonce qu’il a été victime d’une erreur judiciaire et qu’il lui revient à présent d’éviter le même sort à d’autres innocents.

Je n’ai pas spécialement accroché à ce manga. Déjà au premier coup d’oeil, rien qu’à la couverture, ça n’est pas mon style graphique. J’ai bien aimé les quelques pages colorisées, surtout sur le personnage d’Angel que j’ai préféré à Ash au niveau du dessin (qui est sur la couverture). Je le trouve plus proche d’un style de comic, pas trop ma tasse de thé au premier abord (il y a des exceptions, comme Paul Dini ou cette superbe couv’ de Rogue et Gambit, mais j’ai été très souvent déçue).

Dans l’ensemble, le récit est trop rapide. Je m’attendais à quelques petits épisodes pour qu’Ash puisse se faire la main sur ses pouvoirs, un peu comme Yuyu Hakusho, un shonen que j’adore, qui consacre ses deux premiers volumes à la présentation du protagoniste, Yusuke, du royaume des Enfers, de sa nouvelle occupation de détective des Enfers. Ici, pas vraiment. On saute de suite dans le vif du sujet, chaque enquête est reliée au passé d’Ash et elles se suivent et sont liées entre elles. Et, je ne sais pas, les raisons de la mort du protagoniste font un peu cliché, très américaines.

Les explications sur l’univers angélique et le personnage d’Angel ne sont vraiment pas légion. Et c’est dommage, parce que j’aurais vraiment pu l’apprécier. Iel (j’aurais dit elle) est presque un.e ange déchu, a perdu ses ailes, décide d’aider Ash à résoudre son histoire malgré .. quoi ? Il y a un risque, mais jamais franchement expliqué. J’aurais aimé avoir des réponses, ce qui ajoute au côté haché, trop rapide, presque bâclé.

Une lecture pas vraiment passionnante, malgré un thème intéressant.